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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2200663

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2200663

vendredi 26 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2200663
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBON-JULIEN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 7 février 2022, 8 novembre 2022 et 15 novembre 2023 sous le n° 2200663, Mme A B, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de juger qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 par laquelle l'organe délibérant du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a supprimé un poste de psychologue hors classe à temps complet ;

2°) d'annuler la délibération n° 4 du 25 mai 2022 par laquelle le comité syndical du syndicat intercommunal de gestion des EHAPD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a retiré la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 et supprimé un emploi de psychologue à temps complet ;

3°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 par laquelle l'organe délibérant du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a créé un poste de psychologue à temps non complet ou, à titre subsidiaire sur ce point, dans l'hypothèse où le tribunal conclurait au non-lieu à statuer sur ces conclusions, d'annuler la délibération n° 5 du 25 mai 2022 retirant la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 et créant un poste de psychologue de classe normale à temps non complet ;

4°) d'annuler la décision implicite du préfet d'Ille-et-Vilaine rejetant sa demande présentée dans son courrier du 30 décembre 2021 ;

5°) d'annuler la décision implicite du président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual rejetant son recours gracieux du 11 juillet 2022 ;

6°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation des délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 qui ont été retirées par les délibérations nos 4 et 5 du 25 mai 2022 ;

- les délibérations attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elles ont été prises sur la base d'une information insuffisante des membres de l'organe délibérant au regard des articles L. 5211-1, L. 5211-11 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;

- elles sont illégales en raison du vice de procédure dont est entaché l'avis du comité technique paritaire au regard de l'article 97 de la 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et des articles 25 et 30 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 octobre 2022 et 9 juin 2023, le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, représenté par la SELARL Arès, demande au tribunal, à titre principal, de juger qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme B, à titre subsidiaire, de rejeter sa requête et, en tout état de cause, de mettre à sa charge le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation des délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 qui ont été retirées par les délibérations nos 4 et 5 du 25 mai 2022 ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une lettre du 8 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision implicite du préfet d'Ille-et-Vilaine rejetant la demande de la requérante présentée dans son courrier du 30 décembre 2021 dès lors que cette décision n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 18 février 2022, 9 janvier 2023 et 15 novembre 2023 sous le n° 2200889, Mme A B, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :

1°) d'annuler le courrier du 29 décembre 2021 par lequel le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual ne l'a pas réintégrée au 1er juin 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual l'a placée en surnombre ;

3°) d'enjoindre au président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, à titre principal, de la réintégrer dans ses effectifs à l'issue de la fin de son détachement, soit le 1er juin 2022, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de réintégration à l'issue de la fin de son détachement dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à titre très subsidiaire, de lui proposer une affectation dans un emploi correspondant à son grade au syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual à l'issue de la fin de son détachement dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut de base légale ; l'annulation de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 implique l'annulation des décisions attaquées ; en tout état de cause, ces dernières doivent être annulées, par la voie de l'exception, en raison de l'illégalité de cette délibération ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation ;

- elles méconnaissent l'obligation de reclassement incombant à l'établissement public ;

- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 octobre 2022 et 9 juin 2023, le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, représenté par la SELARL Arès, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une lettre du 8 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dirigée contre le courrier du président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual du 29 décembre 2021 en ce qu'il refuserait la réintégration de Mme B à compter du 1er juin 2022 dès lors qu'à la lumière de l'arrêté du même jour qu'il accompagne prévoyant implicitement mais nécessairement la réintégration de l'intéressée à compter du 1er juin 2022, ce courrier ne doit pas être regardé comme un refus de réintégration en dépit des termes employés.

III. Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 novembre 2022 et 26 décembre 2023, sous le n° 2205656, Mme A B, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :

1°) de condamner le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual à lui verser la somme totale de 13 052,15 euros en réparation de ses préjudices, somme à parfaire à la date du jugement à intervenir, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable le 11 juillet 2022 avec capitalisation des intérêts à compter du 11 juillet 2023 ;

2°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- tant les délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 que les délibérations nos 4 et 5 du 25 mai 2022 sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elles ont été prises sur la base d'une information insuffisante des membres du comité technique et du comité syndical ;

- ces délibérations sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir ;

- les illégalités dont elles sont entachées rendent illégale la décision la plaçant en surnombre et constituent une faute de nature engager la responsabilité du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual ;

- ses préjudices s'élèvent à la somme totale de 13 052,15 euros, correspondant à un préjudice patrimonial constitué des sommes non versées pendant cinq mois entre son placement en surnombre et la cessation du fait dommageable, soit 26,31 euros par mois au titre de l'indemnité compensatrice CSG, 257,01 euros par mois au titre de l'indemnité de sujétion spéciale, 97,50 euros par mois au titre de l'indemnité spéciale et 229,61 euros au titre de la prime dite " Ségur ", ainsi qu'à un préjudice moral qu'elle évalue à la somme de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2023, le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, représenté par la SELARL Arès, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires présentées par Mme B sont irrecevables en ce qu'elles concernent les préjudices patrimoniaux qu'elle invoque et qui correspondent en réalité à la contestation de décisions dont l'objet est purement pécuniaire devenues définitives ;

- il n'a commis aucune illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité ;

- les délibérations litigieuses du 8 décembre 2021 ayant été retirées et remplacées par les délibérations du 25 mai 2022, les éventuelles illégalités dont elles étaient entachées ne peuvent ouvrir droit à réparation ;

- les préjudices invoqués par la requérante ne sont pas établis.

IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 novembre 2022 et 15 novembre 2023 sous le n° 2205657, Mme A B, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 5 du 25 mai 2022 par laquelle le comité syndical du syndicat intercommunal de gestion des EHAPD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a retiré la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 et créé un poste de psychologue de classe normale à temps non complet, ainsi que la décision du 11 juillet 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il appartiendra au tribunal de joindre la présente requête à celle présentée dans l'instance n° 2200663 et de statuer d'abord sur les conclusions aux fins d'annulation de la délibération n° 5 du 25 mai 2022 puis de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la délibération n° 11 du 8 décembre 2022 ;

- la délibération n° 5 du 25 mai 2022 est illégale en raison du vice de procédure dont est entaché l'avis du comité technique paritaire au regard de l'article 97 de la 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et des articles 25 et 30 du décret n°85-565 du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;

- la délibération n° 5 du 25 mai 2022 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise sur la base d'une information insuffisante des membres du comité syndical au regard des articles L. 5211-1, L. 5211-11 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 332-8 du code général de la fonction publique ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 juin et 7 décembre 2023, le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, représenté par la SELARL Arès, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, à défaut pour Mme B de justifier de son intérêt à agir ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-565 du 30 mai 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme René,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- ainsi que les observations de Me Semino, représentant Mme B, celles de Mme B et celles de Me Marie, représentant le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual.

Une note en délibéré, enregistrée le 15 janvier 2024, a été présentée pour Mme B dans les quatre présentes instances.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée par le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual le 1er avril 2014 en qualité de psychologue de classe normale à temps complet. Elle a bénéficié d'un avancement au grade de psychologue hors classe à compter du 1er janvier 2015. Elle a fait l'objet d'un détachement auprès du centre hospitalier de Dinan à compter du 1er juin 2018, renouvelé pour trois ans à compter du 1er juin 2019. Par courrier du 21 décembre 2021, elle a demandé à être réintégrée dans les effectifs du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual à compter du 1er juin 2022. Par délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 en litige dans l'instance n° 2200663, ce syndicat intercommunal a modifié le tableau des effectifs, d'une part en supprimant le poste de psychologue hors classe temps plein à compter du 9 décembre 2021 et d'autre part en créant un poste de psychologue clinicien à temps non complet de 70% à compter de la même date. Par un courrier du 30 décembre 2021 adressé au préfet d'Ille-et-Vilaine resté sans réponse, Mme B a également contesté la légalité de ces délibérations. Par arrêté du président du syndicat intercommunal du 29 décembre 2021, elle a été maintenue en surnombre à compter du 1er juin 2022 au motif qu'aucun emploi à temps complet correspondant à son grade n'était vacant, la lettre d'accompagnement de cet arrêté mentionnant la " non intégration " de Mme B. La requérante demande l'annulation de cet arrêté et du courrier du 29 décembre 2021 dans l'instance n° 2200889.

