jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet 2021 et 23 février 2024, l'association " Vivre à Brest ", représentée par Me Goutal (cabinet Goutal Alibert et associés), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la chambre régionale des comptes de Bretagne du 22 avril 2021 notifiée le 28 mai 2021 décidant de mener à son terme le contrôle diligenté à son encontre et d'adopter un rapport d'observations définitives destiné à être rendu public ;
2°) d'enjoindre à la chambre régionale des comptes de Bretagne de ne pas publier le rapport d'observations définitives adopté à son encontre, le cas échéant de lui enjoindre de retirer ce rapport de son site Internet, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la chambre régionale des comptes de Bretagne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que les observations de la chambre régionale des comptes de Bretagne, destinées à être rendues publiques, produisent des effets notables sur sa réputation et son intégrité ainsi que sur celles de ses membres et lui font grief, que l'existence d'un recours parallèle permettant d'obtenir une rectification des observations définitives de la chambre régionale des comptes ne peut pas lui être opposée, que la décision en litige est distincte de celle d'ouverture du contrôle et ne peut être adoptée qu'au terme de la procédure contradictoire engagée ;
- la chambre régionale des comptes est incompétente pour la contrôler dès lors qu'elle ne perçoit aucun concours financier d'une collectivité territoriale au sens de l'article L. 211-8 du code des juridictions financières et que ni la ville de Brest ni Brest Métropole n'exerce de pouvoir de décision ou de gestion sur l'association.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2021, la chambre régionale des comptes de Bretagne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- la décision contestée de ne pas mettre fin à un contrôle n'est pas susceptible de recours ;
- à titre subsidiaire, elle était compétente pour procéder au contrôle des comptes et de la gestion de l'association sur le fondement de l'article L. 211-8 du code des juridictions financières, le versement de sommes d'argent par la commune de Brest à cette association constituant un concours financier au sens de cet article.
Par une ordonnance du 19 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
27 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des juridictions financières ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Plumerault,
- les conclusions de Mme Thalabard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rotivel, représentant l'association " Vivre à Brest " et de M. A, représentant la chambre régionale des comptes de Bretagne.
Considérant ce qui suit :
1. L'association " Vivre à Brest " a été créée en janvier 1985. Son principal objet, tel qu'il ressort de ses statuts, consistait à éditer le journal des élus socialistes dénommé " Vivre à Brest ", objet élargi quelques années plus tard à la promotion d'actions et d'informations au niveau de la culture socialiste. A partir de 1989 et jusqu'en 2018, son activité principale a consisté à percevoir et redistribuer les indemnités des élus du groupe socialiste de la commune et de la métropole de Brest, afin de compenser les pertes de revenus des élus, au travers d'un système de mise en commun et de péréquation des indemnités des élus socialistes et assimilés. La chambre régionale des comptes de Bretagne a procédé au contrôle des comptes et à l'examen de la gestion de l'association " Vivre à Brest ", de l'exercice 2014 à l'exercice 2018. Ce contrôle a été ouvert par une lettre de la présidente de la chambre du 1er février 2019 adressée au président de l'association. Le rapport d'observations provisoires a été notifié aux membres du conseil d'administration de l'association le 11 décembre 2020, lesquels par courrier du 18 janvier 2021 ont demandé à la chambre régionale des comptes de mettre fin à ce contrôle au motif de son incompétence. Par un courrier du 28 mai 2021, la présidente de la chambre régionale des comptes a transmis à l'association le rapport d'observations définitives adopté le 22 avril 2021. L'association " Vivre à Brest " demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle la présidente de la chambre régionale des comptes de Bretagne a refusé de mettre un terme au contrôle diligenté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-8 du code des juridictions financières : " La chambre régionale des comptes peut contrôler les organismes, quel que soit leur statut juridique, auxquels les collectivités territoriales les établissements publics locaux ou les autres organismes relevant de sa compétence apportent un concours financier supérieur à 1 500 euros ou dans lesquels ils détiennent, séparément ou ensemble, plus de la moitié du capital ou des voix dans les organes délibérants, ou sur lesquels ils exercent un pouvoir prépondérant de décision ou de gestion. ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'en application des articles L. 2123-20 et
L. 5211-12 du code général des collectivités territoriales, les instances délibératives de Brest et de Brest Métropole ont adopté au début de la mandature deux délibérations, les 5 et 16 avril 2014, conformes à la règlementation, fixant le montant des indemnités auxquelles ont droit les membres des conseils municipal et métropolitain. Il est constant que ces collectivités, au cours des exercices concernés par le contrôle, ont procédé au versement direct des indemnités dues aux élus du groupe socialiste à l'association " Vivre à Brest ", sur la base d'un engagement de chacun de ces élus, signé au moment de sa candidature pour les municipales de verser, s'il était élu, l'intégralité de ses indemnités au groupe des élus socialistes, sans que cet engagement ne comporte au demeurant de précision sur le nom de la structure concernée. Ce mécanisme consistait à verser à chaque élu du groupe socialiste ses indemnités non pas sur son compte personnel, mais directement sur le compte de l'association " Vivre à Brest ", qui se chargeait ensuite de reverser ces indemnités après application d'un mécanisme de redistribution, destiné en principe à compenser les pertes de revenu des élus les moins aisés du fait de l'exercice de leur mandat. Dès lors que l'association a ainsi perçu de manière facultative et discrétionnaire des sommes de ces deux collectivités territoriales dépassant le seuil de 1 500 euros, ces sommes doivent être nécessairement regardées comme constituant, contrairement à ce qu'elle soutient, un concours financier au sens des dispositions précitées du code des juridictions financières. Par suite, la chambre régionale des comptes de Bretagne était compétente pour procéder au contrôle des comptes de l'association " Vivre à Brest ", laquelle n'est dès lors pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle elle n'a pas fait droit à sa demande tendant à ce qu'il soit mis un terme au contrôle. Il en résulte que la requête de l'association " Vivre à Brest " ne peut, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la chambre régionale des comptes, qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par l'association requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'association " Vivre à Brest " doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'association " Vivre à Brest " est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association " Vivre à Brest " et à la chambre régionale des comptes de Bretagne.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
F. Plumerault
Le président,
signé
E. Berthon
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026