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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2004342

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2004342

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2004342
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRIOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 octobre 2020, le 26 janvier 2021 et le 23 avril 2021, M. A B, représenté, en dernier lieu, par Me Pauline Riou, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision, dont il a été informé par un courrier du 8 octobre 2020, par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a refusé de lui verser une mensualité complémentaire de bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux au titre du mois de juillet 2020 ainsi que la décision de la ministre de l'enseignement supérieur rejetant son recours hiérarchique ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes de procéder au versement de cette mensualité complémentaire de bourse d'enseignement supérieur, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il était candidat au concours du CAPES-CAFEP d'histoire-géographie, dont les épreuves étaient initialement programmées les 30 et 31 mars 2020 et qui ont été reportées aux 6 et 7 juillet 2020, et remplissait donc les conditions pour bénéficier d'une onzième mensualité de la bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux, telles que prévues par les dispositions de l'article 1.1 de l'arrêté n°0159 du 23 juin 2020 ;

- les décisions refusant de lui allouer une mensualité complémentaire de bourse ont été prises par des autorités incompétentes ;

- les motifs des décisions par lesquelles il a été informé du refus de lui allouer une mensualité complémentaire de bourse sont entachés de multiples incohérences ;

- les décisions contestées sont entachées d'une erreur de droit au regard du texte même de l'arrêté du 23 juin 2020, confirmé par une circulaire du 19 juin 2020 ;

- la " Foire aux questions " publiée sur le site du Ministère de l'enseignement supérieur ne saurait tenir lieu de fondement légal aux décisions en litige ;

- les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, en ce que rien ne justifiait d'exclure du dispositif de versement complémentaire les étudiants inscrits aux concours de l'éducation nationale ;

- les décisions contestées méconnaissent le principe d'égalité de traitement entre les étudiants, seuls les étudiants inscrits à un concours de l'éducation nationale ayant été privés de la mensualité complémentaire de bourse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2021, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute de comporter le nom et l'adresse du requérant, conformément aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- la requête est irrecevable compte tenu d'un défaut de numérotation des pièces jointes à la requête, conformément aux exigences de l'article R. 414-3 du code de justice administrative ;

- la requête est irrecevable, dès lors que la décision contestée n'est pas produite, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche s'est engagée, dans un communiqué du 5 juin 2020, à permettre aux étudiants boursiers dont les concours ou examens ont été reprogrammés au-delà du 30 juin 2020, dans le contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, de bénéficier d'une mensualité supplémentaire de bourse sur critères sociaux, sans qu'ils n'aient à effectuer de démarches ;

- cette annonce ministérielle a fait l'objet de précisions dans une circulaire du

17 juin 2020 prévoyant notamment que les étudiants concernés seraient identifiés par extraction issue du système d'information de gestion des bourses, par saisine des organisateurs d'examens nationaux, et par saisine des établissements d'inscription ;

- dans une foire aux questions en date du 2 juillet 2020 publiée sur le site internet du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, il a été précisé que les étudiants inscrits en master des métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) pourront bénéficier de la mensualité complémentaire de juillet si leurs examens terminaux en vue de leur diplomation ont été reportés au-delà du 30 juin en raison de la crise sanitaire mais que, si seul leur concours d'accès à la fonction publique est reporté, ils ne pourront bénéficier de cette mensualité ;

- M. B, qui était inscrit en Master 1 MEEF à l'institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE) de Brest pour l'année universitaire 2019-2020 ne pouvait bénéficier d'une mensualité supplémentaire de bourse puisque ses examens terminaux n'ont pas été reportés ;

- son inscription, en plus de sa formation universitaire, au concours du

CAFEP-CAPES, concours de la fonction publique non obligatoire dans le cadre du master suivi, ne lui permettait pas de prétendre à l'attribution d'une mensualité complémentaire de bourse, bien que les dates des épreuves aient été reportées au-delà du 30 juin 2020.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 mars 2021 et le 23 septembre 2021, la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que M. B présente des conclusions nouvelles différentes de celles dont le tribunal a été saisi dans sa requête initiale et dirigées contre des décisions distinctes ;

