LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201082

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201082

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201082
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2022 et 26 décembre 2022,

Mme J D, représentée par Me Sevino (cabinet ASEA), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Plougasnou a refusé de modifier la scénographie de la stèle de Ruffélic ;

2°) d'enjoindre sous astreinte à la commune de Plougasnou de retirer les plaques d'explication apposées sur la stèle afin que celle-ci retrouve sa forme d'origine ou, à titre subsidiaire, de lui enjoindre sous astreinte d'apposer en retrait de la stèle des plaques d'explications relatives à M. G F, M. A I, Mme E I et

M. H C comprenant un texte de présentation au moins équivalent à celui consacré à M. B I ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Plougasnou la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers frais et dépens de la procédure.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente ;

- sa requête est recevable dès lors qu'elle est la sœur de M. G F, résistant honoré par la stèle de Ruffélic ;

- sa requête n'est pas tardive ;

- la modification de la stèle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'apposition des plaques litigieuses ne peut être fondée sur les pouvoirs de police générale du maire, ni sur les articles L. 511-1 et L. 515-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- la décision attaquée méconnaît le principe de neutralité applicable à un cimetière public ;

- elle méconnaît le principe de préservation et d'imprescriptibilité des monuments commémoratifs prévu par l'article L. 451-3 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît le principe d'égalité et l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 novembre 2022 et 6 janvier 2023, la commune de Plougasnou, représentée par Me Prieur et Me Plunier (SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur), conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la somme de

2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête n'est pas recevable faute pour la requérante d'apporter la preuve qu'elle est la sœur de M. F ;

- la requérante est dépourvue d'intérêt à agir ;

- pour le surplus, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blanchard ;

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public ;

- et les observations de Me Bennani, substituant Me Sevino, représentant Mme D, et de Me Plunier, représentant la commune de Plougasnou.

Considérant ce qui suit :

1. Une stèle, placée au lieu-dit du Ruffélic dans la commune de Plougasnou, honore la mémoire de cinq résistants arrêtés le 3 juillet 1994 qui furent internés et torturés sur ce site par les troupes d'occupation. Quatre d'entre eux, M. G F, M. A I,

Mme E I et M. H C, ont été fusillés à cet endroit, le 4 juillet 1944, et leurs corps ont été enfouis dans une fosse située à l'emplacement de la stèle. M. B I a pour sa part été déporté, puis libéré le 28 avril 1945. Par courrier du 10 septembre 2021,

Mme J D a saisi la maire de Plougasnou d'une demande relative à deux plaques récemment apposées sur le muret bordant la stèle commémorative et consacrées, pour la première, à M. B I et, pour la seconde, aux quatre autres résistants. Mme D, sœur de M. F, a fait valoir que cette scénographie, en ce qu'elle rassemble les explications relatives aux quatre résistants fusillés sur une même plaque et qu'elle en consacre une autre, de même taille, au seul M. I, qui n'a pas connu ce sort, porte atteinte à la mémoire de son frère. Elle a en conséquence sollicité de la maire de Plougasnou qu'elle retire ces plaques ou que soient installées cinq plaques, consacrées chacune à un résistant. Par courrier du 18 octobre 2021, la maire de Plougasnou a refusé de faire droit à cette demande.

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 515-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Lorsque la mention " Mort pour la France " a été portée sur l'acte de décès dans les conditions prévues au chapitre Ier du présent titre, l'inscription du nom du défunt sur le monument aux morts de sa commune de naissance ou du dernier domicile ou sur une stèle placée dans l'environnement immédiat de ce monument est obligatoire. () ". La requérante ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions dès lors que l'apposition d'une plaque explicative, à visée pédagogique, sur le muret d'enceinte de la stèle commémorative de Ruffélic, n'a pas le caractère d'une inscription du nom d'un défunt sur un monument aux morts. L'installation de la plaque consacrée à M. I ne méconnaît donc, en tout état de cause, ni l'article L. 515-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, ni l'article L. 511-1 du même code, relatif aux conditions dans lesquelles la mention " Mort pour la France " est apposée sur les actes de décès.

3. D'autre part, il appartient au maire, dans l'exercice de ses pouvoirs de police, même en l'absence de menaces de troubles à l'ordre public, d'interdire l'apposition sur le monument aux morts de la commune d'emblèmes ou de mention de nature à enlever à ce monument son véritable caractère. Les pouvoirs ainsi conférés au maire ne visent que le cas où une mesure d'interdiction est requise afin de faire retirer d'un monument aux morts un signe étranger à sa destination mais ne sont pas exclusifs de la faculté laissée à la commune, dans le cadre de la gestion des affaires de sa compétence, de décider de l'installation de plaques explicatives aux abords d'un monument afin d'informer le public de l'action et du sacrifice des personnes associées à l'évènement historique qui y été honoré. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne peut être déduit du fait que les pouvoirs de police générale de la maire ne trouvaient pas à s'appliquer au cas d'espèce que la décision attaquée serait dépourvue de base légale.

4. En deuxième lieu, la requérante, qui soutient que la plaque dédiée uniquement à

M. B I constitue un manquement à la neutralité du service public dès lors qu'elle révèle le choix de favoriser sa mémoire au détriment de celle des autres résistants concernés, doit être regardée comme invoquant le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité[0]. A cet égard, toutefois, la seule circonstance que M. B I, qui, en raison de ses faits de résistance, a été arrêté, interné et torturé par les troupes d'occupation comme M. G F, M. A I, Mme E I et M. H C, a subi la déportation et non une exécution comme ces quatre autres résistants ne caractérise pas entre eux une différence de situation au regard de l'objet du dispositif scénographique, visant à rendre hommage à l'engagement, aux souffrances et au sacrifice de ces personnes. Toutefois, ne constitue pas une différence de traitement illégale le fait que les explications consacrées à M. B I sur la plaque litigieuse le concernant sont plus développées que celles concernant les quatre autres résistants, alors que le texte de chacune des plaques, rédigé en l'état des éléments biographiques à la disposition de la commune, décrit avec précision le sacrifice consenti par les cinq personnes en cause dans leur combat pour la libération de la France et marque ainsi un hommage égal de la commune de Plougasnou à leur dévouement. Enfin, si la requérante fait valoir que la mention du mouvement de résistance d'appartenance de M. B I sur la plaque litigieuse révèle ses opinions politiques et traduit une discrimination fondée sur ces opinions, l'autre plaque indique en tout état de cause que les quatre résistants fusillés appartenaient au même mouvement.

Par suite, le moyen tiré du manquement au principe d'égalité et celui tiré de la méconnaissance de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

5. En dernier lieu, dès lors que la stèle commémorative de Ruffélic n'a pas fait l'objet d'un permis de démolir, la requérante ne peut utilement invoquer les dispositions des articles

L. 451-3 et L. 480-4 du code de l'urbanisme, relatives aux permis de démolir portant sur un immeuble ou une partie d'immeuble qui sont le support d'une plaque commémorative.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commune de Plougasnou a refusé de modifier la scénographie de la stèle de Ruffélic doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction.

7. D'une part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme D la somme que demande la commune de Plougasnou, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Plougasnou, qui n'est pas la partie perdante, sur ce fondement. En l'absence de dépens dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par Mme D sont sans objet.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Plougasnou sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme J D et à la commune de Plougasnou.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

Signé

A. Blanchard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions