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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201519

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201519

lundi 3 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201519
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBON-JULIEN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2201519, et trois mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 23 mars, 7 juillet, 20 octobre et 18 novembre 2022, l'association bien vivre dans nos villages 35, Mme B G, M. K C, Mme et M. L et André F, Mme et M. A et Samuel Gourrier, représentés par Me Bon-Julien, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler :

- l'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a accordé au groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de Ruminy un permis de construire en vue de la réalisation d'une unité de méthanisation sur un terrain situé au 9, lieu-dit La Vielle Ville à Plélan-le-Grand ;

- l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a annulé et remplacé l'autorisation accordée le 27 septembre 2021 ;

- la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'État le paiement à leur profit d'une somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'association a intérêt à agir contre les permis de construire litigieux au regard de ses statuts ;

- les autres requérants ont également un intérêt à agir dès lors qu'ils sont voisins immédiats du projet qui occasionnera des nuisances olfactives et liées au bruit ainsi qu'un impact sur leur cadre de vie ;

- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;

- le dossier de permis de construire comprend de nombreuses lacunes dès lors qu'il ne précise pas l'environnement proche et lointain du terrain, le raccordement aux réseaux (eau et gaz), la dangerosité du projet au regard du risque d'explosion et d'incendie en absence d'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) ;

- la délivrance du permis litigieux n'a pas été précédée d'une participation du public ;

- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles A 2.2, A 3.1 du plan local d'urbanisme intercommunal et R. 111-2 du code de l'urbanisme, A.3.2 et 6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal.

Par trois mémoires, enregistrés les 24 juin, 20 septembre et 16 novembre 2022, le GAEC de Ruminy, représenté par Me Babin de la Selarl Gossement avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 6 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucun des requérants n'a d'intérêt à agir dès lors que le projet n'induira aucune nuisance visuelle ;

- les nuisances olfactives seront en diminution par rapport à l'existant ;

- le projet ne génèrera aucune nuisance sonore, la première habitation étant située à plus de 230 mètres du projet ;

- les statuts de l'association ont été déposés après la demande de permis de construire ;

- au fond, aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2021 qu'il a annulé et a donc disparu de l'ordonnancement juridique ;

- la requête est ainsi sans objet ;

- les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;

- les statuts de l'association ont été modifiés notamment pour modifier son champ d'action territorial mais le projet d'usine de méthanisation n'en fait pas partie ;

- à titre subsidiaire, au fond, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, sous le n° 2205745, et un mémoire complémentaire, enregistré le 15 février 2023, Mme J H, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a annulé et remplacé le permis de construire accordé le 27 septembre 2021 au GAEC de Ruminy en vue de la réalisation d'une unité de méthanisation sur un terrain situé au 9, lieu-dit La Vielle Ville à Plélan-le-Grand ;

2°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son profit d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir dès lors que son habitation se situe à moins de 350 mètres du projet et va subir les nuisances sonores et olfactives du projet ;

- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;

- le dossier de permis de construire comprend de nombreuses lacunes et incohérences dès lors qu'il ne précise pas l'environnement proche et lointain du terrain, le raccordement aux réseaux (eau et gaz), la dangerosité du projet au regard du risque d'explosion et d'incendie en absence d'avis du service départemental d'incendie et de secours ;

- le stockage du digestat ne peut être assuré que par une cuve de 39 mètres de diamètre ;

- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles A 2.2, A 3.1 du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme, A.3.2 et 6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal.

