vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2200967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et deux mémoires dont le dernier n'a pas été communiqué, enregistrés le 22 février 2022, le 1er février 2024 et le 26 avril 2024, sous le n° 2200967 M. C A, représenté par la SELARL Valadou-Josselin et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 28 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Concarneau a approuvé la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Concarneau la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la convocation des membres du conseil municipal était irrégulière ;
- la délibération litigieuse méconnaît les obligations relatives à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite et est incompatible avec l'article L. 101-2 8° du code d'urbanisme ;
- elle est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale de Concarneau Cornouaille agglomération ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation est incohérente avec le programme d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 décembre 2023 et le 7 mars 2024, la commune de Concarneau, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête et six mémoires dont le dernier n'a pas été communiqué, enregistrés le 21 septembre 2023, le 1er mars et le 18 mars, le 10 avril, le 17 mai, le 19 juin et le 23 juillet 2024, sous le n° 2305126, M. C A et Mme E B, représentés par la SELARL Valadou-Josselin et Associés, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Concarneau a délivré à la société d'aménagement du Finistère (SAFI) un permis d'aménager sous réserve du respect de prescriptions pour la réalisation de 16 macro-lots sur des terrains situés 9001 F rue des Jardins à Concarneau ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2023 par lequel le maire de la commune de Concarneau a transféré ce permis à Finistère Habitat ;
3°) d'annuler la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Concarneau la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés en litige sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure en raison de l'absence de vérification par le service instructeur que le projet était conforme à ce qui a justifié une dispense d'étude d'impact ;
- le dossier de demande de permis d'aménager était incomplet ;
- les arrêtés méconnaissent l'article 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- ils méconnaissent l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- ils méconnaissent l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- ils sont illégaux en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme pour les motifs développés dans le cadre du recours contre la délibération approuvant la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme ;
- ils méconnaissent les obligations relatives à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite ;
- ils méconnaissent l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaissent l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par six mémoires en défense, enregistrés le 4 janvier, le 19 et le 28 mars, le 24 avril, 6 juin, le 3 juillet 2024, la commune de Concarneau et Finistère Habitat, représentés par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A et Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 ;
- le décret n° 2006-1657 du 21 décembre 2006 relatif à l'accessibilité de la voirie et des espaces publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Nadan, de la SELARL Valadou-Josselin et Associés, représentant M. A et Mme B, et de Me Riou, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Concarneau et Finistère Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 12 décembre 2019, la commune de Concarneau a engagé une procédure de mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme puis par une délibération du 28 septembre 2021, le conseil municipal a approuvé cette mise en compatibilité n° 1. M. A, habitant de la commune, a formé un recours gracieux contre cette délibération qui a été rejeté par une décision du 22 décembre 2021. Il demande l'annulation de ces deux décisions. Le 27 juillet 2022, la société d'aménagement du Finistère (SAFI) a déposé une demande de permis d'aménager, substituée le 15 novembre 2022 pour la réalisation de 16 macro-lots sur les terrains situés au 9001 F rue des jardins à Concarneau. Par un arrêté du 29 décembre 2022, le maire de la commune de Concarneau lui a délivré le permis sollicité sous réserve du respect de prescriptions. Par un arrêté du 28 février 2023, cette autorisation d'urbanisme a été transférée à Finistère Habitat. M. A et Mme B ont formé un recours gracieux contre ce permis d'aménager qui a été implicitement rejeté. M. A et Mme B demandent l'annulation de ces trois décisions. Les affaires enregistrées sous les nos 2200967 et 2305126 concernent le projet de réhabilitation de l'ancienne gare ferroviaire de Concarneau. Elles présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme :
En ce qui concerne la convocation des conseillers municipaux :
2. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 de ce code : Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. Si la délibération concerne un contrat de service public, le projet de contrat ou de marché accompagné de l'ensemble des pièces peut, à sa demande, être consulté à la mairie par tout conseiller municipal dans les conditions fixées par le règlement intérieur. Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. Le maire en rend compte dès l'ouverture de la séance au conseil municipal qui se prononce sur l'urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l'ordre du jour d'une séance ultérieure. Le présent article est également applicable aux communes de moins de 3 500 habitants lorsqu'une délibération porte sur une installation mentionnée à l'article L. 511-1 du code de l'environnement. ". Enfin, l'article L. 2121-13 de ce code dispose que : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
3. L'obligation de faire parvenir aux conseillers municipaux les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
4. D'une part, il ressort des mentions de la délibération litigieuse, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que les conseillers ont été convoqués le 16 septembre 2021 à la séance du 28 septembre soit dans le délai de cinq jours prévu par l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. La preuve contraire n'est pas apportée et il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des mentions du procès-verbal de séance, que les conseillers se seraient plaints de ne pas avoir reçu cette convocation alors que sur 33 conseillers en exercice, 30 étaient présents et 32 ont voté. Il ressort en outre des mentions de ce procès-verbal que les conseillers municipaux ont reçu à leur domicile et par mail l'ordre du jour et la note de synthèse correspondant à cette séance le 22 septembre 2021, soit toujours dans le délai de cinq jours. Ce courriel, produit à l'instance, mentionnait un lien de téléchargement pour accéder " aux documents du conseil ". Il ne ressort pas du procès-verbal que les conseillers auraient indiqué ne pas avoir reçu ces documents. Par suite, la branche du moyen tiré de ce que les conseillers municipaux n'ont pas reçu une convocation régulière dans le délai imparti et comprenant un ordre du jour et une notice explicative doit être écartée.
