lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CORNET VINCENT SEGUREL (CVS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et cinq mémoires, enregistrés le 6 août, le 7 octobre, le 25 octobre et le 15 novembre 2021 ainsi que le 11 janvier et le 10 février 2022, M. et Mme B et F A C demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de la commune de Vannes a délivré à M. E un permis de construire pour la rénovation et l'extension d'une maison d'habitation ainsi que pour la démolition et la construction d'un garage, sur un terrain situé 7 rue de la Tour d'Auvergne ;
2°) d'annuler la décision du maire de Vannes du 1er juillet 2021 retirant le permis de construire modificatif accordé le 3 mars 2021 ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre au maire de la commune de Vannes de retirer le permis de construire en date du 4 août 2020.
Ils soutiennent que :
- ils ont un intérêt à demander l'annulation de la décision du 1er juillet 2021 de retrait de permis de construire modificatif en ce qu'elle permet l'édification de la construction selon le projet initialement prévu et autorisé par l'arrêté du 4 août 2020 ;
- le dossier de demande de permis de construire déposé le 5 mars 2020 était incomplet ;
- l'arrêté du 4 août 2020 méconnaît les dispositions combinées des articles UC3 et UC4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté du 4 août 2020 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 4 août 2020 a été frauduleusement obtenu ;
- la décision refusant de retirer le permis de construire du 4 août 2020 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 14 septembre et le 12 octobre 2021 ainsi que le 4 janvier 2022, la commune de Vannes, représentée par la SELARL d'Avocats Inter barreaux Cornet-Vincent-Ségurel, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions des articles L. 600-5 et suivants du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A C le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle tend à l'annulation de l'arrêté du 4 août 2020 en raison de sa tardiveté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par deux mémoires, enregistrés le 28 janvier et le 23 février 2022, M. D E représenté par la SELARL Lexcap, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions des articles L. 600-5 et suivants du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A C le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle tend à l'annulation de l'arrêté du 4 août 2020 en raison de sa tardiveté ;
- la requête est irrecevable en ce qu'elle tend à l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2021 retirant le permis de construire modificatif du 3 mars 2021 dès lors qu'ils n'ont pas contesté le permis de construire initial du 4 août 2020 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de M. A C, de Me Angebaud, de la SELARL d'Avocats Inter barreaux Cornet-Vincent-Ségurel, représentant la commune de Vannes, et de Me Messeant, de la SELARL Lexcap, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mai 2020, M. E a déposé à la mairie de la commune de Vannes une demande de permis de construire pour la rénovation et l'extension d'une maison d'habitation ainsi que pour la démolition et la construction d'un garage sur un terrain cadastré section BT n° 138 situé 7 rue de la Tour d'Auvergne. Le maire de la commune de Vannes a délivré l'autorisation sollicitée par un arrêté en date du 4 août 2020. Par une lettre du 28 septembre 2020, M. et Mme A C, propriétaires de la parcelle cadastrée section BT n° 139, ont saisi le maire de Vannes d'un recours gracieux à l'encontre du permis de construire accordé le 4 août 2020. Le 9 décembre 2020, M. E a alors présenté à la mairie de Vannes une demande de permis modificatif qui lui a été accordé par arrêté du 3 mars 2021. Le permis de construire modificatif en date du 3 mars 2021 a fait l'objet de deux recours gracieux. Le premier, en date du 21 avril 2021, a été formé par le propriétaire de la parcelle cadastrée section BT n° 136. Le second, en date du 27 avril 2021, a été formé par le propriétaire de la parcelle cadastrée section BT n° 137. Par une demande en date du 14 juin 2021, le pétitionnaire a demandé le retrait du permis de construire modificatif et par un arrêté du 1er juillet 2021, le maire de Vannes a retiré le permis de construire modificatif du 3 mars 2021. Les époux A C demandent l'annulation de l'arrêté du 4 août 2020, ensemble la décision de retrait du 1er juillet 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune et le pétitionnaire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. () ".
3. La commune comme le pétitionnaire opposent aux requérants une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 août 2020. Il ne ressort cependant pas des pièces du dossier, malgré l'annonce qui en avait été faite en défense par la commune, que la preuve d'un affichage régulier ait été apportée par M. E et susceptible d'avoir fait courir, en application de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, un délai de recours contentieux à l'égard des tiers.
