vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUYOMARCH |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 12 septembre 2021, 11 octobre 2021 et 30 juin 2022, sous le n° 2104642, M. et Mme C et D B, représentés par Me Guyomarch, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2021 par lequel le maire de la commune du Guilvinec ne s'est pas opposé à la déclaration préalable du 5 mai 2021 de la SCI An Atoll en vue de la réalisation d'une pergola sur les parcelles cadastrées section AH nos 454, 455 et 936 ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Guilvinec le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; notamment, elle n'est pas tardive et ils ont intérêt pour agir ;
- les travaux ont débuté avant la décision de non-opposition ;
- le projet litigieux aurait dû faire l'objet d'une demande de permis de construire et non de déclaration préalable conformément aux dispositions des articles R. 421-9 et R. 421-14 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande est incomplet ; le plan de masse n'est pas à l'échelle et ne permet pas de calculer l'emprise au sol du projet ; il n'y a pas de plan des façades et des toitures ; les photographies de l'environnement proche et du paysage lointain sont inexistantes ; la représentation de l'aspect extérieur de la construction litigieuse consiste en deux photographies prises sous un angle similaire ;
- le projet méconnaît l'article Uh 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article Uh 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et l'aménagement de leurs abords.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, la commune du Guilvinec, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Le 4 juillet 2024, le tribunal a informé les parties de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité du moyen relatif à la méconnaissance des dispositions de l'article Uh 2 du plan local d'urbanisme en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme relatif à la cristallisation du débat contentieux.
Par un mémoire, enregistré le 16 juillet 2024, la commune du Guilvinec conclut au non-lieu à statuer.
Par deux mémoires, enregistrés le 22 juillet 2024, M. et Mme B ont précisé qu'ils maintiennent leurs écritures et ont présenté leurs observations au moyen d'ordre public.
Le 17 septembre 2024, le tribunal a informé les parties sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête compte tenu du moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande qui ne permet pas à l'administration d'apprécier le projet par rapport aux dispositions des articles Uh 9 et Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, la commune du Guilvinec a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
La procédure a été communiquée à la SCI An Atoll, qui n'a pas produit d'écritures.
II. Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022 sous le n° 2205049, M. et Mme C et D B, représentés par Me Guyomarch, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de la commune du Guilvinec ne s'est pas opposé à la déclaration préalable du 30 juin 2022 de la SCI Men Meur Immo en vue de la dépose de la pergola et de l'extension d'une véranda sur les parcelles cadastrées section AH nos 454, 455 et 936 ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Guilvinec le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; notamment, elle n'est pas tardive et ils ont intérêt pour agir ;
- le dossier de demande est incomplet ; les plans ne sont pas à l'échelle et ne permettent pas de calculer l'emprise au sol du projet ; il ne contient aucune insertion graphique du projet, ni aucune modélisation ;
- le projet méconnaît l'article Uh 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article Uh 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, la commune du Guilvinec, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Le 17 septembre 2024, le tribunal a informé les parties sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de ce qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête compte tenu du moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande qui ne permet pas à l'administration d'apprécier le projet par rapport aux dispositions des articles Uh 9 et Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 18 septembre 2024, M. et Mme B ont présenté leurs observations sur le sursis à statuer.
Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024 la commune du Guilvinec a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
La procédure a été communiquée à la SCI Men Meur Immo, qui n'a pas produit d'écritures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grondin,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Moal, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune du Guilvinec.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires de la parcelle cadastrée section AH n° 451, située sur le territoire de la commune du Guilvinec et sur laquelle est construite leur maison d'habitation. Sur les parcelles cadastrées section AH nos 454, 455 et 936, se trouve le restaurant " An Atoll " géré par M. A. Le 5 mai 2021, M. et Mme B ont constaté la réalisation de travaux de couverture de la terrasse du restaurant qui ont été achevés le 12 mai suivant, consistant en la construction d'une pergola. Par un arrêté du 14 mai 2021, le maire de la commune du Guilvinec ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société An Atoll qui exploite le restaurant, en vue de régulariser ces travaux. Par ailleurs, le 30 juin 2022, M. A, agissant en qualité de gérant de la SCI Men Meur Immo, a déposé une seconde déclaration préalable en vue de déposer la pergola pour la remplacer par une véranda. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le maire de la commune du Guilvinec ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable.
2. Par une requête enregistrée sous le n° 2104642, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 mai 2021. Par une requête enregistrée sous le n° 2205049, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022.
