jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Matel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 août 2021 par laquelle le président de l'université Rennes 2 a refusé d'autoriser son redoublement en master 2 de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) parcours " documentation " ;
2°) de mettre à la charge de l'université Rennes 2 une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 25 août 2021 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration alors qu'elle constitue un refus d'autorisation prévu par les dispositions du 7° de l'article L. 211-2 du même code ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à son comportement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, l'université Rennes 2 conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin,
- et les conclusions de M. Blanchard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, inscrite en deuxième année du master " métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) - parcours documentation " pour l'année universitaire 2020-2021 de l'institut national supérieur du professorat de l'éducation (INSPE) de Bretagne, a été ajournée à l'issue de la première session d'examens par une décision du président du jury du 15 juin 2021. Mme A s'est présentée à la seconde session d'examens. Par un avis du 8 juillet 2021, transmis à Mme A par un courrier de l'INSPE de Bretagne du 12 juillet 2021, le président du jury a proposé au président de l'université Rennes 2 d'interdire une nouvelle réinscription de l'intéressée dans ce cursus et a ajourné Mme A par une décision du 13 juillet 2021. Par un courrier du 18 juillet 2021, reçu le 25 août 2021,
Mme A a formé un recours gracieux contre le refus de redoublement. Par une décision du
25 août 2021, dont Mme A demande l'annulation, le président de l'université Rennes 2, représenté par le directeur de l'UFR Arts, Lettres, Communication, a confirmé la décision de refus de redoublement de Mme A.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que le président du jury du master en litige a proposé au président de l'université d'interdire une nouvelle inscription de Mme A en master 2 MEEF et que le président de l'université a entériné cette proposition par la décision attaquée du 25 août 2021. Dans ces conditions, cette décision constitue la décision de refus d'autoriser Mme A à redoubler son année de master et non une décision de rejet du recours administratif formé sur ce point par Mme A et reçu le 25 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6-1 du code de l'éducation : " L'accès en deuxième année d'une formation du deuxième cycle conduisant au diplôme national de master est de droit pour les étudiants qui ont validé la première année de cette formation. / Un décret pris après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche peut fixer la liste des formations du deuxième cycle conduisant au diplôme national de master pour lesquelles l'accès à la première année est ouvert à tout titulaire d'un diplôme du premier cycle et pour lesquelles l'admission à poursuivre cette formation en deuxième année peut dépendre des capacités d'accueil des établissements et, éventuellement, être subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". En outre, selon l'article 3.7 de la charte des examens du master MEEF 2021-2022, applicable en l'espèce, le redoublement en master 1 n'est pas systématique et la commission chargée d'étudier les candidatures au master 1 peut proposer au président de l'université de ne pas autoriser le redoublement en cas d'échec à l'issue de la seconde session du master 1.
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 612-6-1 du code de l'éducation et de la charte des examens du master MEEF citées au point 3 que seul " l'accès en deuxième année " et non le redoublement constitue un droit pour les étudiants ayant validé la première année d'un master. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du 8 juillet 2021 par lequel le président du jury du master 1 MEEF a proposé au président de l'université Rennes 2 d'interdire une nouvelle réinscription de l'intéressée dans ce cursus a été communiqué à cette dernière. Mme A a, par un courrier du 18 juillet 2021, adressé au président de l'université, présenté ses observations sur cette proposition et a demandé à bénéficier d'un redoublement. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, elle n'a pas été effectivement privée de la garantie tenant à la possibilité de présenter ses observations avant l'édiction de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire préalable doit, par suite, être écarté.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise au motif que les difficultés de Mme A à communiquer avec les différents interlocuteurs et son incapacité à tenir un discours construit et clair auprès des élèves, relevées par les bilans des deux tutrices de son stage et constatées lors des examens oraux, étaient susceptibles d'être dommageables pour le futur établissement dans lequel elle serait affectée. Mme A se prévaut de son comportement pendant l'année universitaire en cause sans apporter la moindre précision au soutien de ses écritures. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président de l'université Rennes 2.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Thalabard, première conseillère,
- Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
La présidente,
signé
C. GrenierLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026