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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201396

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201396

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201396
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 17 mars, 17 septembre 2022 et 29 novembre 2023, l'association sauvegarde du Trégor, M. et Mme I et E A, M. G B, Mme F B, M. J B, Mme D B épouse C et M. H B, représentés par Me Fiannacca, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2021 par lequel le maire de Trélévern a accordé un permis de construire à la Société Civile Immobilière (SCI) Vaudricourt en vue de la réalisation d'une maison individuelle avec piscine située 9 rue de Dourieg sur la parcelle cadastrée AD n° 106, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 18 novembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le même maire a délivré à la même SCI un permis de construire modificatif ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Trélévern le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir en tant qu'association dont l'objet statutaire est la défense des patrimoines naturel, paysager et culturel, la protection des ressources naturelles et la préservation de leur qualité, la préservation du cadre de vie des habitants du Trégor et en tant que voisins immédiats et directs d'un projet occasionnant des nuisances ;

En ce qui concerne le permis de construire accordé le 22 septembre 2021 :

- le dossier déposé en mairie était incomplet dès lors que :

- le plan de situation du terrain ne comprenait pas d'échelle,

- le plan de masse PCMI 2 ne présentait pas son environnement immédiat et son voisinage ni la nature du sol (pierre, béton, stabilisé, enrobé ) et ne spécifiait pas les plantations maintenues, créées et/ou supprimées ;

- le plan de coupe PCMI 3 fourni par les pétitionnaires ne permet pas de justifier de cet état initial et futur ce qui était rendu d'autant plus nécessaire par la complexité du terrain naturel et de la construction envisagée (différents volumes) ; dans l'état initial, il n'est pas fait état ni de l'existence ni de la localisation du garage et il n'est pas davantage fait état de l'importance du terrassement pourtant déclaré dans le cadre de la notice Cerfa ;

- la notice PCMI 4 ne fait état ni du contexte urbain environnant ni du contexte paysager ni de la piscine, pourtant supérieure à 20 m2 ;

- les plans de façades et de toitures ne font apparaître ni les côtes de la construction et des ouvertures ni le choix des matériaux et des couleurs ;

- le document graphique d'insertion ne comprend pas les constructions avoisinantes ;

- il existe une discordance entre la surface de plancher déclarée dans le dossier de permis de construire (283 m2) et la surface habitable déclarée dans le formulaire relatif à la réglementation thermique (394 m2) ;

- l'arrêté litigieux sera annulé en raison de l'illégalité, dont ils excipent, du plan local d'urbanisme de la commune qui classe à tort une partie du terrain d'assiette en zone UC ;

- conformément aux objectifs fixés par le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) et éclairés par le rapport de présentation, cette parcelle, qui doit être considérée comme étant dépourvue de construction, devait être classée en zone NL, à l'instar de tous les autres terrains non construits situés à proximité ;

- le plan d'occupation des sols de 1979, remis en vigueur par l'annulation des deux derniers plans locaux d'urbanisme, classait la parcelle AD n° 106 en zone non constructible ;

- l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article 6 " Rappels " du règlement du plan local d'urbanisme : le projet affiche clairement une architecture contemporaine en rupture avec l'architecture traditionnelle néo-bretonne des trois autres maisons de l'ilot ; le projet ne justifie pas la prise en considération du contexte et de sa capacité à s'inscrire dans l'ambiance urbaine existante ; elle est plutôt de nature à la détruire tant le projet est imposant par ses dimensions.

- il méconnait les dispositions des articles U5, U6, U9, U10 et U11 du règlement du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne le permis de construire accordé le 8 juillet 2022 :

- la commune de Trélévern a accordé un permis de construire une maison individuelle et non pas un permis de construire modificatif, comme en attestent les visas et le dispositif de ce permis accordé ;

- des modifications substantielles ont été portées au projet qui nécessitaient le dépôt d'un nouveau permis ;

- le dossier était incomplet (plans en coupe, notice, plans de façade et des toitures) ;

- le permis accordé est illégal par exception d'illégalité du plan local d'urbanisme ;

- il est illégal au regard de l'article L. 121-6 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les mêmes dispositions du plan local d'urbanisme que le permis initial.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 24 mai 2022, 4 septembre et 19 décembre 2023, la SCI Vaudricourt, représentée par Me Blanquet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le versement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'association n'a pas d'intérêt à agir en raison de son objet, de ses statuts récemment modifiés (2020) ;

- les autres requérants, personnes physiques, ne justifient pas en quoi les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'ils détiennent ;

- les nouveaux moyens soulevés à l'encontre du permis de construire initial sont irrecevables en raison de la cristallisation des moyens.