Par deux mémoires, enregistrés le 19 décembre 2022 et le 6 mars 2023, le GAEC de Ruminy, représenté par Me Babin de la SELARL Gossement avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la seule production du titre de propriété de la requérante ne suffit pas à justifier d'un intérêt à agir à l'encontre d'un permis de construire ;

- la construction du projet litigieux n'induira aucune nuisance visuelle en raison de la réalisation d'un merlon végétalisé sur la façade ouest du projet de deux à quatre mètres de hauteur ;

- le préfet a assorti son arrêté d'un certain nombre de prescriptions qui empêcheront toute covisibilité entre l'unité et l'habitation de la requérante ;

- la réalité des nuisances olfactives n'est pas établie ;

- au fond, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 30 janvier 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la requérante, qui reconnait elle-même que le digestat qui sera répandu peut présenter une odeur moindre que les effluents d'élevage brut, n'a pas d'intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, au fond, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement, faite à Aarhus le 25 juin 1998 ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Terras ;

- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;

- et les observations de Me Semino représentant l'ensemble des requérants, de Mme I, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine et de Me Babin représentant le GAEC de Ruminy.

Considérant ce qui suit :

1. Afin de valoriser les déchets résultant de son activité d'élevage de bovins ainsi que les effluents d'élevage de deux exploitations voisines, le groupement agricole d'exploitation en commun de Ruminy a déposé en mairie de Plélan-le-Grand, le 29 juin 2021, un dossier de demande de permis de construire en vue de la réalisation d'une unité de méthanisation traitant 29,5 tonnes de digestat par jour, située au lieu-dit " la Vieille Ville " sur le territoire de la commune. Par un arrêté du 9 décembre 2021, qui annule et remplace un précédent arrêté daté du 27 septembre 2021, le préfet d'Ille-et-Vilaine a autorisé ces travaux sous réserve d'un certain nombre de prescriptions. Par leurs requêtes, l'association bien vivre dans nos villages 35 et plusieurs autres voisins du projet demandent au tribunal l'annulation des deux arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2201519 et 2205745 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme F sont propriétaires d'une maison d'habitation située à moins de deux cent cinquante mètres du projet litigieux, recensée par le plan local d'urbanisme comme patrimoine remarquable et louée sous le label " Gîtes de France " depuis 2005. La construction projetée est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Par suite, dès lors que dans l'hypothèse de conclusions communes présentées par des requérants différents, il suffit que l'un des requérants soit recevable à agir devant la juridiction contre l'arrêté litigieux, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir ne peut être accueillie.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la nature du permis de construire du 9 décembre 2021 :

5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine, après avoir accordé le permis de construire sollicité par le GAEC de Ruminy par un arrêté du 27 septembre 2021, a, par un nouvel arrêté du 9 décembre 2021, annulé et remplacé l'autorisation délivrée le 27 septembre 2021.

6. Il ressort des termes de l'arrêté du 9 décembre 2021 qu'il reprend l'intégralité des dispositions du premier arrêté, avec pour seule modification la mention des parcelles issues d'une division foncière liée au projet, et ne constitue ainsi qu'une décision modificative du premier permis délivré qu'il n'a ainsi pas eu pour effet de retirer. Par suite, le permis délivré le 9 décembre 2021 présente le caractère d'un permis de construire modificatif du permis de construire initial délivré le 27 septembre 2021.

7. Il résulte de ce qui précède que, dès lors que Mme H dans la requête enregistrée sous le n° 2205745, ne conteste que le seul arrêté du 9 décembre 2021 valant permis de construire modificatif, sans avoir contesté le permis initial, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Celles-ci étant mineures, Mme H ne justifie pas d'un intérêt à agir contre le seul arrêté du 9 décembre 2021, au sens de l'article L. 600-1-2 précité du code de l'urbanisme et sa requête doit être rejetée comme irrecevable.

