vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2100403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2021, sous le n° 2100403, Mme D E, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Taden a refusé de proroger son certificat d'urbanisme du 19 juillet 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Taden le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- la circonstance que le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat a été adopté depuis la délivrance de son certificat d'urbanisme n'est pas de nature à justifier un refus de prorogation de son certificat d'urbanisme ;
- l'augmentation du taux de la redevance d'archéologie préventive n'est pas de nature à justifier un refus de prorogation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2021, la commune de Taden, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros qu'il soit mise à la charge de Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mai 2021 et 23 septembre 2022, sous le n° 2102634, Mme D E, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a implicitement rejeté sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du conseil communautaire du 27 janvier 2020 approuvant le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Dinan Agglomération, en tant qu'il institue l'emplacement réservé n° 342 sur la parcelle cadastrée section D n° 1339 ;
2°) d'enjoindre à Dinan Agglomération d'abroger cette délibération, en tant que le plan local d'urbanisme intercommunal institue l'emplacement réservé n° 342 sur cette parcelle ;
3°) de mettre à la charge de Dinan Agglomération le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que sa requête est recevable et que la décision litigieuse :
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme ;
- est entachée d'un détournement de pouvoir en l'absence d'un réel projet de création d'un parc de stationnement sur sa parcelle.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 octobre 2021 et 12 octobre 2022, la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, représentée par la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- Mme E n'a pas intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mai 2021 et 26 janvier 2022, sous le n° 2102751, Mme D E, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Taden a refusé de délivrer à Mme B le permis de construire qu'elle avait sollicité le 4 janvier précédent en vue de la construction d'une maison d'habitation d'une surface de plancher de 112 m² ;
2°) d'enjoindre à la commune de Taden de délivrer le permis de construire sollicité par Mme B ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Taden le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme dès lors que la demande de permis a été déposée dans les dix-huit mois suivant la délivrance d'un certificat d'urbanisme ;
- il est fondé sur le motif tiré de l'incomplétude du dossier qui n'est pas caractérisée et qui ne saurait en tout état de cause justifier un refus de permis de construire dès lors qu'il appartenait à l'administration de solliciter au préalable des pièces complémentaires ;
- les conditions permettant au maire de surseoir à statuer n'étaient pas remplies au 18 juillet 2019, date de délivrance du certificat d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, la commune de Taden, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé ;
- il y a lieu d'opérer à une substitution de motif dès lors qu'elle pouvait surseoir à statuer sur la demande de permis de construire conformément aux dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 septembre 2021 et 31 mars 2022, sous le n° 2104504, Mme D E, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Taden a de nouveau refusé de délivrer à Mme B le permis de construire qu'elle avait sollicité le 4 janvier précédent ;
2°) d'enjoindre à la commune de Taden de délivrer le permis de construire sollicité par Mme B ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Taden le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- les conditions permettant au maire de surseoir à statuer n'étaient pas remplies au 18 juillet 2019, date de délivrance du certificat d'urbanisme ;
- l'arrêté litigieux est illégal, par voie d'exception d'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, au motif que l'institution d'un emplacement réservé sur sa parcelle n'est pas légalement justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, la commune de Taden, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros qu'il soit mise à la charge de Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- l'ordonnance n° 2102752 du 6 juillet 2021 du juge des référés du tribunal ;