En ce qui concerne le premier permis de construire :

- le dossier était complet et en tout état de cause n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

En ce qui concerne le second permis de construire accordé :

- il ressort clairement des mentions de l'arrêté qu'il s'agit d'un permis de construire modificatif ;

- les modifications demandées n'apportent pas au projet initial un bouleversement tel qu'il en changerait la nature, qu'elles soient prises isolément ou ensemble et ne nécessitaient donc pas un nouveau permis ;

- le dossier initial a été complété par le dépôt d'un dossier de permis de construire modificatif ;

- les dispositions du plan local d'urbanisme sont respectées.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 13 novembre et 18 décembre 2023, la commune de Trélévern, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur conclu au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le versement d'une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne justifient pas avoir notifié le recours ;

- l'association requérante n'a pas d'intérêt à agir ;

- au fond, aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Terras ;

- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;

- et les observations de Me Fiannacca représentant les requérants, de Me Trémouilles représentant la commune de Trélévern et de Me Blanquet représentant la SCI Vaudricourt.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Vaudricourt a déposé en mairie de Trélévern un dossier de permis de construire en vue de la réalisation, après démolition d'un garage existant, d'une maison individuelle avec piscine située 9 rue de Dourieg sur une parcelle cadastrée AD n° 106, que le maire a accordé par un arrêté du 22 septembre 2021, assorti de prescriptions. Le même maire a également accordé à la SCI pétitionnaire, par un arrêté du 8 juillet 2022, un autre permis de construire, assorti de prescriptions. Par leur requête, l'association sauvegarde du Trégor et plusieurs voisins du projet demandent au tribunal l'annulation des deux permis accordés.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la nature du second permis accordé :

2. Les requérants soutiennent que le permis de construire délivré le 8 juillet 2022 par arrêté du maire de Trélévern n'est pas un permis de construire modificatif du permis initial délivré le 22 septembre 2021 mais un nouveau permis dès lors qu'il ne porte ni dans son intitulé ni dans le dispositif la mention " permis de construire modificatif ".

3. Toutefois, il ressort de l'arrêté litigieux du 8 juillet 2022, qui fait référence à un dossier déposé le 16 mars 2022, lequel l'a été sur la base d'un document Cerfa intitulé " Modification d'un permis délivré en cours de validité ", que l'encadré relatif à la nature des travaux sollicités porte la mention " Modificatif : rectificatif des tableaux de surfaces, l'altimétrie des niveaux rez-de-chaussée bas, précisions sur la situation et le terrain du projet ". Par suite, le permis de construire obtenu le 8 juillet 2022 par la SCI Vaudricourt a bien la nature d'un permis de construire modificatif de la même maison d'habitation dont les modifications, mineures, n'affectent pas la nature même du projet et n'imposaient pas l'obtention d'un nouveau permis de construire.

En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation des permis accordés :

S'agissant de l'incomplétude du dossier :

4. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. " Aux termes des dispositions de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrage seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En outre, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