3. Ces deux requêtes concernent deux projets relatifs à l'extension d'un même restaurant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur qui entend contester l'intérêt à agir du requérant qui a précisé l'atteinte qu'il invoque pour en justifier, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Par ailleurs, eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers que le terrain d'assiette des deux projets litigieux est situé sur les mêmes parcelles cadastrées section AH nos 454, 455 et 936, lesquelles sont séparées de la parcelle cadastrée section AH n° 451 appartenant aux requérants d'une vingtaine de mètres et par une route. Dans ces conditions, les requérants n'ont pas la qualité de voisin immédiat du projet.
7. Toutefois, il ressort des pièces des dossiers que les projets de pergola et de véranda seront visibles depuis la propriété des requérants. Par ailleurs, contrairement à ce qu'allègue la commune du Guilvinec en défense, des photographies versées aux dossiers attestent bien de ce que les deux constructions litigieuses auront pour effet de modifier la vue des requérants donnant pour partie sur la mer. Ces éléments sont suffisants pour établir que le projet autorisé est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien des requérants. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut d'intérêt pour agir de M.et Mme B doit être écartée.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le début des travaux :
8. Si les requérants soutiennent que les travaux de construction de la pergola ont débuté le 5 mai 2021, soit avant l'autorisation d'urbanisme litigieuse du 14 mai suivant, une telle circonstance est sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme, alors que leurs conséquences relèvent de la compétence des juges judiciaires. Par suite, ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.
En ce qui concerne la nature de l'autorisation d'urbanisme requise par le projet :
9. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : a) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-2 à R. 421-8-2 qui sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme ; b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ". L'article R. 421-2 de ce code dispose que : " Sont dispensées de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques ou dans un site classé ou en instance de classement : a) Les constructions nouvelles répondant aux critères cumulatifs suivants : -une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; -une emprise au sol inférieure ou égale à cinq mètres carrés ; -une surface de plancher inférieure ou égale à cinq mètres carrés () ". L'article R. 421-9 du même code dispose que : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés () ".
10. Par ailleurs, l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme dispose que : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 () ". L'article R. 421-17 de ce code dispose que : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, à l'exclusion de ceux impliquant la création d'au moins vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol lorsque cette création conduit au dépassement de l'un des seuils fixés à l'article R*431-2 du présent code ", soit 150 mètres carrés.
11. Enfin, aux termes des dispositions de l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Toutefois, les ornements tels que les éléments de modénature et les marquises sont exclus, ainsi que les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements ". Le règlement du plan local d'urbanisme reprend cette définition en précisant que l'emprise au sol d'une construction " est la projection verticale du volume au sol, débords et surplombs inclus ". La surface de plancher concerne quant à elle les surfaces closes et couvertes.
12. Les requérants soutiennent que, compte tenu de l'imprécision du plan de masse, il n'est pas possible de vérifier que la pergola fera effectivement 19,80 m², n'excédera pas les 20 m² la soumettant au régime des permis de construire, ni que la surface de plancher totale est inférieure à 150 m².
13. Néanmoins, il résulte des dispositions mentionnées aux points 9 et 10 qu'en cas de travaux d'extension comme c'est le cas en l'espèce, le régime est celui de la déclaration préalable et non du permis de construire lorsque, d'une part, l'emprise au sol ou la surface de plancher de l'extension n'excède pas les 40 m², et non les 20 m² comme il est allégué, et d'autre part, lorsque la surface de plancher ou l'emprise au sol totale est inférieure à 150 m², alors qu'il est constant que l'emprise au sol totale du projet est inférieure à cette mesure. Dans ces conditions, le projet litigieux était bien soumis à déclaration préalable.
En ce qui concerne le dossier de demande :
14. D'une part, aux termes des dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci () Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c, g, q et r de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1 () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
15. Les omissions, imprécisions, inexactitudes ou insuffisances du dossier de demande de permis de construire ne sont susceptible d'affecter la légalité de l'arrêté de permis que si elles ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
16. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article Uh 9 du règlement du plan local d'urbanisme, dans leur version applicable au litige : " () 9.2. Pour les secteurs Uhb, et Uhd, l'emprise au sol des constructions de toute nature, y compris les bâtiments annexes et dépendances, ne pourra excéder 60 % de la surface du terrain ". Par ailleurs, aux termes de l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () toutes les constructions, qu'elles soient inspirées de l'architecture traditionnelle ou qu'elles soient d'une architecture contemporaine, ne seront acceptées que si elles forment un ensemble cohérent et présentent un caractère d'harmonie, si elles sont adaptées aux paysages urbains et naturels avoisinants. Les projets seront notamment étudiés pour être en accord avec l'environnement naturel et bâti et devront présenter une simplicité dans les proportions des volumes et des détails d'architecture, une harmonie dans la couleur et le choix des matériaux ".