5. D'autre part, le contenu de la notice explicative produite en défense permettait de comprendre le contexte dans lequel s'inscrivait le projet de mise en compatibilité du plan local d'urbanisme ainsi que les motifs de droit et de faits justifiant les mesures envisagées. Elle permettait de comprendre les partis retenus, le sens de l'avis du commissaire enquêteur et les modifications apportées au projet à la suite des avis émis. Par suite, cette notice satisfaisait aux exigences des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la convocation irrégulière des conseillers municipaux doit être écarté.
En ce qui concerne le respect des obligations relatives à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite et l'incompatibilité avec l'article L. 101-2 8° du code d'urbanisme :
7. Aux termes de l'article 45 de la loi n° 2005-102 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées " I. - La chaîne du déplacement, qui comprend le cadre bâti, la voirie, les aménagements des espaces publics, les systèmes de transport et leur intermodalité, est organisée pour permettre son accessibilité dans sa totalité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Dans un délai de dix ans à compter de la date de publication de la présente loi, les services de transport collectif devront être accessibles aux personnes handicapées et à mobilité réduite. () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2006-1657 du 21 décembre 2006 relatif à l'accessibilité de la voirie et des espaces publics : " A compter du 1er juillet 2007, l'aménagement, en agglomération, des espaces publics et de l'ensemble de la voirie ouverte à la circulation publique et, hors agglomération, des zones de stationnement, des emplacements d'arrêt des véhicules de transport en commun et des postes d'appel d'urgence est réalisé de manière à permettre l'accessibilité de ces voiries et espaces publics aux personnes handicapées ou à mobilité réduite avec la plus grande autonomie possible. Ces dispositions sont applicables à l'occasion de la réalisation de voies nouvelles, d'aménagements ou de travaux ayant pour effet de modifier la structure des voies ou d'en changer l'assiette ou de travaux de réaménagement, de réhabilitation ou de réfection des voies, des cheminements existants ou des espaces publics, que ceux-ci soient ou non réalisés dans le cadre d'un projet de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics. ".
8. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : () 8° La promotion du principe de conception universelle pour une société inclusive vis-à-vis des personnes en situation de handicap ou en perte d'autonomie dans les zones urbaines et rurales. () ". Le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code l'urbanisme.
9. En l'espèce, les dispositions dont se prévaut M. A imposent dans le cadre de l'aménagement, en agglomération, des espaces publics et de l'ensemble de la voirie ouverte à la circulation publique et, hors agglomération, que soient réalisées des zones de stationnement, des emplacements d'arrêt des véhicules de transport en commun et des postes d'appel d'urgence de manière à permettre l'accessibilité de ces voiries et espaces publics aux personnes handicapées ou à mobilité réduite avec la plus grande autonomie possible. Toutefois ces dispositions ne vont pas jusqu'à imposer de réaliser des places de stationnement au droit des propriétés des personnes en situation de handicap. Il ressort de la déclaration de projet qui a conduit à la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme qu'il est prévu de créer des places de stationnement pour les personnes à mobilité réduite (PMR) à environ 170 et 130 mètres de la propriété du requérant dans les parkings publics inclus dans le périmètre de la gare. Ainsi, la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme ne méconnaît ni les dispositions de l'article 45 de la loi n° 2005-102 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, ni celles de l'article 1er du décret n° 2006-1657 du 21 décembre 2006 relatif à l'accessibilité de la voirie et des espaces publics. Elle n'est pas davantage incompatible avec l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme au motif qu'elle ne prévoit pas la réalisation d'une place de stationnement PMR jouxtant la parcelle de M. A.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompatibilité avec le schéma de cohérence territoriale de Concarneau Cornouaille agglomération :
10. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ".
