mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | MSS 6ème chambre M. LE ROUX |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mars 2022 et 18 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Olivier, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au centre hospitalier de Bretagne Atlantique (CHBA) de procéder à la communication de son dossier médical intégral y compris les éléments concernant son passage au sein du centre d'évaluation et de préparation au relais ambulatoire (CEPRA) ayant appliqué la demande de contention à compter de la notification du jugement à intervenir, en ce compris le registre de contention, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai, et ce jusqu'à pleine exécution et de prononcer d'ores et déjà la liquidation de cette astreinte ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Bretagne Atlantique à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral subi ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bretagne Atlantique la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du le CHBA est engagée pour sa contention illégale et pour faute d'organisation de service commises à son encontre ;
- elle a été retenue en chambre d'isolement avec des sangles au niveau des membres inférieurs et supérieurs pendant plus de sept heures ;
- ses interrogations et son souhait de quitter l'établissement ont entraîné l'application de la mesure de contention ; cette décision n'était pas fondée sur son état clinique ; son agressivité n'a pas été pas caractérisée par l'établissement de santé ;
- aucune prescription n'a été réalisée de sorte que les conditions n'étaient pas réunies pour permettre au CHBA de procéder à une mesure de contention sur la personne ;
- la mesure de contention infondée et illégale lui a occasionné une atteinte injustifiée à sa liberté d'aller et venir et sa dignité ;
- la non-communication du dossier médical du patient lui a causé un préjudice moral ;
- elle a également subi un préjudice moral du fait d'avoir été privée arbitrairement de sa liberté d'aller et venir en lui appliquant une contention injustifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, le centre hospitalier de Bretagne Atlantique, représenté par Me Cariou, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction qui ne sont pas l'accessoire de conclusions principales.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 février 2019, Mme A a été admise aux urgences du centre hospitalier Bretagne Atlantique (CHBA) à 15 heures 40 pour une " intoxication médicamenteuse volontaire sans trouble de la conscience ni produit à risque " après appel de son fils au centre 15 et a été transférée au sein du centre d'évaluation et de préparation au relais ambulatoire (CEPRA) dépendant de l'établissement de santé mentale du Morbihan de Saint-Avé. Elle a alors été placée en chambre d'isolement avec application d'une mesure de contention mécanique puis à 23 heures, un retour à domicile a été validé avec poursuites d'un suivi externe psychologique. Mme A a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) à la suite du refus opposé par le directeur de l'établissement public de santé mentale (EPSM) du Morbihan à sa demande de communication, à la suite d'une première transmission partielle de son dossier médical, de la copie du registre recensant les mesures d'isolement et de contention qui lui ont été appliquées lors de séjour hospitalier au sein du service accueil et de traitement des urgences du CHBA et au CEPRA, unité localisée sur le site du CHBA. Par un avis du 25 juin 2020, la CADA a émis un avis favorable, sous certaines conditions, à la communication de la copie du registre recensant les mesures d'isolement et de contention. Par un deuxième avis du 7 janvier 2021, la CADA a émis un avis favorable à la communication, assortie de réserves, de la procédure, formalisée par le service des urgences, de prise en charge du patient agité, intégrant la mise en place de contentions. Mme A demande au tribunal d'enjoindre au CHBA de procéder à la communication de son dossier médical intégral y compris les éléments concernant son passage au sein du CEPRA ayant appliqué la demande de contention et de condamner le CHBA à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Et aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. En dehors des cas prévus par le code de justice administrative, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration à titre principal.
4. En l'espèce, les conclusions de Mme A tendant à ce que le tribunal enjoigne au centre hospitalier de Bretagne Atlantique (CHBA) de procéder à la communication de son dossier médical intégral y compris les éléments concernant son passage au sein du centre d'évaluation et de préparation au relais ambulatoire (CEPRA) ayant appliqué la demande de contention ne peuvent être analysées comme des conclusions à fin d'annulation. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal, qui n'entrent pas dans les prévisions des articles L. 911-1 et R. 421-1 précités, sont irrecevables.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes des dispositions l'article L. 1142-1 du code de la santé publique :
" I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
6. D'une part, le compte-rendu de passage aux urgences de Mme A le
4 février 2019 mentionne " IMV [intoxication médicamenteuse volontaire] avec 23cp [comprimés] de zollpidem : patiente initialement somnolente puis souhaite sortir malgré explication de la nécessité d'une surveillance médicale pour la nuit. Nécessité d'une contention devant l'agressivité et l'agitation de la patiente ". Il n'apparaît donc pas, au regard de cette description, que la prise en charge de la requérante n'aurait pas été adaptée, nécessaire et proportionnée au risque représenté par le comportement de l'intéressée de causer un dommage pour elle-même ou pour le personnel soignant. En outre, la procédure du CHBA " mettre en place une contention " précise que la contention, qui constitue un acte médical, nécessite obligatoirement une prescription médicale sauf pour les situations d'urgence.
7. D'autre part, il résulte des termes du III de l'article L. 3222-5-1 du code de la santé publique que l'obligation de tenir un registre recensant les mesures d'isolement et de contention ne concerne que les établissements de santé autorisés en psychiatrie et désignés par le directeur général de l'agence régionale de santé pour assurer des soins psychiatriques sans consentement. Dès lors, le CHBA, centre hospitalier général, n'avait pas l'obligation de tenir un tel registre au sein de son service des urgences.
8. Il résulte des points 6 et 7 que le CHBA n'a pas commis de faute dans l'organisation de son service. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'indemnisation de son préjudice moral.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de chaque partie les frais d'instance exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Bretagne Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Bretagne Atlantique.
Copie en sera adressée à la Commission d'accès aux documents administratifs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
P. CLe greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026