5. Les requérants reprochent au dossier déposé au service instructeur l'absence d'échelle sur le plan de situation lequel ne permet pas de visualiser la proximité du littoral, et le fait que le plan de masse, selon eux, ne présente ni l'environnement du projet, ni la nature du sol ni les plantations créées ou supprimées. Ils soutiennent également que le plan de coupe ne mentionne pas l'état initial et futur du terrain, que la notice ne présente pas les contextes, urbain et paysager avoisinants, que les plans de façade et des toitures ne font pas apparaître ni les côtes de la construction et des ouvertures ni le choix des matériaux et des couleurs ou encore que le document graphique ne montre pas comment le projet se situe par rapport aux autres constructions ou encore que la piscine n'est pas identifiée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'emplacement du projet est parfaitement identifiable par le plan de situation qui permet de localiser la parcelle, que la notice du projet architectural indique que cette dernière " s'ouvre sur la mer ", que les différents documents graphiques permettent de situer le projet dans son environnement, que le plan de masse est précis et fait état des prises de vue, que le plan de coupe permet d'apprécier l'implantation de la construction dans le terrain ainsi que le profil de ce dernier. Les plans des façades et des toitures, côtés à l'échelle 1/200ème permettent également d'appréhender les volumes ainsi que le choix des ouvertures. Le choix des matériaux a été modélisé dans les plans de coupe. Enfin, tant les photographies d'insertion que le plan PCMI 2 font figurer la piscine si bien qu'elle n'a pu échapper à l'appréciation du service instructeur.

6. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier comprend : () / j) Lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées à l' article R. 172-2 du code de la construction et de l'habitation, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 111-20-1 de ce code, et pour les projets concernés par le cinquième alinéa de l'article L. 111-9 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 111-20-2 dudit code () ". Les requérants soutiennent qu'il existe une discordance entre la surface de plancher déclarée dans le dossier de permis de construire et celle déclarée dans le formulaire relatif à la règlementation thermique. Toutefois, si les surfaces de plancher créées en sous-sol de la maison n'avaient pas été comptabilisées sur le document Cerfa renseigné pour le permis de construire initial, ce vice a été régularisé par le permis de construire modificatif qui les prend en compte. Le moyen est donc à écarter.

S'agissant de l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme de Trélévern :

7. Les requérants contestent le zonage UC de la partie Sud de la parcelle devant accueillir le projet qu'ils estiment entaché d'erreur manifeste d'appréciation et soutiennent que la parcelle aurait dû être classée en zone NL, inconstructible, comme c'était le cas à l'occasion du plan d'occupation des sols de 1979, le plan local d'urbanisme de 2002 étant lui aussi, selon les requérants, entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

8. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, si le projet se situe effectivement en lisière d'une zone naturelle, il est également entouré de parcelles bâties du secteur entre Dourieg et Keriec, dont fait partie le garage existant, qu'il ait été édifié avec ou sans autorisation d'urbanisme, constituées de petites maisons individuelles disposant de tous les réseaux et d'une voie publique ouverte à la circulation qui n'entache pas d'erreur manifeste d'appréciation son classement en zone UC. Le zonage UC ne souffre ainsi d'aucune erreur manifeste d'appréciation et le moyen doit être écarté.

S'agissant de la violation de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme :

9. Aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement. ". Pour l'application de ces dispositions, il n'y a pas lieu de distinguer les constructions ou installations nouvelles et celles portant extension d'une construction ou installation existante et un espace urbanisé, au sens de ces dispositions, s'entend d'un espace caractérisé par un nombre et une densité significatifs des constructions.

10. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée par la SCI Vaudricourt est implantée à plus de cent mètres de la limite haute du rivage. Par suite, nonobstant la circonstance que la parcelle d'assiette du projet soit elle-même pour partie située dans la bande des cent mètres à compter de cette limite, les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ne sont pas utilement opposables à la construction autorisée par les permis de construire contestés.

11. Si les requérants se prévalent également de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme, ce nouveau moyen, soulevé après la cristallisation des moyens intervenue deux mois après la communication du mémoire en défense, est irrecevable et doit être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article 6 " rappels " du règlement du plan local d'urbanisme de la commune :

