vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 août 2020 et le 24 octobre 2022, M. E C et Mme A L, représentés par la SELARL GMR avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 16 juin 2020 par lequel le maire de la commune de Plouescat a retiré le permis de construire qui leur avait été délivré 8 janvier 2020 pour l'extension d'une habitation en vue de la création d'un bassin de piscine couverte et la régularisation de la construction d'un abri de jardin sur un terrain cadastré section AW n° 104 situé 4 rue de Pors Ar Streat ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Plouescat de M. J, de la SCI l'Hippocampe, de M. G et de M. et Mme D la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le projet autorisé par l'arrêté du 8 janvier 2020 ne générait aucun risque de nature à justifier le retrait sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet autorisé ne méconnaissait pas les dispositions de l'article Uh 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 septembre 2022 et le 1er décembre 2022, la commune de Plouescat, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. C et Mme L au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme peut être fondée sur un motif nouveau, pouvant être substitué, tiré du risque de glissement de terrain qui serait aggravé par le projet autorisé.
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 23 septembre 2022, M. I J, la SCI l'Hippocampe, M. F G, M. B et Mme H D, représentés par la SELARL Saout et Galia, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C et Mme L au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- ils ont intérêt à intervenir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. K,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Guil, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Plouescat.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme L ont déposé, le 24 mai 2019, une demande de permis de construire portant sur une extension en vue de la création d'un bassin de piscine couverte et la régularisation de la construction d'un abri de jardin sur un terrain cadastré section AW n° 1044 situé rue de Pors Ar Streat à Plouescat. Après avoir initialement refusé de faire droit à cette demande par un arrêté du 23 juillet 2019, le maire de la commune de Plouescat a finalement délivré le permis de construire sollicité par un arrêté du 8 janvier 2020. A la suite d'un recours gracieux formé par des riverains, le maire de Plouescat a informé les pétitionnaires, par courrier reçu le 14 mars 2020, qu'il entendait retirer cette décision créatrice de droit et les a invités à présenter leurs observations. Par un arrêté en date 16 juin 2020, le maire de Plouescat a retiré l'arrêté délivré le 8 janvier 2020 aux motifs, d'une part, que le projet autorisé serait de nature à créer un risque pour la sécurité publique du fait de sa situation au sein d'une zone d'aléa lié au changement climatique à l'horizon 2100, sur un terrain soumis à une érosion active présentant des risques d'affaiblissement et d'effondrement en raison du creusement rendu nécessaire par la réalisation de la piscine projetée et, d'autre part, que le projet autorisé méconnaissait les dispositions de l'article UH 12 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone. M. C et Mme L demandent l'annulation de l'arrêté du 16 juin 2020.
Sur l'intervention de M. J, de la SCI l'Hippocampe, de M. G et de M. et Mme D :
2. M. J, la SCI l'Hippocampe, M. G et M. et Mme D sont propriétaires de parcelles situées à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet et sont susceptibles d'être affectés dans la jouissance de leur bien si le permis de construire devait se réaliser. Ils ont intérêt au maintien de l'arrêté contesté. Leur intervention est ainsi admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
3. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, en particulier pour les inondations, qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire les constructions ou la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités. L'article L. 562-4 du même code précise que : " le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan d'occupation des sols, conformément à l'article L. 126-1 du code de l'urbanisme () ".
4. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.
5. En vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
6. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent, et pour l'application de cet article en matière de risque de submersion marine, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, en l'état des données scientifiques disponibles, ce risque de submersion en prenant en compte notamment le niveau marin de la zone du projet, le cas échéant, sa situation à l'arrière d'un ouvrage de défense contre la mer ainsi qu'en pareil cas, la probabilité de rupture ou de submersion de cet ouvrage au regard de son état, de sa solidité et des précédents connus de rupture ou de submersion.
7. Il ressort des pièces du dossier et du porter à connaissance du préfet du Finistère du 18 décembre 2013 que le secteur de Pors Ar Streat à Plouescat, où se trouve la parcelle litigieuse, est représenté en jaune sur la carte des zones basses littorales exposées au risque de submersion marine. Cette zone dite zone d'aléa " liée au changement climatique à l'horizon 2100 " a été identifiée comme concernée par un risque de submersion marine en retenant l'hypothèse d'une augmentation du niveau marin centennal de 60 cm. Selon le guide établi par la préfecture du Finistère pour accompagner le porter à connaissance, ce zonage concerne le trait de côte située entre 0 et 40 cm au-dessus du niveau marin de référence (NMR) et correspond à un aléa futur. Si la commune de Plouescat est couverte par le plan de prévention des risques naturels prévisibles relatif au phénomène d'inondation par submersion marine Côte Nord 1, arrêté le 23 février 2007 par le préfet du Finistère, le terrain d'assiette du projet n'a pas été identifié par ce document au titre des secteurs présentant un aléa. Ces deux documents ne contenaient pas de prescriptions, en raison de la nature et de la localisation des travaux, qui se seraient imposées au maire de la commune de Plouescat lors de l'examen de la demande de permis de construire ou qui seraient de nature à justifier le retrait du permis de construire délivré.
8. Le " Guide d'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme pour assurer la sécurité des personnes et des biens exposés au risque de submersion marine " annexé au porter à connaissance précisait qu'au sein des zones d'aléa, seule la réalisation de constructions avec sous-sol hors parkings collectifs était prohibée.
9. Le projet autorisé en tant qu'il porte sur une extension de la construction existante, réalisée de plain-pied, dans le prolongement direct du bâti existant au droit de la voie publique, n'apparaît pas être de nature à aggraver le risque d'exposition à la submersion marine. Les requérants sont ainsi fondés à soutenir que le seul motif tiré de la localisation du projet en zone d'aléa " liée au changement climatique à l'horizon 2100 " n'était pas de nature à fonder le refus de l'autorisation délivrée.