2. Par délibérations nos 4 et 5 du 25 mai 2022 dont l'intéressée demande l'annulation respectivement dans les instances nos 2200663 et 2205657, le comité syndical du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a, d'une part, retiré et remplacé la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 ainsi que supprimé l'emploi de psychologue à temps complet et, d'autre part, retiré et remplacé la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 ainsi que créé l'emploi de psychologue à temps non complet de 70 %. Par courrier du 9 juillet 2022, reçu le 11 juillet suivant, Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de ces délibérations, lequel a été rejeté par une décision implicite. Enfin, par courrier du 6 juillet 2022, la requérante a déposé une demande indemnitaire préalable pour l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Sa demande a été implicitement rejetée. Dans l'instance n° 2205657, elle demande la condamnation du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual à lui verser la somme totale de 13 052,15 euros au même titre. Il y a lieu de joindre ces affaires qui concernent la même requérante et présentent à juger des questions semblables pour statuer par un seul jugement.

Sur les requêtes nos 2200663, 2200889 et 2205657 :

En ce qui concerne le désistement partiel :

3. Dans l'instance n° 2200663, Mme B, qui demande dans ses dernières écritures de juger qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 supprimant un poste de psychologue à temps complet, doit être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions tendant à l'annulation de cette délibération. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement partiel.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du préfet rejetant la demande de Mme B :

4. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission () ". L'article L. 2131-8 du même code dispose : " Sans préjudice du recours direct dont elle dispose, si une personne physique ou morale est lésée par un acte mentionné aux articles L. 2131-2 et L. 2131-3, elle peut, dans le délai de deux mois à compter de la date à laquelle l'acte est devenu exécutoire, demander au représentant de l'Etat dans le département de mettre en œuvre la procédure prévue à l'article L. 2131-6 () ". Aux termes de l'article L. 5211-3 du même code : " Les dispositions du chapitre premier du titre III du livre premier de la deuxième partie relatives au contrôle de légalité et au caractère exécutoire des actes des communes sont applicables aux établissements publics de coopération intercommunale () ". Enfin, aux termes de l'article L. 5212-1 du même code : " Le syndicat de communes est un établissement public de coopération intercommunale associant des communes en vue d'œuvres ou de services d'intérêt intercommunal ". La saisine du préfet, sur le fondement de ces dispositions, par une personne qui s'estime lésée par l'acte d'une collectivité locale n'ayant pas pour effet de la priver de la faculté d'exercer un recours direct contre cet acte, le refus du préfet de déférer celui-ci au tribunal administratif ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

5. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 30 décembre 2021 présenté comme un recours hiérarchique, Mme B a demandé au préfet d'Ille-et-Vilaine d' " [intervenir] auprès du président du SIGEHPAD afin qu'il procède au retrait " des délibérations de l'organe délibérant du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual n° 10 et 11 du 8 décembre 2021 en litige. A supposer même que ce courrier, qui ne peut être regardé comme un recours hiérarchique, puisse en revanche être regardé comme demandant à l'autorité préfectorale de déférer devant le tribunal, en application des dispositions précitées de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, ces délibérations du 8 décembre 2021, la réponse apportée par l'autorité préfectorale à la demande de Mme B n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du préfet d'Ille-et-Vilaine rejetant la demande de la requérante sont donc irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation du courrier du président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual du 29 décembre 2021 :

