Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2025 et un mémoire enregistré le 26 décembre 2025, M. C... B..., représenté par Me Balestie, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’ordonner la communication de l’ensemble des pièces sur lesquelles le préfet s’est fondé pour prendre les décisions attaquées ;
3°) d’annuler l’arrêté du 21 décembre 2025 par lequel le préfet de l'Hérault l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé un pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
Sur l’arrêté attaqué pris dans son ensemble :
- il est entaché d’un vice d’incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il ne lui a pas été notifié dans une langue qu’il comprend ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît son droit d’être entendu garanti par les stipulations de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et ainsi que par le principe général des droits de la défense ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
Sur l’absence de délai de départ volontaire :
- elle est dépourvue de base légale compte tenu de l’illégalité de la décision l’obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et complet de sa situation ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation dans l’application des dispositions de l’article L.612-1 à L.612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace pour l’ordre public ; il ne présente pas un risque de fuite ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale compte tenu de l’illégalité de la décision l’obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen réel et complet de sa situation ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation en ce qu’il justifie de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d’une telle mesure ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L.612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle présente un caractère disproportionné ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation quant à sa durée ;
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à la libre circulation.
Le préfet de l’Hérault, qui n’a pas produit de mémoire en défense, a communiqué les pièces de la procédure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;
- le décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et relatif à l’aide juridictionnelle et à l’aide à l’intervention de l’avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Villemejeanne, première conseillère, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d’éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus, au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Villemejeanne, magistrate désignée,
- et les observations de Me Balestie, représentant M. B... présent à l’audience en présence de M. D... interprète, qui reprend ses écritures.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... se présentant comme étant M. C... B..., ressortissant algérien né le 21 janvier 1995, demande au tribunal l’annulation de l’arrêté du 21 décembre 2025, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire national pendant une durée de trois ans.
Sur la communication du dossier administratif du requérant :
3. Aux termes de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. (…) ».
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de l’Hérault a communiqué au tribunal, le 23 décembre 2025, l’ensemble des pièces sur la base desquelles a été pris l’arrêté contesté et que ces productions ont été communiquées au conseil de M. B.... Dans ces conditions, les conclusions de ce dernier tendant à obtenir son dossier ne peuvent qu’être rejetées.
Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :
5. Aux termes du dernier alinéa de l’article L.922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger est assisté de son conseil s'il en a un. Il peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné qu'il lui en soit désigné un d'office. ».
6. Aux termes de l’article 19-1 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « La commission ou la désignation d’office ne préjuge pas de l’application des règles d’attribution de l’aide juridictionnelle ou de l’aide à l’intervention de l’avocat. Par exception, l’avocat commis ou désigné d’office a droit à une rétribution, y compris si la personne assistée ne remplit pas les conditions pour bénéficier de l’aide juridictionnelle ou de l’aide à l’intervention de l’avocat, s’il intervient dans les procédures suivantes, en première instance ou en appel : (…) / 10° Procédures devant le tribunal administratif relatives à l’éloignement des étrangers faisant l’objet d’une mesure restrictive de liberté (…) ». Aux termes de l’article 36 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et relatif à l’aide juridictionnelle et à l’aide à l’intervention de l’avocat dans les procédures non juridictionnelles : « à l’exception des situations dans lesquelles un avocat est désigné ou commis d’office, l’aide juridictionnelle ou l’aide à l’intervention de l’avocat est demandée avant la fin de l’instance ou de la procédure concernée, sans préjudicie de l’application des articles L. 512-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée ». Aux termes de l’article 39 de ce même décret : « Lorsque l’avocat est commis ou désigné d’office en matière d’aide juridictionnelle ou d’aide à l’intervention de l’avocat, il saisit le bureau d’aide juridictionnelle au nom de la personne qu’il assiste ou qu’il a assistée et formule la demande d’aide selon les modalités prévues à l’article 37. Par exception, l’avocat commis ou désigné d’office en matière d’aide juridictionnelle ou d’aide à l’intervention de l’avocat dans le cadre d’une procédure mentionnée à l’article 19-1 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée est dispensé de déposer une demande d’aide ».
