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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2106473

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2106473

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2106473
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 décembre 2021 et 9 janvier 2023, Mme B A, représentée par la SELAFA Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé de son maintien en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest de réexaminer sa situation dans le sens du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle contient l'exposé de faits et de moyens satisfaisant aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- il n'est pas établi que l'administration l'a invitée à solliciter un reclassement avant l'intervention de la décision attaquée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle aurait dû bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service dès lors qu'elle était en arrêt maladie depuis avril 2020 à la suite de faits de harcèlement moral et sexuel qui se sont déroulés au sein du service dans lequel elle occupait la fonction d'opérateur radio au commissariat du Mans ;

- un placement en congé de longue maladie, auquel elle avait droit du fait de sa dépression réactionnelle liée à une situation de harcèlement moral à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, lui aurait permis de subvenir aux charges de la vie courante et de bénéficier du remboursement de ses séances effectuées chez le psychologue ;

- à supposer qu'elle ne puisse bénéficier d'un reclassement, elle a le droit, à tout le moins, d'être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service ou, à défaut, en congé de longue maladie puis en congé de longue durée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juin 2022 et 22 mars 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- la requête est également irrecevable en l'absence de mention de l'identité et de la domiciliation de la partie adverse en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tourre,

- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, gardienne de la paix, est affectée à la direction départementale de la sécurité publique de la Sarthe depuis le 1er septembre 2018. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire à plusieurs reprises de 2019 à 2021. Par arrêté du 29 juin 2021, Mme A a été placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 mai au 1er novembre 2021 du fait de l'épuisement de ses droits à congé de maladie ordinaire au 1er mai 2021. Le 1er juillet 2021, à la suite de la demande de l'intéressée de placement en congé de longue maladie, le comité médical a émis un avis défavorable et l'a déclarée inapte totalement et définitivement aux fonctions de police à l'issue de ses droits à congé de maladie ordinaire. Le 4 novembre 2021, le comité médical a confirmé l'avis du comité médical du 1er juillet 2021. Par arrêté du 25 novembre 2021, Mme A a été maintenue en disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022. Le 3 février 2022, à la suite de la demande de Mme A de placement en congé de longue maladie, le comité médical interdépartemental a émis un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue durée ou d'un congé de longue maladie et à la justification des arrêts de maladie ordinaire de l'intéressée à compter du 1er mars 2021. Il a également déclaré Mme A totalement et définitivement inapte à toutes fonctions de la police. La requérante demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé de son maintien en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient l'administration, Mme A a développé des moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé de son maintien en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ne peut être accueillie.

4. En second lieu, la prescription de l'article R. 411-1 du code de justice administrative en vertu de laquelle un appelant doit mentionner dans sa requête les nom et domicile des parties défenderesses, vise seulement à faciliter la mise en œuvre du caractère contradictoire de la procédure et ne constitue pas une condition de recevabilité. Si la requête de Mme A n'indique pas l'identité et le domicile du défendeur, son recours est formé à l'encontre de l'arrêté n° S70204000340683, qu'elle a cité et joint à sa requête introductive d'instance, ce qui permettait d'identifier la partie adverse, auteur de la décision attaquée. Par suite, la seconde fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative doit également être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Aux termes de l'article 51 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés [de maladie] ".

6. En premier lieu, Mme A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle aurait dû bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service dès lors qu'elle était en arrêt maladie depuis avril 2020 à

la suite de faits de harcèlement moral et sexuel qui se sont déroulés au sein du service dans lequel elle occupait la fonction d'opérateur radio au commissariat du Mans. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme A a sollicité la reconnaissance de sa pathologie comme maladie professionnelle le 28 avril 2022, soit postérieurement à la décision attaquée du 25 novembre 2021 relative à son maintien en disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022, dont la légalité d'apprécie au jour de son édiction.

Le moyen invoqué doit donc être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée () ". L'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie prévoit qu'un fonctionnaire est placé en congé de longue maladie lorsqu'il est dûment constaté qu'il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions au cours d'une des affections qu'il énumère, lorsqu'elle est devenue invalidante. Aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " Les affections suivantes peuvent donner droit à un congé de longue maladie dans les conditions prévues aux articles 29 et 30 des décrets susvisés : () maladies mentales () ".

8. Il résulte de ces dispositions que le placement en congé de longue maladie ne peut intervenir que lorsque l'agent est atteint de l'une des cinq maladies énumérées de manière strictement limitative et sous réserve que cette maladie mette l'agent dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rende nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée.

