vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Lahalle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'inspection académique d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à l'État de lui accorder la protection fonctionnelle et de prendre toutes mesures pour faire cesser les rumeurs dont elle est victime par tout moyen adapté, dans un délai d'un mois à compter du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- cette décision méconnaît l'article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dès lors que la lettre en cause concernait l'exercice des ses fonctions, la mettait en cause personnellement et était constitutive de diffamation, voire d'outrages et à tout le moins de violence et que le refus ne repose sur aucun motif d'intérêt général ;
- l'employeur est tenu, en vertu de l'article 23 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 à une obligation de sécurité de résultat qui lui impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses agents et de protéger leur santé ; aucune mensure n'a été prise par l'inspection académique pour l'accompagner et aucun parent d'élève n'a été convoqué afin de fournir une explication sur les griefs proférés à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de Me Cazo, avocat de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure des écoles, est affectée depuis le 1er septembre 2004 à l'école Albert de Mun, à Rennes. Au cours de l'année scolaire 2020-2021, elle était en charge d'une classe de cours moyen première année. Le 28 juin 2021, quatre parents d'élèves ont adressé à la direction des services départementaux de l'éducation nationale d'Ille-et-Vilaine et au directeur de l'école Albert de Mun, un courriel attribuant à Mme A des comportements inadaptés et des propos déplacés ou dégradants vis-à-vis de ses élèves. Mme A a eu connaissance de ce courriel et a été placée en arrêt de travail du 29 juin au 2 juillet 2021. Le 26 juillet 2021, Mme A a adressé, par l'intermédiaire de son conseil, un courrier à l'inspection académique dans lequel elle contestait les allégations figurant dans le courriel du 28 juin 2021, relevait qu'elle espérait pouvoir reprendre sereinement son poste à la rentrée de l'année scolaire 2021-2022 dans un climat apaisé permettant de protéger sa santé et sa sécurité et sollicitait la protection fonctionnelle. Ce courrier a été reçu le 19 août 2021, par la direction des services départementaux de l'éducation nationale d'Ille-et-Vilaine. L'inspectrice de circonscription ayant omis de le transmettre aux services du rectorat de l'académie de Rennes afin que ceux-ci examinent la demande de protection fonctionnelle, aucune réponse n'a été apportée à celle-ci, laquelle a, par suite, été rejetée à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de sa réception, par une décision implicite dont Mme A demande l'annulation.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
3. Il est constant que Mme A n'a pas sollicité la communication des motifs de la décision implicite attaquée. Par suite, elle ne peut utilement invoquer son défaut de motivation à l'appui de ses conclusions tendant à son annulation.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () / IV.-La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / () ".
5. Le recteur de l'académie de Rennes admet que les termes du courriel du 28 juin 2021 justifient la demande de protection fonctionnelle formulée par Mme A le 19 août 2021. Le caractère malveillant de ce courriel, dénoncé par Mme A, tend d'ailleurs à être confirmé par les réactions, d'une part, de sa hiérarchie qui n'y a donné aucune suite et n'a diligenté ni inspection pédagogique ni enquête administrative, d'autre part, d'autres parents d'élèves et de représentants de ceux-ci qui ont dénoncé la forme et le contenu de ce courriel et ont apporté leur soutien à la requérante. Mme A a rencontré, le 24 septembre 2021, antérieurement à la décision attaquée, l'inspectrice de circonscription. À cette occasion, l'inspectrice lui a proposé un accompagnement afin de prendre de la distance, ainsi qu'une éventuelle rencontre en sa présence avec les parents d'élèves signataires du courriel afin d'apaiser la situation et de retrouver une sérénité professionnelle. La requérante a refusé ses propositions. Par ailleurs, il ressort des termes de son courrier du 26 juillet 2021 qu'elle n'entendait pas engager de poursuites à l'encontre des auteurs du courriel, mais désirait uniquement reprendre sereinement son poste à la rentrée 2021 dans un climat apaisé permettant de protéger sa santé et sa sécurité. Or, il n'est ni établi ni même soutenu que des rumeurs persistaient à la rentrée 2021 ou que Mme A aurait rencontré alors des difficultés pour reprendre ses fonctions. La requérante ne fait état d'aucun préjudice consécutif au courriel en cause, que l'État aurait été tenu de réparer. Si elle rappelle qu'en application de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, l'administration doit assurer aux agents des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique durant leur travail, les circonstances qui viennent d'être relatées ne relèvent pas des prévisions de cet article. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, la situation de Mme A justifiait que l'administration prenne des mesures de protection déterminées à son égard. Dès lors la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur d'appréciation et la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions présentées à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme A présentées à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par Mme A sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Rennes
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
E. AlbouyLe président,
Signé
T. Jouno
La greffière,
Signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026