LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2101753

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2101753

lundi 2 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2101753
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantTREHEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 7 avril 2021, 14 février 2022 et 6 avril 2023, M. D E et Mme B E, représentés par Me Tréheux, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 février 2021 par laquelle le maire de Plévenon a refusé de constater la péremption de l'arrêté de permis de construire délivré le 6 avril 2017 à M. A pour la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée D 1450 située 4, rue du paradis et a également refusé de dresser un procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de dresser un procès-verbal d'infraction dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Plévenon une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté délivré à M. A est périmé depuis le 24 septembre 2020 dès lors que les travaux n'ont pas été entrepris ;

- aucune demande de prorogation de permis n'a été sollicitée par le pétitionnaire et le dépôt d'une déclaration d'ouverture de chantier n'a aucune incidence sur la péremption ;

- à la date du 24 septembre 2020, les travaux n'avaient pas débuté ;

- à supposer que le pétitionnaire n'ait pas reçu de notification du permis de construire qui lui a été délivré, il n'a pas entrepris de travaux dans l'année qui a suivi la déclaration d'ouverture de chantier, le 9 mars 2020 ;

- les travaux entrepris sans autorisation constituent une infraction pénale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 décembre 2021 et 10 octobre 2022, la commune de Plévenon, représentée par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et en outre, à ce que le versement d'une somme de 2 000 euros soit mis à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que ;

- les requérants n'ont pas notifié leur recours contentieux à la commune en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; la requête n'est donc pas recevable ;

- au fond, aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 1er avril 2022, M. C A, représenté par Me Le Derf-Daniel, conclut au rejet de la requête et en outre, à ce que le versement d'une somme de 3 500 euros soit mis à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- ils étaient tenus de lui notifier leur recours gracieux ;

- au fond, aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Terras, rapporteur ;

- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;

- et les observations de Me Tréheux, représentant les requérants, de Me Colas, représentant la commune de Plévenon et de Me Lefeuvre, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 6 avril 2017, le maire de Plévenon a accordé à M. A, un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle développant une surface de plancher de 123,62 m² sur la parcelle cadastrée D 1450, située 4 rue du Paradis sur le territoire de la commune. Constatant que les travaux de construction n'avaient démarré qu'en octobre 2020, soit après la caducité du permis accordé, M. et Mme E ont demandé au maire de la commune, par un courrier du 8 décembre 2020, de constater cette caducité et de dresser un procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme dès lors que les travaux avaient démarré sans autorisation. Par la présente requête, ils demandent au tribunal d'annuler la décision du 22 février 2021, par laquelle le maire de Plévenon a rejeté leur demande.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la constatation de la péremption du permis de construire accordé le 6 avril 2017 :

2. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année () ". Aux termes de l'article R. 424-10 du même code : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, ou, dans les cas prévus à l'article R. 423-48, par échange électronique. Lorsque la décision accorde le permis sans prévoir de participation ni de prescription, elle peut être notifiée par pli non recommandé ". En vertu de l'article 3 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, les autorisations et permis dont le terme vient à échéance entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus sont prorogés de plein droit jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois suivant la fin de cette période.

3. Pour soutenir que le permis de construire accordé à M. A était périmé le 24 septembre 2020, les requérants appliquent une durée de trois ans à compter de la date de délivrance de cette autorisation, soit le 6 avril 2017, augmentée de la prorogation des délais prévue pendant la période juridiquement protégée au titre de la crise sanitaire, soit jusqu'au 24 septembre 2020, date à laquelle le pétitionnaire n'a, selon eux, pas entrepris de travaux significatifs. Il résulte toutefois des dispositions précitées que le délai de trois ans court à compter de la date de notification de l'autorisation d'urbanisme accordée, et non de sa date de signature. Or, en l'espèce, aucune des pièces du dossier ne permet d'établir la date à laquelle M. A a reçu notification du permis de construire qui lui a été délivré par courrier simple en application des dispositions précitées de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme, dès lors que le permis accordé ne prévoyait aucune participation ni prescription, si bien que le délai de péremption du permis de construire n'a pu commencer à courir.

4. Par ailleurs, le pétitionnaire a déposé le 9 mars 2020 en mairie de Plévenon une déclaration d'ouverture de chantier mentionnant le 10 mars 2020 comme date d'ouverture, qui doit également être regardée comme la date à laquelle il avait nécessairement connaissance du permis de construire. Contrairement à ce qui est soutenu, la seule circonstance que les éléments au dossier ne permettent pas de déterminer la date de notification d'une décision expresse accordant un permis de construire, n'a pas pu faire naître un permis de construire tacite. Dans ces conditions, en l'absence de notification régulière, qui est la seule susceptible en application de l'article R. 424-17 précité du code de l'urbanisme de faire courir le délai de péremption, celui-ci n'était pas expiré à la date de la décision en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant de constater la caducité du permis de construire obtenu par M. A doivent être rejetées.

En ce qui concerne le refus de dresser un procès-verbal d'infraction :

6. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / Les infractions mentionnées à l'article L. 480-4 peuvent être constatées par les agents commissionnés à cet effet par l'autorité administrative compétente et assermentés lorsqu'elles affectent des immeubles soumis aux dispositions législatives du code du patrimoine relatives aux monuments historiques, aux abords des monuments historiques ou aux sites patrimoniaux remarquables ou aux dispositions législatives du code de l'environnement relatives aux sites et qu'elles consistent soit dans le défaut de permis de construire, soit dans la non-conformité de la construction ou des travaux au permis de construire accordé. Il en est de même des infractions aux prescriptions établies en application des articles L. 522-1 à L. 522-4 du code du patrimoine. / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès- verbal. / Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public. () ".

7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 5 du présent jugement qu'en l'absence d'infraction aux règles d'urbanisme, le maire de Plévenon n'était pas tenu de dresser un procès-verbal d'infraction en application des dispositions précitées. Les conclusions à fin d'annulation présentées en ce sens par les requérants doivent, par suite, être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées, que M. et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 22 février 2021 rejetant leur demande du 8 décembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Le rejet des conclusions en annulation de la décision litigieuse n'impliquant aucune mesure d'exécution, il y a lieu de rejeter également les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Plévenon, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme E la somme que ceux-ci demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Plévenon et M. A tendant à l'application de ces mêmes dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Plévenon et par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à Mme B E, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à M. C A.

Copie en sera adressée à la commune de Plévenon et au préfet des Côtes-d'Armor.

Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.

Le rapporteur,

signé

F. Terras

Le président,

signé

F. Etienvre

La greffière,

signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions