vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire, enregistrés le 14 octobre 2021 et le 12 septembre 2023, le préfet du Finistère demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel du 21 avril 2021 délivré par la maire de la commune de Ploudalmézeau à M. A en vue de la division de deux lots et de la construction d'une maison individuelle de 120 m² sur chaque lot, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par le sous-préfet de Brest.
Il soutient que :
- le certificat d'urbanisme méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, la commune de Ploudalmézeau, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à M. B A qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Trémouilles, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Ploudalmézeau.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 décembre 2020, M. A a déposé une demande de certificat d'urbanisme pour la division de deux lots et la construction d'une maison individuelle sur chaque lot sur la parcelle cadastrée section AL n° 414 sur le territoire de la commune de Ploudalmézeau. Un certificat négatif lui a été délivré le 13 janvier 2021. M. A a déposé une nouvelle demande portant sur le même projet le 26 février 2021. Le 21 avril 2021, la maire de Ploudalmézeau lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel positif. Dans le cadre de l'exercice du contrôle de la légalité, le sous-préfet de Brest a sollicité, par un recours gracieux du 29 juin 2021, le retrait de ce certificat d'urbanisme. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur cette demande. Sur le fondement des dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales le préfet du Finistère défère ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ". Aux termes de l'article L. 121-8 du même code : " L'extension de l'urbanisation se réalise soit en continuité avec les agglomérations et villages existants () ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais que, en revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
4. D'autre part, il résulte du deuxième alinéa de l'article L. 121-3 et de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme qu'il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, notamment celles de l'article L. 121-8 qui prévoient que l'extension de l'urbanisation ne peut se réaliser qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants. A ce titre, l'autorité administrative s'assure de la conformité d'une autorisation d'urbanisme avec l'article L. 121-8 compte tenu des dispositions du schéma de cohérence territoriale applicable, déterminant les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés et définissant leur localisation, dès lors qu'elles sont suffisamment précises et compatibles avec les dispositions législatives particulières au littoral.
5. Le schéma de cohérence territoriale du pays de Brest identifie Portsall comme une agglomération. Cette zone d'urbanisation caractérisée par un nombre et une densité significatifs de constructions implantées de manière structurée le long des voies de communication est prolongée à l'est sans discontinuité par le secteur de Dourlanoc qui contient lui-même une quarantaine de constructions édifiées en suivant les axes de communication. Le terrain d'assiette du projet, qui jouxte au sud une parcelle bâtie incluse dans le secteur de Dourlanoc, est donc situé en continuité de l'agglomération de Portsall identifiée au schéma de cohérence territoriale du pays de Brest. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer () ". Une opération qu'il est projeté de réaliser en agglomération ou, de manière générale, dans des espaces déjà urbanisés ne peut être regardée comme une " extension de l'urbanisation " au sens de ces dispositions que si elle conduit à étendre ou à renforcer de manière significative l'urbanisation de quartiers périphériques ou si elle modifie de manière importante les caractéristiques d'un quartier, notamment en augmentant sensiblement la densité des constructions. En revanche, la seule réalisation dans un quartier urbain d'un ou plusieurs bâtiments qui est une simple opération de construction ne doit être regardée comme constituant une extension au sens de la loi.
7. D'une part, en l'espèce, le terrain d'assiette du projet qui se situe à environ 300 mètres de la côte, dont il n'est séparé que par un ensemble de parcelles agricoles et naturelles, doit être regardé comme localisé au sein d'un espace proche du rivage. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le secteur d'implantation du projet est situé en continuité directe de l'agglomération de Portsall et comprend de nombreuses maisons individuelles. Le projet, qui consiste en la division d'une parcelle en deux lots et en la construction de deux maisons individuelles d'une surface de 120 m² ne modifie pas, eu égard à ses caractéristiques et ses dimensions, les caractéristiques du secteur ni davantage n'en augmente significativement la densité. Il doit par suite être regardé comme une simple opération de construction. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Finistère n'est pas fondé à demander l'annulation du certificat d'urbanisme du 21 avril 2021 délivré par la maire de la commune de Ploudalmézeau à M. A ni, par voie de conséquence, celle de la décision implicite rejetant le recours gracieux du sous-préfet de Brest.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Ploudalmézeau et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du préfet du Finistère est rejetée.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à la commune de Ploudalmézeau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Finistère, à la commune de Ploudalmézeau et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
La rapporteure,
signé
J. Villebesseix
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026