4. Toutefois, les requérants ont, dès le 28 septembre 2020, saisi le maire de Vannes d'un recours gracieux tendant à obtenir le retrait de l'arrêté du 4 août 2020, ce recours gracieux ayant été également notifié à M. E. Ce recours gracieux doit être regardé comme manifestant la connaissance acquise du permis de construire du 4 août 2020, de nature à faire courir le délai de recours contentieux.
5. Le maire de Vannes n'a pas répondu au recours gracieux formé par M. et Mme A C et reçu à la mairie de Vannes le 1er octobre 2020, ainsi qu'en atteste l'accusé de réception produit par les requérants après une mesure d'instruction, de sorte qu'une décision tacite de rejet du recours gracieux ayant prorogé le délai de recours contentieux est née le 1er décembre 2020. Les requérants devaient ainsi présenter leur requête au tribunal avant le 2 février 2021. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir des requérants, que l'enregistrement de leur recours contentieux au greffe du tribunal le 6 août 2021 est tardif et leurs conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté de permis de construire du 4 août 2020 sont, par suite, irrecevables.
6. La circonstance que le permis de construire du 4 août 2020 aurait été obtenu par fraude ainsi que le prétendent les requérants, si elle permet à l'autorité administrative compétente de l'abroger ou de le retirer à tout moment, ne saurait, en revanche, proroger le délai du recours contentieux contre cette décision.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé.
9. Il ressort des écritures des requérants que ceux-ci contestent la décision de retrait du 1er juillet 2021 en tant qu'elle aurait pour effet de faire " renaître " l'illégalité du permis de construire initial concernant l'implantation de l'extension dont ils s'étaient prévalus dans un précédent recours gracieux, et qui avait été régularisée par le permis de construire modificatif accordé le 3 mars 2021.
10. Le pétitionnaire fait valoir que M. et Mme A C ayant implicitement accepté le permis de construire initial en ne formant pas de recours dans les délais impartis auprès du tribunal et ce permis initial ayant acquis un caractère définitif, ils ne justifient d'aucun intérêt à agir contre l'arrêté retirant le permis modificatif qui se rapporte à ce permis initial.
11. Toutefois, il ressort du permis de construire modificatif accordé le 3 mars 2021 que celui-ci avait pour objet, ainsi qu'il ressort des visas de la décision, de changer " l'implantation de l'extension et du garage " notamment, permettant ainsi de répondre au moyen tiré de l'implantation illégale de la construction, soulevé par les consorts A C dans leur recours gracieux en date du 28 septembre 2020. Il en résulte qu'ayant obtenu satisfaction auprès du pétitionnaire afin qu'une modification du projet intervienne, M. et Mme A C disposent nécessairement d'un intérêt à agir contre la décision qui tend à faire disparaître l'arrêté qui accédait à leurs réclamations. En effet, le retrait du permis modificatif accordé à M. E a nécessairement porté atteinte au droit du tiers qui avait contesté la légalité dudit permis. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le pétitionnaire ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 1er juillet 2021 :
12. Les requérants ne peuvent utilement soulever, à l'appui de leurs conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait du 1er juillet 2021, des moyens se rapportant à la légalité de l'arrêté de permis de construire du 4 août 2020 devenu définitif et ils ne formulent par ailleurs aucun autre moyen propre à la décision retirant le permis de construire modificatif faisant suite à la demande du pétitionnaire.
13. En tout état de cause, les moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté du 4 août 2020 ne sont pas fondés.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire présenté le 5 mars 2020 :
14. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
15. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain () ".
16. Il ressort des pièces composant le dossier de demande de permis de construire que celui-ci comporte notamment des éléments sur l'environnement du terrain, indiquant qu'il se situe au sud-ouest du centre-ville dans un secteur urbanisé. Il est précisé qu'une maison individuelle des années 30 occupe la parcelle et que le projet consiste à rénover cette bâtisse en valorisant ses éléments architecturaux et à lui adjoindre une extension contemporaine et " épurée ". La notice apporte des informations sur les détails de la rénovation. Ainsi, " les zones en pierres seront simplement rénovées, les zones en parements brique seront repeintes en blanc et l'enduit blanc sera recouvert par un enduit de teinte mastique afin de contraster un peu plus l'ensemble et ainsi faire davantage ressortir les détails de façades. Les menuiseries extérieures seront remplacées par des menuiseries avec une esthétique identique à celle existante ". S'agissant de l'extension, celle-ci sera traitée " en béton banché et enduit blanc " et des ouvertures seront disposées de manière à " animer les façades et les failles ". Enfin, une terrasse prolongera le projet d'extension. En outre, le dossier comprend un document PC 05D illustrant l'extension contemporaine et la maison existante pour apprécier l'intégration de la construction moderne avec le bâti existant ancien. Un photomontage laissant apparaître la construction voisine ainsi que la construction objet de la demande de permis de construire et son extension complète ces documents et six photographies des constructions présentes dans ce secteur permettent d'appréhender l'aspect général du quartier. La seule circonstance que la perspective du document d'insertion ne correspondrait pas tout à fait aux proportions réelles du mur séparatif existant et de l'extension envisagée est sans incidence dès lors que les plans en élévation indiquent bien que le nouveau bâtiment adossé à la maison est d'une hauteur de 4,88 mètres.
17. Par suite le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté comme celui tiré de l'insincérité du dossier dès lors que le service instructeur disposait d'une information suffisamment exhaustive pour se prononcer.
18. A cet égard, les avis successifs, au demeurant facultatifs en l'espèce, de l'architecte des Bâtiments de France en date du 28 juillet 2020 et du 13 janvier 2021 n'indiquent pas que le projet tel que présenté aurait été de nature à fausser l'appréciation de l'autorité compétente pour statuer sur la demande et se limitent à préconiser la production d'un dessin du portail, à revoir la teinte des menuiseries et du soubassement et à " dégager " les briques existantes. Le moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles UC3 et UC4 du plan local d'urbanisme :
19. Aux termes de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions* par rapport aux voies et emprises publiques* : " Les constructions*, hors saillies*, balcons*, doivent être édifiées à au moins 5 mètres de l'alignement* des voies et emprises publiques*, sauf indication contraire éventuelle portée au plan de zonage du P.L.U. qui s'y substitue. / Des implantations différentes peuvent être imposées ou autorisées exceptionnellement pour assurer une meilleure intégration urbaine, notamment lorsqu'il existe sur des parcelles voisines ou sur le même terrain des bâtiments édifiés différemment et dont il convient de respecter l'ordonnancement afin de contribuer à une harmonie d'ensemble, ou pour l'édification de locaux techniques. / En secteurs UC et UC(i) uniquement (hors secteurs UCa, UCb et UCd), les constructions*annexes* et extensions* implantées à l'alignement* sont autorisées, sous réserve : / - que la hauteur du plan vertical* ne dépasse pas 3 m, / - que la longueur de la façade* sur rue de la construction* ne dépasse pas : / 5 m si la parcelle accueille du logement individuel, / 1/3 de la largeur du terrain mesurée sur la rue pour toutes les autres constructions. ".
