mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2021, et un mémoire enregistré le 9 février 2023, Mme B A, représentée par Me Garet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2021 du recteur de l'académie de Rennes par laquelle il a refusé la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie et de l'accident dont elle a été victime le 31 août 2018, ensemble la décision de rejet du 20 septembre 2021 de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois ;
3°) d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer l'imputabilité de son état au service et l'étendue de son préjudice ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 28 juin 2021 et la décision de rejet du 20 septembre 2021 de son recours gracieux sont insuffisamment motivées ;
- la décision du 28 juin 2021 méconnaît l'article 22 du décret n° 2019-122 du 21 février 2019 et l'article 47-3 du décret n° 86-442 dès lors qu'elle a transmis, dans les délais, sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa maladie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors qu'elle remplit les conditions permettant de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est professeur d'éducation musicale au collège Jules Ferry de Quimperlé depuis 2004. Elle a bénéficié d'un congé de formation durant l'année scolaire 2017-2018. La réunion de pré-rentrée du 31 août 2018 a été perçue par elle comme un événement traumatisant. Mme A a été placée en arrêt maladie du 3 septembre 2018 au 2 septembre 2019, puis en disponibilité d'office du 2 septembre 2019 au 2 septembre 2022. Lors de ses séances des 23 avril 2019 et 16 juillet 2019, le comité médical départemental du Finistère a rendu un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue maladie. Le comité médical supérieur a confirmé cet avis défavorable lors de sa séance du 3 novembre 2020. Par un courrier du 31 mai 2021, Mme A a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Par une décision du 28 juin 2021, le recteur de l'académie de Rennes a refusé la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie et de l'accident dont elle estime avoir été victime le 31 août 2018. Mme A a formé un recours gracieux le 30 août 2021, lequel a été rejeté par un courrier du 20 septembre 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 28 juin 2021 et de la décision du 20 septembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 28 juin 2021 précise, d'une part, que Mme A n'a pas fait l'objet d'une exposition prolongée à un risque professionnel et ne peut ainsi pas se voir reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et, d'autre part, qu'elle a effectué sa déclaration d'accident de service hors délais. La décision du 28 juin 2021 cite l'article 21 bis de la loi n° 83-634 ainsi que l'article 47-3 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986. Elle comporte ainsi l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels elle a été prise. Elle est ainsi suffisamment motivée. S'agissant de la décision du 20 septembre 2021 de rejet de son recours gracieux, le moyen tiré de son défaut de motivation est inopérant. Elle comporte, en tout état de cause, l'énoncé des motifs de droit et de fait la justifiant. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit par conséquent être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 22 du décret du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat : " () Les conditions de forme et de délais prévues aux articles 47-2 à 47-7 du décret du 14 mars 1986 précité ne sont pas applicables aux fonctionnaires ayant déposé une déclaration d'accident ou de maladie professionnelle avant l'entrée en vigueur du présent décret. / Les délais mentionnés à l'article 47-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date. ". Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / () 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / II.- La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de deux ans à compter de la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle. () IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, depuis, à tout le moins, le 3 septembre 2018, la nature de la maladie dont souffre Mme A n'a pas changé. Or, d'une part, la première constatation médicale de cette maladie a nécessairement été réalisée antérieurement au 23 avril 2019, date de l'avis du comité médical départemental se prononçant sur le bien-fondé de l'octroi d'un congé de longue maladie. D'autre part, Mme A ne justifie pas avoir été informée postérieurement, par un certificat médical, d'un possible lien entre cette maladie et son activité professionnelle, qu'elle avait d'ailleurs cessé depuis l'année scolaire 2017-2018. Ainsi, en déposant sa déclaration de maladie professionnelle le 31 mai 2021 alors qu'un délai de deux ans lui était imparti à compter de la date de la première constatation médicale de sa maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle elle aurait été informée par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et son activité professionnelle, Mme A a présenté une telle déclaration hors délai. Par ailleurs, à supposer que Mme A se soit prévalue de la survenance d'un accident de service, lequel aurait eu lieu lors de la réunion de pré-rentrée du 31 août 2018, elle n'a pas présenté de déclaration d'accident de service dans le délai de quinze jours suivant cet " accident ". Il s'ensuit qu'en lui opposant la tardiveté de sa demande, le recteur de l'académie de Rennes n'a pas méconnu les dispositions des décrets des 21 février 2019 et 14 mars 1986 précités.
6. En troisième lieu, et au surplus, si Mme A a formulé une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'une maladie qu'elle désigne comme étant un " état de stress post-traumatique complexe ", il n'est pas établi que cette maladie soit essentiellement et directement causée par l'exercice de ses fonctions. Par ailleurs, elle n'établit ni même n'allègue avoir une incapacité permanente d'au moins 25 %. Ainsi, elle ne remplit pas les conditions permettant la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette maladie, lesquelles sont énoncées à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera délivrée pour information au recteur de l'académie de Rennes.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026