jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 avril 2020, sous le n° 2001791, M. B C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 février 2020 du maire de la commune de Milizac-Guipronvel accordant à M. A D un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain situé 195 rue de l'Armor.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2021, la commune de Milizac-Guipronvel, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2022, M. C doit être regardé comme déclarant se désister purement et simplement de sa requête.
La procédure a été communiquée à M. D qui n'a pas produit d'observations en défense.
II. Par une requête, enregistrée le 24 juin 2020, sous le n° 2002523, le GAEC Maner Ar C'hastel, représenté par Me Morvan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2020 du maire de la commune de Milizac-Guipronvel accordant à M. A D un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain situé 195 rue de l'Armor ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Milizac-Guipronvel le paiement d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le permis de construire méconnaît l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et l'arrêté du 7 février 2005 qui imposent une distance minimum de 100 mètres entre une maison d'habitation et un bâtiment agricole soumis à la législation sur les installations classées ;
- le permis de construire ne comporte aucune prescription spéciale tirée de la proximité du hangar utilisé pour l'entretien et la réparation des machines agricoles alors que cette activité est bruyante et qu'il existe des risques d'incendie ;
- les travaux de construction de la maison projetée présentent des risques pour la structure du hangar voisin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2021, la commune de Milizac-Guipronvel, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête de M. C n'est fondé.
La procédure a été communiquée à M. D qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de et de Me Guil, représentant la commune de Milizac-Guipronvel.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 février 2020 le maire de la commune de Milizac-Guipronvel a accordé un permis de construire une maison d'habitation individuelle sur un terrain situé 195 rue de l'Armor. Par un arrêté du 14 septembre 2020 le maire de la commune de Milizac-Guipronvel a accordé un premier permis de construire modificatif réduisant la longueur de la maison projetée afin de l'éloigner de 1,10 mètre de la limite séparative ouest et réduisant la surface de plancher. Enfin, à la suite du bornage de la parcelle d'assiette du projet, le maire de la commune de Milizac-Guipronvel a accordé, par un arrêté du 15 mai 2021, un second permis de construire modificatif déplaçant l'implantation de la maison d'habitation à 1,10 mètre de la limite séparative ouest et ajustant la surface de plancher créée. M. C, propriétaire d'un hangar implanté sur la limite séparative ouest de la parcelle cadastrée section AD n° 102 qui accueillera
le projet, demande l'annulation du seul arrêté du 18 février 2020 accordant le permis de construire initial. Le GAEC Maner Ar C'hastel, locataire de ce hangar, demande également l'annulation de l'arrêté du 18 février 2020 accordant ce permis de construire.
2. Les requêtes présentées par M. C et par le GAEC Maner Ar C'hastel présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête présentée par M. C :
3. Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2022, M. C doit être regardé comme se désistant de sa requête, en demandant au tribunal de la déclarer nulle et non-avenue depuis la prise en compte des motifs de sa requête par deux permis de construire modificatifs. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la requête présentée par le GAEC Maner Ar C'hastel :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime alors applicable : " Lorsque des dispositions législatives ou réglementaires soumettent à des conditions de distance l'implantation ou l'extension de bâtiments agricoles vis-à-vis des habitations et immeubles habituellement occupés par des tiers, la même exigence d'éloignement doit être imposée à ces derniers à toute nouvelle construction et à tout changement de destination précités à usage non agricole nécessitant un permis de construire, à l'exception des extensions de constructions existantes. / Dans les parties actuellement urbanisées des communes, des règles d'éloignement différentes de celles qui résultent du premier alinéa peuvent être fixées pour tenir compte de l'existence de constructions agricoles antérieurement implantées. Ces règles sont fixées par le plan local d'urbanisme ou, dans les communes non dotées d'un plan local d'urbanisme, par délibération du conseil municipal, prise après avis de la chambre d'agriculture et enquête publique réalisée / conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement. (). ". Il résulte de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime que les règles de distance imposées, par rapport notamment aux habitations existantes, à l'implantation d'un bâtiment agricole en vertu en particulier de la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement sont également applicables, par effet de réciprocité, à la délivrance du permis de construire une habitation située à proximité d'un tel bâtiment agricole. Il appartient ainsi à l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire un bâtiment à usage d'habitation de vérifier le respect des dispositions législatives ou réglementaires fixant de telles règles de distance, quelle qu'en soit la nature.
5. Il ne résulte d'aucune pièce du dossier que le hangar jouxtant la construction projetée servant à l'entretien et à la réparation d'engins agricoles constituerait une installation classée pour la protection de l'environnement. Si le GAEC requérant invoque l'existence de liquides inflammables il ne précise pas la nature et les volumes concernés ne permettant pas de déterminer si le hangar abriterait une activité relevant du classement par substance de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement. N'étant pas plus précis les éléments invoqués ne permettent pas d'examiner si l'activité exercée serait susceptible de relever d'une rubrique du classement par activité des installations classées. Il ne résulte pas plus des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de la commune de Milizac-Guipronvel comporterait des dispositions spécifiques sur les règles d'implantation à proximité de ce type d'installation. Par suite, faute pour le GAEC Maner Ar C'hastel d'apporter des précisions permettant d'en apprécier la portée, ce moyen doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs et à défaut de préciser quel arrêté du 7 février 2005 serait méconnu, ce moyen doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis d'aménager sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
8. Si le GAEC Maner Ar C'hastel invoque son activité de réparation de machines et d'engins agricoles et l'existence d'un risque d'incendie en raison du stockage de produits et de véhicules il n'établit pas la réalité de cette allégation et n'apporte en outre aucun élément de nature à préciser et à caractériser la nature et la gravite´ des risques pouvant exister pour la sécurité des habitants de la construction voisine du hangar qu'il occupe. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que les atteintes invoquées seraient d'une probabilité et d'une intensité telles que le maire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage des pouvoirs qu'il tient de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
9. En troisième lieu, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. Il en découle que les conditions dans lesquelles sont ensuite exécutés les travaux sont sans incidence sur la légalité de l'autorisation accordée sauf à ce qu'il apparaisse durant les travaux que le permis a été obtenu au prix de manœuvres de nature à induire l'administration en erreur.
10. La seule circonstance, à la supposer établie, que les travaux de construction de la maison pourraient affecter la structure du hangar situé sur la limite séparative de la parcelle d'implantation du projet est sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué, lequel a d'ailleurs été modifié par deux permis de construire modificatifs du 14 septembre 2020 et du 15 mai 2021 pour éloigner d'un mètre l'implantation de la construction par rapport au hangar et prévenir le risque invoqué par le GAEC.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune, que la requête présentée par le GAEC Maner Ar C'hastel doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
12. La commune de Milizac-Guipronel n'étant pas la partie perdante, les conclusions du GAEC Maner Ar C'hastel présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GAEC Maner Ar C'hastel le versement d'une somme de 1 500 euros à la commune de Milizac-Guipronel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
14. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C le versement de la somme demandée par la commune de Milizac-Guipronel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de M. C.
Article 2 : La requête du GAEC Maner Ar C'hastel est rejetée.
Article 3 : Le GAEC Maner Ar C'hastel versera une somme de 1 500 euros à la commune de Milizac-Guipronvel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Milizac-Guipronvel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 2001791.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au GAEC Maner Ar C'hastel, à la commune de Milizac-Guipronvel et à M. A D.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
C. E
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Bozzi
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2001791, 2002523
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026