- l'ordonnance n° 2104505 du 4 octobre 2021 du juge des référés du tribunal.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grondin,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Béguin, représentant Mme E, de Me Hipeau, de la SELARL Ares, représentant la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, et de Me Hauuy, de la SELARL Cabinet Coudray, représentant la commune de Taden.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a souhaité vendre sa parcelle cadastrée section D n° 1339 située sur le territoire de la commune de Taden. C'est ainsi que, par arrêté du maire de la commune de Taden du 19 juillet 2019, elle a bénéficié d'un certificat d'urbanisme opérationnel positif. L'exercice du droit de préemption de la commune n'ayant pu aboutir, Mme E a sollicité, le 5 novembre 2020, une prorogation de son certificat d'urbanisme. Cette demande a été rejetée par un arrêté du 26 novembre 2020. Postérieurement, l'intéressée a conclu un compromis de vente avec Mme B, sous condition suspensive de l'obtention d'un permis de construire définitif. Toutefois, par un arrêté du 31 mars 2021, le maire de la commune de Taden a refusé de délivrer à Mme B le permis de construire qu'elle avait sollicité le 4 janvier précédent en vue de la construction d'une maison d'habitation d'une surface de plancher de 112 m², au motif que le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Dinan Agglomération valant programme local de l'Habitat (PLUi-H) prévoit un emplacement réservé consistant en la création d'un espace de stationnement sur le terrain d'assiette du projet. Le 25 janvier 2021, Mme E a sollicité auprès de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération l'abrogation de la délibération du conseil communautaire du 27 janvier 2020 approuvant le PLUi-H, en tant qu'il institue l'emplacement réservé n° 342 sur sa parcelle. Cette demande a fait l'objet d'un rejet implicite. Par ailleurs, l'exécution de l'arrêté du 31 mars 2021 a été suspendue par une ordonnance n° 2102752 du 6 juillet 2021 du juge des référés du tribunal, qui enjoint également au maire de la commune de Taden de procéder au réexamen de la demande de permis de construire de Mme B. Celui-ci, après réexamen, a de nouveau refusé de délivrer le permis sollicité par un arrêté du 13 juillet 2021, dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance n° 2104505 du 4 octobre 2021 du juge des référés du tribunal.
2. Par une requête, enregistrée sous le n° 2100403, Mme E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2020 refusant de proroger son certificat d'urbanisme. Par une requête, enregistrée sous le n° 2102634, elle demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle Dinan Agglomération a implicitement rejeté sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du conseil communautaire du 27 janvier 2020 approuvant le PLUi-H, en tant qu'il institue l'emplacement réservé n° 342 sur sa parcelle. Par une requête, enregistrée sous le n° 2102751, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Taden a refusé de délivrer le permis de construire au bénéfice de Mme B. Par une requête, enregistrée sous le n° 2104504, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Taden a de nouveau refusé de délivrer le permis de construire au bénéfice de Mme B.
3. Ces quatre requêtes, introduites par la même requérante et qui contestent des décisions d'urbanisme prises par le maire de la commune de Taden ou la communauté d'agglomération dont la commune est membre, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2100403 relative au refus de prorogation du certificat d'urbanisme délivré le 19 juillet 2019 :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 030-2020 du 3 juillet 2020, régulièrement inscrit au registre des actes de la mairie, le maire de la commune de Taden a donné délégation à M. C A, premier adjoint au maire et signataire de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer, notamment, les certificats d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article R. 410-14 du code de l'urbanisme : " Dans les cas prévus au b de l'article L. 410-1, lorsque la décision indique que le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, ou lorsqu'elle est assortie de prescriptions, elle doit être motivée ". D'autre part, aux termes de l'article L. 410-1 du même code : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. () ". Aux termes de l'article R. 410-17 de ce code : " Le certificat d'urbanisme peut être prorogé par périodes d'une année sur demande présentée deux mois au moins avant l'expiration du délai de validité, si les prescriptions d'urbanisme, les servitudes administratives de tous ordres et le régime des taxes et participations d'urbanisme applicables au terrain n'ont pas changé () ".
6. Les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ont pour effet de garantir à la personne à laquelle a été délivré un certificat d'urbanisme, quel que soit son contenu, un droit à voir sa demande de permis de construire, déposée durant les dix-huit mois qui suivent, examinée au regard des dispositions d'urbanisme applicables à la date de ce certificat, à la seule exception de celles qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. En vertu des dispositions de l'article R. 410-17 du même code, l'autorité administrative, saisie dans le délai réglementaire d'une demande de prorogation d'un certificat d'urbanisme par une personne ayant qualité pour la présenter, ne peut refuser de prolonger d'une année la durée de cette garantie que si les prescriptions d'urbanisme, les servitudes administratives de tous ordres ou le régime des taxes et participations d'urbanisme qui étaient applicables au terrain à la date du certificat ont changé depuis cette date. Constitue en principe un tel changement l'adoption, la révision ou la modification du plan local d'urbanisme couvrant le territoire dans lequel se situe le terrain, à moins, pour la révision ou la modification de ce plan, qu'elle ne porte que sur une partie du territoire couvert par ce document dans laquelle ne se situe pas le terrain.
