vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 septembre 2021 et le 27 juin 2023, la société Orange, représentée par la SELARL Cabinet Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Plérin s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle avait présentée en vue d'installer une station de radiotéléphonie mobile sur un terrain situé 19 rue Pierre et Marie Curie ;
2°) d'enjoindre au maire de Plérin de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Plérin le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 7 février 2020 portant sur un autre projet précédent ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UY13 du plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UY2 du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, la commune de Plérin, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Orange le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'arrêt n° 19NT00771 du 7 février 2020 de la cour administrative d'appel de Nantes.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Gurana, de la SELARL Cabinet Gentilhomme, représentant la société Orange, et de Me Colas, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Plérin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 juillet 2021 le maire de la commune de Plérin s'est opposée à la déclaration préalable déposée par la société Orange en vue de l'édification d'une station de relais de téléphonie mobile sur une parcelle, cadastrée section BW n° 164, située 19 rue Pierre et Marie Curie. La société Orange demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit :
2. La société Orange soutient que la décision en litige serait entachée d'une erreur de droit au motif que l'arrêté querellé se fonde sur l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 7 février 2020 portant sur un précédent projet différent.
3. Il ressort des termes de la décision du 30 juillet 2021 que le maire de Plérin, après avoir mentionné les dispositions de l'article UY13 relatives aux obligations concernant l'aménagement des espaces verts sur les parcelles d'emprise du projet, a visé l'un des motifs de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 7 février 2020 portant précisément sur l'application de ces mêmes dispositions.
4. Or, si la société Orange fait valoir sans être sérieusement contestée que le projet n'est pas parfaitement identique au précédent projet, il ressort toutefois des pièces du dossier de déclaration préalable que les plantations d'arbres, qui sont désormais prévues, ne portent que sur une surface très réduite de 46 m², sans proportion avec la surface de 12 543 m² de la parcelle cadastrée section BW n° 164. A cet égard, la société Orange indique dans le descriptif du projet que les dispositions de l'article UY13 du plan local d'urbanisme imposant un minimum de 20 % d'espaces verts " peuvent ne pas s'appliquer ".
5. Ainsi, alors que le projet en cause, comme le précédent examiné par le juge d'appel, ne respecte toujours pas les dispositions de l'article UY13 du plan local d'urbanisme, le maire de Plérin a pu notamment justifier sa décision en se référant à l'arrêt de la cour administrative d'appel du 7 février 2020. Le visa de l'arrêt de la cour doit ainsi être regardé comme n'ayant d'autre objet que de rappeler les conditions d'application de l'article UY13 du règlement du plan local d'urbanisme à une installation d'infrastructure de téléphonie mobile, telles qu'elles ont été précisées par le juge d'appel. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles UY2 et UY13 du règlement du plan local d'urbanisme du plan local d'urbanisme :
6. Aux termes de l'article UY13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Espaces libres et plantations. () Il est demandé dans tout projet de veiller à créer des lignes d'arbres ou haies de manière à limiter les effets des vents dominants. Il doit être aménagé un espace vert de qualité, d'au moins 20 % de la superficie totale de la parcelle () Les espaces libres, et en particulier les marges de recul en bordure de voie, doivent être plantés et traités en espaces verts () / De manière générale, les espaces libres de toute construction, de stationnement, de stockage et de circulation automobile devront être conservés en pleine terre et si possible aménagés en espaces verts de qualité. ". Les dispositions générales du règlement précisent qu'un espace libre est un espace qui n'est " consommé ni par le bâti, ni par les aires de stationnement en surface, ni par les rampes d'accès aux parking () ".
7. Aux termes de l'article UY2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux occupations et utilisations du sol admises sous conditions dans la zone d'implantation du projet : " De manière générale, la zone UY admet ce qui n'est pas expressément interdit à l'article précédent. Par ailleurs, les occupations et utilisations du sol suivantes sont admises sous réserve de ne pas compromettre la destination future de la zone, et de respecter les orientations d'aménagement : () - Les constructions, installations et/ou équipements techniques nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif pour lesquels les règles des articles 5 et 8 à 14 du présent règlement peuvent ne pas s'appliquer () ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable de la société Orange porte sur l'installation d'antennes relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section BW n° 164, d'une contenance de 12 543 m². Il ressort des écritures mêmes de la société requérante que le projet méconnaît les dispositions de l'article UY13 en ce que les espaces verts et plantations prévus ne représentent pas 20 % de la surface de cette parcelle.
9. La société soutient cependant que les dispositions de l'article UY2 du plan local d'urbanisme permettaient au maire de la commune de Plérin de ne pas appliquer les dispositions de l'article UY13. Or, si le dispositif présenté par la société Orange constitue un équipement technique nécessaire aux services publics ou d'intérêt collectif au sens des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, le maire n'était pas tenu de soustraire pour autant le projet à l'obligation d'aménagement d'espaces verts, cette possibilité étant laissée à son appréciation. Par suite, le maire de Plérin, en se fondant sur les dispositions de l'article UY13 du règlement du plan local d'urbanisme et en écartant, implicitement mais nécessairement les dispositions dérogatoires de l'article UY2 du règlement, n'a commis aucune erreur de droit dans l'application des dispositions précitées du plan local d'urbanisme de la commune de Plérin.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société Orange à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Plérin, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Orange une somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Orange le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Plérin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Orange est rejetée.
Article 2 : La société Orange versera à la commune de Plérin la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Orange et à la commune de Plérin.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
Le rapporteur,
signé
F. Bozzi
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026