6. Aux termes de l'article 67 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors applicable : " A l'expiration d'un détachement de courte durée, le fonctionnaire est obligatoirement réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté dans l'emploi qu'il occupait antérieurement. / A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le cadre d'emplois ou corps de détachement, réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. Il est tenu compte, lors de sa réintégration, du grade et de l'échelon qu'il a atteints dans le corps ou cadre d'emplois de détachement sous réserve qu'ils lui soient plus favorables. Toutefois, cette disposition n'est pas applicable au fonctionnaire dont le détachement dans un corps ou cadre d'emplois pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité n'est pas suivi d'une titularisation. Lorsque le fonctionnaire détaché refuse l'emploi proposé, il ne peut être nommé à l'emploi auquel il peut prétendre ou à un emploi équivalent que lorsqu'une vacance est ouverte ou un poste créé. Il est, en attendant, placé en position de disponibilité d'office. / () ". Aux termes de l'article 97 de la même loi, alors applicable : " I.-Un emploi ne peut être supprimé qu'après avis du comité social territorial sur la base d'un rapport présenté par la collectivité territoriale ou l'établissement public. () Si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an. Pendant cette période, tout emploi créé ou vacant correspondant à son grade dans la collectivité ou l'établissement lui est proposé en priorité ; la collectivité ou l'établissement, la délégation régionale ou interdépartementale du Centre national de la fonction publique territoriale et le centre de gestion examinent, chacun pour ce qui le concerne, les possibilités de reclassement. Est également étudiée la possibilité de détachement ou d'intégration directe du fonctionnaire sur un emploi équivalent d'un autre cadre d'emplois au sein de la même collectivité ou de l'établissement. Sont également examinées les possibilités d'activité sur un emploi correspondant à son grade ou un emploi équivalent dans l'un des versants de la fonction publique. Au terme de ce délai, le fonctionnaire est pris en charge par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement, ou par le Centre national de la fonction publique territoriale s'il relève de l'un des cadres d'emplois de catégorie A auxquels renvoie l'article 45. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 29 décembre 2021, le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a décidé du placement en surnombre de Mme B à compter du 1er juin 2022, soit à l'issue de sa période de détachement auprès du centre hospitalier René Pleven de Dinan. Par cet arrêté, le président du syndicat intercommunal a implicitement mais nécessairement entendu réintégrer Mme B dans son cadre d'emploi à compter de cette date, une telle réintégration étant un préalable nécessaire au placement en surnombre.

8. Ainsi, si le courrier daté du 29 décembre 2021 mentionne qu'il ne peut être procédé à la " réintégration " de Mme B dès lors qu' " aucun emploi correspondant au grade de psychologue hors classe à temps complet n'est vacant " et se réfère à " l'arrêté visant votre non-intégration " joint, ce courrier doit être regardé, à la lumière de l'arrêté qu'il accompagne et en dépit des termes employés, comme informant seulement l'intéressée que le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual ne pouvait lui offrir à l'issue de son détachement un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois en l'absence d'emploi vacant. Par suite, en l'absence de décision de refus de réintégration de Mme B au 1er juin 2022, les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2200889 dirigées contre une telle décision inexistante sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de la délibération n° 4 du 25 mai 2022 :

9. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 542-2 du code général de la fonction publique, en vigueur depuis le 1er mars 2022, reprenant la teneur du premier alinéa de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale antérieurement applicable : " Un emploi relevant de la fonction publique territoriale ne peut être supprimé qu'après avis du comité social territorial sur la base d'un rapport présenté par la collectivité territoriale ou l'établissement public mentionné à l'article L. 4 ". Aux termes de l'article 25 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics alors applicable : " La convocation du comité technique est accompagnée de l'ordre du jour de la séance. La convocation peut être envoyée par tous moyens, notamment par courrier électronique. Les questions entrant dans la compétence des comités techniques dont l'examen a été demandé par la moitié au moins des représentants titulaires du personnel sont obligatoirement inscrites à l'ordre du jour. / () ". Aux termes de l'article 30 du même décret : " Lors de l'ouverture de la réunion, la moitié au moins des représentants du personnel doivent être présents. En outre, lorsqu'une délibération de la collectivité territoriale ou de l'établissement public a prévu, en application du II de l'article 26, le recueil par le comité technique de l'avis des représentants de la collectivité ou de l'établissement, la moitié au moins de ces représentants doivent être présents. / Lorsque le quorum n'est pas atteint dans le ou l'un des collèges ayant voix délibérative, une nouvelle convocation est envoyée dans le délai de huit jours aux membres du comité qui siège alors valablement sur le même ordre du jour, quel que soit le nombre de membres présents. Il ne peut alors être fait application des dispositions prévues par l'article 30-1 ".

10. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces des dossiers qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

11. D'une part, il ressort des pièces des dossiers que les membres du comité technique ont été convoqués à une première séance de ce comité du 5 mai 2022 par un courrier du 22 avril 2022 qui était accompagné de l'ordre du jour et d'un rapport explicatif relatif à la modification du tableau des effectifs du poste de psychologue du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual. Ce rapport relate le contexte de ce projet, notamment le placement de Mme B en disponibilité le 1er juin 2018 et la réorganisation des services décidée par une délibération du 29 mai 2018, le besoin du recours aux services d'un ergothérapeute en EHPAD, le budget disponible couvrant " 0,3 ETP psychologue hors classe couvrant à 0,5 ETP d'un technicien paramédical de classe normal[e] " et la volonté du syndicat intercommunal de supprimer le poste de psychologue à temps plein au grade de psychologue hors classe et de créer un poste de psychologue à temps non complet à 70 % au grade de psychologue de classe normale. Le rapport précise qu'il s'agit d'une décision stratégique vérifiée depuis quatre ans par le fonctionnement des équipes et l'impact sur le bien-être des résidents et que le syndicat intercommunal ne peut pas supporter budgétairement un poste de psychologue hors classe et un mi-temps de poste d'ergothérapeute. Il ressort du procès-verbal de la séance du comité technique du 5 mai 2022 qu'à l'issue de l'examen de ce projet, au cours duquel ce dernier a été discuté en détails entre les membres du comité, les trois représentants du personnels présents ont voté contre la suppression d'un poste de psychologue à temps complet. A la suite de cette séance, les membres du comité technique ont été convoqués à une nouvelle séance du 16 mai 2022 par un courrier du 5 mai 2022, comportant également un ordre du jour et le rapport explicatif dans lequel étaient ajoutées les mentions de l'avis défavorable unanime des représentants du personnel lors du comité technique du 5 mai 2022 et de la nécessité de réexaminer la question de la suppression d'un poste de psychologue à temps complet et de réunir à nouveau ce comité. A l'issue d'un nouveau débat intervenu lors de la séance du 16 mai 2022, les trois représentants du personnel ont à nouveau voté contre la suppression d'un poste de psychologue à temps complet.

12. Contrairement à ce que soutient Mme B, au regard de l'ensemble des éléments présentés dans la note explicative et des débats intervenus à la fois le 5 et le 16 mai 2023, seulement cinq mois environ après que le sujet a déjà été évoqué en séance du comité technique le 8 décembre 2021, il apparaît que les membres du comité technique ont bénéficié d'une information suffisante sur le contexte et les implications du projet en cause, y compris d'un point de vue budgétaire, pour pouvoir exprimer utilement leur opinion sur l'ensemble des questions soulevées par le projet, alors même que n'ont été évoqués ni le nécessaire placement en surnombre de Mme B à l'issue de son placement en détachement, lequel n'avait d'ailleurs vocation qu'à être provisoire, ni le projet global du syndicat intercommunal tel qu'approuvé par délibération n° 1 du 6 octobre 2021 dont les orientations tendant de manière générale à " faire de l'EHPAD une plateforme gérontologique de par sa position géographique " en privilégiant la mutualisation des moyens ne sont d'ailleurs pas contradictoires avec le projet du même syndicat de suppression d'un emploi de psychologue à temps complet nécessitée par sa volonté de pérenniser l'organisation alors mise en place avec deux postes de psychologue et d'ergothérapeute à temps non complets. Il ne ressort en outre d'aucune des pièces du dossier, notamment des procès-verbaux des séances du comité technique, que le directeur du syndicat intercommunal aurait entendu exercer une quelconque pression sur les représentants du personnel, lesquels ont au demeurant unanimement émis un vote défavorable, ni même sur Mme B. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure entachant l'avis du comité technique au regard des dispositions du premier alinéa de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale figurant désormais à l'article L. 542-2 du code général de la fonction publique et de l'article 25 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics doit être écarté.