11. A l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en
prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
12. En premier lieu, le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale (SCOT) fixe une orientation tendant à favoriser les modes de circulation alternatifs à la voiture. La réalisation de cette orientation passe par la création de pôles et lieux d'échanges multimodaux et indique que " le SCOT prescrit de réserver une emprise au Nord de l'ancienne gare de Concarneau pour l'aménagement d'un terminus de transport en commun en site propre ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'orientation d'aménagement et de programmation qui délimite seulement les secteurs identifiés pour l'habitat, les commerces et services et les parkings publics paysagers sans fixer un nombre de place minimum ou interdire la création d'un terminus de bus serait incompatible avec le schéma de cohérence territoriale et empêcherait la création au nord de ce périmètre d'un terminus de transport en commun en site propre et la réalisation de l'objectif de créer un pôle multimodal dans ce secteur alors qu'une gare routière se situe à environ 500 mètres au niveau du port.
13. En deuxième lieu, le projet d'aménagement et de développement durables fixe un objectif tendant à " Structurer le territoire autour de grands axes de déplacements ". Il identifie comme cible pour le territoire la création des pôles multimodaux structurants pour le territoire au niveau de la gare de Porspoder et du Port de Concarneau et précise que : " Il n'existe pas, aujourd'hui, du projet multimodal pour la gare de Concarneau et ses abords. Toutefois, la réversibilité d'éventuels projets d'aménagements doit être maintenue afin d'assurer un retour potentiel du train à long terme ". Il ressort de la déclaration de projet que " l'activité voyageur a cessé en 1959 tandis que l'activité fret s'est quant à elle poursuivie jusqu'à la fin des années 1980 " et que " les rails et la quasi-totalité des équipements ferroviaires ont été déposés en 2016 ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet d'aménagement soit irréversible alors qu'il serait possible, au nord de l'emprise, de supprimer le parking public pour implanter une petite gare ferroviaire. Par ailleurs, dès lors que le projet qui a conduit à la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme s'inscrit dans une logique de multimodalité faisant la jonction entre la voiture, les pistes cyclables et voies piétonnes et le réseau de transport en commun situé à environ 500 mètres au niveau du port de Concarneau et alors qu'un terminus de bus pourrait être créé dans le périmètre de l'ancienne gare, il n'apparaît pas que la délibération litigieuse soit incompatible avec l'objectif de structurer le territoire autour de grands axes de déplacements et qu'elle empêcherait de manière irréversible le retour du train à Concarneau.
14. En dernier lieu, le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale préconise de protéger la trame verte et bleue. Contrairement à ce soutient le requérant il ne ressort pas des pièces du dossier que l'orientation d'aménagement et de programmation porte atteinte à la trame verte et bleue qui est toujours identifiée par le plan local d'urbanisme et classée en zone naturelle mais implique seulement de couper une voie verte qui est distincte de la trame verte et bleue. Ainsi, la délibération litigieuse ne peut être regardée comme incompatible avec l'objectif de protection de cette trame.
15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompatibilité de la délibération en litige avec le schéma de cohérence territorial doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables :
16. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. ".
17. Le programme d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune de Concarneau indique : " La gare où le parking actuel pourrait être étendu de façon conséquente et réaménagé pour renforcer son usage à vocation de parking-relais de centre-ville ". Il fixe également un objectif de favoriser la réhabilitation ou la rénovation des quartiers et de l'habitat ancien pour faire de l'habitat et identifie le secteur de la gare comme un site favorable à la construction neuve.
18. En l'espèce, l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur de la gare prévoit la réalisation de deux parkings publics sur le site de l'ancienne gare de Concarneau qui devraient comporter, selon la déclaration de projet, 290 places ce qui est cohérent avec l'objectif fixé par le projet d'aménagement et de développement durables. Il est également prévu de réaliser 240 nouveaux logements à cet emplacement, ce qui permet de concilier la création de places de stationnement avec l'objectif de réhabiliter des friches pour créer de l'habitat. Dans ces conditions, et quand bien même la déclaration de projet ne fixe pas de nombres de places de stationnement, à la différence de la précédente orientation d'aménagement et de programmation, mais identifie seulement des zones d'implantation pour les parkings, elle ne peut pas plus être regardée comme incohérente avec le programme d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune de Concarneau.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 28 septembre 2021 approuvant la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de Concarneau et de la décision de rejet du recours gracieux de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2022 accordant le permis d'aménager sous réserve du respect de prescription, de l'arrêté du 28 février 2023 et de la décision de rejet du recours gracieux de M. A et de Mme B :
20. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
En ce qui concerne le vice d'incompétence :
21. Aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable à la date de l'arrêté de délégation : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. () Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. (). ". Les mentions apportées, sous la responsabilité du maire, pour certifier le caractère exécutoire des actes des autorités communales en application de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales font foi jusqu'à la preuve du contraire.