7. L'arrêté litigieux vise les articles L. 410-1, R. 410-1 et suivants et l'article R. 410-17 du code de l'urbanisme qui constituent sa base légale, ainsi que le plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'Habitat (PLUi-H) approuvé par délibération du conseil communautaire de Dinan Agglomération le 27 janvier 2020 et l'arrêté du 23 décembre 2019 portant fixation du taux de la redevance d'archéologie préventive. Il contient ainsi les considérations de droit qui en constituent le fondement. Par ailleurs, et alors que constitue en principe un changement des prescriptions d'urbanisme l'adoption d'un plan local d'urbanisme couvrant le territoire dans lequel se situe le terrain ainsi qu'il a été dit au point précédent, l'arrêté ne peut être regardé comme insuffisamment motivé en fait en se bornant à faire état de ce que " les règles d'urbanisme s'imposant au projet ont évoluée suite à l'approbation du Plan Local d'Urbanisme Intercommunal ", alors même qu'il ne précise pas les nouvelles règles d'urbanisme qui s'imposent à la parcelle et ce qui s'opposeraient à la réalisation du projet faisant l'objet du certificat d'urbanisme initial. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
8. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que l'adoption par Dinan Agglomération le 27 janvier 2020 d'un nouveau PLUi-H applicable à la parcelle de Mme E constitue un changement des prescriptions d'urbanisme de nature à justifier un refus à une demande de prorogation d'un certificat d'urbanisme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le règlement du PLUi-H de Dinan Agglomération a institué sur la parcelle de la requérante un emplacement réservé n° 342 de 408 m² en vue de la création de places de stationnement, comme l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme le lui permet. Dans ces conditions, les prescriptions d'urbanisme relatives à la parcelle de l'intéressée ont bien été modifiées postérieurement à la délivrance du certificat d'urbanisme initial, alors même que la parcelle est restée classées en zone UA, et que l'élaboration du nouveau PLUi-H présentait un stade très avancé lors de la délivrance du certificat d'urbanisme initial.
9. En quatrième lieu, la seule circonstance que le taux de la redevance d'archéologie préventive a été abaissée de 0,01 % par l'arrêté du 23 décembre 2019, et alors que celui-ci n'institue pas une nouvelle taxe, ne saurait être regardée comme une évolution ou modification du régime des taxes et participations d'urbanisme au sens de l'article R. 410-17 du code de l'urbanisme. Par suite, l'administration ne pouvait se fonder sur ce motif pour opposer le refus de prorogation litigieux.
10. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le maire de la commune de Dinan pouvait légalement opposer à Mme E la modification des prescriptions d'urbanisme relatives à la parcelle de l'intéressée postérieurement à la délivrance du certificat d'urbanisme initial. Pour ce seul motif, le maire de la commune de Taden pouvait refuser de proroger le certificat d'urbanisme de Mme E.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du maire de la commune de Taden du 26 novembre 2020.
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2102634 relative à l'abrogation de la délibération du conseil communautaire du 27 janvier 2020 adoptant le PLUi-H :
12. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier () ".
13. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la
commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
14. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du rapport de présentation du PLUi-H, que ses auteurs se sont notamment fixés comme objectif de réaliser des emplacements réservés pour " la création d'accès ou des aménagements routiers au sens large " aux nombres desquels figure la création de places de parking. C'est ainsi que le PLUi-H institue notamment un emplacement réservé n° 342 sur une emprise de 408 m² correspondant à l'intégralité de la parcelle cadastrée section D n° 1339 appartenant à Mme E, en vue de créer des places de stationnement situées au début de la rue Guérault, laquelle constitue l'un des principaux axes de circulation de l'intercommunalité. Par ailleurs, cet emplacement réservé répond aux objectifs du plan d'aménagement et de développement durables de renforcer les centralités, de conforter et valoriser l'accessibilité des centres bourgs et des équipements, et de renforcer la traversée des bourgs et centres villes. Enfin, si Mme E se prévaut de ce que la commune n'a pas l'intention de réaliser l'aménagent prévu par l'emplacement réservé, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles ainsi qu'il a été dit au point précédent. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la requérante, l'emplacement réservé litigieux est justifié et cohérent avec les documents du PLUi-H. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché le refus d'abroger l'emplacement réservé sur la parcelle de Mme E doit être écarté.
15. En second lieu, Mme E soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'un détournement de pouvoir aux motifs que la commune entend en réalité procéder à un simple gel de sa parcelle en vue de bloquer l'utilisation de son bien, alors qu'elle ne dispose pas d'un réel projet de création d'un parc de stationnement. En attesteraient l'abandon de la procédure de préemption et les différents refus de la commune opposés aux demandes d'autorisation d'urbanisme.
16. Toutefois il ressort des pièces du dossier que, en constituant un emplacement réservé sur la parcelle de la requérante, la commune de Taden n'a ni agi en dehors de tout cadre légal puisqu'elle a fait application des dispositions de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme, ni recherché à faire prévaloir des intérêts privés sur l'intérêt public, ni agi dans un but ou pour des motifs étrangers à toute considération d'urbanisme. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 à 16, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête n° 2102634, que Mme E n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision par laquelle la communauté d'agglomération Dinan Agglomération a implicitement rejeté sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du conseil communautaire du 27 janvier 2020 approuvant le PLUi-H, en tant qu'il institue l'emplacement réservé n° 342 sur sa parcelle cadastrée section D n° 1339.
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2102751 relative au premier refus en date du 31 mars 2021 de délivrer un permis de construire :
18. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".
19. L'arrêté litigieux vise la demande de permis de construire de Mme B, le code de l'urbanisme et notamment ses articles L. 421-1 et suivants, le code de l'environnement et notamment ses articles L. 341-1 et suivants, le code du patrimoine et notamment ses articles L. 612-1 et suivants, et le PLUi-H du 27 janvier 2020. Ces dispositions constituant la base légale du refus opposé dont le maire de la commune de Taden a fait application, l'arrêté litigieux fait bien état des considérations de droit qui en constituent le fondement. Par ailleurs, il fait état de l'intégralité des motifs justifiant le refus, soit en l'espèce que le projet de construction est situé sur un emplacement réservé tel que défini par le PLUi-H, que la construction n'est pas conforme à la destination de l'emplacement réservé, et que le dossier de demande ne comporte pas l'intégralité des pièces exigées par les dispositions des article R. 431-7 et suivants du code de l'urbanisme. Ces considérations de fait sont suffisamment développées pour permettre utilement à la requérante de les contester. Enfin, si Mme E fait valoir que l'arrêté litigieux n'explicite pas les raisons pour lesquelles le projet de construction est de nature à compromettre l'exécution du document d'urbanisme à cette date, et qu'aucun élément ne justifie de l'existence de l'emplacement réservé au sein du projet de PLUi- H à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, il ne s'agit pas de motifs retenus par le maire de la commune de Taden pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux serait insuffisamment motivé doit être écarté.
20. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ". Aux termes des disposition de l'article L. 153-11 de ce code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
21. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai de dix-huit mois examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat, figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer, lorsque les conditions légales et réglementaires sont remplies, un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, une telle possibilité visant à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur document d'urbanisme. Ainsi, lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
22. D'une part, il est constant que Mme E disposait d'un certificat d'urbanisme opérationnel positif délivré le 18 juillet 2019, et que la demande de permis de construire de Mme B a été présentée le 4 janvier suivant, soit dans le délai de dix-huit mois.