13. D'autre part, si la requérante invoque les dispositions de l'article 30 du même décret du 30 mai 1985, elle n'apporte aucun élément de nature à permettre au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable à la date de la délibération attaquée : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. / () Pour l'application des articles L. 2121-11 et L. 2121-12, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus. / () ". Aux termes de l'article L. 2121-11 de ce code : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion. / En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire, sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. Le maire en rend compte dès l'ouverture de la séance au conseil municipal qui se prononce sur l'urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l'ordre du jour d'une séance ultérieure ". Aux termes de l'article L. 2121-12 de ce code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. / () ".

15. Mme B ne peut utilement soutenir, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la délibération n° 4 du 25 mai 2022, que les dispositions précitées de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales auraient été méconnues dès lors qu'il résulte de l'article L. 5211-1 du même code dans sa version en vigueur à la date de la délibération en litige que ce sont les dispositions de son article L. 2121-12 qui étaient alors applicables au syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual, et non celles de son article L. 2121-11.

16. En tout état de cause, il ressort des pièces des dossiers que les membres du comité syndical du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual ont été convoqués par un courrier du 18 mai 2022 pour la séance du 25 mai suivant et la requérante ne conteste pas le respect du délai de convocation. La convocation comportait un ordre du jour mentionnant la " fermeture du poste de psychologue à temps plein (grade psychologue hors classe) " et la " création d'un poste de psychologue à temps non complet à 70 % (grade psychologue de classe normale) ouvert aux agents titulaires et contractuels " et était accompagnée d'une note explicative de synthèse reprenant les éléments figurant dans les rapports transmis au comité technique mentionnés au point 11 du présent jugement, cette note ajoutant d'une part que les deux délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 avaient fait l'objet d'un recours contentieux par Mme B qui, compte tenu de l'aléa judiciaire, impliquait de régulariser la situation, présentant d'autre part les résultats des deux consultations du comité technique et précisant enfin qu'il était proposé au comité syndical de retirer les délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 et de les remplacer par deux nouvelles délibérations dont les projets étaient joints. Dans ces conditions, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11 s'agissant de l'information des membres du comité syndical, il ressort des pièces des dossiers que les membres du comité syndical ont disposé d'une information suffisante pour pouvoir prendre position sur le projet en litige en toute connaissance de cause. Le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée la délibération attaquée à cet égard doit dès lors être écarté, y compris au regard de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales.

17. En troisième lieu, un syndicat intercommunal peut légalement, quel que soit l'état des finances communales, procéder à une suppression d'emploi par mesure d'économie. Des motifs tirés de l'intérêt du service peuvent également légalement fonder une suppression d'emploi.

18. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers, notamment des termes de la délibération attaquée, que le retrait de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 et la suppression de l'emploi de psychologue à temps complet, laquelle a été suivie de la création d'un emploi de psychologue à temps non complet de 70 %, sont motivés par l'aléa judiciaire quant à l'annulation de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 par le tribunal en raison de l'introduction par Mme B de la requête enregistrée sous le n° 2200663, ainsi que par le projet d'établissement validé par le comité syndical, l'intérêt du service et l'organisation des compétences actuelles entre les psychologue et ergothérapeute au sein de l'établissement. Il ressort des pièces des dossiers que l'organisation mise en place après le placement de la requérante en détachement en 2018 consistant à employer, outre une psychologue à temps non complet de 70 %, un ergothérapeute à mi-temps, a permis d'améliorer la qualité des services offerts aux résidents de l'EHPAD, sans qu'il soit établi que les besoins de l'établissement liés au travail du psychologue ne seraient pas satisfaits par un temps de travail à 70 % à la date de la délibération attaquée, y compris au regard du " projet global " du syndicat intercommunal approuvé par la délibération n° 1 du 6 octobre 2021 mentionnée au point 11 du présent jugement et de l'évolution tendancielle des profils médicaux des résidents marquée par l'augmentation de maladies neurologiques et psychiatriques. De plus, alors que la délibération du 27 avril 2022 produite en défense approuvant le compte administratif de l'année 2021 fait apparaître un déficit de 59 514,30 euros, ce qui tend à démontrer que l'établissement n'était pas en capacité de financer un emploi de psychologue à temps complet en plus d'un poste d'ergothérapeute, Mme B n'établit pas davantage que le budget du syndicat intercommunal permettrait de maintenir un emploi de psychologue à temps complet tout en conservant le poste d'ergothérapeute à mi-temps. Enfin, et alors même que les compétences professionnelles de Mme B ne sont pas contestées, la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'adéquation de ses qualités professionnelles avec le projet de l'établissement dès lors que l'appréciation de la légalité de la décision attaquée, de caractère réglementaire, doit s'opérer indépendamment des qualités de la personne en poste. Il résulte de l'ensemble de ces considérations que par la délibération attaquée, le comité syndical a pu, dans l'intérêt du service et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, décidé du retrait de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 et de la suppression de l'emploi de psychologue à temps complet.