22. Il ressort des pièces du dossier que les arrêtés en litige ont été signés par M. D, adjoint au cadre de vie, aux aménagements et travaux qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du 15 juillet 2020 transmis en préfecture le 22 juillet suivant et dont le maire atteste qu'il a été affiché le 22 juillet 2022. Les mentions de ce document par lequel le maire de Concarneau a certifié sous sa responsabilité le caractère exécutoire de cet arrêté de délégation font foi jusqu'à preuve du contraire. Les requérants en se bornant à alléguer que l'attestation du maire de Concarneau a été réalisée par anticipation de la présente procédure ne démontrent pas l'absence ou l'irrégularité de l'affichage. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
En ce qui concerne le vice de procédure :
23. Aux termes de l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; () ". Aux termes de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ". Relèvent d'un examen au cas par cas, " 39 Travaux, constructions et opérations d'aménagement Travaux et constructions qui créent une surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme ou une emprise au sol au sens de l'article R. * 420-1 du même code supérieure ou égale à 10 000 m2 ; 41. Aires de stationnement ouvertes au public, dépôts de véhicules et garages collectifs de caravanes ou de résidences mobiles de loisirs. Aires de stationnement ouvertes au public de 50 unités et plus ".
24. La préfète de la région Bretagne a tenu compte d'un projet de " 12 îlots collectifs (192 logements), 2 îlots de logements individuels (13 logements), 2 îlots intermédiaires (33 logements) et environ 550 mètres carrés de surfaces commerciales et de services, de réhabilitation de l'ancien bâtiment voyageurs en équipement à vocation de services, d'aménagement de deux jardins, d'aménagement des voiries et deux aires de stationnement de 150 et 140 emplacements ". Elle a considéré que : " le projet ne conduit pas à une consommation foncière supplémentaire de terres agricoles et naturelles et que les aménagements prévoient la désimperméabilisassion d'une partie du site, en consacrant, notamment une superficie de 14 870 m² à des espaces verts ; - le porteur de projet s'engage à mettre en place les équipements nécessaires à une gestion quantitative et qualitative des eaux pluviales avant rejet au milieu, en la nature de bassins de rétention/infiltration, de noues végétalisées et de l'utilisation de matériaux drainants ; - le réseau d'assainissement collectif et la station d'épuration de la commune, dimensionnée pour traiter à terme une charge maximale de 75 000 équivalent habitant (EH), sont déclarés être en capacité d'absorber la charge biologique supplémentaire des eaux usées produites par le projet à 452 EH, sans induire de pollution des milieux ; - la pollution des sols issue de la précédente activité sur le site a été inventoriée, définie et délimitée et qu'il sera procédé à une dépollution minutieuse des sols afin de les rendre sanitairement compatibles avec les nouveaux usages du site ; - les inventaires floristiques réalisés sur le site n'ont révélé la présence d'aucune espèce protégée, que les haies et petites zones boisées seront conservées et que les travaux de réhabilitation de l'ancien bâtiment voyageurs seront opérés hors des périodes de repos hivernal des chiroptères, pouvant occasionnellement fréquenter le site ; - le projet a fait l'objet d'une étude sur la mobilité et le trafic automobile supplémentaire induit, que le projet retenu est la résultante de l'aménagement des voies d'accès et de circulation les moins impactantes pour les quartiers alentours et qu'il est fait une large part aux circulations douces au sein du site ; - le projet intègre un objectif de réduction des consommations énergétiques. ". Au regard de tous ces éléments, elle a estimé que le projet n'était pas susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement. Les requérants relèvent que depuis cet arrêté, le projet a évolué conduisant à un écart de 820 mètres carrés et à un nombre de places de stationnement plus important. Toutefois, il n'apparaît pas que l'analyse sur les différents aspects qui ont conduit la préfète à considérer que le projet n'était pas susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement puisse être modifiée par un écart mineur de surface compte tenu de la taille du projet et une différence dans le nombre de places de stationnement. Ainsi, il n'apparaît pas que l'autorité administrative n'aurait pas vérifié la conformité du projet aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le contenu du dossier de demande :
25. Aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme dans sa version applicable : " La demande de permis d'aménager précise : a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; b) La localisation et la superficie du ou des terrains à aménager ; c) La nature des travaux ; d) Les éléments, fixés par arrêté, nécessaires au calcul des impositions ; e) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; f) S'il y a lieu, que les travaux portent sur un projet soumis à autorisation environnementale en application de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ; g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ; h) S'il y a lieu, que les travaux portent sur un projet relevant de l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ; i) S'il y a lieu, les demandes d'autorisation et les déclarations dont le projet a déjà fait l'objet au titre d'une autre législation que celle du code de l'urbanisme ; j) S'il y a lieu, que le projet est soumis à l'obligation de raccordement à un réseau de chaleur ou de froid prévue à l'article L. 712-3 du code de l'énergie. La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis. La demande peut ne porter que sur une partie d'une unité foncière. ". Aux termes de l'article R. 441-3 de ce code : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ". L'article R. 441-4 de ce code dispose que : " Le projet d'aménagement comprend également : 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer. ". Enfin, aux termes de l'article R. 441-5 du même code : " Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; 2° L'étude d'impact actualisée lorsque le projet relève du III de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement ainsi que les avis de l'autorité environnementale compétente et des collectivités territoriales et leurs groupements intéressés par le projet rendus sur l'étude d'impact actualisée. ".
26. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
27. En premier lieu, la notice architecturale décrit l'état initial du terrain et précise notamment dans quelles parties du terrain est située la végétation. Cette description est complétée par le plan de l'état actuel ainsi que les photos jointes au dossier permettant au service instructeur de connaître l'état initial du terrain et notamment la végétation existante. Le plan de l'état initial fait apparaître les arbres existants et indique lesquels seront abattus. La note précise par ailleurs la localisation des arbres dont les chênes remarquables qui sont situés au nord. Ces informations sont à coupler avec le plan de composition permettant de comprendre où la végétation sera implantée. Les constructions situées côté ouest apparaissent sur le plan de l'état actuel de sorte que le service instructeur a pu mesurer l'impact du projet sur ces dernières. Ainsi, l'autorité administrative a été mise à même de connaître l'état du terrain, la végétation et les abords.
28. En deuxième lieu, la notice décrit le projet et les choix retenus pour assurer son insertion dans son environnement. Les précisions sur chaque îlot permettent de comprendre le parti retenu et le dossier comporte des photographies de contexte pour chacun d'eux. Le service instructeur a donc été mis à même d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.
29. En troisième lieu, le plan de masse comporte une échelle permettant à l'administration de procéder à des mesures. Le dossier comporte également des plans de coupe pour déterminer les cotes altimétriques du terrain naturel. En outre, la notice précise l'emplacement de la végétation à conserver et le plan de l'état initial matérialise les arbres existants.
30. En quatrième lieu, la notice précise où seront situés les accès. Leur emplacement peut être identifié sur le plan de voirie et il est possible de procéder à des mesures de ces derniers. Le réaménagement de la rue des Jardins est bien mentionné dans le plan de voirie. Par suite, le service instructeur a eu suffisamment d'informations sur les accès pour apprécier s'ils présentaient des risques pour la sécurité publique.
31. En cinquième lieu, comme il a été dit s'agissant du vice de procédure, il n'apparaît pas que l'autorité administrative n'aurait pas vérifié la conformité du projet aux mesures et caractéristiques qui ont justifié de ne pas avoir d'étude d'impact.
32. En dernier lieu, les pièces relatives à la sécurité incendie ont été annexées à l'arrêté de permis d'aménager. Au stade de la délivrance de celui-ci, il n'était pas nécessaire que le dossier comporte une fiche spécifique sur les établissements recevant des public, le présent permis n'autorisant pas la construction de pareil bâtiment mais permettant seulement à ce stade
la réalisation de macro-lots dont certains comporteront des commerces et services. Cette pièce devrait en revanche se trouver dans les dossiers de demande de permis de construire de ces constructions.
33. Ainsi, il n'apparaît pas que l'appréciation du service instruction aurait été faussée sur le projet en raison de lacunes du dossier de demande. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis d'aménager doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
34. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
35. Aux termes de l'article 1AU.3 relatif aux conditions de desserte des terrains et d'accès aux voies ouvertes au public : " 1. Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins ou éventuellement obtenu par application de l'Article 682 du Code Civil. 2. Les caractéristiques des accès doivent répondre à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à desservir, notamment pour la commodité de la circulation des véhicules de lutte contre l'incendie ".
36. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, les dimensions, l'assainissement, des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". Il résulte nécessairement de ces dispositions que l'autorité qui délivre le permis de construire, si elle peut assortir celui-ci, au terme de l'instruction de la demande, de prescriptions précises n'affectant pas substantiellement le projet, ne peut en revanche s'abstenir de prendre parti sur un projet dont les caractéristiques essentielles sont définitivement déterminées, soit en assortissant l'autorisation délivrée de conditions trop imprécises, soit en prescrivant le renvoi à une concertation ou à une instruction complémentaire ultérieures.
37. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
38. En l'espèce, le projet prévoit la réalisation de cinq accès dont deux donneront sur l'avenue de la Gare, deux sur la rue des Jardins et un futur accès au nord avec en parallèle la création d'un giratoire avenue Robert Jan. Il n'apparaît pas, compte tenu des dimensions de ces derniers et de leur emplacement, que ceux-ci présenteraient un danger particulier pour les usagers.
39. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'une étude sur la mobilité a été réalisée sur la circulation dans le secteur pour déterminer l'impact du projet. Cette étude qui détaille les flux observés sur l'avenue de la Gare conclut que " Les flux observés l'été sont moins problématiques que prévu " et qu'il n'y a " pas de congestion relevée dans le quartier ". Elle indique de plus que " Les vitesses des véhicules sont relativement faibles sur l'avenue de la Gare " et que " les sorties des parkings nord et sud sur l'avenue de la Gare se font pour 3/4 en direction du nord ", ce qui " limite la congestion du centre-ville ". S'il ne fait pas de doute que le projet va conduire à une augmentation de la fréquentation de cette voie, il ressort des pièces du dossier que l'avenue de la Gare, route à double sens, présente une largeur et une visibilité suffisante pour circuler en toute sécurité. Compte tenu de la vitesse réduite observée dans ce secteur, il n'apparaît pas que le choix de prévoir deux accès au projet donnant sur cette voie serait de nature à créer un risque pour la sécurité publique.
40. S'agissant de la rue des Jardins, les travaux de réaménagement de cette rue, qui sont hors projet comme indiqué dans le plan de voirie joint au dossier de demande, ne peuvent être pris en compte pour l'appréciation de la légalité du permis d'aménager alors que les pièces apportées ne permettent pas de savoir avec certitude si à la date de délivrance du permis, ces travaux avaient fait l'objet d'une programmation suffisamment aboutie pour connaître leur date de réalisation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la rue des Jardins mesure entre 5 et 7,65 mètres de large. Les photographies jointes au dossier établissent que les croisements ne sont pas impossibles. Compte tenu de la configuration des lieux, la vitesse sera nécessairement réduite et, eu égard au fait que le projet prévoit trois autres accès donnant sur d'autres voies, il n'apparaît pas que l'augmentation du trafic générée par le projet rendrait la circulation dangereuse dans cette rue.
41. S'agissant des voies internes au projet, il apparaît que ces dernières présentent une largeur pour les voies secondaires de 5 mètres et de 5,50 à 6 mètres pour les voies principales. L'autorité administrative a ajouté une prescription sur ces voies renvoyant à un croquis annexé à l'arrêté de permis d'aménager. La portée de cette prescription pouvait être appréciée par le pétitionnaire qui a pu comprendre qu'il devait prévoir un minimum de 6 mètres pour tourner en rognant sur l'espace vert et en arrondissant les angles sur la voie de passage entre les îlots C1a et C1b identifiée sur le plan de voirie, de prévoir des potelets amovibles à clef triangle et de déplacer le candélabre prévu au niveau de l'accès à l'îlot B4. Cette prescription entraîne des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet. Il n'apparaît pas au regard des caractéristiques des voies internes et des modifications imposées que la circulation à l'intérieur de l'emprise du projet présenterait un danger particulier.
42. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation de 337 places de stationnement et que des aires de stationnement privatives seront réalisées pour les habitants des futurs logements. Contrairement aux dires des requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que le nombre de places de stationnement par logement exigées par le règlement du plan local d'urbanisme serait insuffisant pour éviter que les habitants des logements utilisent le parking public alors que le respect de ces règles d'urbanisme sera examiné lors de la délivrance des permis de construire. Le maire de Concarneau a prescrit de " prévoi[r] des stationnements deux-roues sur les espaces publics. Un plan d'aménagement devra être transmis aux services techniques municipaux pour validation de la ville. ". Toutefois, la circonstance que les cycles ne disposent pas d'un espace dédié dans les parkings publics ne suffit pas à générer un risque pour la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme alors que les îlots devront comporter de tels espaces pour respecter l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme.
