jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | METAIS-MOURIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 11 octobre 2021, 29 septembre 2023 et 15 novembre 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, MM. A et Philippe E, Mme B C, épouse E, Mme G E, épouse D et Mme F E, représentés par Me Metais-Mouries (SELARL ACM), demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2020 par laquelle la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération a implicitement refusé de faire droit à leur demande tendant à modifier l'implantation du raccordement du réseau d'eau potable à leur propriété ;
2°) de constater l'emprise irrégulière créée par la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération sur la parcelle cadastrée section ZC n° 52 sur la commune d'Hillion ;
3°) d'enjoindre à Saint-Brieuc Armor Agglomération de déplacer le raccordement au réseau d'eau potable de leur propriété de sorte qu'il soit assuré par l'intermédiaire de la servitude de passage dont ils sont bénéficiaires sur le fonds voisin, dans un délai de trois mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de Saint-Brieuc Armor Agglomération la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige qui porte sur des travaux de raccordement aux réseaux correspondant à une emprise irrégulière ;
- la décision implicite de rejet du 11 octobre 2020 est irrégulière, dès lors que la modification du raccordement de leur propriété au réseau d'eau potable réalisé par Saint-Brieuc Armor agglomération en 2019 méconnaît la servitude de passage " tous usages " dont ils bénéficient sur la parcelle voisine et crée une emprise irrégulière sur cette dernière.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 décembre 2021 et 25 octobre 2023, la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération, représentée par Me Collet (Selarl ARES), conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des consorts E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions tendant au déplacement des canalisations constitutives de branchements privés au réseau d'eau potable ;
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 novembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Plumerault ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Kerrien, représentant la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts E sont propriétaires indivis d'une maison individuelle située au 29 rue Georges Palante à Hillion, parcelles cadastrées section ZC n° 54 et n° 55. Dans le cadre d'un projet de renaturation du site de la Grandville à Hillion, le conservatoire du littoral a demandé à la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération le déplacement des réseaux publics de distribution d'eau potable et d'assainissement collectif du secteur. Le tracé des raccordements de la propriété des consorts E à ces réseaux a ainsi été modifié au cours de l'année 2019. Par un courrier du 10 août 2020, les consorts E, insatisfaits du nouveau tracé du réseau d'eau potable, ont mis en demeure Saint-Brieuc Armor agglomération de modifier le raccordement de leur propriété à ce réseau afin qu'il soit assuré par l'intermédiaire de la servitude " tous usages " dont ils sont bénéficiaires sur la parcelle voisine cadastrée ZC n° 52 en vertu d'un acte authentique de vente du 28 août 1992. Le silence gardé par la communauté d'agglomération a fait naître une décision implicite de rejet, le 11 octobre 2020. Par la présente requête, les consorts E demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'exception d'incompétence opposée par Saint-Brieuc Armor Agglomération :
2. Les branchements particuliers au réseau public d'eau potable constituent des dépendances du réseau public de distribution d'eau potable et par suite des ouvrages publics, ce qui entraîne la compétence du juge administratif pour que soit ordonné, le cas échéant, le déplacement ou la suppression de tels ouvrages.
3. Le litige porte en l'espèce sur la création d'une emprise estimée irrégulière par les requérants à raison de la présence d'une part, d'une fosse d'alimentation en eau potable qui constitue un ouvrage public, et d'autre part, de canalisations souterraines qui constituent un branchement particulier au réseau de distribution d'eau potable et, par suite, un ouvrage public. Il résulte de ce qui précède que l'exception d'incompétence de la juridiction administrative opposée par Saint-Brieuc Armor Agglomération pour connaître des conclusions de la requête en tant qu'elles tendent au déplacement des canalisations constitutives de branchements privés aux réseaux d'eau potable doit être écartée.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir :
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de constat d'huissier du 13 novembre 2019 produit, ainsi que des photographies qui y sont jointes, que les canalisations et la fosse d'alimentation en eau potable litigieuses sont implantées sur la parcelle cadastrée section ZC n° 52, appartenant à la voisine des requérants. Dès lors que les requérants ne sont pas propriétaires et ne jouissent pas d'un droit réel immobilier sur la partie du terrain où sont implantées ces installations, ces derniers ne disposent pas d'un intérêt à agir pour contester l'existence d'une emprise irrégulière, et pour demander la démolition des ouvrages ou la remise en état des lieux.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le nouveau raccordement de la maison dont les requérants sont propriétaires au réseau d'eau potable s'effectue désormais par le Sud de la parcelle cadastrée section ZC n° 52. S'ils soutiennent que la modification du tracé de ce réseau méconnaît la servitude de passage " tous usages " dont ils bénéficient sur la parcelle voisine, il ressort des pièces du dossier que ce réseau n'a jamais emprunté en tout état de cause, contrairement à ce qu'ils allèguent, cette servitude, dès lors que celui-ci passait par le nord-ouest de la parcelle ZC n° 52 avant la réalisation des travaux.
6. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants, opposée par Saint-Brieuc Armor agglomération, doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les consorts E doivent, dès lors, être rejetées.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts E une somme de 1 500 euros à verser à la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor agglomération au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête des consorts E est rejetée.
Article 2 : Les consorts E verseront à la communauté d'agglomération de Saint-Brieuc Armor agglomération la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, désigné représentant unique des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la communauté d'agglomération Saint-Brieuc Armor agglomération.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
F. Plumerault
Le président,
signé
E. Berthon
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2609415
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A... B..., qui demandait au juge de constater un refus implicite de la préfecture et de lui enjoindre de prendre une décision explicite. Le tribunal a rappelé que, hors procédures spécifiques, il ne peut être saisi que de recours en annulation ou en indemnisation, et qu'il n'a pas compétence pour adresser des injonctions à l'administration ou se substituer à elle. Cette décision a été prise sur le fondement des articles R. 222-1 (4°) et R. 421-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2602574
Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... comme manifestement irrecevable. La demande, qui visait à obtenir la suspension d'une procédure administrative non identifiée et des mesures liées au contradictoire, était dépourvue de toute précision. Le juge a également relevé que, si la requérante entendait contester une procédure judiciaire en cours devant la cour d'appel de Nîmes, ces conclusions relevaient de l'ordre judiciaire et non de la compétence administrative. La décision a été prise sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026