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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2507503

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2507503

jeudi 23 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2507503
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé sur une demande de suspension de deux décisions préfectorales refusant la délivrance d’une carte nationale d’identité à M. A..., a rejeté la requête pour défaut d’urgence. Le juge a estimé que les éléments fournis par le requérant, notamment l’impossibilité de justifier de son admission à un concours de la fonction publique à la date de l’ordonnance, ne caractérisaient pas une atteinte grave et immédiate à sa situation justifiant une mesure provisoire. La décision a été rendue sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, qui subordonne la suspension à une condition d’urgence non remplie en l’espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 octobre 2025, M. B... A... demande au tribunal :

1°) de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision implicite du 16 septembre 2025 et de la décision du 16 octobre 2025 du préfet de l’Hérault lui refusant la délivrance d’une carte nationale d’identité ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Hérault de procéder à la délivrance de la carte nationale d’identité dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée : le refus de délivrance contesté l’empêchera d’obtenir la pièce d’identité nécessaire à sa future prise de fonctions dans la fonction publique d’État, en qualité de surveillant pénitentiaire, à la suite d’une procédure de recrutement actuellement en cours, créant ainsi une atteinte grave et immédiate à son droit au travail et à son droit d’accéder à un emploi public ; il se trouve dans une situation administrative bloquée, n’ayant aucun titre d’identité justifiant de sa nationalité, ce qui porte atteinte à sa dignité et à son droit de mener une vie personnelle et professionnelle normale ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle méconnait l’article 7 du décret du 3 août 1962 ainsi que la valeur probante des actes délivrés par l’OFPRA ; elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d‘aller et venir ; elle est contraire aux principes de sécurité juridique et d’égalité devant le service public.





Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.



La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... a sollicité la délivrance d’une carte nationale d’identité, laquelle lui a été refusée par le préfet de l’Hérault. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite du 16 septembre 2025 et de la décision du 16 octobre 2025 du préfet de l’Hérault lui refusant la délivrance de ladite carte.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Enfin, l'article L. 522‑3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour établir l’existence d’une situation d’urgence, M. A... fait valoir, d’une part, que l’exécution de la décision contestée l’empêchera d’obtenir la pièce d’identité nécessaire à sa future prise de fonctions dans la fonction publique d’État, en qualité de surveillant pénitentiaire, à la suite d’une procédure de recrutement actuellement en cours, créant ainsi une atteinte grave et immédiate à son droit au travail et à son droit d’accéder à un emploi public et, d’autre part, qu’il se trouve dans une situation administrative bloquée, n’ayant aucun titre d’identité justifiant de sa nationalité, ce qui porte atteinte à sa dignité et à son droit de mener une vie personnelle et professionnelle normale. Cependant, les circonstances ainsi alléguées par M. A..., dès lors notamment que la publication de la liste d’admission au concours de surveillant d’administration pénitentiaire est fixée au 31 octobre 2025 et qu’ainsi à la date de la présente ordonnance le requérant ne peut justifier de son admission audit concours, ne suffisent pas à constituer des circonstances particulières permettant de caractériser la nécessité pour celui-ci de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Dès lors, en l’état de l’instruction, il n’apparaît pas que la situation du requérant revêtirait ainsi le caractère d’une situation d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu’il conteste soit suspendue. Par suite, la condition d’urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montpellier, le 23 octobre 2025.


Le juge des référés,




J. Charvin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 octobre 2025.
La greffière,



M. C...

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