mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2021, Mme A B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du ministre de la défense du 31 mai 2021 l'affectant à la plate-forme Commissariat de Rennes Ouest sur le poste d'agent d'achat d'exécution supérieur à compter du 1er novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de la défense de réexaminer son dossier dans le sens du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté portant changement d'affectation a été pris par une personne incompétente, à défaut de justifier d'une délégation de signature ;
- il est illégal en ce que le ministère de la défense a commis un détournement de pouvoir et une erreur d'appréciation : cette décision remet en cause son droit à bénéficier du " ticket mobilité " en violation des textes applicables et elle est incompréhensible compte tenu de l'intérêt du service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2023, le ministre des Armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2021 dès lors qu'il constitue une mesure d'ordre intérieur, insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tourre,
- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative principale de 2ème classe, était affectée au bureau achat public du pôle pilotage des marchés de la plate-forme achats finances centre ouest depuis le mois de juillet 2012. À la suite d'une réorganisation du service, Mme B a été affectée, par un arrêté du 4 février 2021, au poste d'agent d'achat d'exécution supérieur à la plate-forme commissariat de Rennes-Ouest à compter du 1er novembre 2020. Par arrêté du 31 mai 2021, dont Mme B demande l'annulation, cet arrêté a été modifié.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent
de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. Mme B soutient que l'arrêté du 31 mai 2021 modifiant l'arrêté du 4 février 2021 l'affectant sur le poste d'agent d'achat d'exécution supérieur à la plate-forme Commissariat de Rennes Ouest à compter du 1er novembre 2020 constitue un détournement de pouvoir en ce qu'il n'a jamais été matériellement concrétisé dans la mesure où il est intervenu alors qu'elle était déjà en congés du 23 décembre 2020 au 1er mai 2021, date de son placement à la retraite, et qu'une telle affectation a eu pour effet de l'empêcher de bénéficier de la revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel. D'une part, un changement d'affectation peut être pris même pendant les congés de l'agent en ce que celui-ci est titulaire seulement de son grade et non de son poste. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme B était affectée au poste d'agent d'achat à la section programmation à la plate-forme Commissariat de Rennes Ouest, que l'arrêté attaqué procède à son affectation sur le poste d'agent d'achat d'exécution supérieur à la même plate-forme, que les fonctions exercées par l'intéressée n'ont pas évolué, si ce n'est l'ajout de deux fonctions annexes supplémentaires concernant les tableaux de suivi. En outre Mme B n'apporte aucun élément permettant d'établir que ce changement d'affectation l'aurait privée de l'indemnité de fonctions, de sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (mécanisme de " ticket mobilité ").
4. Ainsi, le changement d'affectation de Mme B à compter du 1er novembre 2020 n'a pas entrainé une modification de sa situation professionnelle, n'a pas porté atteinte à sa situation personnelle et ne présente pas le caractère d'une mesure discriminatoire. Par suite l'arrêté d'affectation litigieux présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. TourreLe président,
Signé
G. Descombes
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026