mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2505477 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RETENTION ADMINISTRATIVE DE SETE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2025 à 15h46, M. A B, représenté par Me Ben Fahrat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2025 par lequel le préfet de l'Hérault a ordonné sa remise aux autorités espagnoles et a interdit sa circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, sous condition de renonciation à percevoir la somme correspondant à l'aide juridique, s'il est définitivement admis à celle-ci et en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, dans le cas inverse, à lui verser la même somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de remise :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle souffre d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'interdiction de circulation :
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Le préfet n'a pas produit dans la présente instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2004-226 du 9 mars 2004 portant publication de l'accord entre la République française et le Royaume d'Espagne relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière, signé à Malaga le 26 novembre 2002 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné Mme Lorriaux, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 623-1, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lorriaux, ;
- et les observations de Me Ben Fahrat pour le requérant, présent à l'audience et assisté de M. C interprète en langue arabe,
- le préfet de l'Hérault n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations orales du requérant en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été interpellé par les services de police le 23 juillet 2025 alors qu'il circulait en scooter sur le trottoir à Montpellier et n'a pas été en mesure, lors du contrôle d'identité, de présenter les pièces et documents l'autorisant à séjourner ou circuler sur le territoire français mais seulement une carte de résident émise par les autorités espagnoles et valide jusqu'au 26 octobre 2028. Il a fait l'objet d'un placement en rétention au CRA de Sète le 24 juillet 2025, prolongé par ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Montpellier du 27 juillet suivant. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 24 juillet 2025 ordonnant sa remise aux autorités espagnoles et a interdit sa circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2.M. B ayant bénéficié de l'assistance d'un avocat commis d'office il n'y a pas lieu de statuer sur la demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. La décision de remise contestée mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application ainsi que l'accord entre le gouvernement de la République Française et le royaume d'Espagne du 8 janvier 1988 modifié. Elle précise également que M. B a déclaré être revenu sur le territoire français le 21 juin 2025, ne présente pas de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins pendant son séjour en france, ne justifie pas d'une assurance agréée des dépenses de santé en méconnaissance de l'article L. 311-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui l'expose à une remise aux autorités de l'Etat membre de l'UE dans lequel il a été admis au séjour. Elle rappelle les faits commis en 2022 et 2023 en France pour lesquels M. B est défavorablement connu des services de police, la situation familiale de l'intéressé célibataire et sans enfant et non dépourvu d'attaches familiales en Espagne ou en Algérie et qu'il n'est ainsi pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. B. Les éléments de droit et de fait ainsi mentionnés ont permis à celui-ci de comprendre et de contester la décision de remise. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. Contrairement à ce que soutient M. B il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7 () ". Aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. ".
6. Il résulte des dispositions des articles L. 611-1, L. 621-1 et L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-1, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre.
7. Si M. B allègue se conformer aux dispositions de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son séjour serait inférieur à trois mois et qu'il bénéficie de ressources suffisantes pour en couvrir les dépenses et d'un logement où il est accueilli, il n'en justifie pas suffisamment par les pièces versées au dossier. En outre ses déclarations quant aux motifs et dates de son arrivée sur le territoire français varient selon la procédure considérée : le jour même de son interpellation, et en provenance de l'Espagne, pour aller voir un ami qui s'est cassé le bras et est hospitalisé ou depuis le 21 juin 2025 et en provenance d'Oran pour un séjour touristique durant lequel il est hébergé par un couple d'amis montpelliérains. Enfin M. B ne conteste pas ne pas être titulaire d'une prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement, pourtant exigée par les dispositions de l'article L. 311-1 ° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tout comme il ne justifie pas davantage en audience des 900 euros d'espèces devant couvrir selon lui son séjour du 21 juin au 3 août 2025, date de son départ en Algérie ni de l'hébergement sans frais durant cette même période à supposer que celle-ci soit inférieure à trois mois ce qui n'est pas davantage établi. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de l'Hérault a pu ordonner la remise du requérant aux autorités espagnoles.
8. Aux termes de l'article L. 622-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'interdiction de circulation ne peut assortir la décision de remis prise dans les cas prévus aux articles L. 621-4, 621-5, 621-6 et 621-7 que lorsque le séjour en France de l'étranger constitue un abus de droit ou si son comportement personnel, au regard de l'ordre public ou de la sécurité publique, constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ". M. B fait valoir que la mesure d'interdiction de circulation n'est pas justifiée dès lors que son comportement personnel ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, ce dernier n'est pas remis aux autorités espagnoles sur le fondement des articles L. 621-4 à 621-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur celui du L. 621-2 du même code, ce qui permet au préfet, en vertu de l'article L. 622-1 dudit code, d'assortir sa décision de remise d'une interdiction de circulation d'une durée maximale de 3 ans indépendamment de l'existence d'une menace pour l'ordre ou la sécurité publics constituée par le comportement de M. B. Au surplus, le requérant a été interpellé alors qu'il circulait en scooter sur le trottoir réservé aux piétons, ce qui n'est pas la première infraction routière pour laquelle il a déjà été mis en cause puisqu'il est défavorablement connu pour circulation d'un véhicule terrestre à moteur, faits du 1er janvier 2023, et mise en circulation d'un cycle à pédalage débridé faits du 2 juin 2022, ce qui, a minima et alors que l'intéressé allègue l'absence de condamnation pénale subséquente, traduit une permanence dans l'irrespect de la règlementation routière. Enfin, si M. B invoque une atteinte à sa vie privée et familiale, il n'apporte aucun élément tendant à démontrer l'existence des intérêts principaux d'une telle vie en France alors qu'il ne conteste pas y être célibataire et sans enfant et ne pas être dépourvu d'attaches en Espagne ou en Algérie pays dont il est originaire. C'est donc en y étant fondé en droit et sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a assorti la mesure d'une interdiction de circulation d'une durée de deux ans, d'ailleurs inférieure à la durée maximale autorisée par les dispositions précitées.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, la somme demandée au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ben Fahrat et au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.
La magistrate désignée,La greffière,
D. Lorriaux C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 juillet 2025.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026