vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juin 2021 et 15 juin 2022, M. C B représenté par Me Potin demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er avril 2021 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Brest a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours ;
2°) d'enjoindre au CHRU de Brest de supprimer la décision de son dossier disciplinaire et de reconstituer ses droits dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Brest la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
A titre principal :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;
- la sanction est disproportionnée ;
A titre subsidiaire :
- la décision attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2022, le CHRU de Brest représenté par la selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me Moreau-Verger, représentant le centre hospitalier universitaire de Brest.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est infirmier de bloc opératoire diplômé d'état (IBODE) au CHRU de Brest. Par la décision attaquée du 1er avril 2021 la directrice générale du CHRU a pris à son encontre la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions de trois jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, que le 15 février 2021, alors qu'une note de service du 28 janvier 2021 de la direction des ressources humaines de l'établissement hospitalier relative à la gestion du temps de travail affichée dans la salle de pause du service sur un tableau dédié à cet effet invitait les agents à programmer 10 jours de congés annuels avant le 31 mai 2021 et 5 jours de récupération du temps de travail (RTT) avant le 31 mai 2021 afin de permettre l'organisation des remplacements, M. B a affiché sur le même tableau une note manuscrite reproduisant un extrait du guide de la gestion du temps de travail en mentionnant que selon ce guide, 10 jours de congés annuels étaient à prendre avant le 21 juin et 3 jours de RTT étaient à prendre avant le 30 juin 2021. Ce document ayant fait le jour même l'objet d'un retrait par la cadre de proximité, M. B a dès le lendemain procédé à nouveau à son affichage au même endroit. Reçu le 19 février 2021 par sa hiérarchie, M. B s'est vu notifier un rapport circonstancié l'invitant en particulier à ne plus interférer dans les missions du cadre de santé et notamment la gestion du temps des personnels non médicaux du bloc opératoire, de cesser tout comportement nuisible à la cohésion de l'équipe et de centrer son travail sur les tâches inhérentes à ses missions d'IBODE. Le 5 mars suivant, la cadre de proximité a constaté que ce rapport avait fait l'objet d'un affichage dans la salle de pause.
3. La matérialité de ces faits est établie et n'est pas au demeurant contestée. Si les documents affichés par M. B ne contenaient pas, ainsi qu'il l'indique, de propos outranciers, injurieux ou diffamatoires, en reproduisant des extraits du guide de la gestion du temps de travail prévoyant des modalités de prise des jours de congés annuels et de RTT différentes de celles prévues dans la note de service, en précisant que ce guide était une transcription de la loi, l'intéressé, qui n'agissait pas dans le cadre de son mandat syndical, doit être regardé comme ayant ainsi entendu manifester auprès de ses collègues et de sa direction son désaccord avec les instructions contenues dans cette note de service et manqué à son obligation de réserve. En procédant à un nouvel affichage de sa note manuscrite après que sa hiérarchie ait procédé à son retrait et lui ait signifié lors d'un entretien suivi de la remise d'un rapport, son désaccord avec cette façon de procéder, puis en disposant ledit rapport sur le panneau d'affichage, M. B a manqué à son obligation d'obéissance et de respect à l'égard de sa hiérarchie. Dans ces conditions, et quand bien même le panneau sur lequel les documents ont été affichés est un panneau d'expression libre dont l'utilisation n'est pas régie par le règlement intérieur de l'établissement, les faits reprochés à M. B sont constitutifs de fautes disciplinaires. Par suite, le moyen tiré de l'erreur dans la qualification juridique des faits doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / L'avertissement, le blâme, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; () ". Compte tenu de la nature des faits reprochés à M. B et de leur réitération dans un court laps de temps, de l'absence de remise en cause de l'intéressé ainsi qu'il ressort du compte rendu de l'entretien disciplinaire du 23 mars 2021 et enfin de la circonstance que M. B a déjà fait l'objet d'une précédente sanction disciplinaire, en prononçant à son encontre une sanction de trois jours d'exclusion temporaire de fonctions qui appartient au premier groupe des sanctions susceptibles d'être infligées à un fonctionnaire hospitalier, la directrice générale du CHRU de Brest n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
5. En dernier lieu aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " () / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. () ". Aux termes de l'article 83 de la loi du 9 janvier 1986 : " () / Le conseil de discipline est saisi par un rapport de l'autorité investie du pouvoir de nomination. Ce rapport précise les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Le fonctionnaire contre lequel est engagée une procédure disciplinaire doit être informé qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel et de se faire assister par un ou plusieurs défenseurs de son choix. Il doit être invité à prendre connaissance du rapport mentionné à l'article 83 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 8 mars 2021, la directrice adjointe des ressources humaines a convoqué M. B à un entretien disciplinaire. Ce courrier l'informait notamment de sa possibilité de solliciter la consultation préalable de son dossier administratif. Si le requérant soutient qu'il n'a pas été invité à prendre connaissance du rapport disciplinaire, cette circonstance ne peut être utilement invoquée pour contester la légalité de la décision attaquée qui prononce une sanction du 1er groupe laquelle n'avait pas à être précédée de la saisine préalable du conseil de discipline. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été rendue au terme d'une procédure irrégulière doit donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge du CHRU de Brest qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentée le CHRU de Brest sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CHRU de Brest sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier régional universitaire de Brest.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
La rapporteure,
signé
A. ALe président,
signé
N. TronelLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026