17. En premier lieu, aucune des pièces de la demande ne comporte le plan des façades et du toit de la pergola. A ce titre, les photographies produites par le pétitionnaire ne suffisent pas à pallier ce manque, dès lors qu'elles ne font état que de l'armature de la pergola, et ne renseignent pas sur le remplissage des façades et du toit. Il en va de même des vues de l'environnement proche et lointain de la pergola et de la véranda dès lors que la focale des deux seules photographies figurant dans le dossier est trop courte pour apprécier les lieux avoisinants. Compte tenu de l'absence de représentation de l'aspect extérieur de la construction et du voisinage, l'autorité administrative n'a pas été en mesure d'apprécier l'insertion du projet dans les lieux avoisinants eu égard à ses caractéristiques. Ces imprécisions et insuffisances sont donc de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, et notamment à l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'insertion du projet dans son environnement.
18. En deuxième lieu, il est constant que les parcelles d'assiette du projet font 191 m², ce qui, conformément aux dispositions citées au point 16, autorise une emprise au sol maximale des constructions de toute nature de 114,6 m². Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ces parcelles supportent déjà un restaurant dont la surface de plancher est de 90 m², impliquant que son emprise au sol est nécessairement supérieure. Il en résulte qu'aucune construction dont l'emprise au sol est supérieure à 24,6 m² ne peut être autorisée. Enfin, l'édification d'une pergola close composée de quatre piliers non démontables et supportant des panneaux de carbone fixes est constitutive d'une augmentation de l'emprise au sol.
19. S'agissant de la construction de la pergola, le plan de masse joint aux pièces du dossier de déclaration préalable la représente selon des traits dactylographiés qui ne sont pas à l'échelle, et dont deux ne sont pas cotés, et ne renseigne notamment pas sur la longueur du décroché. Il en résulte que les pièces du dossier ne permettent pas de calculer l'emprise au sol de la pergola et, partant, d'établir que l'administration a pu s'assurer qu'elle n'excède pas une surface de 24,6 m². Dans ces conditions, ces insuffisances du dossier de déclaration préalable sont susceptibles de fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, notamment au regard des dispositions de l'article Uh 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions.
20. S'agissant de la construction de la véranda, si le dossier de déclaration préalable comporte de nombreux plans cotés et font état d'une surface de plancher de la véranda de 24,30 m², la cote est illisible en ce qui concerne le même décroché que celui de la pergola, caché par le dessin de l'arbre planté sur la terrasse. Ainsi, aucune pièce ne permet d'apprécier l'emprise au sol de la véranda, et notamment qu'elle n'excédera pas la surface maximale de 24,6 m² autorisée, alors que l'emprise au sol d'une construction est nécessairement supérieure à sa surface de plancher. Dans ces conditions, ces insuffisances sont susceptibles d'avoir faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, et notamment par rapport aux dispositions de l'article Uh 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article Uh 2 du règlement du plan local d'urbanisme :
21. Aux termes de cet article, dans sa version applicable au litige, sont soumis à déclaration les constructions créant une surface hors œuvre brute n'excédant pas 20 m². Si les requérants se prévalent de sa méconnaissance, ils ne l'ont fait qu'à l'occasion de leur troisième mémoire enregistré le 30 juin 2022, postérieur de plus de deux mois au premier mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022. Par suite, ce moyen est irrecevable par application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la méconnaissance des articles Uh 9 et Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme :
22. Compte tenu des lacunes des deux dossiers de demande, telles qu'exposées aux points 16 à 19, le tribunal n'est pas en mesure d'apprécier le bien-fondé des moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles Uh 9 et Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Il y a dès lors lieu de réserver la réponse à ces moyens, laquelle demeure susceptible d'être écartée après l'éventuelle régularisation des dossiers de demande.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
23. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
24. Les motifs d'annulation retenus par le présent jugement aux points 17 à 20 sont relatifs à l'insuffisance des pièces constituant les deux demandes de déclaration préalable, et peuvent faire l'objet d'une régularisation dans le cadre de la présentation de déclarations préalables complétées. Les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement, délai dans lequel il appartiendra au titulaire des décisions de non-oppositions à déclaration préalable et à l'autorité administrative de régulariser ce vice par des autorisations d'urbanisme modificatives, et d'en justifier devant le tribunal. Il y a également lieu de réserver les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des article Uh 9 et Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi qu'il a été dit au point 22. Tous droits, conclusions et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement étant réservés jusqu'en fin d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions d'annulation des deux requêtes de M. et Mme B, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement dans l'attente de la notification au tribunal d'autorisations d'urbanisme modificatives régularisant les vices tenant à l'insuffisances des pièces des dossiers de demande.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et D B, à la SCI An Atoll, à la SCI Men Meur Immo et à la commune du Guilvinec.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
T. Grondin
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2104642, 2205049
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026