23. D'autre part, le conseil communautaire de Dinan Agglomération, dont est membre la commune de Taden, a engagé, par délibération du 13 mars 2017, l'élaboration de son PLUi-H. Le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables s'est tenu lors des séances du conseil communautaire des 18 décembre 2017 et 17 décembre 2018 et le projet de PLUi-H a été arrêté par délibération du 25 mars 2019. Toutefois, ce projet ne comporte aucune référence à un emplacement réservé sur la parcelle de Mme E. En défense, la commune de Taden fait valoir qu'il s'agit d'une erreur matérielle que le président de Dinan Agglomération s'est engagé à corriger par un courrier du 21 mai 2019. Néanmoins, ce courrier fait simplement mention de l'engagement de Dinan Agglomération à intégrer les observations de la commune de Taden sur le projet arrêté relatif à l'absence de transcription d'emplacements réservés, mais ne fait aucunement référence à l'emplacement réservé litigieux. L'absence de renvoi à l'emplacement réservé par ce courrier résulte de ses termes même qui listent les erreurs matérielles à corriger sans faire état de l'emplacement réservé, et par les circonstances que cet emplacement réservé n'est mentionné par aucun document préparatoire du PLUi-H, et n'a pas été soumis à enquête publique. En outre, si ce courrier précise expressément que les corrections seront intégrées à la suite de l'enquête publique, celle-ci s'est déroulée après la délivrance du certificat litigieux. Par ailleurs, si le conseil municipal de la commune de Taden a approuvé le projet arrêté de PLUi-H, tout en observant qu'il était nécessaire, s'agissant de la parcelle cadastrée section D n° 1339, d'instituer un emplacement réservé au bénéfice de la commune, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet arrêté de PLUi-H aurait été modifié en ce sens par Dinan Agglomération antérieurement à la date de délivrance du certificat d'urbanisme opérationnel positif du 18 juillet 2019, ni que la commune aurait adressé à Dinan Agglomération une demande de modification du PLUi-H avant la délivrance du certificat d'urbanisme litigieux. A ce titre, si l'annexe 1 au procès-verbal de synthèse établi par Dinan Agglomération recensant l'ensemble des observations des communes membres sur le projet arrêté de PLUi-H indique, s'agissant de l'institution d'un emplacement réservé, qu'il s'agit d'un élément modifié entre l'arrêt et l'approbation du PLUi-H, ce document ne comporte aucune date et ne permet donc pas de dater la demande de modification du PLUi-H de la commune en ce sens. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le périmètre exact et la destination de l'emplacement réservé n'ont été précisés qu'après la délivrance du certificat d'urbanisme litigieux. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que l'état d'avancement des travaux d'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme ne permettait pas, à la date de délivrance du certificat, de préciser si l'emplacement réservé allait effectivement être institué, ni la portée exacte des modifications en résultant. Par suite, le projet litigieux ne pouvait être considéré comme étant de nature à compromettre l'exécution du futur PLUi-H à la date de délivrance du certificat d'urbanisme opérationnel positif.
24. Il résulte de ce qui a été dit aux deux points précédents que, en raison de la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel positif le 18 juillet 2019, Mme E était garantie de voir la demande de permis de construire, déposée dans le délai de dix-huit mois, examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à cette date. Par ailleurs, le maire de la commune de Taden, qui ne pouvait légalement surseoir à statuer à la date du certificat, ne pouvait pas plus fonder son refus de permis de construire en retenant la méconnaissance de l'emplacement réservé.
25. En troisième lieu, les articles R. 431-5 à R. 431-33 du code de l'urbanisme dressent la liste des pièces qui doivent être jointes à la demande de permis de construire, aux nombres desquelles figurent un plan de situation, un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, ainsi qu'un document établi par le maître d'ouvrage attestant de la prise en compte de la réglementation thermique lorsque le projet doit respecter les dispositions de l'article R. 111-20 du code de la construction et de l'habitation. Aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-24 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : / a) Lorsque le projet est soumis, dans les conditions mentionnées au chapitre V, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par d'autres législations ou réglementations que le code de l'urbanisme ; / b) Lorsque la décision nécessite une dérogation en application des 1° et 3° des articles L. 152-4 et L. 152-6 / c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ; / d) Lorsque le projet doit être soumis à l'avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévu par l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime ; / e) Lorsque le projet est soumis à participation du public hors procédures particulières en application de l'article L. 123-19-2 du code de l'environnement. ".