12. Aux termes de l'article 6 du règlement du PLU : " Point 10 - La loi sur l'architecture de 1977 s'applique sur l'ensemble du territoire communal : / Extrait " L'architecture est une expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public. Le respect de cet intérêt relève de la compétence du concepteur, de la volonté du maître d'ouvrage, de la responsabilité de l'autorité habilitée à délivrer le permis de construire et autres autorisations d'utilisation du sol. " / Dans ces conditions, les constructions nouvelles et les extensions aux constructions existantes devront clairement affirmer le mode selon lequel elles souhaitent composer avec l'architecture traditionnelle locale ou avec l'architecture du bâtiment transformé. / a) Il peut s'agir d'une architecture contemporaine en rupture avec l'architecture traditionnelle par les techniques constructives, les matériaux, les principes de composition. Cette position de rupture exige une grande rigueur de conception. Elle ne signifie pas l'ignorance du contexte. Les projets devront justifier de sa prise en considération et de leur capacité à s'inscrire dans une ambiance urbaine existante sans la détruire. / b) Il peut s'agir d'une architecture d'accompagnement qui s'inscrit avec discrétion dans un contexte traditionnel caractéristique de la région ou de l'immeuble transformé en respectant les principes originels. ". En ce sens l'article U2 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que les constructions à usage d'habitation sont admises " sous réserve de ne pas porter atteinte au caractère architectural et paysager environnant ".

13. Selon les requérants, le projet affiche une architecture contemporaine en rupture avec l'architecture néo-bretonne des trois autres maisons de l'ilot. Toutefois, d'une part, les dispositions précitées du plan local d'urbanisme n'interdisent pas les constructions contemporaines et, d'autre part, le projet fait preuve d'une grande rigueur de conception et reprend par certains aspects les critères de l'architecture traditionnelle (toitures en ardoises à deux versants, volumes en forme de parallélépipèdes, matériaux sobres) couplée à l'utilisation de techniques contemporaines (grandes baies vitrées, toitures terrasses) qui ne donneront pas à l'ensemble un aspect disharmonieux. En tout état de cause, de par la déclivité du terrain, la maison sera peu visible depuis l'espace public. Le moyen doit être ainsi écarté.

S'agissant de la méconnaissance des articles U5 et U6 du PLU relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques :

14. Aux termes de l'article U5 du règlement du PLU concernant le secteur UC : " () / Les constructions nouvelles doivent s'implanter en fonction de l'implantation des constructions voisines afin d'assurer une homogénéité le long d'une même rue. Une seule construction ne peut être prise comme référence. " Aux termes de l'article U6 du même règlement : " La construction joignant la limite séparative est autorisée. En cas de retrait par rapport à la limite séparative, la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à 2 m. / K différentes admises en secteurs UA et UC / - Des dispositions différentes peuvent être admises ou imposées : () / - pour tenir compte de l'implantation des constructions voisines ou de la configuration des parcelles, (). / Ces dispositions différentes ne pourront être admises que si une insertion harmonieuse dans l'environnement est garantie et si l'unité architecturale de la rue ou de la place n'est pas compromise. ".

15. Selon les requérants, l'implantation du projet, en limite des propriétés des époux A, ne s'intègre pas dans son environnement bâti et semble ignorer l'implantation des maisons voisines, toutes en retrait par rapport à la limite de propriété. Toutefois, les dispositions précitées de l'article U5 ne concernent que les implantations par rapport aux voies et emprises publiques et ne peuvent ainsi être opposées aux limites séparatives. Le moyen est ainsi inopérant. Quant aux dispositions de l'article U6, qui concernent l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation à n'avoir pas imposé une implantation différente en vue de tenir compte de l'implantation des constructions voisines ou de la configuration des parcelles.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions de l'article U9 du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions :

16. Aux termes de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur maximale des constructions est fixée comme suit : / Zone UC : / 9 mètres u faitage, / 3,5 mètres à l'acrotère. / Pour une meilleure intégration de la construction dans son environnement bâti, une hauteur supérieure ou inférieure à celles fixées ci-dessus peut être autorisée ou imposée en vue d'harmoniser les hauteurs avec celles des constructions voisines (). / Pour les constructions à usage d'habitation individuelle, le niveau du sol fini du rez-de-chaussée ne devra pas être situé à plus de 0,50 m au-dessus du niveau moyen du terrain naturel (avant terrassements) sous l'emprise de la construction projetée sauf raison technique dûment justifiée. () ".

