mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 22 mars 2021 et 16 février 2022, M. A B, représenté par Me Duros, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le maire de Paimpol lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction de deux maisons de deux logements chacune sur la parcelle cadastrée ZH n°413 située rue des Cinq Maquisards ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 29 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Paimpol de statuer à nouveau sur sa demande de certificat d'urbanisme dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Paimpol le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le projet se situe au sein d'un village existant ;
- le projet ne constitue pas une extension de l'urbanisation ;
- en tout état de cause, le projet se situe en continuité de l'urbanisation existante.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 décembre 2021 et 15 mars 2022, la commune de Paimpol, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement d'une somme de 2 500 euros soit mis à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Duros, représentant M. B, et de Me Voisin, de la SELARL Le Roy Gourvennec Prieur, représentant la commune de Paimpol.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, acquéreur potentiel d'un terrain cadastré ZH n°413 située rue des Cinq Maquisards à Paimpol a présenté le 24 septembre 2020 une demande tendant à l'obtention d'un certificat d'urbanisme opérationnel en vue d'édifier deux maisons de deux logements chacune. Le 20 novembre 2020, le maire de Paimpol a délivré un certificat d'urbanisme négatif contre lequel M. B a formé, le 29 décembre 2020, un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Ce sont les deux décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. / () ".
3. En l'espèce, le certificat d'urbanisme demandé par M. B porte sur la construction de deux maisons de deux logements chacune et doit ainsi être considéré comme une extension de l'urbanisation au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée ZH 25 se situe en continuité du lieu-dit Guillardon et non du secteur du Vieux Bourg et de Sainte-Barbe comme l'affirme le requérant. Or, le secteur dans lequel se trouve le terrain d'assiette du projet se caractérise par une urbanisation diffuse révélée par quelques constructions éparses sur des parcelles vastes dont certaines sont boisées ainsi que par une coupure d'urbanisation marquée par la voie Gardenn Croaz Guillardon. En outre, les parcelles litigieuses s'ouvrent, au Sud, sur de vastes étendues agricoles vierges de toute urbanisation. Par conséquent, le terrain d'assiette du projet ne peut être regardé comme situé dans une agglomération ou un village existant, ou dans leur continuité, quel que soit le classement du terrain par le plan local d'urbanisme de la commune de Paimpol. Eu égard à ces éléments, le maire de Paimpol n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme en délivrant à M. B un certificat d'urbanisme négatif et en rejetant implicitement le recours gracieux formé par ce dernier contre cette décision.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du maire de Paimpol du 20 novembre 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Paimpol, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Paimpol au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Paimpol présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Paimpol.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Le Berre
Le président,
Signé
E. Kolbert
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026