En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation des permis accordés :

S'agissant de la compétence de l'auteur de l'acte :

8. Les permis litigieux sont signés par M. E D, directeur départemental des territoires et de la mer des Côtes-d'Armor, qui agit dans le cadre d'une convention de délégation de gestion en matière d'instruction des autorisations d'urbanisme délivrées au nom de l'État dans le département d'Ille-et-Vilaine a été signée, le 30 novembre 2020, entre le préfet d'Ille-et-Vilaine, le préfet des Côtes-d'Armor et le directeur départemental des territoires et de la mer des Côtes-d'Armor. Cette convention a été publiée au recueil des actes administratifs de l'État dans le département d'Ille-et-Vilaine le 1er décembre 2020 et comportait également une délégation de signature du préfet d'Ille-et-Vilaine accordée au directeur départemental des territoires et de la mer des Côtes-d'Armor. Si les requérants soutiennent que M. D ne peut signer, en vertu de la convention précitée, les décisions relatives aux travaux relatifs aux ouvrages de production, de transport, de distribution et de stockage d'énergie lorsque la surface de plancher créée est égale ou supérieure à 1 000 mètres carrés, les ouvrages techniques que constituent le digesteur et la fosse digestat, qui ne sont pas accessibles par des êtres humains, ne génèrent aucune surface de plancher mais uniquement une emprise au sol. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire litigieux doit être écarté.

S'agissant de l'avis du SDIS :

9. Si les requérants reprochent au projet de ne pas avoir été soumis pour avis au service départemental d'incendie et de secours, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au service instructeur de procéder à une telle consultation préalablement à la délivrance d'un permis de construire.

S'agissant du vice de procédure résultant de l'absence de participation du public :

10. Aux termes du paragraphe 1er de l'article 6 de la convention d'Aarhus, relatif à la participation du public : " Chaque Partie : / a) applique les dispositions du présent article lorsqu'il s'agit de décider d'autoriser ou non des activités proposées du type de celles énumérées à l'annexe I ; / b) applique aussi les dispositions du présent article, conformément à son droit interne, lorsqu'il s'agit de prendre une décision au sujet d'activités proposées non énumérées à l'annexe I qui peuvent avoir un effet important sur l'environnement. Les Parties déterminent dans chaque cas si l'activité proposée tombe sous le coup de ces dispositions () ". Si les stipulations du a) de ce paragraphe 1er de l'article 6, combinées à celles de l'annexe I à la convention, sont d'effet direct, il n'en va pas de même de celles du b) du même paragraphe, qui nécessitent des actes complémentaires pour produire des effets à l'égard des particuliers. La méthanisation ne relevant d'aucune des installations listées à l'annexe I de la convention, le moyen doit être écarté.

S'agissant de la complétude du dossier :

11. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / b) un plan ne coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

12. Les requérants reprochent essentiellement au dossier de ne mentionner ni l'environnement proche et lointain du terrain, ni les différents raccordements, que ce soit aux réseaux d'eau et de gaz ou au réseau d'assainissement ainsi que sa dangerosité au regard du risque d'explosion.

13. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire en litige comportait deux photographies permettant de localiser le terrain dans l'environnement proche et lointain, complétée par un photomontage permettant d'apprécier l'insertion dans l'environnement, en zone agricole. Le plan cadastral et le plan de masse figurant au dossier identifient précisément deux arbres composant la haie bocagère qui devra être densifiée selon la prescription figurant sur l'arrêté. Le chemin communal de randonnée est identifié à l'inverse du cours d'eau, de la zone humide distants de plus de 350 mètres et de la trame verte et du corridor écologique qui, en application des dispositions précitées, n'avaient pas à y figurer comme les nombreuses zones protégées situées à plus d'un kilomètre du projet et les constructions considérées comme faisant partie du patrimoine remarquable de la commune.

14. S'agissant des réseaux, seul celui des eaux pluviales figure au plan de masse alors que le local technique est relié à une conduite d'alimentation en eau potable, impliquant qu'il soit justifié des mesures prises pour l'évacuation de l'eau utilisée et donc, du raccordement à un réseau d'assainissement ou la création d'un dispositif d'assainissement non collectif. Si le dossier, confirmé par les écritures en défense, fait état d'un réseau d'évacuation des eaux pluviales depuis, les toitures des cuves et du local technique, il ne précise pas comment seront gérées les eaux de pluie au niveau des silos ni celles de l'aire de lavage des véhicules. En l'absence de telles indications au dossier, le moyen tiré de l'incomplétude des raccordements des réseaux d'eau doit être accueilli.