7. Dès lors que M. B... bénéficie de l’assistance d’une avocate commise d’office, cette dernière, qui a droit à une rétribution, est dispensée de déposer une demande d’aide juridictionnelle en application des dispositions précitées. Ainsi la demande tendant à ce que le requérant soit admis, à titre provisoire, à l’aide juridictionnelle est dépourvue d’objet et ne peut qu’être rejetée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne l’arrêté pris dans son ensemble :
8. En premier lieu, l’arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l’Hérault, par Mme Véronique Martin Saint Léon, secrétaire générale de la préfecture de l’Hérault. Par un arrêté du 3 mars 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 6 mars 2025, accessible tant au juge qu’aux parties, le préfet de l’Hérault a accordé à Mme Véronique Martin Saint Léon une délégation à l’effet de signer « tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l’État dans le département de l’Hérault », une telle délégation comprenant notamment « la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers ». Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte doit être écarté.
9. En deuxième lieu, l’arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de faits qui constituent le fondement de chaque décision prononcée, en particulier la situation administrative et personnelle de l’intéressé, permettant à M. B... de comprendre les motifs des décisions prononcées à son encontre. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation des décisions contenues dans l’arrêté attaqué doit être écarté.
10. En troisième lieu, les conditions de notification de l’arrêté sont sans incidence sur la légalité de celui-ci. Par suite, le moyen tiré de l’irrégularité de la notification de l’arrêté attaqué, qui est inopérant, ne peut qu’être écarté.
En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union : « Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l’Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; (...) ». Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne que cet article s’adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l’Union. Il résulte aussi de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d’être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l’Union et qu’il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré, lequel se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d’une procédure administrative avant l’adoption de toute décision susceptible d’affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l’autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d’entendre l’intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
12. Il résulte de ce qui a été dit au point qui précède que M. B... ne peut utilement soutenir que la décision attaquée, prise par une autorité d’un Etat membre, méconnaît l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. En revanche, il peut utilement invoquer à l’appui de la décision contestée la méconnaissance du droit d’être entendu, lequel fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l’Union. Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. B... a été entendu sur sa situation administrative par les services de police et ce, avant que n’intervienne la décision contestée. Il en ressort également qu’au cours de cette audition l’intéressé a été informé de ce qu’il était susceptible de faire l’objet d’une mesure d’éloignement et qu’il a été mis à même de présenter ses observations. M. B... a donc été mis en mesure d’exposer de manière effective l’ensemble des observations sur sa situation qu’il estimait utile et qui aurait été susceptible d’influer sur le prononcé ou les modalités de la mesure d’éloignement envisagée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d’être entendu doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le préfet n’aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle et familiale de M. B.... Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Pour l’application de ces stipulations, l’étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d’apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu’il a conservés dans son pays d’origine.
15. M. B... a déclaré lors de son audition par les services de police être arrivé pour la seconde fois sur le territoire français en décembre 2023. Cependant, il ne justifie pas par les pièces versées au débat y être entré régulièrement ni même avoir séjourné régulièrement et habituellement depuis 2023. Par ailleurs, si M. B... fait état de sa relation avec une ressortissante française actuellement enceinte il ne justifie pas de l’existence certaine d’une paternité et ne démontre pas de l’ancienneté et de la stabilité de la relation alléguée. Il ne démontre pas davantage avoir constitué le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Il ne conteste pas conserver des attaches familiales en Algérie, pays où il a vécu la majeure partie de sa vie. Enfin, M. B... ne démontre pas par la production d’un billet de bus non nominatif avoir déféré à une précédente mesure d’éloignement et ne justifie pas d’une insertion professionnelle et sociale particulière à la société française. Dans ces conditions, la décision par laquelle le préfet a obligé M. B... à quitter le territoire français n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15, le préfet n’a pas commis d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle et familiale de M. B....