10. La décision mentionnait également l'existence d'une érosion active et d'un risque d'effondrement en raison de la nécessité de creuser le terrain profondément pour réaliser la piscine. La commune fait valoir dans ses écritures que la réalisation du projet en litige aggraverait le risque de glissement de ce terrain déjà existant.
11. Il résulte des diagnostics géotechniques et des études de stabilité, réalisés par la société Arcadis en 2008 et la société Marc en 2014, ainsi que du rapport établi par le bureau de recherches géologiques et minières en octobre 2015, que le terrain des requérants se situe dans un secteur régulièrement frappé par la houle. Selon ce rapport, le secteur de Pors Ar Streat est régulièrement frappé par des phénomènes d'érosion qui ont été constatés les 11 janvier 1978, 25 janvier 1979, 20 février 1990, 1er janvier 2008 et 10 mars 2008. Il ressort également des éléments versés au dossier que le talus bordant la propriété des requérants a été affecté par des éboulements à la suite de la tempête des 10 et 11 mars 2008, puis en 2014. Un article du journal Le Télégramme versé au dossier fait également état d'un nouvel épisode tempétueux marqué par des vagues destructrices qui a frappé le secteur de Pors Ar Streat, en janvier 2018 entraînant notamment la submersion de certaines routes et des atteintes aux biens.
12. A la suite des évènements climatiques de 2008 et 2014 qui ont affecté la stabilité du terrain des requérants exposé à la houle, des travaux de confortement ont d'ailleurs dû être réalisés en 2008 et 2014 pour stabiliser le talus faisant face à la mer et contenir le risque d'affaissement.
13. Il est ainsi constant que le terrain des requérants est soumis à une forte érosion maritime et a déjà été l'objet d'affaissement en bordure littorale sous l'effet des marées et conditions climatiques justifiant d'en assurer le confortement. Si le secteur de Pors Ar Streat, notamment en 2018, a de nouveau été frappé par des débordements et submersions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la parcelle des requérants aurait été affectée par de nouveaux glissements de terrains. Cependant, en raison du nombre de phénomènes climatiques ayant déjà frappé le secteur de Pors Ar Streat et le terrain objet du projet et du risque d'augmentation de ces phénomènes dans les prochaines années, le maire de la commune de Plouescat a pu retenir l'existence d'une érosion active et à défaut d'établir un risque d'effondrement du terrain, en raison des travaux de terrassement nécessaires à la réalisation du bassin de la piscine, estimer qu'ils étaient de nature à fragiliser le terrain en l'affaiblissant et ainsi à augmenter le risque de submersion pouvant affecter ce secteur.
14. Dans ces conditions, compte-tenu de la très faible largeur du terrain, dont l'extension litigieuse se trouverait en son point le plus proche à seulement 7 mètres du rivage, de sa situation en front de mer, des glissements de terrain et affouillements qui apparaissent régulièrement lors des épisodes de tempête hivernale et de grandes marées, le maire de Plouescat a pu estimer sans erreur d'appréciation que les travaux projetés risquaient de favoriser l'affaiblissement du terrain le rendant plus vulnérable aux futurs événements climatiques et actions des marées susceptibles d'affecter le secteur Pors Ar Streat, faisant ainsi naître un risque pour la sécurité au sens des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
15. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de Plouescat aurait pu assortir l'arrêté du 8 janvier 2020 qui autorisait le projet litigieux, plutôt que de le retirer par l'arrêté attaqué du 16 juin 2020, de prescriptions spéciales concernant des travaux de confortements du terrain sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, pour assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
En ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance de l'article UH 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
16. Aux termes de l'article UH 12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement : " Les aires de stationnement des véhicules automobiles doivent correspondre aux besoins des constructions ou installations à édifier ou à modifier et à leur fréquentation. Les aires de stationnement doivent être réalisées en dehors des voies publiques sur le terrain de l'opération ou à proximité. Elles ne devront pas apporter de gêne à la circulation générale. / L'annexe 1 du présent règlement fixe les normes applicables. ". L'annexe 1 du règlement prévoit qu'une maison individuelle construite hors d'un lotissement doit disposer de deux places de stationnement par logement ayant chacune une surface de 25 m² y compris les voies de circulation.
17. Il résulte des dispositions du plan local d'urbanisme que l'obligation imposant un minimum de places de stationnement ne concerne pas seulement la création de nouveaux logements mais vise également la modification des immeubles existants.
18. En l'espèce, il ressort des plans joints à la demande de permis de construire qu'une seule place de stationnement est prévue et que tant l'emprise de l'extension de la maison projetée que l'existence d'un cabanon rendent impossible la réalisation des deux places de stationnement requises. Par suite, le maire de la commune de Plouescat était fondé à retenir pour fonder le retrait du permis de construire que l'arrêté méconnaissait les dispositions de l'article UH 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. C et Mme L doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Plouescat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C et Mme L.
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C et Mme L la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Plouescat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
22. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. J, la SCI l'Hippocampe, M. G et M. et Mme D, qui n'ont pas la qualité de partie au présent litige, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : L'intervention de M. J, de la SCI l'Hippocampe, de M. G et de M. et Mme D est admise.
Article 2 : La requête présentée par M. C et Mme L est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative par les intervenants mentionnés à l'article 1er sont rejetées.
Article 4 : M. C et Mme L verseront la somme de 1 500 euros à la commune de Plouescat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et Mme A L, à la commune de Plouescat et à M. I J, premier dénommé, désigné représentant unique des intervenants en défense dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
Le président-rapporteur,
signé
C. K
L'assesseure la plus ancienne,
signé
F. Plumerault
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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01/06/2026