17. Selon les requérants, la hauteur du faitage du bâtiment principal se situe à une hauteur de 11,9 mètres, non conforme à l'article U9 du plan local d'urbanisme. Pour ces mêmes raisons, la hauteur de l'acrotère ne serait pas non plus respectée.

18. Toutefois, à supposer le vice établi dans le permis initial, il a été purgé par le permis de construire modificatif qui a modifié l'altimétrie en abaissant de deux volumes de construction par rapport au niveau du terrain naturel, lesquels respectent désormais en tout point une hauteur de 3,5 mètres à l'égout du toit et de 9 mètres au faîtage par rapport au niveau du terrain naturel.

S'agissant de la méconnaissance de l'article U 10 du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions :

19. Aux termes de l'article U 10 du plan local d'urbanisme : " Les toitures doivent être à deux pentes égales comprises entre 45 ° et 50° par rapport à l'horizontale. / Les toitures terrasse seront autorisées pour les bâtiments de liaisons et extensions, sous réserve de ne pas excéder 30 % de l'emprise au sol de la construction. / Une seule pente possible pour les annexes implantées en limite séparative. / Des formes de toitures différentes pourront être admises dans les cœurs d'ilot des secteurs UC (délimités à l'annexe 7 du règlement écrit), sous réserve d'une bonne intégration paysagère. En secteur UA, les panneaux photovoltaïques seront positionnés de manière à s'insérer harmonieusement sur la construction et dans l'environnement bâti. ".

20. Si les requérants soutiennent que le projet comporte des toitures dont les pentes ne respectent pas les dispositions précitées ainsi que des toits terrasses interdits par ces mêmes dispositions, il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet comporte bien des toitures à double pente comprise entre 45° et 50°. S'il comprend également des toitures terrasses, elles sont autorisées pour les bâtiments de liaisons et extensions et ne doivent pas excéder 30 % de l'emprise au sol de la construction, comme c'est le cas en l'espèce, la notice précisant que " les toits terrasses sont réservés aux bâtiments de liaison et en surface inférieure à 30 % de l'emprise au sol totale ". Le moyen est par suite à écarter.

S'agissant de la méconnaissance de l'article U 11 du plan local d'urbanisme relatif au stationnement :

21. Aux termes de l'article U 11 du plan local d'urbanisme : " En secteurs UC, le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques. C'est ainsi qu'il doit être prévu : / - pour les constructions à usage d'habitation : 2 places de stationnement par logement, à l'exception des logements à caractère social qui pourront ne prévoir qu'1 place par logement () ".

22. Selon les requérants, le dossier de demande de permis de construire ne fait pas apparaître les deux places de stationnement imposées par le règlement du PLU de Trélévern. Toutefois les deux places de stationnement nécessaires figurent dans la partie du formulaire Cerfa relative au calcul des impositions, sont citées dans la notice architecturale et figurent au plan de masse.

S'agissant des autres moyens soulevés contre le permis du 8 juillet 2022 :

23. Les moyens soulevés contre le second permis, qui comme il a été dit au point 3 du présent jugement est un permis de construire modificatif, sont inopérants en tant qu'ils concernent des points non modifiés par le permis de construire modificatif.

24. Il résulte de tout ce qui précède et, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées tirées du défaut à agir des requérants, que les conclusions à fin d'annulation des décisions litigieuses doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à qu'il soit mis à la charge de la SCI Vaudrecourt et de la commune de Trélévern, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur le fondement de ces dispositions.

26. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme globale de 1 000 euros à la SCI Vaudrecourt et d'une somme identique à la commune de Trélévern au titre de ces dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de l'association sauvegarde du Trégor, de M. et Mme A, et des consorts B est rejetée.

Article 2 : L'association sauvegarde du Trégor, M. et Mme A, et les consorts B verseront une somme globale de 1 000 euros à la SCI Vaudrecourt et la même somme globale à la commune de Trélévern en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Sauvegarde du Trégor, représentant unique pour l'ensemble des requérants, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Trélévern et à la SCI Vaudricourt.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. Terras

Le président,

Signé

F. Etienvre

La greffière,

Signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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