vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105991 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS FLAMIA PRIGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en défense enregistrés les 23 novembre 2021 et 23 août 2022, M. et Mme D et C A, représentés par la société d'avocats Flamia Prigent, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite du 16 avril 2021 par laquelle le maire de la commune du Relecq-Kerhuon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux de la société Tech'Nature, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Relecq-Kerhuon le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- leur requête n'est pas tardive dès lors que la décision qu'ils contestent n'a pas fait l'objet d'un affichage sur le terrain d'assiette du projet ;
- s'agissant de la décision tacite de non-opposition :
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- cette décision est illégale dès lors que les travaux qu'elle autorise n'ont pas pour effet de rendre l'extension plus conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme qu'elle méconnaît ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article UH11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- s'agissant de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'illégalité de la décision tacite de non-opposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, la commune du Relecq-Kerhuon, représentée par la SELARL Le Roy, E, B, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 3 000 euros à verser à la commune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. et Mme A n'ont pas intérêt à agir et leur requête est irrecevable ;
- les moyens qu'ils soulèvent ne sont pas fondés.
Par deux mémoires, enregistrés les 10 janvier 2023 et 14 mai 2024, la société Tech'Nature, représentée par la SELARL Britannia, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. et Mme A n'ont pas intérêt à agir et leur requête est irrecevable ;
- les moyens qu'ils soulèvent ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Radureau,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Prigent, de la société d'avocats Flamia Prigent, représentant M. et Mme A, F, G, E, B, représentant la commune du Relecq-Kerhuon, et de Me Cornec, de la SELARL Britannia, représentant la société Tech'Nature.
Considérant ce qui suit :
1. La société Tech'Nature exploite depuis 2016 un établissement industriel situé sur la parcelle cadastrée section AO n° 215, située venelle du Carros au Relecq-Kerhuon. Le 5 février 2017, l'établissement a été détruit par un incendie. Par un arrêté du 4 avril 2017, le maire de cette commune a délivré un permis de construire pour la reconstruction à l'identique du bâtiment détruit. Par un permis de construire modificatif du 4 septembre 2017, le maire du Relecq-Kerhuon a autorisé le déplacement au sud-est du bâtiment de l'extension située avant l'incendie en façade est. Par une décision tacite du 16 avril 2021, le maire de la commune du Relecq-Kerhuon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Tech'Nature en vue de régulariser l'installation, sur la toiture d'un bâtiment industriel, de groupes de production d'eau froide sous forme de refroidisseurs. M. et Mme A, propriétaires de la parcelle cadastrée section AO n° 141, ont saisi le maire de la commune du Relecq-Kerhuon d'un recours gracieux contre cette décision tacite du 16 avril 2021, dont il a été accusé réception le 27 juillet 2021. Du silence gardé deux mois par le maire est née, le 27 septembre 2021, une décision implicite de rejet. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la décision tacite de non-opposition du 16 avril 2021, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :
2. Aux termes de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brest Métropole, correspondant à la zone urbaine centrale : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol suivantes : - les constructions destinées à l'industrie ; () ". L'article UH1 du même règlement dispose que : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol suivantes : () - les constructions destinées à l'industrie ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AO n° 215 est classée en zone UH du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brest Métropole, correspondant à une zone urbaine à vocation dominante d'habitat. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC1 du même règlement doit être écarté comme inopérant.
4. En tout état de cause, et à supposer que les requérants aient entendu se prévaloir des dispositions de l'article UH1 du même règlement qui présentent des dispositions identiques à celles de l'article UC1, il ressort du dossier de déclaration préalable que les travaux auxquels le maire de la commune du Relecq-Kerhuon ne s'est pas opposé se limitaient à l'installation de groupes de production d'eau froide sous forme de refroidisseurs en toiture d'un bâtiment industriel, implanté sous l'empire d'un document d'urbanisme antérieur. Il s'ensuit que la décision litigieuse n'a autorisé aucune construction nouvelle destinée à l'industrie en zone UH1 dès lors qu'elle se borne à autoriser la modification de l'aspect extérieur d'une construction préexistante. Par conséquent, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'aggravation de la non-conformité au règlement du plan du local d'urbanisme intercommunal :
5. Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.
6. Il ressort des pièces du dossier que les travaux projetés portent sur un bâtiment industriel et s'implantent sur son extension autorisée par un permis de construire modificatif du 4 septembre 2017 devenu définitif. Cette extension n'est pas conforme aux dispositions de l'article UH1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, citées au point 2, qui interdisent les constructions destinées à l'industrie au sein de la zone. Les travaux autorisés n'ont pas pour effet de rendre la construction plus conforme aux dispositions de l'article UH1 du même règlement. Pour autant ces travaux, qui pour effet de modifier légèrement la silhouette de l'usine sur sa toiture en y créant une excroissance, en l'espèce les refroidisseurs, ont pour seul objet d'améliorer les conditions dans lesquelles le bâtiment existant peut être exploité. Il n'est pas établi que cet équipement aurait le moindre effet sur le volume d'activité de cette entreprise, alors même qu'elle disposait d'un système similaire que l'installation litigieuse a seulement vocation à remplacer. Cet équipement mineur n'a ainsi qu'un effet limité sur la construction existante et n'apparaît pas de nature à en aggraver la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal, qui interdisent les constructions destinées à l'industrie au sein de cette zone. Dans ces conditions particulières, l'installation litigieuse doit être regardée comme étrangère aux dispositions de l'article UH1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :
7. Aux termes de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brest métropole, applicable à toutes les zones : " Dans la mesure du possible les locaux techniques ou installations techniques doivent être intégrés au bâti principal. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que les refroidisseurs s'implantent en toiture d'un bâtiment industriel préexistant situé à proximité d'une route nationale dans un secteur ne présentant pas de qualité architecturale ou paysagère particulière. Ces refroidisseurs, qui devaient nécessairement s'implanter à l'extérieur du bâtiment existant eu égard à leur fonction de ventilation, sont dissimulés derrière un panneau portant le logo de la société depuis la venelle du Carros à l'ouest, tandis que la hauteur des arbres environnants masque largement la vue sur cette installation depuis la venelle du Mendy au sud et de la route départementale 67 au nord. Dès lors, et compte tenu de leur faible dimension, les refroidisseurs doivent être regardés comme s'intégrant au bâti principal. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal doit donc être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UH11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :
9. Aux termes de l'article UH11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brest métropole : " Volumétrie. () Un soin particulier doit être apporté à la volumétrie des toitures afin qu'elles s'harmonisent avec la silhouette urbaine environnante. (). Toitures. Les toitures doivent présenter une simplicité de volume et une unité de conception. (). ".
10. Il résulte tant de ce qui a été dit au point 8 que du caractère limité de l'emprise des refroidisseurs sur la toiture du bâtiment, que les travaux autorisés par la décision litigieuse ne méconnaissent pas les dispositions de l'article UH11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de M. et Mme A dirigées contre la décision tacite du 16 avril 2021 par laquelle le maire de la commune du Relecq-Kerhuon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux présentée par la société Tech'Nature, doivent être rejetées. Les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours gracieux du 27 septembre 2021, doivent également être rejetées pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2 à 10.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune du Relecq-Kerhuon verse à M. et Mme A la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Relecq-Kerhuon et la société Tech'Nature sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et C A, à la commune du Relecq-Kerhuon et à la société Tech'Nature.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. Grondin
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026