En ce qui concerne l’absence de délai de départ volontaire :
17. En premier lieu, M. B... n’établit pas l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, il n’est pas fondé à exciper de l’illégalité de cette décision à l’encontre de celle refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le préfet n’aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle et familiale de M. B.... Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
19. En troisième lieu, aux termes de l’article L.612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; (…) ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L.612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; (…) 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;(…); 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ».
20. Pour refuser d’accorder un délai de départ volontaire à M. B... le préfet de l’Hérault s’est fondé, d’une part, sur les dispositions du 1° de l’article L.612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et, d’autre part, sur les 3° de l’article L.612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Pour estimer qu’il existait un risque de fuite au sens et pour l’application du 3° de l’article L.612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile le préfet s’est fondé sur les dispositions du 1°, du 5° et du 8° de l’article L.612-3 de ce code. Si M. B... soutient qu’il n’existe pas de risque de fuite en ce qu’il justifie de garanties de représentations suffisantes il ressort toutefois des pièces du dossier qu’il n’est pas en mesure de produire un passeport en cours de validité. En outre, M. B... ne conteste pas ne pas être en mesure de justifier d’une entrée régulière sur le territoire français et ne pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet pouvait légalement se fonder sur ces circonstances pour estimer qu’il existait un risque de fuite, et refuser, pour ce seul motif, de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation dans l’application des dispositions de l’article L.612-1 à L.612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
21. En premier lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ».
22. Dans une requête sommaire, M. B..., invoque le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées sans toutefois l’assortir des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. Dans son mémoire complémentaire et lors de l’audience, il n’a pas davantage été en mesure de préciser la nature des craintes auxquelles il serait exposé en cas de retour dans son pays d’origine. Dès lors, et en tout état de cause, M. B..., qui ne justifie pas de motifs sérieux et avérés de croire qu’il se trouverait dans son pays exposé à un risque réel pour sa personne ou à des traitements inhumains et dégradants, n’est pas fondé à invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
23. En second lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 15, M. B... qui ne justifie pas, en outre, être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine n’est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l’interdiction de retour sur le territoire français :
24. En premier lieu, M. B... n’établit pas l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, il n’est pas fondé à exciper de l’illégalité de cette décision à l’encontre de celle prononçant une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, ce moyen doit être écarté.
25. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le préfet n’aurait pas procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle et familiale de M. B.... Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
26. En troisième lieu, aux termes de l’article L.612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Aux termes de l’article L.612 - 10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ».
27. D’une part, M. B..., qui n’a pas bénéficié d’un délai de départ, ne justifie pas de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à une interdiction de retour sur le territoire français. D’autre part, ainsi qu’il a été exposé au point 15 le requérant qui soutient être entré sur le territoire français en 2023, ne justifie pas de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France. Par ailleurs, il a fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement assortie d’une interdiction de retour pour une durée de dix-huit mois notifiée le 14 mars 2023 qu’il ne justifie pas avoir exécutée par la seule production d’un billet de bus non nominatif. Dans ces conditions, alors même que la présence en France de l’intéressée ne constitue pas une menace à l’ordre public, les moyens tirés de ce que la décision d’interdiction de retour sur le territoire français aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l’article L.612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, serait entachée d’erreur d’appréciation et disproportionnée quant à sa durée doivent être écartés.
28. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
29. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été exposé aux points qui précèdent, le préfet de l’Hérault ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée au principe de libre circulation invoqué, lequel, au demeurant, n’est pas inconditionnel, en assortissant la mesure d’éloignement d’une interdiction de retour. Par suite, ce moyen doit être écarté.
30. Il résulte de ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté préfectoral du 21 décembre 2025. Il s’ensuit que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
er: La requête de M. B... est rejetée.
: Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2025.
La magistrate désignée,
P. Villemejeanne
Le greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 9 janvier 2026.
Le greffier,
D. Martinier