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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2105010

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2105010

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2105010
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantROCHEFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 octobre 2021, 11 décembre 2023 et 16 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Rochefort, demande au tribunal :

1°) à titre principal d'annuler la délibération du 22 avril 2021 par laquelle le conseil d'agglomération de Saint-Brieuc Armor Agglomération a approuvé la révision du plan local d'urbanisme (PLU) de Plœuc-L'Hermitage, la décision de rejet de son recours gracieux présenté le 17 juin 2021 ainsi que la décision du 5 août 2021 par laquelle le président de Saint-Brieuc Armor Agglomération a explicitement rejeté sa demande d'abrogation du PLU ;

2°) à titre subsidiaire d'enjoindre à Saint-Brieuc Armor Agglomération et à la commune de Plœuc-L'Hermitage d'inscrire à l'ordre du jour du conseil d'agglomération et du conseil municipal l'abrogation du PLU ;

3°) de mettre à la charge de Saint-Brieuc Armor Agglomération et de la commune de Plœuc-L'Hermitage une somme de 4 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- la délibération attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des articles L. 103-2 et suivants du code de l'urbanisme relatifs à la concertation ;

- la délibération attaquée est entachée d'illégalité en l'absence d'organisation d'une évaluation environnementale et, a fortiori, de l'absence d'évaluation environnementale présentée au public dans le cadre de l'enquête publique ;

- elle est irrégulière en l'absence de l'avis du département dans le dossier d'enquête publique ;

- le Pôle d'Equilibre Territorial et Rural (PETR) du Pays de Saint-Brieuc n'a pas été consulté en méconnaissance de l'article L. 132-9 du code de l'urbanisme ;

- la délibération attaquée est entachée d'illégalité dès lors qu'une nouvelle enquête publique n'a pas été organisée alors que des modifications à l'économie générale du PLU ont été apportées et que les réserves du commissaire enquêteur ne peuvent être considérées comme levées ;

- le rapport de présentation est insuffisamment motivé s'agissant de la création de l'emplacement réservé n°14 sur les parcelles cadastrées n°86, 87, 88 et 89 ;

- la création de l'emplacement réservé n°14 sur les parcelles cadastrées n°86, 87, 88 et 89 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 juin 2022 et 8 avril 2024, Saint-Brieuc Armor Agglomération, représentée par Me Le Derf-Daniel de la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, Mme A ne démontre pas son intérêt à agir et, d'autre part, que celle-ci est tardive ;e

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête, à fin d'annulation de la délibération du 22 avril 2021, en raison de l'absence de l'avis du département des Côtes-d'Armor dans le dossier d'enquête publique.

Une réponse de Mme A a été enregistrée le 17 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Berre ;

- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;

- et les observations de Me Rochefort, représentant M. A, les observations de Me Hipeau, représentant Saint-Brieuc Armor Agglomération.

Considérant ce qui suit :

1. Le conseil municipal de Plœuc-L'Hermitage a, par une délibération du 4 juillet 2016, prescrit la révision générale du PLU de la commune. Par une délibération du 27 avril 2017 et à la suite d'un transfert de compétence des documents de planification d'urbanisme, le conseil d'agglomération a autorisé Saint-Brieuc Armor Agglomération à poursuivre le processus de révision du PLU de la commune de Plœuc-L'Hermitage. Le PLU a fait l'objet d'une approbation par une délibération du 22 avril 2021. Mme A a effectué un recours gracieux à l'encontre de cette délibération le 17 juin 2021 puis une demande d'abrogation du PLU qui a été explicitement rejeté par une décision du 5 août 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la délibération du 22 avril 2021, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et de la décision du 5 août 2021 par laquelle Saint-Brieuc Armor Agglomération a rejeté sa demande d'abrogation du PLU.

