vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Lahalle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du centre hospitalier régional universitaire de Rennes du 2 février 2021 portant refus de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'elle a déclaré le 8 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier régional universitaire de Rennes de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 8 juin 2020 ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, dans le mois de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Rennes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, l'avis de la commission de réforme rendu le 28 janvier 2021 méconnaissant les dispositions des articles 12 et 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 441-1 du code de la sécurité sociale de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2021, le centre hospitalier universitaire de Rennes conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la requête.
Il soutient que la décision du 2 février 2021 a été retirée par une décision du 4 mars 2021 et que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le jugement du tribunal administratif de Rennes n° 2102847 du 22 septembre 2023.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouju,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public ;
- les observations de Me Messéant, substituant Me Lahalle, représentant Mme A, et celles de M. C, représentant du CHRU de Rennes.
Considérant ce qui suit :
1. Assistante médicale de classe administrative supérieure affectée comme secrétaire médicale au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Rennes, Mme A a été placée en arrêt de travail du 8 juin 2020 au 7 août 2020 suite à un incident survenu pendant son service. Par une décision du 2 février 2021, le CHRU a refusé de faire droit à sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet incident. Par une décision du 4 mai 2021, le CHRU a retiré sa précédente décision du 2 février 2021 et a de nouveau refusé de reconnaître le caractère imputable au service de l'incident du 8 juin 2020. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 2 février 2021.
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. En premier lieu, la décision du 2 février 2021 a été retirée et remplacée par une décision du 4 mai 2021 ayant la même portée. Mme A a contesté cette décision du 4 mai 2021 devant le tribunal qui a rejeté son recours par le jugement n° 2102847 du 22 septembre 2023 devenu définitif. Par suite, les conclusions de la requête dirigée contre la décision du 2 février 2021 ont perdu leur objet.
4. En deuxième lieu, la décision du 4 mai 2021 contestée vise les textes dont elle fait application, les conclusions de l'expertise médicale du 9 septembre 2020, l'avis émis par la commission de réforme du 28 janvier 2021 et mentionne notamment que l'évènement du 8 juin 2020 s'est produit en l'absence de fait accidentel permettant d'établir un lien direct et certain avec le service. Par suite, la décision attaquée qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, Mme A soutient que l'avis de la commission de réforme a été délivré en méconnaissance de la procédure visée par les articles 12 et 19 du décret du 14 mars 1986 relatifs à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires. Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables aux commissions de réforme des agents de la fonction publique hospitalière, auxquels s'applique la procédure décrite par les dispositions de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et hospitalière prises pour application du décret n° 88-386 du 19 avril 1988. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du décret du 14 mars 1986 doit par suite être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / (). ".
7. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la déclaration d'accident de travail renseignée par Mme A que, le 8 juin 2020, sa responsable hiérarchique l'a informée quelle remplacerait une collègue pendant ses congés et ses horaires de déjeuner et effectuerait ainsi la gestion des rendez-vous sur l'application informatique Doctolib. Mme A a demandé à exercer son droit de retrait du fait que ces nouvelles tâches nécessitaient des connaissances et des compétences dont elle estimait ne pas disposer, ce qui lui a été refusé. Si Mme A soutient que ce refus a provoqué un stress important et une crise de panique qui a amené sa responsable à l'inviter à rentrer chez elle et à consulter son médecin traitant, et s'il est constant que Mme A a été placée en arrêt de travail en raison d'un stress réactionnel et d'un syndrome anxieux suite à cet incident, toutefois, elle ne soutient ni n'allègue que sa supérieure hiérarchique aurait, par son comportement ou ses propos, excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, alors qu'il ressort en outre des relevés de SMS produits au dossier que cette dernière a manifesté de la sympathie à la requérante. Ainsi, ni l'entretien du 8 juin 2020, ni la décision de confier des tâches de gestion de rendez-vous sur l'application Doctolib, dont il n'est pas établi qu'elles ne relèveraient pas de la fonction de secrétaire médicale exercée par Mme A, ne présentent un caractère violent et soudain, susceptible d'être qualifié d'accident de service. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et de l'expertise du 9 septembre 2020 que l'expert psychiatrique a estimé, compte tenu de la personnalité fragile de l'intéressée, de sa " faible tolérance au stress ", de la circonstance que l'évènement du 8 juin 2020 " a été précédé de nombreuses autres difficultés adaptatives à ses postes de travail ", et de l'absence de facteur accidentogène " indépendant de la personnalité fragile de l'intéressée ", que l'arrêt de travail consécutif à la crise d'angoisse dont Mme A a été victime le 8 juin 2020 n'était pas imputable au service. Il en résulte que c'est sans commettre d'erreur de droit dans l'application des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, ni d'erreur d'appréciation que le directeur du CHRU de Rennes a estimé que le syndrome anxieux du 8 juin 2020 ainsi que les arrêts et soins qui en ont découlé ne constituaient pas un accident de service au sens des dispositions précitées. Dès lors, il pouvait, pour ce seul motif, rejeter la demande de Mme A.
9. Enfin, si Mme A entend soulever le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 441-1 du code de la sécurité sociale, en tout état de cause, ces dispositions ne sont pas applicables aux agents publics, et ce moyen doit être écarté comme inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 2 février 2021 et que les conclusions devant être regardées comme dirigées contre la décision du 4 mai 2021 doivent être rejetées.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 2 février 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié Mme B A et au centre hospitalier universitaire régional de Rennes.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Labouysse, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
D. Bouju
Le président,
signé
D. Labouysse
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026