LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2003785

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2003785

vendredi 13 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2003785
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2020, l'Association pour l'Application de la Loi Littoral dans le Pays d'Auray (AALLPA) demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 5 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Bangor a approuvé le plan local d'urbanisme ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bangor le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme ;

- les modifications apportées après l'enquête publique portent atteinte à l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme ;

- la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme en tant qu'elle classe en zone UC les lieudits de Donnant, Ty Nuhue, Petit Cosquet, Herlin et Kervarigeon.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, la commune de Bangor, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'AALLPA le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique dite loi ÉLAN ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Me Maccario de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Bangor.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération en date du 15 novembre 2011, le conseil municipal de Bangor a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme. A l'issue d'une enquête publique qui s'est déroulée du 23 juillet au 6 septembre 2019, le conseil municipal a approuvé le plan local d'urbanisme par une délibération du 5 mars 2020. l'Association pour l'application de la loi littoral dans le pays d'Auray (AALLPA) demande au tribunal d'annuler cette délibération.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-3 et L.121-8 du code de l'urbanisme :

2. Aux termes du second alinéa de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme, ajouté à cet article par la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ".

3. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction résultant de l'entrée en vigueur de la loi du 23 novembre 2018 : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. / L'autorisation d'urbanisme est soumise pour avis à la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. Elle est refusée lorsque ces constructions et installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. ".

4. Aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites "zones U". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ".

5. Aux termes du préambule de la zone UC du règlement du plan local d'urbanisme : " La zone UC correspond aux entités urbaines identifiées de Bangor dont l'enjeu d'intégration avec la zone agricole et naturelle est primordial. / Suite à la promulgation de la loi Elan, seules les extensions limitées des constructions sont autorisées. / La possibilité de réaliser des constructions nouvelles au sein des zones Uc est conditionnée à l'identification ultérieure et à la reconnaissance par le schéma de cohérence territoriale du Pays d'Auray ". Aux termes de l'article UC1 du règlement de plan local d'urbanisme : " Sont seuls autorisés : / - L'extension mesurée des habitations existantes dans la zone dans les conditions suivantes : / - sans élévation du bâtiment principal, en continuité du volume existant, / - que l'extension ne crée pas de logement nouveau et n'excède pas 50% par rapport à l'emprise au sol du bâtiment existant à la date d'approbation du présent plan local d'urbanisme dans la limite de 50m2 ; / - selon les règles de réciprocité de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ; / - sous condition d'une bonne intégration paysagère à l'environnement bâti existant. ".

6. En l'espèce, la commune de Bangor fait partie de la communauté d'agglomération du Pays d'Auray dont le schéma de cohérence territoriale a été approuvé le 14 février 2014. Il est constant que ce document n'avait été ni modifié ni révisé, à la date d'approbation du plan local d'urbanisme en litige le 5 mars 2020, pour mettre en œuvre et déterminer les critères d'identification des secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dans sa rédaction résultant de l'entrée en vigueur de la loi du 23 novembre 2018.

7. Par ailleurs, il ressort des pièces des dossiers que le secteur de Donnant compte une quarantaine d'habitations, celui de Ty Nehue une cinquantaine d'habitations, celui de Petit Cosquet une soixantaine d'habitations, Herlin plus de 70 habitations et Kervarigeon une cinquantaine d'habitations. Si certains de ces espaces construits ne présentent pas l'ensemble des critères permettant de les qualifier de village au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, ils ont pu être qualifiés par les auteurs du plan local d'urbanisme d'" entité urbaine ", sans autre précision, cette dénomination n'étant pas réservée à des groupements de constructions répondant nécessairement aux critères de détermination des villages et agglomérations.

8. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées du règlement de la zone UC que, contrairement aux droits à construire pouvant être accordés en secteur déjà urbanisé, tel que défini par les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, les constructions nouvelles sont interdites en zone UC et que seules des extensions limitées des constructions existantes y sont autorisées.

9. Dans ces conditions, alors qu'aucune disposition du code de l'urbanisme n'interdit de classer en zone urbaine des secteurs dans lesquels seules les extensions sont autorisées, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme permettraient de densifier les secteurs classés en zone UC, en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 121-3 et L. 121-8 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'existence de modifications du projet de plan local d'urbanisme portant atteinte à l'économie général du plan local d'urbanisme :

10. Aux termes de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête publique, ce projet, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal. ".

11. Il est loisible à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que cette modification procède de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

12. En l'espèce, d'une part, la commission d'enquête a émis, à l'issue de l'enquête publique, un avis favorable au projet de plan local d'urbanisme arrêté, sous réserve d'introduire en zone UC une disposition soumettant les demandes d'autorisation de constructions et installations nouvelles au régime dérogatoire prévue par la loi du 23 novembre 2018 dite ELAN. Pour lever cette réserve, la commune de Bangor a complété en ce sens le règlement de la zone UC. La modification du projet arrêté après l'enquête publique procède ainsi de cette même enquête.

13. En outre, il est constant qu'à l'issue de l'enquête publique, le préambule du règlement de la zone UC a été complété par un paragraphe disposant que " Suite à la promulgation de la loi Elan, seules les extensions limitées des constructions sont autorisées. La possibilité de réaliser des constructions nouvelles au sein des zones Uc est conditionnée à l'identification ultérieure et à la reconnaissance par le schéma de cohérence territoriale du Pays d'Auray. ".

14. D'une part, de telles précisions, ne figurant qu'au préambule de la zone UC, dépourvu de toute portée juridique, ne sauraient être regardées comme portant atteinte à l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme dès lors que ces termes, à caractère informatif, se limitent à préciser que seule une localisation des lieudits de la zone UC en tant que secteurs déjà urbanisés par le schéma de cohérence territoriale permettrait d'y admettre les constructions nouvelles.

15. D'autre part, comme le fait valoir la commune en défense, la superficie des zones UC concernées ne représente qu'environ 0,70 % du territoire communal et la modification les concernant ne peut ainsi être regardée comme ayant porté atteinte à l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par l'AALLPA doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bangor, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à l'AALLPA une somme que ceux-ci demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AALLPA une somme de 400 euros à verser à la commune de Bangor au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de l'AALLPA est rejetée.

Article 2 : L'AALLPA versera à la commune de Bangor la somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Association pour l'Application de la Loi Littoral dans le Pays d'Auray et à la commune de Bangor.

Délibéré après l'audience du 23 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.

Le rapporteur,

signé

F. A

Le président,

signé

C. Radureau

La greffière d'audience,

signé

J. Jubault

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions