mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105184 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS SIAM CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 octobre 2021, 22 février 2022, et
5 mai 2023, M. C A, représenté par l'union départementale des associations familiales et par Me Janvier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le département du Finistère a implicitement rejeté sa demande de réparation formée le 10 octobre 2019 ;
2°) de condamner le département du Finistère à l'indemniser de son entier préjudice ;
3°) d'ordonner une expertise médicale par un médecin expert de spécialité neurologie, ayant la possibilité de s'adjoindre tout sapiteur de son choix ;
4°) de condamner le département du Finistère à lui verser une provision de 50 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices définitifs ;
5°) de mettre à la charge du département du Finistère la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa chute est due à la présence excessive de gravillons sur la chaussée et à l'absence de signalisation adéquate du danger ; le défaut d'entretien normal de la voie publique est imputable au département du Finistère ;
- l'expert n'impute nullement les causes de l'accident à l'état du pneu de la moto de la victime, ni à une vitesse excessive de sa part ;
- la circonstance que le passage des engins agricoles ait pu contribuer à la concentration des gravillons au milieu des voies et sur les côtés n'est nullement de nature à atténuer la responsabilité du département qui est responsable de la présence de gravillons sur la portion de route litigieuse et qui aurait dû prendre les précautions adéquates en installant un panneau de signalisation et en limitant la vitesse de circulation à cet endroit.
- l'accident a eu lieu entre 18h50-19h00, soit 30 minutes avant le coucher du soleil, à une heure où la visibilité sur la route était réduite ;
- le seul fait que son casque de moto se soit éjecté et fendu au moment de sa chute ne suffit pas à démontrer que son casque n'était pas accroché de manière satisfaisante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 février 2022 et 31 mars 2023, le département du Finistère, représenté par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Roux,
- les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,
- et les observations de Me Allouche pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 octobre 2019, à 18h50, M. A a été victime d'un accident de motocyclette et a été grièvement blessé alors qu'il circulait sur la route départementale n°19 (RD n°19) qui emprunte la commune de Guiclan (Finistère) au lieu-dit Kerfaven Menguen. Le département du Finistère a implicitement rejeté la demande formée par M. A tendant à l'indemniser des conséquences dommageables de cet accident. Par la présente requête, M. A demande réparation des préjudices résultant de sa chute ainsi que la réalisation d'une expertise médicale.
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le juge, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime.
3. Il résulte de l'instruction que M. A a perdu le contrôle de son véhicule et a lourdement percuté un autre véhicule arrivant en sens inverse dans une ligne droite de la RD n°19 sur laquelle débouche un chemin qui dessert des parcelles agricoles et qui comprend une zone aménagée située sur le bord de la voie de circulation revêtue d'une couche de gravillons. En l'espèce cet aménagement doit être regardé comme étant incorporé à la partie du domaine public aménagé en vue de la circulation et constitue ainsi une dépendance nécessaire de la voie publique. Il résulte du rapport d'enquête de gendarmerie établi à la suite de l'accident que l'état de la route se caractérise par " la présence d'une grande quantité de résidus de boue sur la route [et] d'une bande de gravier issus de résidus de boue sur la route ". En outre, le rapport d'expertise judiciaire précise que les gravillons sont " concentrés sur le milieu de chaque voie " et que le bitume est creusé. L'expert judiciaire ajoute que la présence de boue et de gravillons résulte du passage des engins agricoles destinés à ensiler le maïs qui ont emprunté la zone aménagée et la chaussée, et que la circulation régulière des véhicules sur la route a concentré les gravillons sur le milieu des voies et sur les côtés. Toutefois, l'homme de l'art se borne à indiquer que " la présence des gravillons sur le milieu de la chaussée pourrait expliquer cette perte d'adhérence et la chute au sol " précisant également que cette chute peut s'expliquer de plusieurs manières soit par un phénomène de guidonnage du fait d'une mise en résonnance de l'engin, soit en raison d'un freinage trop fort par le pilote ou soit par le déséquilibrage de l'engin à cause de l'état de la chaussée. En l'espèce, à supposer que la perte de contrôle de son véhicule par M. A s'explique par la présence de gravillons sur la chaussée, toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, d'une part, qu'antérieurement à l'accident en cause le département du Finistère aurait été averti de la présence de ces gravillons et de cette boue sur la chaussée, et d'autre part, que les gendarmes qui sont intervenus sur le lieu de l'accident auraient sollicité les services du département pour que ceux-ci procèdent au nettoyage de la chaussée. Dans ces conditions, compte tenu de l'absence d'élément mettant en cause l'état général de la route, de l'importance relative des obstacles qui n'ont pas justifié d'intervention particulière à la suite de l'accident du 10 octobre 2019 et de ce que les services du département n'ont pas été prévenus de l'état de la chaussée, le département du Finistère doit être regardé comme apportant la preuve de l'entretien normal de cette voie.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le département du Finistère a rejeté sa demande tendant à la réparation de ses préjudices.
Par voie de conséquence, la demande de M. A tendant à ce que soit ordonnée une expertise ne peut qu'être rejetée ainsi que celle tendant au versement d'une provision de 50 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de chaque partie les frais d'instance exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A, représenté par l'UDAF, est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département du Finistère au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, représenté par l'union départementale des associations familiales (UDAF), et au département du Finistère.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. Le Roux Le président,
Signé
G. Descombes
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026