15. S'agissant enfin des risques d'incendie et d'explosion, les requérants n'établissent pas que les mesures pour maitriser et empêcher la survenance des risques d'incendie/explosion ne présenteraient pas les garanties nécessaires pour assurer leur protection. Ce moyen doit par suite être écarté.

S'agissant des incohérences du dossier de permis de construire :

16. Les requérants font valoir que si la fosse de stockage du digestat et celle du digesteur présentent, selon les plans produits au dossier, un diamètre de 26 mètres, les mêmes fosses sont présentées avec un diamètre de 39 mètres dans la notice.

17. Toutefois, comme les pétitionnaires l'admettent eux-mêmes, cette indication erronée dans la notice relève d'une simple erreur de plume et n'a pu fausser l'appréciation de la conformité du projet à la réglementation d'urbanisme, les deux cuves ayant au vu des plans le même diamètre de 23 mètres.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal de Brocéliande communauté :

18. Aux termes de l'article 6 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal : " () Les zones humides doivent être préservées et protégées. Par conséquent, toute occupation du sol ou tout aménagement susceptible de compromettre l'existence, la qualité, l'équilibre hydraulique et biologique des zones humides est strictement interdit, notamment les remblais, les déblais, le drainage et les constructions de toute nature. () ".

19. Selon les requérants, le projet ne présente pas les garanties nécessaires à éviter tout risque de pollution alors qu'une zone humide est présente à environ 350 mètres en aval du projet et du sens de la pente. Toutefois, les travaux projetés ne compromettent pas, en eux-mêmes, la préservation de la zone humide située au Sud, dès lors qu'un merlon de sécurité étanche a été prévu autour du site pour retenir d'éventuels écoulements accidentels. En l'état du projet, l'article 6 des règles applicables à l'ensemble du territoire communal du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brocéliande communauté n'est pas méconnu.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions des articles A.1.1.1 et A.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Brocéliande communauté :

20. Aux termes de l'article A 1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal : " En zone A, Aa et Ax sont interdites les occupations et utilisations du sol non prévues à l'article 1.1.1. " Aux termes de l'article A.1.1.1 du même document, sont autorisées sous conditions : " 6. Les constructions nécessaires aux équipements d'intérêt collectif et services publics, dès lors que toute disposition est prévue pour leur insertion paysagère. ".

21. Le processus de méthanisation est basé sur la dégradation par des micro-organismes de matières organiques en vue d'obtenir un digestat, produit humide riche en matières organiques destiné à retourner au sol et du biogaz, énergie renouvelable produisant de l'électricité ou du carburant. Eu égard à ses caractéristiques et à la finalité qu'elle poursuit, l'usine de méthanisation qui fait l'objet du permis en litige, destinée notamment à injecter de l'électricité dans le réseau de distribution, doit être regardé comme un équipement d'intérêt collectif au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la condition nécessaire pour que le projet soit autorisé en zone A n'est pas remplie.

S'agissant de l'erreur d'appréciation des dispositions de l'article A.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

22. Aux termes de cet article : " Tout projet de construction devra présenter un volume, une implantation et un aspect satisfaisants, permettant une bonne intégration dans l'environnement tout en tenant compte du site général dans lequel il s'inscrit et notamment la qualité et l'identité globale de l'environnement proche, l'ambiance de la rue, l'architecture des constructions voisines ainsi que la végétation existante. / La qualité recherchée vise aussi bien les volumes, y compris la forme de la toiture, que les percements, les couleurs des matériaux apparents et les détails architecturaux. () / Concernant les façades et pignons : / Les façades seront réalisées de préférence en bardage bois ou matériaux similaires. Tout autre matériau pourra être utilisé sous réserve d'une bonne intégration dans le site. / Les matériaux de construction non destinés par nature à demeurer apparents, tels que briques creuses, parpaings ou carreaux de plâtre doivent être recouverts d'un enduit de ton en harmonie avec le paysage environnant. ". Concernant les clôtures sur voies et emprises publiques : " Les clôtures seront constituées soit : () / - d'un grillage rigide éventuellement doublé d'une haie d'une hauteur de 1,50 m maximum ; () " Concernant les locaux et équipements techniques : " Les coffrets, compteurs, boîtes aux lettres doivent être intégrés dans la construction ou les clôtures en s'implantant selon une logique de dissimulation qui tienne compte des modénatures et matériaux constitutifs ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder le refus opposé à une demande d'autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.

