Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la requête de six détenus du centre pénitentiaire de Béziers qui demandaient, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de mesures qu'ils estimaient inégalitaires concernant l'accès aux parloirs et les fouilles à nu. Le juge a considéré que la demande était irrecevable car il n'appartient pas au juge des référés de prononcer des injonctions à titre principal, et que les requérants ne justifiaient d'aucune urgence. La requête a été rejetée sans instruction préalable, en application de l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, M. D... J..., M. B... E..., M. K... H..., M. A... F..., M. I... C... et M. L... G... sollicitent l’intervention du tribunal administratif sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, pour faire cesser les inégalités de traitement pour l’accès aux parloirs des familles et faire cesser les multiples fouilles à nu par semaine, sous astreinte de 10 000 euros par jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. Les conclusions que M. J..., M. E..., M. H..., M. F..., M. C... et M. G..., détenus au centre pénitentiaire de Béziers, présentent dans le cadre de leur requête sont irrecevables dès lors qu’il n’appartient pas au juge des référés du tribunal administratif, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer des injonctions à titre principal. Par ailleurs, les requérants ne justifient d’aucune urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, leur requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. J... et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... J..., premier dénommé pour l’ensemble des requérants.
Fait à Montpellier, le 24 novembre 2025.
Le juge des référés,
J. Charvin
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 novembre 2025.
La greffière,
L. Salsmann