19. En dernier lieu, eu égard à ce qui vient d'être dit et alors même, d'une part, que la procédure initiale en vue de la suppression d'emploi en litige a été engagée très peu de temps après l'annonce de Mme B auprès du directeur du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual de sa volonté de réintégrer l'établissement et, d'autre part, qu'un agent contractuel a été recruté sur le poste de psychologue de classe normale dès le 9 décembre 2021 après une publication de poste le 12 novembre précédent, le détournement de pouvoir allégué par la requérante n'est pas établi.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation de la délibération n° 4 du 25 mai 2022 supprimant un emploi de psychologue à temps complet doivent être rejetées.

S'agissant de la délibération n° 5 du 25 mai 2022 :

21. Aux termes de l'article L. 313-1 du code général de la fonction publique, reprenant la teneur de l'article 34 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale antérieurement applicable : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement mentionné à l'article L. 4 sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. / La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l'emploi créé. () Elle indique, le cas échéant, si l'emploi peut également être pourvu par un agent contractuel territorial. Dans ce dernier cas, elle indique le motif invoqué, la nature des fonctions, les niveaux de recrutement et de rémunération de l'emploi créé. / Aucune création d'emploi ne peut intervenir si les crédits disponibles au chapitre budgétaire correspondant ne le permettent. / () ".

22. En premier lieu, les moyens tirés des vices de procédures dont seraient entachés l'avis du comité technique et la délibération attaquée s'agissant de l'information reçue par les membres du comité technique et du comité syndical, au regard respectivement, d'une part, des articles 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale figurant désormais à l'article L. 542-2 du code général de la fonction publique et des articles 25 et 30 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics et, d'autre part, en particulier, de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 à 16 du présent jugement.

23. En deuxième lieu, dès lors que Mme B n'a pas démontré l'illégalité de la délibération n° 4 du 25 mai 2022 par les moyens qu'elle a invoqué et en l'absence d'argument spécifique apporté par la requérante dans ses conclusions dirigées contre la délibération n° 5 du même jour portant création d'un emploi de psychologue de classe normale à temps non complet, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée cette délibération doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 18 du présent jugement.

24. En dernier lieu, pour les mêmes raisons, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 19 du présent jugement.

25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation de la délibération n° 5 du 25 mai 2022 portant création d'un emploi de psychologue de classe normale à temps non complet doivent être rejetées.

S'agissant de la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 :

26. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.

27. Ainsi qu'il a été dit précédemment, postérieurement à l'introduction de la requête enregistrée sous le n° 2200663, le comité syndical du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a, par la délibération n° 5 du 25 mai 2022, retiré la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 portant création d'un poste de psychologue à temps non complet et pris une nouvelle décision de même portée de création d'un poste de psychologue clinicien à temps non complet de 70 %, en précisant que cet emploi est ouvert aux agents placés sur le grade de psychologue de classe normale et qu'il peut être pourvu par un agent contractuel territorial sur le fondement de l'article L. 332-8 du code général de la fonction publique, pour exercer les fonctions de psychologue clinicien, avec le diplôme psychologue spécialité clinicien et une rémunération par référence à l'échelle indiciaire applicable aux psychologues de classe normale, augmentée des primes liées aux fonctions.

28. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 23 du présent jugement, les conclusions de Mme B dirigées contre la délibération n° 5 du 25 mai 2022 sont rejetées, ses conclusions dirigées contre la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 ont perdu leur objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

S'agissant de l'arrêté du 29 décembre 2021 portant maintien de Mme B en surnombre :

29. Aux termes de l'article L. 542-4 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire territorial dont l'emploi est supprimé est maintenu en surnombre pendant un an si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi de son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois ".

30. L'arrêté du 29 décembre 2021 de maintien en surnombre de Mme B à compter du 1er juin 2022 est fondé sur l'absence de vacance d'un emploi correspondant au grade de psychologue hors classe à temps complet. Compte tenu du retrait des délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 opéré par les délibérations nos 4 et 5 du 25 mai 2022 et dès lors que ces deux dernières délibérations doivent être regardées comme ne supprimant le poste de psychologue hors classe à temps complet et ne créant un poste de psychologue de classe normale à temps incomplet que pour l'avenir, soit à compter de leur entrée en vigueur, le tableau des effectifs comportait encore, à la date de la décision attaquée, un poste de psychologue hors classe à temps complet. Il s'ensuit qu'à cette date, le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual n'a pu, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur l'absence de vacance d'un emploi correspondant au grade de psychologue hors classe à temps complet pour placer Mme B en surnombre à l'issue de son détachement. L'arrêté en litige du 29 décembre 2021 doit, pour ce motif, être annulé.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

31. L'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a placé en surnombre Mme B à compter du 1er juin 2022 prononcée par le présent jugement implique seulement mais nécessairement que ce syndicat intercommunal recherche, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement s'il est possible, à cette date, de la reclasser sur un emploi vacant correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois.

En ce qui concerne les frais liés au litige :

32. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de chaque partie les frais d'instance exposés et non compris dans les dépens dans les instances nos 2200663, 2200889 et 2205657.

Sur la requête n° 2205656 :

En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :

33. A l'appui de ses conclusions indemnitaires, Mme B soutient que les illégalités entachant les délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 et nos 4 et 5 du 25 mai 2022 rendent illégales l'arrêté du 29 décembre 2021 la plaçant en surnombre, de sorte qu'elles constituent une faute de nature à engager la responsabilité du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual. Elle fait en particulier valoir que ces délibérations sont entachées de vices de procédures en ce qu'elles ont été prises sur la base d'une information insuffisante des membres du comité technique et du conseil syndical, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un détournement de pouvoir.

34. Toutefois, le présent jugement ne retient aucune des illégalités dont se prévaut par Mme B concernant les délibérations nos 10 et 11 du 8 décembre 2021 et nos 4 et 5 du 25 mai 2022, de sorte que la responsabilité du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual ne peut être engagée en raison d'une illégalité fautive à cet égard. Dans ces conditions, et dès lors que dans l'instance n° 2205656 la requérante n'invoque pas d'illégalité fautive propre à l'arrêté du 29 décembre 2021 la plaçant en surnombre, les conclusions indemnitaires de cette requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual.

Sur les frais liés au litige :

35. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de chaque partie les frais d'instance exposés et non compris dans les dépens dans les présentes instances.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions en annulation de la délibération n° 10 du 8 décembre 2021 par laquelle l'organe délibérant du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a supprimé un poste de psychologue à temps complet dans l'instance n° 2200663.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B dirigées contre la délibération n° 11 du 8 décembre 2021 par laquelle l'organe délibérant du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a créé un poste de psychologue à temps non complet dans l'instance n° 2200663.

Article 3 : L'arrêté du 29 décembre 2021 par lequel le président du syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual a placé en surnombre Mme B à compter du 1er juin 2022 est annulé.

Article 4 : Il est enjoint au syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual de rechercher, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement s'il est possible, à cette date, de la reclasser sur un emploi vacant correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au syndicat intercommunal de gestion des EHPAD de Saint-Domineuc et de Saint-Thual et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Pottier, première conseillère,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

C. René

Le président,

signé

N. Tronel

La greffière d'audience,

signé

É. Fournet

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2200663, 2200889, 2205656, 2205657

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