26. Aux termes des dispositions de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-22 de ce code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ".
27. Aucun document versé au dossier n'atteste de ce que la commune de Taden aurait sollicité auprès de Mme B la transmission de pièces manquantes afin de compléter son dossier de demande de permis de construire. Dans ces conditions, le maire de la commune de Taden ne pouvait en tout état de cause pas légalement opposer, comme motif de refus du permis de construire sollicité, l'incomplétude du dossier de demande.
28. Il résulte de ce qui a été dit aux points 18 à 27 que les deux motifs de l'arrêté litigieux du 31 mars 2021 ne sont pas fondés. Par suite, Mme E est fondée à en solliciter l'annulation.
En ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 2104504 relative au second refus en date du 13 juillet 2021 de délivrer le permis de construire :
29. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise la demande de permis de construire de Mme B, le certificat d'urbanisme du 18 juillet 2019, le code de l'urbanisme et notamment ses articles L. 421-1 et suivants, les délibérations du conseil communautaire de Dinan Agglomération des 25 mars 2019 et 27 janvier 2020 approuvant le projet de PLUi-H et le PLUi-H, ainsi que l'arrêt du Conseil d'Etat N° 380438 du 18 décembre 2017 relatif à la possibilité pour un maire de surseoir à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, l'une des conditions énumérées à l'article L. 111-7 du code de l'urbanisme. Ces dispositions constituant la base légale du refus opposé dont le maire de la commune de Taden a fait application, l'arrêté litigieux mentionne les considérations de droit qui en constituent le fondement. Par ailleurs, il fait état de l'intégralité des motifs justifiant le refus, soit en l'espèce que le projet de construction est situé sur un emplacement réservé tel que défini par le PLUi-H, que la construction, qui n'est pas conforme à la destination de l'emplacement réservé, est de nature à compromettre l'exécution du PLUi-H et, partant, qu'il y a lieu de surseoir à statuer. Contrairement à ce qui est allégué par Mme E, l'arrêté précise expressément les circonstances conduisant l'administration à considérer que le projet est de nature à compromettre l'exécution du PLUi-H. Ces considérations de fait sont suffisamment développées pour permettre utilement à la requérante de les contester. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux serait insuffisamment motivé doit être écarté.
30. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que les conditions permettant au maire de la commune de Taden, en application des dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer n'étaient pas réunies à la date de délivrance du certificat d'urbanisme du 18 juillet 2019 doit être accueilli pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 24.
31. En troisième lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté litigieux serait illégal, par voie d'exception d'illégalité du PLUi-H, au motif que l'institution d'un l'emplacement réservé sur sa parcelle n'est pas légalement justifiée, d'une part, et du détournement de pouvoir, d'autre part, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux invoqués aux points 14 et 16.
32. Il résulte de ce qui a été dit aux points 29 à 31 que Mme E est fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du maire de la commune de Taden du 13 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
33. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
34. Il résulte de ce tout qui précède que la demande de permis de construire de Mme B du 4 janvier 2021 doit être appréciée selon les règles applicables à la date de délivrance du certificat d'urbanisme. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Taden de délivrer le permis de construire litigieux. Il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Taden d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
35. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme E, de la communauté d'agglomération Dinan Agglomération ou de la commune de Taden, les sommes qu'elles sollicitent au titre des frais qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens dans ces quatre instances.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Taden du 31 mars 2021 refusant le permis de construire sollicité par Mme B est annulé.
Article 2 : L'arrêté du maire de la commune de Taden du 13 juillet 2021 refusant le permis de construire sollicité par Mme B est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au maire de la commune de Taden de délivrer le permis de construire sollicité par Mme B le 4 janvier 2021 un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus de l'ensemble des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération et à la commune de Taden.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
T. Grondin
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100403, 2102634, 2102751 et 2104504
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026