9. Pour contester le bien-fondé de l'arrêté attaqué du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé son maintien en position de disponibilité d'office pour raisons de santé, Mme A fait valoir qu'elle aurait dû être placée en congé de longue maladie dès lors qu'elle est en dépression, qu'elle revit sans cesse les scènes dont elle a été victime par des cauchemars et des crises d'angoisse, qu'elle ne sort pas de son domicile, qu'elle ne mange ni ne dort plus et que sa vie se résume à son suivi médical et à des relations avec des associations d'aide aux victimes. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la demande de placement en congé de longue maladie de Mme A n'a été soutenue par aucun document médical, que cette dernière ne s'est pas rendue à l'expertise médicale du 17 mars 2021 en vue d'éclairer le comité médical interdépartemental et que ce comité a émis, dans sa séance du 1er juillet 2021, un avis défavorable au placement de la requérante en congé de longue maladie. Le 4 novembre 2021, le comité médical interdépartemental a confirmé l'avis du comité médical du 1er juillet 2021. Au surplus, au soutien de ses allégations sur la gravité de son état, Mme A se borne à produire un certificat médical du 18 juin 2020 d'un médecin généraliste sollicitant un avis psychiatrique en urgence et mentionnant un harcèlement au travail et un syndrome dépressif avec risque suicidaire, une attestation du 15 juillet 2020 d'une psychothérapeute attestant recevoir l'intéressée en thérapie, un certificat médical du 15 juin 2021 d'un médecin généraliste faisant état d'un syndrome dépressif sévère avec risque suicidaire important lié à une situation de harcèlement au travail, d'un suivi par un psychologue et un psychiatre et d'un traitement de fond et des avis d'arrêt de travail mentionnant les 22 mars, 30 juin, 30 août, 26 octobre, 31 décembre 2020, 26 février, 30 avril, 31 mai, 30 juin et 30 août 2021 une asthénie physique et psychique, un harcèlement moral, un burn out, un épisode dépressif, de l'anxiété et des phobies et un syndrome dépressif sévère avec anorexie. Toutefois, l'intéressée n'établit, ni même n'allègue, avoir consulté un psychiatre ou suivi un quelconque traitement médicamenteux.

Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme A ne s'est présentée, sans justification valable, à aucune des sept visites médicales de contrôle programmées d'octobre 2020 à juin 2021.

Il résulte de l'ensemble de ces éléments qu'au sens des dispositions précitées de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, l'affection dont souffrait Mme A ne présentait pas un caractère invalidant et de gravité confirmée justifiant que lui soit octroyé un congé de longue maladie.

Il suit de là que le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest n'a pas commis d'erreur d'appréciation en maintenant Mme A en disponibilité d'office pour raisons de santé.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions de la fonction publique d'État : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes () ". Selon l'article 1er du décret du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsqu'un fonctionnaire n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions, de façon temporaire ou permanente, et si les nécessités du service ne permettent pas un aménagement des conditions de travail, l'administration, après avis du médecin de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé, peut affecter ce fonctionnaire dans un emploi de son grade, dans lequel les conditions de service sont de nature à permettre à l'intéressé d'assurer les fonctions correspondantes ". Enfin, aux termes de l'article 27 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au présent litige : " () Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical : en cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme () ".

11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par ce fonctionnaire ne peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps

12. Mme A fait valoir que l'administration ne l'a pas invitée à solliciter un reclassement avant l'intervention de la décision attaquée. Il ressort des pièces du dossier que le comité médical interdépartemental a, dans ses séances des 1er juillet et 4 novembre 2021, déclaré Mme A inapte totalement et définitivement aux fonctions de police à l'issue de ses droits à congé de maladie ordinaire. Si par un courrier du 25 février 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a invité Mme A à présenter une demande de reclassement, il n'est pas contesté qu'aucune invitation à présenter une telle demande n'a eu lieu avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Il suit de là que la requérante est fondée à soutenir que le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest aurait dû, avant de prononcer son maintien en disponibilité d'office pour raisons de santé, l'inviter à présenter une demande de reclassement.

13. En tout état de cause, aux termes de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " L'administration peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite ".

14. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a invité Mme A à se présenter à des visites de contrôle médical les 5 octobre, 18 et 24 novembre, 10 décembre 2020, 28 janvier et 11 juin 2021 et que l'intéressée ne s'y est pas présentée sans justification valable. Par ailleurs, par courrier du 17 juin 2021, Mme A a été mise en demeure de se présenter aux convocations médicales administratives. Conformément aux dispositions citées au point précédent, l'administration devait donc refuser d'accorder des congés de maladie ordinaire à Mme A à compter du 5 octobre 2020, constater que cette dernière se trouvait en situation d'absence irrégulière et interrompre le versement de sa rémunération.

15. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé du maintien de Mme A en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022 doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

16. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

17. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest refuse d'accorder des congés de maladie ordinaire à Mme A à compter du 5 octobre 2020 et récupère la rémunération indûment perçue par cette dernière au titre des congés de maladie ordinaire à compter de cette date. Il y a lieu, à cet effet, d'impartir au préfet un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a décidé du maintien de Mme A en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 2 novembre 2021 au 28 février 2022 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest de refuser d'accorder des congés de maladie ordinaire à Mme A à compter du 5 octobre 2020 et de récupérer la rémunération indûment perçue par cette dernière au titre des congés de maladie ordinaire à compter de cette date, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

Mme Tourre, première conseillère,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

L. Tourre Le président,

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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