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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2506838

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2506838

vendredi 26 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2506838
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantROUSSELOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision 48 SI du 21 août 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a notifié à M. B... la perte de validité de son permis de conduire. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car l'intérêt public de la sécurité routière, compte tenu de la gravité et du caractère réitéré des infractions commises, prime sur les conséquences professionnelles invoquées par le requérant. La solution retenue est fondée sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Rousselot, demande au tribunal :

1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision 48 SI du 21 août 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points auxquelles elle se réfère à la suite des infractions commises les 12 février 2019, 9 mai 2021, 26 juillet 2022, 17 août 2022 et 6 février 2025 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que l’exécution de la décision d’invalidation du permis de conduire contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation professionnelle dans la mesure où le permis de conduire lui est indispensable pour exercer son métier de représentant commercial au sein de la société Vérisure qui l’oblige à parcourir de nombreux kilomètres en véhicule dans plus de 17 départements ; un licenciement aurait des conséquences financières importantes compte tenu de ses charges familiales ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle est entachée d’erreur de droit dès lors qu’il a contesté auprès de l’officier du ministère public la contravention relative aux faits du 6 février 2025 ; les informations prévues aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route ne lui ont pas été communiquées préalablement à ce que ses points soient retirés pour les infractions des 12 février 2019, 9 mai 2021, 26 juillet 2022, 17 août 2022 et 6 février 2025.





Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision 48 SI du 21 août 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié la perte de validité de son permis de conduire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes enfin de l’article L 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L.522-1 ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

4. M. B..., pour démontrer l’urgence qu’il y aurait à suspendre l’exécution de la décision du ministre de l’intérieur constatant la perte de validité de son titre, soutient que son permis de conduire lui est indispensable pour exercer son métier de représentant commercial au sein de la société Vérisure qui l’oblige à parcourir de nombreux kilomètres en véhicule dans plus de 17 départements et qu’un licenciement aurait des conséquences financières importantes compte tenu de ses charges familiales. Cependant il résulte de l’instruction que la décision en litige répond à des exigences de protection et de sécurité routière eu égard au caractère grave de deux des sept infractions commises par le requérant les 16 février 2022 et 13 mars 2023 ayant entraîné un retrait de 4 points chacune sur son permis de conduire, qui révèlent un comportement grave et réitéré, sur une période inférieure à 13 mois, de méconnaissance des dispositions du code de la route. Dès lors, et quelle que soit la gêne qui en résulte pour l’intéressé et les conséquences professionnelles ou personnelles résultant de la perte de validité de son permis, les exigences qui s’attachent à l’intérêt public de la sécurité routière font obstacle à ce que la condition d’urgence, qui doit s’apprécier objectivement et globalement, soit en l’espèce regardée comme remplie. Par suite, sans qu’il soit besoin de vérifier s'il est fait état d'un moyen propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. B....

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., en ce compris ses conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Montpellier, le 26 septembre 2025.


Le juge des référés,




J. Charvin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Montpellier, le 26 septembre 2025.
La greffière,



L. Salsmann


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