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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2005557

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2005557

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2005557
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantQUENTEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire une ferme aquaponique, avait initialement sursis à statuer en raison d’un vice tiré de la méconnaissance de l’article R. 431-1 du code de l’urbanisme (absence de recours à un architecte pour une serre de plus de 4 mètres de hauteur). Après la délivrance d’un permis modificatif ramenant la hauteur du pied-droit à 3,99 mètres, le tribunal a constaté la régularisation du vice et rejeté la requête. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 600-5-1 et R. 431-1 du code de l’urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 22 mars 2024, le tribunal, statuant sur la requête n° 2005557 présentée par M. D et Mme E B, après avoir retenu comme fondé le seul moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme en ce que le projet nécessitait le recours à un architecte, a décidé, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête et de fixer à deux mois, à compter de la notification de ce jugement, le délai dans lequel la régularisation du permis de construire n° PC 56046 20 T0033, par l'obtention d'un permis de construire modificatif, devait être notifiée au tribunal.

Par un mémoire, enregistré le 14 mai 2024, M. C A, représenté par Me Quentel, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que le permis de construire modificatif n° PC 56046 20 T0033 M01 qui lui a été accordé le 24 avril 2024 par le maire de la commune de Crac'h a permis de régulariser le vice tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la commune de Crac'h, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le permis de construire modificatif n° PC 56046 20 T0033 M01 accordé à M. A le 24 avril 2024 par la commune de Crac'h a permis de régulariser le vice tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Radureau,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de Me Messeant, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Crac'h.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a déposé une demande de permis de construire pour la création d'une ferme aquaponique commerciale comprenant une serre multichapelle de 1 100 m² et un hangar agricole de 80 m² sur la parcelle cadastrée section YC n° 22, située route de Luffang sur le territoire de la commune de Crac'h. Ce permis de construire, n° PC 56046 20 T0033, a été délivré par le maire de la commune de Crac'h par un arrêté du 19 novembre 2020. M. et Mme B, propriétaires d'une maison d'habitation située route du Luffang sur la parcelle cadastrée section YC n° 23, demandent l'annulation de cet arrêté du 19 novembre 2020.

2. Par un jugement du 22 mars 2024, le tribunal statuant sur la présente requête, après avoir retenu comme fondé le seul moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme en ce que le projet nécessitait le recours à un architecte en raison de la hauteur de 4 mètres de la serre tunnel à pied-droit, a décidé, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête et de fixer à deux mois, à compter de la notification de ce jugement, le délai dans lequel la régularisation du permis de construire délivré le 19 novembre 2020, par l'obtention d'un permis de construire modificatif, devait être notifiée au tribunal.

3. Par un arrêté du 24 avril 2024 le maire de la commune de Crac'h a délivré à M. A un permis de construire modificatif n° PC 56046 20 T0033 M01 portant sur un changement de la hauteur du pied-droit de la serre projetée, pour la faire passer d'une hauteur initiale de 4 mètres au chéneau à une hauteur modifiée de 3,99 mètres.

4. Aux termes de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural prévu à l'article L. 431-2 doit être établi par un architecte ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques () qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : () / b) Une construction à usage agricole ou les constructions nécessaires au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas huit cents mètres carrés ;/ c) Des serres de production dont le pied-droit a une hauteur inférieure à quatre mètres et dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas deux mille mètres carrés.() / Les demandeurs d'un permis de construire sont tenus de recourir à un architecte pour les projets de travaux sur construction existante conduisant soit la surface de plancher, soit l'emprise au sol de l'ensemble à dépasser l'un des plafonds fixés par le présent article. ".

5. A la suite de la délivrance du permis de construire modificatif, le projet de serre tunnel à pied-droit présente désormais une hauteur de 3,99 mètres, avec une hauteur maximale de 6,5 mètres sur une surface de plancher de 1 100 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme, qui a été régularisé, doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. et Mme B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. et Mme B, par la commune de Crach et par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de M. et Mme B, de la commune de Crach et de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme E B, à la commune de Crac'h et à M. C A.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Grondin, premier conseiller,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

C. Radureau

L'assesseur le plus ancien,

Signé

T. Grondin

Le greffier,

Signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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