LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2507339

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2507339

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2507339
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MAZAS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 24 juillet 2025 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé d’instruire la demande de renouvellement de titre de séjour de M. C.... Le juge a considéré que l’urgence n’était pas établie, le requérant n’ayant pas justifié avoir accompli les diligences nécessaires pour honorer les rendez-vous fixés par la préfecture, et qu’il conservait la possibilité de régulariser sa situation. Les moyens soulevés, tirés notamment du défaut de motivation et de la méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme, ont été écartés comme inopérants en l’absence de décision de refus de titre de séjour.

Texte intégral

Le juge des référés, Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2025, M. B... C..., représenté par Me Mazas, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 24 juillet 2025 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé d’instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l’Hérault, de lui fixer un rendez-vous afin de renouveler son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir,
4°) d’assortir ces injonctions d’une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle ;
6°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.


Il soutient que :

- l’urgence à prononcer la suspension de l’exécution de la décision de refus en litige, dès lors qu’il est désormais en situation irrégulière en France où il a toujours été en situation régulière depuis 1984 et disposait d’un titre de séjour pluriannuel valable du 8 août 2002 au 7 août 2024, cette situation le prive de la possibilité d’exercer son activité professionnelle et de ses droits sociaux alors qu’il est âgé de 69 ans ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision de refus en ce qu’elle est entachée :
. d’un défaut de motivation ;
. d’un vice de procédure, la préfecture ne peut lui reprocher un dilettantisme alors que c’est des agissements des services préfectoraux que résulte le dépassement du délai, pour sa part, il avait sollicité un rendez-vous deux mois avant l’expiration de son titre de séjour. ;
. d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation, alors qu’il établit être allé au rendez-vous qui lui avait été fixé le 24 septembre 2024 à 13 h 48 pour « retrait de titre de séjour ou de titre de voyage-Guichet 1 », et a présenté son entier dossier qui a été refusé, sans justification, de sorte que rien ne justifiait le refus de rendez-vous en date du 24 juillet 2025 à la suite de sa demande présenté par courrier le 27 mai précédent ;
. d’une méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, étant présent en France de manière régulière depuis 1984 et est parfaitement intégré à la société française où il a installé sa vie privée et familiale.



Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2025, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir que :
- l’urgence n’est pas établie dès lors qu’en l’état, le requérant n’établit pas avoir accompli les diligences nécessaires pour honorer les rendez-vous qui lui ont été fixés les 3 juillet, 24 septembre et 21 novembre 2024, et alors qu’il conserve toujours la possibilité de faire régulariser sa situation en vue d’une admission exceptionnelle au séjour, comme cela le lui avait été précisé par courrier du 24 juillet 2025, laquelle situation n’est pas menacée par une mesure d’éloignement ;
- aucune décision de refus implicite de titre de séjour, ni même d’instruction de sa demande, n’ayant pu naître aux termes du courrier précité du 24 juillet 2025 les moyens invoqués sont tous inopérants.

Vu :
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Mazas pour le requérant, et de M. A... pour le préfet de l’Hérault.


L’instruction a été close à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ».

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement invoqué sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

