mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201157 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS ALEXANDRE-LEVY-KAHN-BRAUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer du 12 octobre 2021 ainsi que le titre exécutoire correspondant, émis par le trésorier de Lannion en vue du règlement de la somme de 495,83 euros correspondant à une créance du centre hospitalier de Lannion-Trestel ;
2°) de la décharger de cette somme.
Elle expose qu'elle a contesté l'avis des sommes à payer par un recours gracieux reçu le 5 novembre 2021, que cette somme lui est réclamée au titre de sa suspension prononcée au motif qu'elle n'avait pas justifié de la détention d'un "pass sanitaire", qu'elle n'a jamais reçu le titre exécutoire correspondant à cet avis des sommes à payer, lequel ne comportait aucune indication des voies et délais de recours, et que la somme en litige a été prélevée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, le Centre hospitalier de Lannion-Trestel, représenté par Me Arnaud Friederich, demande au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions présentées par Mme A ;
2°) de mettre à sa charge, au titre des frais de justice qu'il a exposés, la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, le délai de recours contentieux contre l'avis des sommes à payer n'a pas été prorogé dès lors que le recours gracieux ne peut être regardé comme ayant été valablement présenté ; à la date d'enregistrement de la requête, ce délai était expiré de sorte que cette requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- au soutien de sa requête, Mme A ne produit aucun élément de droit ou de fait de nature à fonder l'annulation de l'avis des sommes à payer ;
- à titre subsidiaire, la créance est fondée au regard du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 ainsi que des articles 13 et 14 de la même loi ;
- la circonstance qu'elle n'a pas reçu le titre exécutoire correspondant à l'avis des sommes à payer est sans incidence sur sa légalité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de procédure civile, et notamment son article 642 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants () . "
2. En vertu des dispositions combinées du dernier alinéa du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et des articles R. 421-2 et R. 421-5 du code de justice administrative, le délai de recours contentieux contre un titre exécutoire ou le premier acte procédant de ce titre est égal à deux mois et ce délai est opposable à la condition d'avoir été mentionné, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision contestée. Toutefois, la formation d'un recours juridictionnel tendant à l'annulation de cette décision établit que la personne a eu connaissance de cette décision au plus tard à la date à laquelle elle a formé ce recours. Dans ce cas, le délai de recours contentieux court au plus tard à compter de la date d'enregistrement de la requête formalisant ce recours.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. "
4. Mme A expose qu'elle n'a pas reçu le titre exécutoire qu'elle conteste. L'avis des sommes à payer, qui doit être regardé en l'espèce comme le premier acte procédant de ce titre, ne comporte pas la mention des voies et délais de recours. Le délai de recours contentieux contre l'acte en litige, qui est de deux mois, a ainsi commencé à courir au plus tard le 3 mars 2022, date d'enregistrement de la requête. Celle-ci ne contient l'exposé d'aucun moyen au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et la copie du recours gracieux que Mme A indique avoir formé n'est pas jointe à sa requête. La requérante n'ayant présenté aucun mémoire, la méconnaissance de la règle de recevabilité imposant d'exposer au moins un moyen n'a pas été régularisée. Sa requête est dès lors au nombre de celles qui sont manifestement irrecevables au sens des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. En second lieu et en tout état de cause, à supposer même qu'en indiquant dans sa requête qu'elle n'a jamais reçu le titre exécutoire correspondant à l'avis des sommes à payer, que cet acte ne comportait aucune indication des voies et délais de recours et que la somme en litige a été prélevée, Mme A puisse être regardée comme exposant un moyen au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, son argumentation ne met en avant la méconnaissance d'aucune règle dont la violation serait de nature à entraîner l'annulation de l'acte en litige ou la décharge de la somme en cause. En conséquence, les moyens qui seraient ainsi invoqués devraient être considérés comme inopérants au sens des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée sur le fondement de cet article. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme au titre des frais de justice exposés par le Centre hospitalier de Lannion-Trestel pour se défendre dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Centre hospitalier de Lannion-Trestel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au Centre hospitalier de Lannion-Trestel et au trésorier de Lannion.
Fait à Rennes le 30 octobre 2024.
Le président de la 4ème chambre
signé
D. Labouysse
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201157
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026