Sur la recevabilité de la requête :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ". Aux termes de l'article L. 411-3 du même code : " Les articles L. 112-3 et L. 112-6 relatifs à la délivrance des accusés de réception sont applicables au recours administratif adressé à une administration par le destinataire d'une décision ". Aux termes de l'article L. 112-3 du même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

3. En l'espèce, Mme A a effectué un recours gracieux le 17 juin 2021, à l'encontre de la délibération du 22 avril 2021, par courrier recommandé réceptionné le 15 juillet 2021. L'envoi postal a été couplé par un envoi électronique le 21 juin 2021 dont la commune a accusé réception le même jour. Ce recours administratif, introduit dans les délais, a été implicitement rejeté le 21 août 2021 de sorte que Mme A pouvait effectuer un recours contentieux jusqu'au 22 octobre 2021. La requête de Mme A ayant été enregistrée le 4 octobre 2021, celle-ci était bien recevable et la fin de non-recevoir tiré de la tardiveté de la requête doit être écartée.

4. En deuxième lieu, Mme A, était, à la date d'introduction de sa requête, propriétaire de plusieurs parcelles de terrain dans la commune de Plœuc-L'Hermitage. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par Saint-Brieuc Armor Agglomération et tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante pour demander l'annulation de la délibération approuvant la révision du PLU de Plœuc-L'Hermitage doit être écartée.

Sur le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation de la délibération du 22 avril 2021 :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° Les procédures suivantes : (). / a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ; () ". Aux termes de l'article L. 103-4 du même code : " Les modalités de la concertation permettent, pendant une durée suffisante et selon des moyens adaptés au regard de l'importance et des caractéristiques du projet, au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente. ". Aux termes de l'article L. 600 -11 du code de l'urbanisme : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. () ".

6. La délibération du 4 juillet 2016 par laquelle le conseil municipal de Plœuc-L'Hermitage a prescrit la révision du plan local d'urbanisme et a défini les modalités de la concertation prévoyait que cette délibération ferait l'objet d'un affichage en mairie durant un mois et qu'elle serait mentionnée dans un journal diffusé dans le département. Elle prévoyait également qu'un registre serait mis à la disposition du public, durant les heures d'ouverture de la mairie tout au long de la procédure, afin de recueillir les informations et suggestions du public. Un avis signalant le lancement de la procédure devait également être publié dans le journal communal et sur le site internet de la commune. Enfin, quatre réunions publiques, au moins, devaient être tenues afin de permettre aux administrés de s'exprimer sur les orientations choisies par la municipalité. En l'espèce, il ressort de la délibération du conseil municipal de Plœuc-L'Hermitage du 13 janvier 2020 arrêtant le projet de PLU et tirant le bilan de la concertation que celle-ci a été réalisée par la parution régulière d'informations dans le journal municipal " Correspondances " et sur le site internet de la commune ainsi que par l'organisation de quatre réunions publiques. Le rapport du commissaire enquêteur qui précise que " La concertation réalisée paraît complète en la forme au moins pour la partie information du public " mentionne également la présence d'un registre dans les locaux de la mairie destiné à recueillir les informations du public. Si la requérante soutient que les modalités de la concertation n'ont pas été pleinement respectées dès lors que, seulement, trois contributions ont été recensées sur le registre, cette circonstance est sans incidence sur le respect des dispositions de l'article L. 103-4 du code de l'urbanisme puisqu'un qu'un registre a bien été mis à la disposition du public conformément à la délibération du 13 janvier 2020. En revanche, il est établi, eu égard aux pièces du dossier, que l'avis signalant le lancement de la procédure n'a pas été publié comme cela était indiqué dans la délibération du 4 juillet 2016. Toutefois, il ressort également du bilan de la concertation que " 21 courriers ont été adressés à M. C " et que l'édile ainsi que le service d'urbanisme " ont été particulièrement sollicités tout au long de la phase de concertation ". Ainsi, le respect des autres modalités de concertation a permis d'assurer l'information au public du projet de révision de la commune. Par conséquent, l'irrégularité constatée n'a pas privé Mme A d'une garantie et n'a pas eu une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 104-9 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme, dont le territoire comprend en tout ou partie un site Natura 2000, font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : (). / 2° De leur révision ; () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que le territoire de la commune de Plœuc-L'Hermitage comprend le site Natura 2000 " Forêt de Lorge, landes de Lanfains, cime de Kerchouan ". Conformément à l'article R. 104-9 du code de l'urbanisme, Saint-Brieuc Armor Agglomération a réalisé une évaluation environnementale dont les résultats figurent dans le rapport de présentation du plan local d'urbanisme litigieux. Ainsi, une analyse des séquences " Eviter, Réduire, Compenser " (ERC) a été réalisée sur les problèmes environnementaux identifiés comme étant causés par l'adoption du plan et contrairement à ce qu'indique la requérante, il n'était pas nécessaire d'effectuer une telle analyse pour chaque OAP ou site industriel existant. De même, l'évaluation environnementale n'a pas à porter spécifiquement sur la faune et flore dès lors qu'aucun problème environnemental n'a été identifié. Enfin, s'agissant de l'insuffisance de l'évaluation quant aux zones jouxtant les sites Natura 2000, cette branche du moyen n'est pas assortie de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par conséquent, le moyen doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. / Il en est de même du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire ayant au moins un passage à niveau ouvert au public dans l'emprise du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme. ". En application de l'article L. 132-9 du même code : " Pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme sont également associés, dans les mêmes conditions : () ; 2° L'établissement public chargé de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation du schéma de cohérence territoriale lorsque le territoire objet du plan est situé dans le périmètre de ce schéma ; () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le département des Côtes-d'Armor a émis un avis le 17 août 2020 dans le cadre de la révision du PLU de Plœuc-L'Hermitage, conformément à l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme. Si cet avis était favorable, il demandait toutefois, expressément, aux auteurs du document de planification d'intégrer des prescriptions en matière de marges de recul et d'accès, de faire figurer l'ensemble des chemins de randonnée inscrits au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée ainsi que les projets à venir sur les plans de zonage, de protéger les espaces tourbeux et les zones humides remarquables avec un classement en élément du paysage et non en Espace Boisé Classé. Or, en l'espèce, il n'est pas contesté par la défense que cet avis ne figurait pas au dossier d'enquête publique. De même, le commissaire enquêteur n'a pas mentionné l'avis du département alors même qu'il a repris le contenu et formulé des observations pour les autres avis émis par les personnes publiques associées. Par conséquent, l'enquête publique réalisée dans le cadre de la révision du PLU de Plœuc-L'Hermitage est entachée d'un vice qui a privé le public d'une garantie dès lors que l'avis du département comportait des prescriptions susceptibles d'avoir une influence sur le contenu du plan local d'urbanisme et que, d'ailleurs, certaines remarques dont celle sur les marges de recul, semblent avoir été suivies d'effet pour modifier le projet avant l'approbation du PLU. Par conséquent, le moyen doit être accueilli.