- les courriers par lesquels l'administration se contente d'apporter des renseignements et des informations, ainsi que les réponses d'attente, ne contiennent aucune décision et ne peuvent donc être contestés devant le tribunal ;

- les décisions de rejet prises sur le deuxième recours administratif formé par M. B sont purement confirmatives et ne sont pas davantage susceptibles de faire l'objet d'un recours contentieux ;

- la seule décision susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux est celle qu'elle a adressée à M. B le 28 octobre 2020 ;

- le requérant ne saurait sérieusement soutenir qu'elle n'était pas compétente pour répondre au recours hiérarchique dont il l'a saisie ;

- la décision adressée à M. B était suffisamment motivée ;

- la circulaire du 18 juin 2020 fixant les modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux précise, en son annexe 1, qu'elle régit la situation des étudiants qui suivent à temps plein des études supérieures relevant de la compétence du ministre chargé de l'enseignement supérieur ;

- les dispositions prévues par l'additif à cette circulaire, en date du 19 juin 2020, ne pouvaient concerner que les formations et concours relevant du Ministère de l'enseignement supérieur, sans qu'il ne soit nécessaire de le préciser expressément ;

- la distinction opérée entre les concours permettant d'accéder à une formation d'enseignement supérieur dans le cadre de la poursuite d'études et les concours d'accès à la fonction publique n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, puisque le dispositif d'aides sociales mis en place par le Ministère de l'enseignement supérieur a uniquement vocation à améliorer les conditions d'études des étudiants inscrits en formation initiale et ne saurait accorder des aides au-delà de la durée d'études ;

- le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce qu'une distinction soit opérée entre des candidats inscrits à des concours dont la finalité est différente.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 4 février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'arrêté du 23 juin 2020 modifiant l'arrêté du 15 juillet 2019 portant sur les taux des bourses d'enseignement supérieur du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation pour l'année universitaire 2019-2020 ;

- la circulaire du 19 juin 2020, publiée au bulletin officiel n°26 du 25 juin 2020 portant additif à la circulaire n°2019-096 du 18 juin 2019 relative aux modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2019-2020 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Rémy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B était inscrit, au titre de l'année universitaire 2019-2020, en première année de master des métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) auprès de l'institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE), composante de l'université de Bretagne occidentale (UBO), et attributaire d'une bourse de l'enseignement supérieur sur critères sociaux versée en dix mensualités. M. B demande l'annulation des décisions lui refusant le versement d'une mensualité complémentaire de bourse au titre du mois de juillet 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Malgré les nombreuses démarches engagées par M. B afin d'obtenir des informations sur son éligibilité au dispositif prévoyant, à titre exceptionnel, le versement d'une mensualité complémentaire de bourse d'enseignement supérieur au titre de l'année 2019-2020, puis des précisions complémentaires ou des confirmations, il doit être considéré, dans le cadre de la présente instance, que seules sont susceptibles de faire l'objet d'un recours contentieux la décision du recteur de l'académie de Rennes, dont l'intéressé a été informé le

8 octobre 2020 par un courriel du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Rennes, refusant de lui accorder le bénéfice d'une mensualité complémentaire ainsi que la décision du 28 octobre 2020 par laquelle la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a rejeté le recours hiérarchique dont il l'avait saisie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de l'éducation : " La collectivité nationale accorde aux étudiants, dans les conditions déterminées par voie réglementaire, des prestations qui sont dispensées notamment par le réseau des œuvres universitaires mentionné à l'article L. 822-1 (). Elle privilégie l'aide servie à l'étudiant sous condition de ressources afin de réduire les inégalités sociales. () ". Aux termes de l'article D. 821-1 du même code : " Les bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux et les aides aux mérites sont attribuées aux étudiants selon des conditions d'études, d'âge, de diplôme, de nationalité, de ressources ou de mérite fixées par le ministre chargé de l'enseignement supérieur. / Si l'étudiant ne remplit pas les conditions générales de scolarité et d'assiduité auxquelles est subordonné son droit à la bourse, il est tenu au reversement des sommes indûment perçues. ". En application de l'article R. 821-2 de ce code, les bourses et les aides mentionnées à l'article précité sont attribuées aux étudiants par le recteur de région académique.

