Texte intégral
Le juge des référésVu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2025, la société New A, représentée par Me Fürstenheim, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 5 juin 2025 du maire de Montpellier la mettant en demeure de supprimer un dispositif publicitaire sous cinq jours, sous peine d’une astreinte journalière de 243,67 euros, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montpellier une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d’urgence :
- l’arrêté en litige crée une situation d’urgence en ce qu’il met à sa charge une astreinte journalière qui a déjà commencé à courir et qui affecte gravement sa situation financière ;
- les travaux de dépose vont porter atteinte à l’immeuble qui appartient à la copropriété qui s’y oppose et vont compromettre la visibilité de son commerce ;
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité :
- l’arrêté est entaché d’un vice d’incompétence ;
- son édiction n’a pas été précédé d’une procédure contradictoire ;
- l’arrêté souffre d’une insuffisance de motivation ;
- l’arrêté est entaché d’une erreur de droit ;
- l’arrêté est entachée d’une erreur d’appréciation ;
- l’arrêté est entaché de détournement de pouvoir ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 juillet 2025 sous le numéro 2504855 par laquelle la société New A demande l’annulation de l’arrêté attaqué.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».Aux termes de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ». L’article R. 522-1 du même code prévoit que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. (…) ».
2. En vertu de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il est manifeste qu’elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire et des justifications apportées par le requérant, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. La société New A exploite, sous l’enseigne « New Hair » un salon de coiffure situé 11 rue Rondelet à Montpellier. Par un arrêté du 5 juin 2025 le maire l’a mise en demeure de supprimer des dispositifs publicitaires situés sur la façade de l’immeuble ainsi que sur un mur pignon, et ce sous cinq jours, sous peine d’une astreinte journalière de 243.67 euros. Par sa requête la société New A demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L.521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l’exécution de cet arrêté dont elle a sollicité l’annulation par une requête distincte enregistrée le 7 juillet 2025 sous le numéro 2504855.
5. Pour justifier d’une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la société New A soutient que l’arrêté du 5 juin 2025 la rend redevable d’une astreinte administrative journalière, en cas d’inexécution de la mise en demeure de déposer les dispositifs publicitaires en litige scellés sur la façade et le mur pignon, ce qui porte gravement atteinte à sa situation financière. Toutefois, en se bornant à indiquer que la dépose de ces dispositifs porterait atteinte au bâtiment et que la copropriété s’y oppose la société requérante ne justifie en l’espèce d’aucune circonstance faisant obstacle à ce qu’elle se conforme à la mise en demeure. Si elle fait également valoir que la dépose des dispositifs en litige aura une incidence sur la visibilité de son commerce, elle ne l’établit pas davantage ni ne démontre que la dépose de ce dispositif de publicité entraînerait pour son commerce une perte financière de nature à mettre en péril la poursuite de son activité professionnelle. La société New A ne justifie donc nullement, en l’état de l’instruction, que l’exécution de l’arrêté municipal litigieux est susceptible de porter une atteinte grave et immédiate à ses intérêts. Par suite, la condition d’urgence posée à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la requête comporte un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté, que les conclusions présentées par la société New A à fin de suspension de l’arrêté du 5 juin 2025 du maire de Montpellier doivent être rejetées, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société New A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société New A.
Fait à Montpellier, le 17 septembre 2025.
Le juge des référés,
J. Charvin
La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 septembre 2025
La greffière,
A-L. Edwige