11. S'agissant du Pôle d'Equilibre Territorial et Rural du Pays de Saint-Brieuc, il ressort des pièces du dossier et, plus particulièrement, du rapport du commissaire enquêteur qu'une demande d'avis a bien été envoyé au PETR du Pays de Saint-Brieuc mais que celui-ci n'a pas répondu. Le silence du PETR équivaut à un avis favorable. Le moyen doit, par conséquent, être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 153-21 : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale et, le cas échéant, après que l'avis des communes sur le plan de secteur qui couvre leur territoire a été recueilli ; () ".

13. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

14. En l'espèce, à la suite de l'enquête publique, le commissaire enquêteur désigné a émis un avis favorable au projet de PLU assorti de trois réserves lesquelles n'avaient, contrairement à ce qu'indique la requérante, pas à être levées avant l'approbation définitive du document d'urbanisme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'emplacement réservé n°14 n'a pas fait l'objet de modifications substantielles entre le plan de zonage arrêté et le plan de zonage approuvé. Enfin si Mme A affirme que les modifications après enquête publique portent atteinte aux orientations du PADD, elle n'apporte aucun élément de nature à étayer ses allégations et, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les modifications effectuées porteraient atteinte à l'économie générale du PLU. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le moyen doit être écarté.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements notamment sportifs, et de services. (). / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : (). / 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 () ".

16. Contrairement à ce qu'indique Mme A, le 5° de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme n'impose pas de donner des justifications sur les emplacements réservés qui ne sont pas mentionnés par l'article L. 151-31 et, l'article L. 151-4 relatif au diagnostic du PLU, n'impose pas non plus de donner des justifications sur les emplacements réservés. Par conséquent, le moyen comme inopérant.

17. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; / 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; / 3° Des emplacements réservés aux espaces verts à créer ou à modifier ou aux espaces nécessaires aux continuités écologiques ; / 4° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des emplacements réservés en vue de la réalisation, dans le respect des objectifs de mixité sociale, de programmes de logements qu'il définit ; / 5° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des servitudes interdisant, sous réserve d'une justification particulière, pour une durée au plus de cinq ans dans l'attente de l'approbation par la commune d'un projet d'aménagement global, les constructions ou installations d'une superficie supérieure à un seuil défini par le règlement. Ces servitudes ne peuvent avoir pour effet d'interdire les travaux ayant pour objet l'adaptation, le changement de destination, la réfection ou l'extension limitée des constructions existantes. / 6° Des emplacements réservés à la relocalisation d'équipements, de constructions et d'installations exposés au recul du trait de côte, en dehors des zones touchées par ce recul. En outre, dans les zones urbaines et à urbaniser, le règlement peut instituer des servitudes consistant à indiquer la localisation prévue et les caractéristiques des voies et ouvrages publics, ainsi que les installations d'intérêt général et les espaces verts à créer ou à modifier, en délimitant les terrains qui peuvent être concernés par ces équipements. ".

18. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.

19. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du plan d'aménagement et de développement durables que le règlement du PLU de Plœuc-L'Hermitage vise, s'agissant des déplacements, des transports et communications numériques, à " sécuriser et apaiser les entrées/sorties de bourg ainsi que les entrées/sorties des secteurs d'habitat ". A cette fin, le rapport de présentation du PLU précise que des emplacements réservés sont créés pour " faciliter la faisabilité des opérations projetées et l'acquisition des terrains correspondants ". Dans ce cadre, le PLU a créé un emplacement réservé n°14 d'une surface de 1 625 mètres carrés afin d'améliorer la sécurité au niveau du carrefour existant. En effet, les parcelles, actuellement vierges de toute construction, devraient faire l'objet de nouvelles constructions dans les années à venir conformément au règlement du PLU qui indique que la zone UY " est destinée à recevoir des constructions et installations à usage industriel, artisanal ou commercial et de services susceptibles de comporter des nuisances pour l'environnement et d'être incompatibles avec l'habitat : la ZA de Chantepie, la ZACOM de l'espace du lié et la ZA du Paly ". Ainsi, et alors que la commune n'a au demeurant pas à justifier d'un projet précisément défini pour instituer un emplacement réservé, la création de l'emplacement réservé n°14 dans le règlement du PLU de Plœuc-L'Hermitage n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 août 2021 :

20. Il résulte du présent jugement que seul le moyen de procédure tiré de l'absence de l'avis du département dans le dossier d'enquête publique est fondé. Toutefois, vice est inopérant à l'encontre d'un refus d'abrogation.

21. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 août 2021 doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme :

22. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un schéma de cohérence territoriale, un plan local d'urbanisme ou une carte communale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à 'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : () / 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. () ".

23. Le vice de procédure entachant la délibération de Saint-Brieuc Armor Agglomération du 22 avril 2021, qui porte sur l'absence de l'avis du département dans le dossier d'enquête publique, peut être régularisé par l'organisation d'une nouvelle enquête publique et par l'intervention d'une nouvelle délibération portant approbation du PLU. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer et d'impartir à Saint-Brieuc Armor Agglomération un délai de douze mois à compter de la date de notification de la présente décision, afin de procéder à la régularisation de cette délibération.

D É C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération de Saint-Brieuc Armor Agglomération du 22 avril 2021, de la décision de rejet de recours gracieux présenté le 17 juin 2021 ainsi que la décision du 5 août 2021 par laquelle le président de Saint-Brieuc Armor Agglomération a explicitement rejeté la demande d'abrogation du PLU.

Article 2 : Les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 août 2021 sont rejetées.

Article 3 : Saint-Brieuc Armor Agglomération devra justifier de la régularisation de l'illégalité relevée au point 10 du présent jugement dans un délai de douze mois à compter de sa notification.

Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Saint-Brieuc Armor Agglomération et à la commune de Plœuc-L'Hermitage.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. Le Berre

Le président,

Signé

N. Tronel

La greffière,

Signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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