4. M. C..., ressortissant camerounais né le 12 mai 1956, qui est entré en France en 1984 et y réside en situation régulière au moins depuis le 24 février 2003, a sollicité, le 24 juin 2024, le renouvellement de son titre de séjour pluriannuel valable jusqu’au 7 août 2024. S’il se prévaut de ce qu’il a honoré le rendez-vous qui lui avait été fixé 24 septembre 2024 à la préfecture de l’Hérault pour lui permettre de déposer sa demande et que celle-ci n’a pu être enregistrée au motif que l’agent ne retrouvait pas son dossier dans la base de données informatiques, il demeure qu’il n’établit pas s’être pas rendu aux convocations qui lui avaient fixées aux mêmes fins, antérieurement le 3 juillet et, surtout, postérieurement, le 21 novembre 2024. Toutefois, il est constant que, par courrier du 27 mai 2025, reçu le 28 mai suivant par les services préfectoraux, M. C... a, de nouveau, sollicité le renouvellement de son titre de séjour dans le cadre d’une admission exceptionnelle. La seule circonstance qu’en raison de ses démarches successives qu’il a entreprises depuis le 24 juin 2024, M. C... a estimé présenter une simple demande de renouvellement de son titre de séjour alors qu’en raison des manquements de l’intéressé depuis le 7 août 2024, date de fin de validité de ce titre, le préfet de l’Hérault a, quant à lui, considéré qu’il s’agissait d’une nouvelle et première demande de titre de séjour, ne faisait pas obstacle à ce que ce dernier l’enregistre, en tant que telle, sauf à estimer qu’elle était incomplète, ce qui n’est toutefois pas opposé dans la décision du 24 juillet 2025 en litige. Par suite, eu égard notamment à sa situation régulière en France depuis plus de vingt ans, M. C... établit l’urgence à statuer, par la voie du référé, sur les conclusions de la requête aux fins de suspension de l’exécution de la décision 24 juillet 2025 en litige,qui doit être regardée comme refusant de procéder à l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et donc comme une décision qui lui fait donc grief, contrairement à ce que fait valoir le préfet de l’Hérault en défense.

5. Compte tenu des constats qui précédent, en l’absence de motif tiré du caractère incomplet de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, en refusant d’enregistrer la demande de M. C..., le préfet a méconnu sa compétence. Par suite, il y a lieu, d’une part, de suspendre l’exécution de cette décision, d’autre part, d’enjoindre au préfet de l’Hérault de procéder à l’examen de la demande de M. C... et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance.


6. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête de M. C... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.



ORDONNE :

Article 1er : M. C... est admis à l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L’exécution de la décision du 24 juillet 2025 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé d’instruire sa demande d’admission exceptionelle au séjour M. C... est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de l’Hérault de procéder à l’examen de la demande de titre de séjour de M. C... et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C..., au préfet de l’Hérault et à Me Mazas.

Fait à Montpellier, le 6 novembre 2025.

Le juge des référés,



E. Souteyrand

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 novembre 2025.
La greffière,


C. Touzet

Le juge des référés, Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2025, M. B... C..., représenté par Me Mazas, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 24 juillet 2025 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé d’instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l’Hérault, de lui fixer un rendez-vous afin de renouveler son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir,
4°) d’assortir ces injonctions d’une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle ;
6°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.


Il soutient que :

- l’urgence à prononcer la suspension de l’exécution de la décision de refus en litige, dès lors qu’il est désormais en situation irrégulière en France où il a toujours été en situation régulière depuis 1984 et disposait d’un titre de séjour pluriannuel valable du 8 août 2002 au 7 août 2024, cette situation le prive de la possibilité d’exercer son activité professionnelle et de ses droits sociaux alors qu’il est âgé de 69 ans ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision de refus en ce qu’elle est entachée :
. d’un défaut de motivation ;
. d’un vice de procédure, la préfecture ne peut lui reprocher un dilettantisme alors que c’est des agissements des services préfectoraux que résulte le dépassement du délai, pour sa part, il avait sollicité un rendez-vous deux mois avant l’expiration de son titre de séjour. ;
. d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation, alors qu’il établit être allé au rendez-vous qui lui avait été fixé le 24 septembre 2024 à 13 h 48 pour « retrait de titre de séjour ou de titre de voyage-Guichet 1 », et a présenté son entier dossier qui a été refusé, sans justification, de sorte que rien ne justifiait le refus de rendez-vous en date du 24 juillet 2025 à la suite de sa demande présenté par courrier le 27 mai précédent ;
. d’une méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, étant présent en France de manière régulière depuis 1984 et est parfaitement intégré à la société française où il a installé sa vie privée et familiale.



Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2025, le préfet de l’Hérault conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir que :
- l’urgence n’est pas établie dès lors qu’en l’état, le requérant n’établit pas avoir accompli les diligences nécessaires pour honorer les rendez-vous qui lui ont été fixés les 3 juillet, 24 septembre et 21 novembre 2024, et alors qu’il conserve toujours la possibilité de faire régulariser sa situation en vue d’une admission exceptionnelle au séjour, comme cela le lui avait été précisé par courrier du 24 juillet 2025, laquelle situation n’est pas menacée par une mesure d’éloignement ;
- aucune décision de refus implicite de titre de séjour, ni même d’instruction de sa demande, n’ayant pu naître aux termes du courrier précité du 24 juillet 2025 les moyens invoqués sont tous inopérants.

Vu :
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Mazas pour le requérant, et de M. A... pour le préfet de l’Hérault.


L’instruction a été close à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ».

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

3. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement invoqué sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

4. M. C..., ressortissant camerounais né le 12 mai 1956, qui est entré en France en 1984 et y réside en situation régulière au moins depuis le 24 février 2003, a sollicité, le 24 juin 2024, le renouvellement de son titre de séjour pluriannuel valable jusqu’au 7 août 2024. S’il se prévaut de ce qu’il a honoré le rendez-vous qui lui avait été fixé 24 septembre 2024 à la préfecture de l’Hérault pour lui permettre de déposer sa demande et que celle-ci n’a pu être enregistrée au motif que l’agent ne retrouvait pas son dossier dans la base de données informatiques, il demeure qu’il n’établit pas s’être pas rendu aux convocations qui lui avaient fixées aux mêmes fins, antérieurement le 3 juillet et, surtout, postérieurement, le 21 novembre 2024. Toutefois, il est constant que, par courrier du 27 mai 2025, reçu le 28 mai suivant par les services préfectoraux, M. C... a, de nouveau, sollicité le renouvellement de son titre de séjour dans le cadre d’une admission exceptionnelle. La seule circonstance qu’en raison de ses démarches successives qu’il a entreprises depuis le 24 juin 2024, M. C... a estimé présenter une simple demande de renouvellement de son titre de séjour alors qu’en raison des manquements de l’intéressé depuis le 7 août 2024, date de fin de validité de ce titre, le préfet de l’Hérault a, quant à lui, considéré qu’il s’agissait d’une nouvelle et première demande de titre de séjour, ne faisait pas obstacle à ce que ce dernier l’enregistre, en tant que telle, sauf à estimer qu’elle était incomplète, ce qui n’est toutefois pas opposé dans la décision du 24 juillet 2025 en litige. Par suite, eu égard notamment à sa situation régulière en France depuis plus de vingt ans, M. C... établit l’urgence à statuer, par la voie du référé, sur les conclusions de la requête aux fins de suspension de l’exécution de la décision 24 juillet 2025 en litige,qui doit être regardée comme refusant de procéder à l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et donc comme une décision qui lui fait donc grief, contrairement à ce que fait valoir le préfet de l’Hérault en défense.

5. Compte tenu des constats qui précédent, en l’absence de motif tiré du caractère incomplet de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, en refusant d’enregistrer la demande de M. C..., le préfet a méconnu sa compétence. Par suite, il y a lieu, d’une part, de suspendre l’exécution de cette décision, d’autre part, d’enjoindre au préfet de l’Hérault de procéder à l’examen de la demande de M. C... et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance.


6. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête de M. C... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.



ORDONNE :

Article 1er : M. C... est admis à l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L’exécution de la décision du 24 juillet 2025 par laquelle le préfet de l’Hérault a refusé d’instruire sa demande d’admission exceptionelle au séjour M. C... est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de l’Hérault de procéder à l’examen de la demande de titre de séjour de M. C... et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C..., au préfet de l’Hérault et à Me Mazas.

Fait à Montpellier, le 6 novembre 2025.

Le juge des référés,



E. Souteyrand

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 novembre 2025.
La greffière,


C. Touzet

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions