vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2200608 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 février 2022, 25 janvier et 29 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Matel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé sur sa demande du 3 octobre 2021 d'avancement au grade du corps des assistants socio-éducatifs à compter du 1er février 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'EPSM de Saint-Avé la somme de 1 500 € sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions d'annulation pour la période postérieure au 1er janvier 2022, date à laquelle elle a été nommée, par décision du 8 mars 2023, dans le corps des assistants socio-éducatifs ;
- elle satisfait à compter du 1er février 2019, en raison de son inscription sur le tableau d'avancement au second grade du corps des assistants socio-éducatifs, aux conditions posées par le décret n° 2018-731 du 21 août 2018 pour être promue dans ce grade.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2023, l'EPSM de Saint-Avé conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2007-1191 du 3 août 2007 ;
- le décret n° 2018-731 du 21 août 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tronel,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me Matel, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. Par une décision du 8 mars 2023 postérieure à la date de la requête, le directeur de l'EPSM de Saint-Avé a promu Mme A au second grade du corps des assistants socio-éducatifs à compter du 1er janvier 2022. Par suite, la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé sur sa demande de promotion à ce grade à compter du 1er février 2019 est, dans cette mesure devenue sans objet.
Sur le surplus des conclusions :
2. D'une part, aux termes de l'article 69 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, alors en vigueur, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 522-34 du code général de la fonction publique : " () l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 août 2007 relatif à l'avancement de grade dans certains corps de la fonction publique hospitalière : " I. - A compter du 1er janvier 2008, le nombre maximum d'avancements de grade au sein des corps de la fonction publique hospitalière est, dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et lorsque les statuts particuliers de ces corps le prévoient, déterminé pour chaque année par application d'un taux de promotion. Ce taux s'applique à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour un avancement de grade au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. Un arrêté du ministre chargé de la santé fixe le taux de promotion et comprend une annexe dans laquelle figure la liste des corps relevant de ce dispositif. / II. - Avant sa signature par le ministre chargé de la santé, le projet d'arrêté portant fixation du taux de promotion est transmis, pour avis conforme, au ministre chargé de la fonction publique et au ministre chargé du budget. Cet avis est réputé acquis en l'absence d'observation dans un délai de dix jours ouvrables à compter de la réception de la saisine ".
3. D'autre part, en vertu de l'article 1er du décret du 21 août 2018 portant dispositions statutaires communes à certains corps de catégorie A de la fonction publique hospitalière à caractère socio-éducatif, sont classés dans la catégorie A de la fonction publique hospitalière, les corps des assistants socio-éducatifs. Selon l'article 2 de ce décret, ce corps comprend deux grades. En vertu de son article 8, les fonctionnaires appartenant, à la date de leur nomination, à un corps ou un cadre d'emplois de catégorie B ou de même niveau sont classés dans la classe normale du premier grade, à l'échelon comportant un indice brut égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui qu'ils détenaient dans leur grade d'origine. Aux termes de son article 14, dans sa rédaction alors en vigueur : " Peuvent être promus au second grade : / () 2° Au choix, après inscription sur un tableau d'avancement pris après avis de la commission administrative paritaire compétente, les fonctionnaires ayant atteint le 5e échelon du premier grade et justifiant de six ans de services effectifs dans un corps, cadre d'emplois ou emploi de catégorie A ou de même niveau ". L'ensemble de ces dispositions est applicable à compter du 1er février 2019 en vertu de l'article 38 de ce même décret. Il résulte de ces dispositions qu'un fonctionnaire ne peut pas accéder au second grade du corps des assistants socio-éducatifs s'il n'a pas été inscrit au tableau d'avancement.
4. Enfin, la décision par laquelle l'autorité administrative établit un tableau d'avancement est un acte collectif composé de plusieurs décisions à caractère individuel. Aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit à cette autorité de n'inscrire qu'un seul nom sur ce tableau. Cette inscription unique emporte refus d'inscription des autres fonctionnaires ayant vocation à un avancement de grade.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, a intégré l'EPSM de Saint-Avé en qualité d'assistante de service social (catégorie B) le 25 novembre 1996. En application des dispositions précitées du décret du 21 août 2018, elle a été nommée, à compter du 1er février 2019, dans la classe supérieure du premier grade du corps des assistants socio-éducatifs. Par une décision du 2 juin 2020 devenue définitive, le directeur de l'EPSM de Saint-Avé a arrêté le tableau d'avancement au second grade d'assistant de service socio-éducatif où ne figure pas Mme A. Contrairement à ce que fait valoir l'intéressée, la circonstance qu'elle figurait dans le projet de tableau d'avancement arrêté par la commission administrative paritaire le 28 novembre 2019 qui lui a été communiqué par l'EPSM n'emporte aucun droit pour l'intéressée à être inscrite sur ce tableau. Par suite, le moyen tiré de ce que l'EPSM a commis une erreur de droit, au regard des textes précités, en ne la promouvant pas au second grade à compter du 1er février 2019 alors qu'elle était inscrite au tableau d'avancement de l'année 2019, ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de la requête en tant qu'elles concernent la situation de Mme A à compter du 1er janvier 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'établissement public de santé mentale de Saint-Avé.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le président rapporteur,
signé
N. Tronel L'assesseure la plus ancienne,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Fournet
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026