4. En premier lieu, les dispositions précitées des articles D. 821-1 et D. 821-2 du code de l'éducation donnent compétence, d'une part, au ministre chargé de l'enseignement supérieur pour fixer les modalités d'attribution et de versement des bourses d'enseignement sur critères sociaux et, d'autre part, au recteur d'académie pour décider des attributions de ces bourses. Il appartient, cependant, au CROUS de procéder, ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 821-1 du code de l'éducation, à l'instruction des demandes de bourses et à la vérification du respect de leurs conditions de versement.

5. En l'espèce, M. B, qui a sollicité à plusieurs reprises auprès des services du CROUS de Rennes des informations sur le fait qu'il n'avait pas bénéficié du versement d'une onzième mensualité de bourse au titre du mois de juillet 2020, ne saurait sérieusement soutenir que ce service, chargé de l'instruction et du suivi des versements des bourses d'enseignement supérieur, n'avait aucune compétence pour répondre à sa demande. Au demeurant, le courriel du 8 octobre 2020, émis par les services du CROUS de Rennes, se borne à informer l'intéressé de la décision prise par le recteur de l'académie de Rennes le concernant, en précisant d'ailleurs que le recteur est l'autorité compétente dans l'éventualité d'un recours. M. B ne saurait davantage soutenir que la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation n'était pas l'autorité compétente pour répondre au recours hiérarchique qu'il a entendu former contre la décision du recteur de l'académie de Rennes de refus de lui allouer une onzième mensualité de bourse. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions litigieuses ont été prises par des autorités incompétentes doit être rejeté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

7. M. B soutient que les décisions litigieuses comportent une motivation peu éclairante et entachée d'incohérence. La décision par laquelle le recteur refuse l'attribution d'une bourse d'enseignement supérieur doit être regardée comme le refus d'un avantage dont l'attribution constitue un droit et est, en conséquence, au nombre des décisions qui doivent être motivées en vertu des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, en se bornant à produire dans le cadre de la présente instance un courriel d'information du CROUS, révélant la décision du recteur de l'académie de Rennes refusant de lui allouer une mensualité complémentaire de bourse, le requérant ne peut utilement contester l'insuffisante motivation de cette décision. En outre, M. B ne soutient, ni n'allègue avoir demandé, en vain, au recteur de l'académie de Rennes communication des motifs de sa décision. En tout état de cause, M. B a été suffisamment informé des motifs des décisions litigieuses par la lecture de la décision de la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation du 28 octobre 2020, qui comporte de manière suffisamment détaillée les considérations de droit et de faits qui ont conduit au rejet de son recours hiérarchique, et ainsi, à la confirmation de la décision initiale du recteur de l'académie de Rennes. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, soulevé au titre de la légalité externe des décisions litigieuses, doit être écarté.

8. En troisième lieu, d'une part, par lettre circulaire du 17 juin 2020, la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a informé les présidents d'université que " les étudiants boursiers dont les concours ou examens terminaux ont été reportés au-delà du 30 juin, hors session de rattrapage, du fait de la crise sanitaire, recevront une mensualité complémentaire de la bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux en juillet 2020 au même échelon. ". La ministre précisait que l'étudiant boursier n'aurait aucune

démarche à effectuer puisqu'il serait identifié par extraction issue du système d'information de gestion des bourses, par saisine des organisateurs d'examens nationaux ou par saisine des établissements d'inscription.

