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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2506634

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2506634

jeudi 18 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2506634
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet de l'Hérault invalidant l'examen du code de la route de M. A... suite à la fermeture pour fraude du centre d'examen. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les arguments du requérant (nécessité du permis pour trouver un emploi et difficultés financières) ne constituant pas des circonstances particulières justifiant une mesure provisoire immédiate. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens soulevés (défaut de motivation, vice de procédure, erreur de droit).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Moulin, demande au tribunal :

1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision du préfet de l’Hérault en date du 7 juillet 2025 invalidant son examen du code de la route ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée : la décision contestée le prive de la détention d’un permis de conduire alors que celui-ci lui est nécessaire pour trouver un emploi ; il ne dispose pas des capacités pour financer l’acquisition d’un nouveau permis de conduire ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle est insuffisamment motivée en fait ; elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’aucune procédure contradictoire préalable n’a été engagée par le préfet ; elle est entachée d’erreur de droit dès lors que si le centre de contrôle où il a passé son examen a été fermé pour fraude, il n’a pas été personnellement mis en cause par les services de gendarmerie et par l’enquête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 7 juillet 2025 le préfet de l’Hérault a procédé à l’invalidation de l’épreuve théorique générale du permis de conduire obtenue par M. A... le 13 février 2025 dans le centre Sécuritest situé à Gignac suite à la fermeture de cet établissement pour fraude. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Enfin, l'article L. 522‑3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour établir l’existence d’une situation d’urgence, M. A... fait valoir que l’exécution de la décision contestée le prive de la détention d’un permis de conduire, l’empêchant ainsi de trouver un emploi, et qu’il ne dispose pas des capacités financières pour repasser les épreuves du permis de conduire. Cependant, les circonstances ainsi alléguées par M. A... ne suffisent pas à constituer des circonstances particulières permettant de caractériser la nécessité pour celui-ci de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Dès lors, en l’état de l’instruction, il n’apparaît pas que la situation du requérant revêtirait ainsi le caractère d’une situation d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu’il conteste soit suspendue. Par suite, la condition d’urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

6. Dans les circonstances de l’espèce, et en l’absence d’urgence, il n’y a également pas lieu d’admettre provisoirement M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montpellier, le 18 septembre 2025.


Le juge des référés,




J. Charvin


La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 septembre 2025.
La greffière,




M. C...

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