jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BELWEST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 novembre 2021 et 18 octobre 2024, Mme C D et M. B A, représentés par Me Bouchet-Bossard (SELARL Belwest), demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la communauté de communes du pays d'Iroise communauté (CCPI) leur a indiqué qu'ils devront installer dans leur propriété un poste de relèvement individuel pour rejeter les eaux usées dans le réseau d'assainissement collectif ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du pays d'Iroise communauté la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, dès lors qu'elle a été prise sans l'accord du conseil de communauté, organe délibérant de la CCPI ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que leur habitation est difficilement raccordable au réseau ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et enfreint le principe d'égalité d'accès au service public, dès lors que la CCPI aurait pu, en raison du coût élevé des travaux envisagés et conformément à l'article R. 2224-7 du code général des collectivités territoriales, placer leur terrain dans une zone d'assainissement non collectif ;
- la CCPI a méconnu les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, dès lors qu'elle exige une participation pour le financement de l'assainissement collectif manifestement excessive.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 23 août 2023 et le 30 octobre 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la communauté de communes du pays d'Iroise communauté, représentée par Me Josselin et Me Nadan (Selarl Valadou-Josselin et associés) conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D et de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le courrier du 5 juillet 2021 ne fait pas grief en raison de son caractère purement informatif ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 octobre 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Plumerault ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bouchet-Bossard, représentant Mme D et M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. A sont propriétaires d'une habitation située rue de Langoz à Ploumoguer. La communauté de communes du pays d'Iroise communauté (CCPI) a réalisé, en juin/juillet 2021, des travaux d'extension du réseau d'assainissement collectif sur le territoire de cette commune et notamment dans le secteur de Lanfeust où résident les requérants en installant une canalisation sous la rue de Langoz afin de desservir plusieurs habitations. Par un courrier du 5 juillet 2021, dont Mme D et M. A, demandent l'annulation, la CCPI leur a indiqué qu'ils devaient s'équiper d'un poste de relèvement individuel afin de rejeter leurs eaux usées dans le réseau d'assainissement collectif.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du pays d'Iroise communauté :
2. Aux termes de l'article L. 1331-1 du code de la santé publique : " Le raccordement des immeubles aux réseaux publics de collecte disposés pour recevoir les eaux usées domestiques et établis sous la voie publique à laquelle ces immeubles ont accès soit directement, soit par l'intermédiaire de voies privées ou de servitudes de passage, est obligatoire dans le délai de deux ans à compter de la mise en service du réseau public de collecte. / Un arrêté interministériel détermine les catégories d'immeubles pour lesquelles un arrêté du maire, approuvé par le représentant de l'Etat dans le département, peut accorder soit des prolongations de délais qui ne peuvent excéder une durée de dix ans, soit des exonérations de l'obligation prévue au premier alinéa./ Il peut être décidé par la commune qu'entre la mise en service du réseau public de collecte et le raccordement de l'immeuble ou l'expiration du délai accordé pour le raccordement, elle perçoit auprès des propriétaires des immeubles raccordables une somme équivalente à la redevance instituée en application de l'article L. 2224-12-2 du code général des collectivités territoriales. / La commune peut fixer des prescriptions techniques pour la réalisation des raccordements des immeubles au réseau public de collecte des eaux usées et des eaux pluviales. ".
3. Le courrier du 5 juillet 2021 du président de la communauté de communes du pays d'Iroise communauté adressé aux requérants, après avoir rappelé que les travaux d'extension du réseau d'assainissement collectif dans le secteur de Lanfeust à Ploumoguer étaient en cours d'achèvement, leur indique que, compte tenu des spécificités de raccordement de leur habitation, le raccordement au réseau collectif nécessitera un petit poste de relèvement individuel. Ce courrier, qui se borne à rappeler les prescriptions techniques nécessaires pour permettre le rejet des eaux usées de l'habitation des requérants dans le réseau d'assainissement collectif, n'a ainsi qu'une vocation purement informative. Il est d'ailleurs constant que, comme l'ensemble des riverains du secteur, Mme D et M. A ont également été destinataires, le 20 décembre 2021, d'un courrier leur indiquant que l'extension du réseau d'assainissement collectif serait mise en service le 1er janvier 2022 et leur rappelant leurs obligations ainsi que les différents frais et échéances en lien avec ce nouveau service. Par suite, le courrier litigieux, qui se borne à informer les requérants d'une obligation future et à leur apporter des précisions quant à la procédure à suivre, ne constitue pas une décision faisant grief et n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du pays d'Iroise doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D et de M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme D et M. A doivent, dès lors, être rejetées.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D et de M. A une somme de 1 000 euros à verser à la communauté de communes du pays d'Iroise communauté au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. A est rejetée.
Article 2 : Mme D et M. A verseront à la communauté de communes du pays d'Iroise communauté la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et M. B A et à la communauté de communes du pays d'Iroise communauté.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Plumerault, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
F. PlumeraultLe président,
signé
E. Berthon
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026