43. Enfin, il ressort des pièces du dossier de demande, et notamment du plan de voirie qui comporte le tampon du service instructeur, que les caractéristiques de la voie qui sépare les îlots B3 et B2b et celles qui passent devant l'îlot B2a sont conformes au schéma du service départemental des incendies et de secours dès lors qu'elles mesurent respectivement 5 mètres et 5,50 mètres de large et que la voie longeant le bâtiment B2a mesure au moins 17 mètres de longueur.
44. Dans ces conditions malgré une augmentation certaine du trafic, la configuration des accès et des voies interne et de desserte comme le nombre de places de stationnement ne sont pas de nature à rendre le projet dangereux pour la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du même code.
45. En second lieu, il s'avère que la présence d'eaux stagnantes découle des travaux de dépollution et rien ne laisse apparaître, compte tenu du dispositif de gestion des eaux pluviales envisagé sur le terrain d'assiette du projet, qu'il y aurait un risque d'infiltration ou d'écoulement des eaux pour les propriétés alentours. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet porterait atteinte à la salubrité publique en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit également être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme :
46. Aux termes de l'article 1AU.4 Desserte par les réseaux : " 1. Adduction en eau potable Toute construction ou installation nouvelle qui requiert une alimentation en eau doit être desservie par une conduite de distribution de caractéristiques suffisantes et raccordée au réseau collectif d'adduction d'eau sous pression. Défense incendie : Pour les lotissements et les permis groupés et en cas d'insuffisance du réseau public d'adduction d'eau potable, il pourra être exigé du pétitionnaire la réalisation d'un dispositif de défense incendie nécessaire et adapté à la sécurité du projet qu'il présente. 2. Eaux pluviales Les eaux pluviales (toiture et aires imperméabilisées) doivent être évacuées sur le terrain d'assise de la construction. Les dispositifs de récupération des eaux pluviales pour un usage domestique sont recommandés. Le raccordement au réseau public d'eaux pluviales ne sera accepté qu'en cas de difficultés techniques pour l'absorption sur le terrain et après accord express de l'autorité compétente. Dans le cas de lotissement ou d'opération groupée, il pourra être demandé le dimensionnement des réseaux et ouvrages nécessaires à la collecte des eaux de l'opération et des eaux issues de l'amont de l'opération ".
47. En premier lieu, s'agissant des caractéristiques du réseau d'eau potable, le permis d'aménager en litige comporte une prescription indiquant que " Les équipements rendus nécessaires par l'opération seront réalisés conformément au programme et plans des travaux joints à la demande. Le branchement aux différents réseaux fera l'objet d'une demande particulière auprès des services intéressés (travaux à coordonnés) ". Il apparaît que la pièce intitulée programme des travaux, qui porte le tampon de la mairie, a bien été jointe au dossier de demande. Ce document fait apparaître ce qui a été prévu en matière de raccordement au réseau d'eau potable. Il ne ressort pas des pièces du dossier, même si l'étude a porté sur 230 logements et non 240 ou la circonstance que l'étude emploierait le futur, que les caractéristiques du réseau d'eau potable ne seraient pas adaptées au projet.
48. En deuxième lieu, s'agissant de la gestion des eaux pluviales, il ressort des pièces du dossier, et notamment du programme des travaux que, " les eaux pluviales et de ruissellement superficiels des espaces communs seront collectées par des avaloirs raccordés au collecteur principal le long et sous les voies et dirigées vers les noues de stockages infiltration en partie nord du projet et vers 2 bassins de stockage et de régulation pour le reste de l'opération. ". " Les propriétaires des lots et aménageurs des ilots seront tenus de raccorder leurs eaux pluviales aux boites de branchements prévues à cet effet " et " Les aménageurs des ilots B2a et B2b devront disposer de leurs propres ouvrages de gestion des eaux pluviales et les raccorder ensuite dans les boites de branchements prévues par le lotisseur. ". Il est prévu que le trop plein des bassins de stockage sera rejeté en bas de la rue des Jardins. Les requérants ne démontrent pas que ce dispositif de gestion des eaux pluviales ne serait pas adapté aux caractéristiques du projet.
49. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dans ses deux branches.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
50. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
51. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
52. Il ressort des pièces du dossier que le projet est situé au sein d'un site patrimonial remarquable. Il ne fait pas de doute que les lieux avoisinants de la ville close de Concarneau présentent un intérêt. Toutefois, il apparaît que l'architecte des Bâtiments de France saisi du projet a émis un avis favorable sur ce dernier sans l'assortir de prescriptions. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la réhabilitation envisagée de l'ancienne gare ferroviaire, actuellement en friche, porterait atteinte aux lieux avoisinants eu égard à ce qui a été autorisé en termes d'aspect extérieur des constructions et d'aménagement des espaces paysagers. Il conviendra au stade de la délivrance des permis de s'assurer que les bâtiments ne portent pas atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants par leur architecture, leur dimension ou leur aspect extérieur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen invoqué par voie d'exception tiré de l'illégalité du plan local d'urbanisme de Concarneau :
53. Aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause. Les dispositions de l'alinéa précédent sont également applicables à l'acte prescrivant l'élaboration ou la révision d'un document d'urbanisme ou créant une zone d'aménagement concerté. Les deux alinéas précédents ne sont pas applicables lorsque le vice de forme concerne : -soit la méconnaissance substantielle ou la violation des règles de l'enquête publique sur les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme et les cartes communales ; -soit l'absence du rapport de présentation ou des documents graphiques. ".
54. D'une part, l'illégalité pour vice de procédure tirée de l'irrégularité de la convocation des membres du conseil municipal ne pouvait être utilement invoquée dans l'instance enregistrée sous le n° 2305126, le délai de six mois à compter de la prise d'effet de la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme étant expiré.
55. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit aux points 8 à 19, et dès lors que les requérants ne développent pas d'autre griefs à l'encontre du plan local d'urbanisme de la commune de Concarneau, le moyen invoqué par voie d'exception tiré de l'illégalité du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le respect des obligations relatives à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite :
56. La réglementation relative à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite dont les dispositions ont été rappelées au point 8 n'exigent pas la création d'une place de stationnement PMR à proximité de l'immeuble des requérants mais seulement la présence d'une place de stationnement PMR pour 50 places de stationnement ouvertes à la circulation publique. Le projet comporte plusieurs places de stationnement PMR. La circonstance que la réalisation d'un immeuble derrière la propriété de M. A et de Mme B empêche l'aménagement de l'arrière de leur terrain pour permettre la création d'une place de stationnement au droit de leur terrain afin que leur fils, en situation de handicap, accède plus facilement à leur domicile n'est pas de nature à entacher d'illégalité le projet au regard de la loi n° 2005-102 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et du décret n° 2006-1657 du 21 décembre 2006 relatif à l'accessibilité de la voirie et des espaces publics. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet des obligations relatives à l'accessibilité de la voirie et des zones de stationnement aux personnes handicapées ou à mobilité réduite doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme :
57. Aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ". Aux termes de l'article R. 111-1 du même code : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. () ".
58. En vertu des dispositions de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 111-5 du même code ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme. Le territoire de la commune de Concarneau étant couvert par un plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant et doit donc être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme :
59. Aux termes de l'article 1AU.12 relatif aux obligations de réaliser des aires de stationnement : " 1. Généralités Les aires de stationnement doivent correspondre aux besoins et à la fréquentation des constructions et installations à édifier ou à modifier ; ces aires de stationnement doivent être réalisées en dehors des voies publiques sur le terrain d'assiette de l'opération ou à proximité immédiate. Elles ne devront pas apporter de gêne à la circulation générale. () ".
60. L'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme ne prévoit pas une surface minimum de stationnement réservée aux cycles dans les parkings publics. Il n'apparaît pas que le projet qui supposera la réalisation d'espaces de stationnement pour les cycles pour les différents îlots méconnaîtrait cet article malgré l'absence de places prévues à cet effet dans le parking public. Le respect du nombre de place de stationnement pour cycles sera assuré lors de la délivrance des permis de construire. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU.12 du règlement du plan local d'urbanisme doit donc être écarté.
61. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de permis d'aménager du 29 décembre 2022, ainsi que de l'arrêté portant transfert du permis d'aménager du 28 février 2023 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux sont rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'affaire enregistrée sous le n° 2200967 :
62. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Concarneau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
63. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme au titre des frais exposés par la commune de Concarneau et non compris dans les dépens.
En ce qui concerne l'affaire enregistrée sous le n° 2305126 :
64. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Concarneau, qui n'est pas la partie perdante la somme demandée par M. A et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
65. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A et Mme B une quelconque somme au titre des frais liés au litige exposés par la commune de Concarneau et Finistère Habitat.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A enregistrée sous le n° 2200697 est rejetée.
Article 2 : La requête de M. A et Mme B enregistrée sous le n° 2305126 est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Concarneau et Finistère Habitat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les affaires nos 2200967 et 2305621 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Mme E B, à la société d'aménagement du Finistère, à Finistère Habitat et à la commune de Concarneau.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
J. Villebesseix
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2200967, 2305126
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026