9. D'autre part, une circulaire du 19 juin 2020, publiée au bulletin officiel n°26 du

25 juin 2020, précise, sous forme d'additif à la circulaire n°2019-096 du 18 juin 2019 relative aux modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2019-2020, que : " L'étudiant bénéficiaire d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux au titre de l'année universitaire 2019-2020 dont les concours ou les examens terminaux, à l'exception de ceux portant sur la validation d'une unité d'enseignement de professionnalisation (ou équivalent), ont fait l'objet d'un report au-delà du 30 juin 2020 à la suite de l'épidémie de Covid-19 perçoit une mensualité complémentaire de la bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux de l'année 2019-2020 au titre du mois de juillet 2020, au même échelon. / La mensualité complémentaire du mois de juillet 2020 ne fait pas l'objet d'une demande particulière de l'étudiant. Pour identifier les étudiants éligibles à cette mensualité complémentaire, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation saisit, le cas échéant, les établissements concernés. / La décision définitive d'attribution ou de non-attribution de la mensualité complémentaire au titre du mois de juillet 2020 est prise selon les cas par le recteur de région académique, le vice-recteur territorialement compétent ou, à Mayotte, le recteur d'académie, et notifiée à l'étudiant. / La mensualité complémentaire en cas de report des examens et concours ne peut pas être cumulée avec le paiement de la bourse pendant les grandes vacances universitaires. ".

10. Enfin, aux termes de l'article 1-1 de l'arrêté du 23 juin 2020 susvisé : " Pour les étudiants percevant une bourse sur critères sociaux sur dix mois et qui seraient bénéficiaires d'une mensualité complémentaire de la bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux au titre du mois de juillet 2020, au même échelon, en raison du report au-delà du

30 juin 2020 de leurs examens terminaux ou concours à la suite de l'épidémie de covid-19, les taux des bourses d'enseignement supérieur du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation pour l'année universitaire 2019-2020 sont fixés [selon le tableau qui suit] (). ".

11. Il ressort des pièces du dossier que l'octroi d'une onzième mensualité de bourse à M. B, au titre du mois de juillet 2020, lui a été refusé au motif que les examens terminaux organisés au titre de la formation de Master 1 MEEF dans lequel il était inscrit et pour laquelle une bourse d'enseignement supérieur lui a été accordée au titre de l'année universitaire 2019-2020 n'ont pas été reportés au-delà du 30 juin 2020. Le requérant ne conteste pas l'exactitude de ce motif et ne soutient pas que le recteur de l'académie de Rennes, comme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, auraient fondé leurs décisions sur des faits matériellement inexacts. Ces autorités n'ont pas non plus mal interprété, ou de façon trop restrictive, les dispositions qu'elles devaient mettre en œuvre en considérant qu'elles ne s'appliquaient que dans l'hypothèse d'un report des examens ou concours s'inscrivant dans un cursus d'études supérieures et non dans l'hypothèse du report d'épreuves permettant une entrée dans la fonction publique, poursuivant donc une autre finalité que celle de la poursuite d'études supérieures ou de la validation d'un diplôme. Dans ces conditions, la circonstance que M. B a également décidé de présenter le concours du CAFEP-CAPES, permettant l'accès à la fonction publique, dont les épreuves initialement programmées les 30 et 31 mars 2020 ont été reportées aux 6 et 7 juillet 2020, est sans incidence sur la légalité des décisions litigieuses, prises au demeurant au regard du seul domaine de compétence imparti au ministre chargé de l'enseignement supérieur concernant les examens et concours organisés par les établissements d'enseignement publics ou privés, placés sous sa tutelle et dispensant des formations habilitées à recevoir des étudiants boursiers. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le recteur de l'académie de Rennes et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation auraient commis une erreur de droit en refusant de lui accorder une mensualité complémentaire de bourse pour tenir compte du report au-delà du 30 juin 2020 des épreuves du concours d'entrée dans la fonction publique auquel il était inscrit.

12. Ainsi qu'il a été dit au point 11, le recteur de l'académie de Rennes et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ont fait une exacte application de la réglementation en vigueur, ne leur conférant, en tout état de cause, compétence que pour se prononcer sur les bourses attribuées aux étudiants poursuivant un cursus de formation dans les établissements d'enseignement supérieur. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir que les décisions litigieuses seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Le requérant n'est pas davantage fondé à invoquer une rupture d'égalité entre les étudiants compte tenu de la différence de situation existant entre les étudiants se préparant à un examen ou un concours en vue de l'acquisition d'un diplôme de l'enseignement supérieur ou de la poursuite de leurs études supérieures, et ceux qui poursuivent, le cas échéant en parallèle, l'objectif d'une entrée dans la fonction publique moyennant leur participation à un concours de recrutement.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B ne peuvent dès lors être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Une copie du présent jugement sera adressée au recteur de l'académie de Rennes et au CROUS de Rennes.

Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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