23. Selon les requérants, la plantation d'une haie bocagère, assortie de prescriptions, figurant sur l'arrêté litigieux n'enlève en rien le fait que les matériaux utilisés soient inadaptés. Toutefois, les haies bocagères seront plantées sur le merlon végétalisé, d'une hauteur de deux à quatre mètres, de manière à dissimuler efficacement l'installation du voisinage le plus proche et l'utilisation principale du béton n'interdit pas l'application d'un enduit ou de tout autre traitement ne le laissant pas apparent.

24. En ce qui concerne les clôtures, il ressort des pièces du dossier qu'elles seront d'une hauteur de deux mètres alors que les dispositions précitées du plan local d'urbanisme intercommunal prévoit que toutes les clôtures figurant le long des voies et emprises publiques doivent être limitées en zone A à 1,50 mètre. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit ainsi être accueilli.

25. Enfin, si les requérants soutiennent que le poste de haute tension et le poste GRDF prévus au nord-est du site ne se trouvent pas au niveau de la haie bocagère, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces équipements techniques ne soient pas efficacement dissimulés par cet écran végétal.

S'agissant de l'erreur d'appréciation des dispositions des articles A 3.11. et A 3.1.2. du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

26. Aux termes de l'article A 3.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal : " Un terrain, pour être constructible, doit disposer d'un accès sur une voie publique ou privée d'une largeur minimale de 4 m, ou bien le pétitionnaire doit produire une servitude de passage suffisante. () " Aux termes de l'article A 3.1.2 du même règlement : " La réalisation d'un projet est subordonnée à la desserte du terrain par une voie dont les caractéristiques répondent à sa destination et à l'importance du trafic généré par le projet. Ces caractéristiques doivent permettre d'assurer la défense incendie ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

27. Selon les requérants, le projet porte atteinte à la sécurité publique notamment en matière d'incendie dès lors, d'une part, que le chemin d'accès au projet, large de quatre mètres, est insuffisant pour permettre le passage des engins de secours et ne serait pas empierré, et que, d'autre part, la réserve incendie est située à environ 45 mètres de l'accès au site et à l'opposé des silos de stockage. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'une telle largeur d'accès, mesurée dans sa partie la plus étroite, permet le passage des engins de secours, que l'entrée du site sera empierrée et que le projet disposera d'une réserve incendie d'une capacité de 240 mètres cubes d'eau, largement suffisante et accessible pour permettre aux services de secours d'intervenir.

28. Le risque de pollution de l'air ressort de la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement qui ne s'impose pas à l'autorité délivrant des permis de construire, même lorsque ces prescriptions comportent des règles relatives à l'implantation de certaines constructions.

29. En raison de l'insuffisance déjà évoquée de description des réseaux d'eau usées et pluviales, seule l'atteinte à la salubrité publique au titre de l'eau doit être accueilli.

30. Enfin, eu égard à son implantation, dès lors que le projet est implanté à une distance suffisante des habitations les plus proches dans une zone agricole par définition peu habitée, le préfet n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des nuisances sonores et olfactives en autorisant le projet litigieux.

