vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | COGOLUEGNES MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2021, Mme A C épouse B, représenté par Me Cogoluegnes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de réaffectation de la présidente du centre communal d'action sociale de la commune d'Inzinzac-Lochrist du 23 juin 2021, ensemble la décision du 20 septembre 2021 rejetant son recours gracieux.
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune d'Inzinzac-Lochrist la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête n'est pas dépourvue d'objet car la décision attaquée a produit des effets avant la fin de son détachement ;
- la requête est recevable car elle a présenté un recours gracieux le 23 juillet 2021 rejeté par décision du 20 septembre 2021 ;
- la décision n'est pas une mesure d'ordre intérieur car elle a un effet sur ses responsabilités et ses revenus ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas pu consulter son dossier administratif individuel ;
- elle méconnait les dispositions des articles 23-1 et 41 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 imposant aux collectivités de communiquer les créations et vacances d'emploi ;
- la décision est fondée sur une discrimination en raison de sa grossesse et méconnait les dispositions de l'article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la décision méconnait son droit à être réaffectée dans son ancien emploi à l'issue de son congé maternité garantie par les dispositions de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- il s'agit d'une sanction déguisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, le centre communal d'action social (CCAS) d'Inzinzac-Lochrist, représenté par Me Vos, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est privée d'objet dès lors que la requérante a quitté les effectifs du CCAS pour rejoindre son corps d'origine en 2022 ;
- la requête est irrecevable car elle concerne une mesure qui ne fait pas grief ;
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pottier,
- et les conclusions de M. Met, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, infirmière en soins généraux de classe supérieure de la fonction publique territoriale, a été recrutée sur le poste d'infirmière coordonnatrice de l'EHPAD " La Sapinière " dépendant du CCAS de la commune d'Inzinzac-Lochrist, à compter du 1er janvier 2020. Elle a été placé en congé maternité à compter du 2 avril 2021. Par un courrier du 27 mai 2021, elle a sollicité le bénéfice d'une reprise à temps partiel à 80 % pour une durée d'un an. Par un courrier du 10 juin 2021, son employeur l'a convoquée à un entretien fixé le 18 juin suivant afin d'évoquer les conditions de sa reprise à partir du 24 juillet 2021. A l'occasion de cet entretien, Mme B a été informée de sa réintégration sur un poste d'infirmière de soins, confirmée par un courrier du 23 juin 2021. Mme B a présenté un recours gracieux qui a été rejeté par décision du 20 septembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Le CCAS d'Inzinzac-Lochrist fait valoir qu'il a été mis fin à compter du 1er février 2022 au détachement de Mme B dans le cadre d'emplois des infirmiers en soins généraux et que cette dernière a ainsi réintégré sa collectivité d'origine et ne fait plus partie des effectifs du CCAS d'Inzinzac-Lochrist. Cette circonstance ne prive toutefois pas d'objet le recours dirigé contre la décision du 23 juin 2021 dès lors que celle-ci a produit des effets.
Sur la première fin de non-recevoir tirée de la tardiveté :
3. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a formé contre la décision du 23 juin 2021 un recours gracieux reçu par son employeur le 23 juillet 2021. Ce recours gracieux a été rejeté par une décision du 20 septembre 2021, qui a fait à nouveau courir le délai de recours en application des dispositions précitées. Par suite, à la date de l'introduction de la requête du 9 novembre 2021, le délai de recours contentieux n'était pas expiré et la fin de non-recevoir opposée par le CCAS d'Inzinzac-Lochrist doit être écartée.
Sur la nature de la décision attaquée :
5. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.
6. En l'espèce, il ressort de la décision du 23 juin 2021 qu'elle a pour objet de réintégrer Mme B, recrutée initialement sur le poste d'infirmière coordinatrice des soins, sur un poste d'infirmière. Si cet emploi correspond à son grade, il est constant toutefois qu'il a pour effet de réduire sa rémunération et ses responsabilités au sein de l'EHPAD, Mme B ayant été recrutée initialement pour organiser et coordonner les soins au sein de l'établissement sous la responsabilité directe de la directrice de l'EHPAD. Par suite, la décision attaquée porte atteinte à ses droits et prérogatives et peut donc faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. La fin de non-recevoir opposée par le CCAS d'Inzinzac-Lochrist et tirée ce que la décision attaquée relèverait de la mesure d'ordre intérieur doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 5° Aux congés de maternité et liés aux charges parentales prévus aux a, b, c, d et e ci- dessous. Durant ces congés, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement, du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / A l'expiration de ces congés, le fonctionnaire est réaffecté de plein droit dans son ancien emploi. Dans le cas où celui-ci ne peut lui être proposé, le fonctionnaire est affecté dans un emploi équivalent, le plus proche de son dernier lieu de travail. (). " Il ressort de ces dispositions qu'à l'issue de son congé maternité, l'agent doit être réaffecté de plein droit dans son ancien emploi, ou dans un emploi équivalent.
8. Il est constant que le poste d'infirmière au sein de l'Ehpad ne constitue pas un emploi équivalent à celui d'infirmière coordinatrice des soins rattachée à la direction de l'Ehpad, dès lors qu'il ne comprend, ni les mêmes responsabilités, ni la même rémunération. Par conséquent, la décision attaquée a méconnu les dispositions précitées de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, auxquelles le CCAS ne saurait déroger, dans le cadre d'une réaffectation après congé maternité, au motif, au demeurant non établi, que Mme B présentait un " problème de posture ". La décision attaquée méconnaît, dès lors, les dispositions précitées de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 23 juin 2021 doit être annulée, ensemble la décision portant rejet de recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante les frais exposés par l'autre partie et non compris dans les dépens, il y a lieu de rejeter la demande présentée par le CCAS d'Inzinzac-Lochrist sur ce fondement.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CCAS d'Inzinzac-Lochrist la somme de 1500 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 juin 2021 de la présidente du centre communal d'action sociale d'Inzinzac-Lochrist est annulée, ensemble la décision portant rejet de recours gracieux.
Article 2 : Le centre communal d'action sociale d'Inzinzac-Lochrist versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale d'Inzinzac-Lochrist au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au centre communal d'action sociale d'Inzinzac-Lochrist.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
F. Pottier
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026