20. Aux termes de l'article UC4 de ce même règlement, relatif à l'implantation des constructions* par rapport aux limites séparatives : " Les dispositions de l'article 4 s'appliquent à l'ensemble de la zone UC (incluant les secteurs UC, UCa, UCb, UCd et UC(i)). / Dans la bande de 20 mètres à partir de l'alignement* des voies et emprises publiques* ou du retrait imposé ou autorisé exceptionnellement pour assurer une meilleure intégration urbaine : / 1. Les constructions* peuvent s'implanter en limite séparative*. / Doivent être favorisées les implantations des constructions* en limites séparatives dans lesquelles l'intersection entre l'axe des façades et la limite séparative constitue un angle à 90°. Dans les autres cas, un angle de 45 libre de constructions* sera respecté et aucune baie* ne sera admise dans une bande de 3 mètres à compter de la limite séparative Voir schéma du point 11 du chapitre II 2 des dispositions générales "Dispositions communes à l'ensemble des zones". 2. Les constructions* qui ne seraient pas édifiées en limites séparatives, doivent être édifiées à une distance de ces limites au moins égale à la moitié de la hauteur du plan vertical* de façade*sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. / Au-delà de la bande des 20 mètres à partir de l'alignement* des voies et emprises publiques* ou du retrait imposé ou autorisé exceptionnellement pour assurer une meilleure intégration urbaine : / 3. Les constructions* doivent être édifiées à une distance des limites séparatives*, au moins égale à la moitié de la hauteur du plan vertical* de façade*, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. / 4. Toutefois les constructions peuvent être implantées en limites séparatives* : / 4.1. Si la hauteur du plan vertical* est inférieure ou égal à 3 m au droit de la limite et sur une largeur de 3 m. / 4.2. Si le projet de constructions* jouxte une construction* existante, implantée en limite séparative* sur la propriété voisine, et qu'il n'en dépasse pas la hauteur. ".
21. En l'espèce, dans le secteur d'implantation du projet, le retrait imposé de 5 mètres prévu par l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme trouve à s'appliquer. Dans ces conditions, la bande de 20 mètres est comptée à partir de ce retrait, soit au total un bande de 25 mètres de longueur depuis l'alignement. Or, le projet d'extension tel qu'autorisé par l'arrêté de permis de construire initial du 4 août 2020 est implanté soit en limite séparative, soit à plus de trois mètres de celle-ci, sur une profondeur de la parcelle allant de 18,97 m et 24,56 mètres, donc sur une distance inférieure à 25 mètres par rapport à l'alignement. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles UC3 et UC4 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme :
22. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. () ".
23. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
24. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier comme des données issues du site Géoportail que la maison appartenant à M. E est identifiée au document graphique du plan local d'urbanisme comme un patrimoine bâti au titre de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme.
25. D'une part, aucune disposition du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vannes n'interdit les constructions d'inspiration contemporaine. D'autre part, le plan du projet de la façade sud inclus dans le dossier de demande de permis de construire indique que les éléments architecturaux sont préservés, les teintes des enduits conservées et les couleurs pierres existantes sont rénovées et remises en valeur dans le respect de l'architecture existante.
26. Si le projet est en revanche de nature à modifier la construction existante en lui adjoignant un bâtiment d'architecture contemporaine, qui ne sera au demeurant pas visible depuis la voie publique, il ne ressort pas des mêmes pièces que ces constructions seraient de nature à porter atteinte à la valeur de ce patrimoine, ou compromettraient la cohérence de l'organisation générale du bâti et du paysage urbain que constitue la rue de la Tour d'Auvergne. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la fraude :
27. Les requérants soutiennent que la fraude serait constituée par le fait d'avoir, par l'entremise d'un architecte, cherché à minimiser le gabarit et l'impact visuel du projet. Cependant, la fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur sa qualité pour présenter la demande d'autorisation d'urbanisme et les omissions ou insuffisances invoquées en l'espèce dans la constitution du dossier, à les supposer même avérées, ne sauraient être regardées comme étant constitutives d'une fraude, faute d'élément intentionnel caractérisé. Ce moyen doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision du 4 novembre 2021 de refus de retirer le permis de construire délivré le 4 août 2020 :
28. Le 4 novembre 2021, le maire de la commune de Vannes a rejeté la demande de retrait du permis de construire formulée par mail par M. et Mme A C les 21 et 22 octobre 2021 en cours d'instance. Ces derniers ne peuvent toutefois invoquer utilement ce moyen dès lors qu'ils n'ont pas présenté de conclusions tendant à l'annulation de cette décision du 4 novembre 2021 et, en tout état de cause, ce moyen n'est pas différent de celui soulevé à l'encontre de l'arrêté de permis de construire initial du 4 août 2020 et écarté pour les motifs précédemment indiqués.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. et Mme A C à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
30. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
31. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A C le paiement d'une somme à verser à la commune de Vannes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
32. Il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A C le paiement d'une somme à verser à M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Vannes et de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et F A C, à M. D E et à la commune de Vannes.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
F. Bozzi
Le président,
signé
C. Radureau
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026