S'agissant de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme :

31. Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ". Aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : " I. - Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sons et odeurs qui les caractérisent, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. Ce patrimoine génère des services écosystémiques et des valeurs d'usage. / Les processus biologiques, les sols et la géodiversité concourent à la constitution de ce patrimoine. / II. - Leur connaissance, leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état, leur gestion, la préservation de leur capacité à évoluer et la sauvegarde des services qu'ils fournissent sont d'intérêt général et concourent à l'objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s'inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants : / 1° Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable. () " Aux termes de l'article L. 110-2 du même code : " Les lois et règlements organisent le droit de chacun à un environnement sain. Ils contribuent à assurer un équilibre harmonieux entre les zones urbaines et les zones rurales ainsi que la préservation et l'utilisation durable des continuités écologiques. Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de l'environnement, y compris nocturne. Les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux mêmes exigences. "

32. Les requérants soutiennent que le projet méconnait les dispositions précitées et viole le principe de précaution par les nombreuses carences qu'il contient permettant de conclure à l'existence d'un risque d'atteinte à l'environnement. Toutefois, ils ne démontrent pas, notamment, que le projet autorisé par les permis de construire contestés, au regard des seules règles d'urbanisme qui concernent essentiellement les questions d'implantation et de destination des installations sur le territoire et de prévision des aménagements du site les plus essentiels, au contraire de la police des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), dont relève également le projet litigieux, qui régit le fonctionnement et la gestion de l'usine, est de nature, par lui-même, à représenter une menace pour la salubrité publique et que les dispositifs de l'installation destinés à réduire les risques propres à l'activité de méthanisation seraient insuffisants. Au regard de l'ensemble des dispositifs mis en place pour le traitement des eaux, il n'est pas établi que de telles installations seraient insuffisantes au regard du risque de pollution du cours d'eau, situé à proximité du lieu d'implantation du projet, et du milieu naturel, résultant du fonctionnement de l'unité de méthanisation alors qu'aucun rejet ne se fait dans le milieu. Il n'est pas plus établi que les modifications apportées au projet auraient pour effet d'aggraver considérablement le risque de pollution eu égard aux caractéristiques du site, y compris au regard des objectifs du plan local d'urbanisme intercommunal. Par suite, en accordant les permis de construire en litige, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application combinée du principe de précaution et de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

33. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que seuls les moyens tirés de l'insuffisance du dossier de permis de construire s'agissant du raccordement des eaux usées et pluviales et de leur impact sur la salubrité publique et de la méconnaissance de la hauteur des clôtures prévue par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal doivent être accueillis.

Sur l'application de l'article L. 600- 5 du code de l'urbanisme :

34. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Ces dispositions permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.

35. Les illégalités rappelées au point 33 du présent jugement constituent des vices n'affectant que des parties identifiables du projet au sens de l'article L. 600-5 précité. Il ne ressort pas des pièces du dossier que leur régularisation impliquerait d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, cette régularisation pouvant intervenir en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il y a lieu de limiter à ces parties du projet l'annulation des arrêtés en litige. Il y a lieu également de fixer à trois mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel le pétitionnaire pourra demander la régularisation des vices retenus.

Sur les frais liés au litige :

36. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'une ou l'autre partie au versement de quelque somme que ce soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête n° 2205745 de Mme H est rejetée.

Article 2 : Les arrêtés du 27 septembre 2021 et du 9 décembre 2021 sont annulés en tant que le dossier de permis de construire ne permet pas d'identifier le raccordement des réseaux d'eaux usées et pluviales et en tant qu'il prévoit une hauteur des clôtures supérieure à celle prévue au plan local d'urbanisme intercommunal de Brocéliande communauté.

Article 3 : Le délai accordé au groupement agricole d'exploitation en commun de Ruminy pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à trois mois.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2201519 est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par le groupement agricole d'exploitation en commun de Ruminy en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à l'association bien vivre dans nos villages 35, désignée représentante unique, à Mme J H, au groupement agricole d'exploitation en commun de Ruminy et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine, à la commune de Plélan-le-Grand et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rennes en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. Terras

Le président,

Signé

F. Etienvre

La greffière,

Signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2201519, 2205745

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