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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2200672

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2200672

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2200672
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 février 2022 et 4 décembre 2023, M. A C, M. D C et Mme B E, représentés par la SARL Martin Avocats, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Languidic du 22 juillet 2021 portant opposition à la déclaration préalable déposée le 12 juillet 2021 en vue de détacher deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section YA n° 185, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de Languidic d'édicter une décision de non-opposition à la déclaration préalable, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Languidic la somme de 2 500 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête n'est pas tardive dès lors que l'arrêté du 22 juillet 2021 ne leur a pas été notifié ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- c'est à tort que la décision retient que le plan local d'urbanisme de Languidic est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale (SCOT) du pays de Lorient, dès lors que la parcelle litigieuse se trouve dans une zone délimitée comme un secteur de taille et de capacité d'accueil limitée où le SCOT permet, sous conditions, l'urbanisation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la commune de Languidic, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive, dès lors que le recours gracieux a été présenté après l'expiration du délai de recours ouvert par la notification de la décision attaquée ;

- pour le surplus, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blanchard,

- les conclusions de M. Grondin, rapporteur public,

- et les observations de Me Laville Colomb, représentant les requérants, et de Me Souleau, de la SELARL Cabinet Coudray, représentant la commune de Languidic.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

2. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Languidic a adressé à la société de géomètres ayant déposé la déclaration préalable pour le compte de MM. C et Mme E un courrier recommandé avec avis de réception contenant la décision du 22 juillet 2021 portant opposition à cette déclaration préalable, déposée le 12 juillet 2021 en vue de détacher deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section YA n° 185. L'étiquette adhésive apposée sur l'enveloppe indique que le pli a été présenté et non réclamé. Si le bordereau également apposé sur l'enveloppe n'indique pas la date et l'heure de présentation du pli à l'adresse du destinataire, il ressort des mentions de l'historique de suivi du courrier sur l'application de La Poste Tracéo, produit par la commune, que le pli a été présenté le 24 juillet 2021 à cette adresse avant d'être mis en instance au bureau de poste, puis réexpédié à la commune le 10 août 2021 au terme du délai d'instance. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, la fiche de suivi produite en défense se rapporte bien au courrier adressé à la société de géomètres mandatée par les requérants et contenant la décision attaquée, dès lors que le numéro d'envoi figurant sur cette fiche de suivi est identique à celui figurant sur le bordereau du suivi apposé sur l'enveloppe adressée à cette même société. Dans ces conditions, l'administration apporte la preuve que les garanties que confère la réglementation postale au destinataire d'un pli ont été respectées et que l'arrêté du 22 juillet 2021 doit ainsi être regardé comme ayant été régulièrement notifié le 24 juillet 2021, date à laquelle le pli a été présenté pour la première fois à l'adresse indiquée par le demandeur. Le délai de recours de deux mois contre l'arrêté attaqué a donc commencé à courir à cette date.

3. Dès lors que, le 8 octobre 2021, date à laquelle le recours gracieux des requérants a été reçu par la commune de Languidic, le délai de recours contre la décision attaquée était expiré, ce recours n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux. Il en résulte que la requête introduite le 8 février 2022 est tardive et qu'elle doit être rejetée.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Languidic, qui n'a pas la qualité de partie perdante, une somme au titre des frais exposés par MM. C et Mme E et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement d'une somme quelconque à la commune de Languidic au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de MM. C et Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Languidic sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C premier dénommé, désigné représentant unique des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune de Languidic.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Blanchard, premier conseiller,

Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

A. Blanchard

Le président,

signé

C. RadureauLe greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 220067

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