LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2106008

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2106008

mardi 5 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2106008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPENEAU-MELLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 23 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Peneau-Mellet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la relance a implicitement rejeté son recours à l'encontre des titres de perception émis les 25 et

27 janvier 2021 et mettant à sa charge respectivement la somme de 4 898,18 euros et 5 209,84 euros ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) d'annuler les titres de perception émis à son encontre les 25 et 27 janvier 2021 ainsi que la décision implicite par laquelle sa réclamation préalable a été rejetée ;

3°) de la décharger de la somme de 4 898,18 euros et de 5 209,84 euros ;

4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- l'Etat devra justifier que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de signataire du titre de perception individuel ;

- les créances correspondant à la somme globale de 5 686,70 euros sont prescrites ;

- aucun élément ne permet d'apprécier le bien-fondé des sommes exigibles ;

- aucune véritable justification n'a été apportée par l'administration et ne saurait expliquer la tardiveté du traitement de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la demande indemnitaire est tardive ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Roux,

- les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,

- et les observations de Me Douard, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, agent contractuel de niveau A, exerce ses fonctions au sein du service du contrôle des opérations dans le secteur agricole qui dépend du contrôle général économique et financier du ministère de l'économie, des finances et de la relance. Recrutée dans le cadre d'un contrat à durée déterminée, Mme A bénéficie depuis le mois de juillet 2019 d'un contrat à durée indéterminée et travaille à temps partiel à hauteur de 80 %. Elle a été placée en congé

de maladie à compter du 31 juillet 2018, puis a bénéficié d'un congé de maternité du

17 septembre 2018 au 20 janvier 2019, avant d'être nouveau placée en congé de maladie du

21 janvier au 31 juillet 2019. Par décision du 8 août 2019, Mme A qui a été placée rétroactivement en congé de grave maladie, à compter du 21 janvier 2019 a perçu un plein traitement pendant une année puis un demi-traitement à compter du 21 janvier 2020. Sa rémunération a fait l'objet d'une régularisation en août 2019 qui a eu pour effet le versement du plein traitement de Mme A pour la période du 21 janvier au 31 juillet 2019.

L'administration a estimé qu'à compter du 17 septembre 2018, Mme A avait perçu des indus de rémunérations qui n'avaient pu qu'être partiellement précomptés sur sa paye, en raison des règles relatives à la quotité saisissable. Cette situation a impliqué l'existence d'un reliquat de trop-perçu de rémunération à la charge de Mme A correspondant au cumul prohibé d'indemnités journalières (IJ) versées par la caisse primaire d'assurance maladie compétente (CPAM) au titre de ses congés de maternité et de maladie, et la rémunération de l'intéressée, mais également du versement d'un plein traitement au titre de périodes de congés de maladie n'ouvrant droit qu'à un demi-traitement ou sans traitement, et du versement en novembre et décembre 2018 d'une indemnité de transport domicile-travail alors qu'elle était en congé de maternité. L'administration a donc émis deux titres de perception à l'encontre de Mme A les 25 et 27 janvier 2021 lui réclamant les sommes respectives de 5 209,84 euros et

4 898,18 euros. Le recours gracieux formé le 8 mars 2021 par Mme A d'un recours tendant à la décharge des sommes mises à sa charge ainsi que le versement d'une indemnité de

3 000 euros en réparation de son préjudice moral a été implicitement rejeté par le ministre de l'économie, des finances et de la relance. Mme A demande notamment l'annulation de cette décision, des deux titres de perception et la réparation de son préjudice moral à hauteur de

3 000 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, une personne publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.

3. Il résulte de l'instruction que le titre de perception émis le 25 janvier 2021 portant sur une créance de 5 209,84 euros concerne un " Indu sur rémunération issu de paye de juin 2019 " qui se borne à préciser à la rubrique " détail de la somme à payer : indu sur rémunération issu de paye de juin 2019 cf détail infra. Rembt domicile-travail issu paye de décembre 2018 Rappel année courante montant initial de la dette : 39,74 restes à recouvrer : 39,74 / Traitement brut issu paye de avril 2019 montant initial de la dette : 921,50 - dont recouvrements sur salaires : 532,72 restes à recouvrer : 363,90 / Précompte ijss issu paye de novembre 2018 IJMATER 17 09 au 30 11 18 montant initial de la dette : 5 686,50 - dont recouvrements sur salaires : 3 050,22 restes à recouvrer : 2 636,28 / Précompte ijss issu paye de décembre 2018 IJ MATER 12 18 montant initial de la dette : 2 350,42 - dont recouvrements

sur salaires : 180,50 restes à recouvrer : 2 169,92 ". Quant au titre de perception émis le

27 janvier 2021, ce document portant sur une créance d'un montant de 4 898,18 euros intitulé " Indu sur rémunération issu de paye de juillet 2019 " précise à la rubrique " détail de la somme à payer : Indu sur rémunération issu de paye de juillet 2019 cf détail infra. Traitement brut issu paye de juillet 2019 montant initial de la dette : 3 058,41 - dont recouvrements sur cotisations :

SS : 113,34 RC: 91,80 CSG, CRDS : 321,63 restes à recouvrer : 2 369,62 / Indemnité de résidence issu paye de juillet 2019 montant initial de la dette : 86,74 restes à recouvrer : 81,19 / Supp familial traitement issu paye de juillet 2019 montant initial de la dette : 95,99 restes à

recouvrer : 89,85 In d. compensatrice csg issu paye de juillet 2019 Rappel année courante montant initial de la dette : 0,65 restes à recouvrer : 0,61 / Tr alternent brut issu paye de juin 2019 montant initial de la dette : 1 612,62 - dont recouvrements sur salaires : 102 ,46 restes à recouvrer : 1 413,51 / Précompte ijss issu paye de janvier 2019 IJMATER 01 01 AU 20 01 19 montant initial de la dette : 1 516,40 - dont recouvrements sur salaires : 811,00 restes à recouvrer : 660,26 / Précompte Ijss issu paye de mars 2019 IJSS du 21 01 au 17 02 19 montant initial de la dette : 1 108,50 - dont recouvrements sur salaires : 806,00 restes à recouvrer : 283,14 ". Ces deux titres de perception, malgré les éléments qui viennent d'être rappelés qui se bornent pour l'essentiel à déterminer des soldes d'indus, ne sauraient être regardés comme indiquant les bases et les éléments de calcul sur lesquels l'administration s'est fondée pour mettre les sommes en cause à la charge de Mme A d'autant que ces titres ne se réfèrent pas à un document joint ou à un document précédemment adressé à la débitrice. Par suite,

Mme A est fondée à soutenir que les titres de perception en cause sont insuffisamment motivés.

4. Il résulte de ce qui vient d'être dit, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation des titres de perception émis à son encontre les 25 et 27 janvier 2021 ainsi que la décision implicite par laquelle sa réclamation préalable a été rejetée par l'administration.

5. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander le prononcé de la décharge des sommes en litige.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

7. Mme A sollicite la réparation de son préjudice moral résultant de la gestion fautive de sa situation administrative et financière. Outre que le préjudice invoqué n'est pas établi par les pièces versées au dossier, l'émission tardive des titres exécutoires litigieux, pour regrettable qu'elle soit, ne saurait caractériser la perception prolongée par l'intéressée d'un avantage indu. Par suite, la demande d'indemnisation formée par Mme A doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les titres de perception émis à l'encontre de Mme A les 25 et 27 janvier 2021 ainsi que la décision implicite par laquelle sa réclamation préalable a été rejetée par l'administration sont annulés.

Article 2 : Le surplus des conclusions de requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction régionales des finances publiques d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

P. Le Roux Le président,

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions