LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201615

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201615

jeudi 21 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCHEVALIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, la SCI Silou, représentée par ses gérants en exercice, M. A E et Mme B C, eux-mêmes représentés par Me Jean-Baptiste Chevalier, avocat du cabinet Mondrian avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a mise en demeure de réaliser des travaux de mise en conformité du clapet et des ouvrages hydrauliques attenant au Moulin de Châtillon afin de restaurer la continuité écologique sur la Seiche, sur le territoire de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche a conservé la pleine et entière propriété des ouvrages hydrauliques associés au Moulin de Châtillon et est seule responsable des travaux devant être effectués ;

- la reconstruction d'un barrage sur la parcelle cadastrée AT14 qui lui appartient, après la destruction en 1970 du système de barrage/vannage associé au Moulin de Châtillon, érigé en bordure de rivière, a été financée et réalisée sous maîtrise d'ouvrage de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche, qui est donc propriétaire de ces ouvrages hydrauliques ;

- les ouvrages hydrauliques associés au Moulin de Châtillon, qui ont été construits uniquement dans l'intérêt public des pêcheurs et des usagers F, relèvent du domaine public de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche et n'ont donc en aucun cas pu être cédés ;

- les ouvrages hydrauliques litigieux ne lui ont jamais été cédés, le maire s'étant borné à prendre acte de la volonté de M. E de reprendre la gestion du vannage F ;

- les travaux de mise en conformité des ouvrages hydrauliques en litige ne peuvent incomber qu'à la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche, en sa qualité de maître d'ouvrage ;

- les travaux de mise en conformité qui doivent être réalisés dépassent le seul fonctionnement de l'ouvrage et consistent en des travaux de gros œuvre portant sur la structure même du barrage ;

- le préfet d'Ille-et-Vilaine est d'autant moins fondé à la mettre en demeure d'exécuter des travaux de mise en conformité que la conception et la construction de l'ouvrage ont été assurées par les services de la direction départementale des territoires et de la mer d'Ille-et-Vilaine, sous maîtrise d'ouvrage de la commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- M. E s'est prévalu à plusieurs reprises, tant auprès de la commune que des services de l'Etat, de la qualité de propriétaire des ouvrages hydrauliques du Moulin de Châtillon de la SCI Silou ;

- la gestion de l'ouvrage lui a, en tout état de cause, été transférée par la maire de Noyal-Châtillon-Sur-Seiche ;

- la qualité de gestionnaire de l'ouvrage en litige suffisait, en l'absence de propriétaire identifié, pour fonder la mise en demeure de réaliser des travaux de mise en conformité des ouvrages hydrauliques attenant au Moulin de Châtillon.

La procédure a été communiquée à la commune de Noyal-Châtillon-Sur-Seiche, qui n'a fait valoir aucune observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,

- et les observations de Me Chevalier, représentant la SCI Silou et de Mme D, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a, par arrêté du 28 janvier 2022, mis en demeure la SCI Silou de réaliser avant le 31 décembre 2023, des travaux de mise en conformité des ouvrages hydrauliques attenant au moulin de Châtillon, situés en barrage dans le lit mineur F, sur le territoire de la commune de Noyal-Châtillon-Sur-Seiche, afin de permettre la libre circulation piscicole, à la montaison et à la dévalaison, mais également de se conformer au règlement d'eau des ouvrages, tel que fixé par l'article 7 de l'arrêté préfectoral du 28 juin 1973 autorisant la construction d'un barrage perpendiculaire à l'axe de la rivière. Par la présente requête, la SCI Silou demande l'annulation de cet arrêté préfectoral du 28 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 214-17 du code de l'environnement : " I. -Après avis des conseils départementaux intéressés, des établissements publics territoriaux de bassin concernés, des comités de bassins et, en Corse, de l'Assemblée de Corse, l'autorité administrative établit, pour chaque bassin ou sous-bassin : / () 2° Une liste de cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux dans lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. Tout ouvrage doit y être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant, sans que puisse être remis en cause son usage actuel ou potentiel, en particulier aux fins de production d'énergie. S'agissant plus particulièrement des moulins à eau, l'entretien, la gestion et l'équipement des ouvrages de retenue sont les seules modalités prévues pour l'accomplissement des obligations relatives au franchissement par les poissons migrateurs et au transport suffisant des sédiments, à l'exclusion de toute autre, notamment de celles portant sur la destruction de ces ouvrages. / () III. - Les obligations résultant du I s'appliquent à la date de publication des listes. Celles découlant du 2° du I s'appliquent, à l'issue d'un délai de cinq ans après la publication des listes, aux ouvrages existants régulièrement installés. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 171-8 du code de l'environnement :

" I. -Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, en cas d'inobservation des prescriptions applicables en vertu du présent code aux installations, ouvrages, travaux, aménagements, opérations, objets, dispositifs et activités, l'autorité administrative compétente met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai qu'elle détermine. En cas d'urgence, elle fixe les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. () ".

4. Il résulte de l'instruction que la SCI Silou, ayant pour gérants M. E et Mme C, est propriétaire des parcelles cadastrées AT n° 1 et AT n° 14, situées sur le lit F, sur le territoire de la commune de Noyal-Châtillon-Sur-Seiche, sur lesquelles M. E a autorisé, par courrier daté du 28 septembre 1972, la fédération des Pêcheurs Sportifs à implanter un barrage sur l'emplacement de l'ancien vannage du Moulin de Châtillon. Par courrier du 30 avril 2013, la SCI Silou a revendiqué auprès de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche la propriété des ouvrages hydrauliques attenant au Moulin de Châtillon ainsi édifiés sur ses parcelles et dont le fonctionnement a été autorisé par arrêté du 26 juin 1973 du préfet d'Ille-et-Vilaine portant règlement d'eau. Le 4 octobre 2013, le conseil municipal de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche a été informé par le maire du transfert à la SCI Silou, conformément à sa demande, de la gestion du vannage F et des obligations en résultant portant notamment sur la passation d'un contrat d'entretien avec une entreprise spécialisée, sur l'obligation de respecter un débit minimal de 424,6 litres par seconde à l'aval de l'ouvrage et les travaux de mise aux normes qui pourront lui être demandés pour assurer la continuité écologique du cours d'eau. Le maire de Noyal-Châtillon-sur-Seiche ayant procédé, par courrier du 29 novembre 2013, à la déclaration de cette reprise de gestion des ouvrages du vannage F par M. E, les services de l'Etat ont rappelé à celui-ci, en sa qualité de représentant de la SCI Silou, les

obligations réglementaires de mise aux normes de l'ouvrage lui incombant avant le 22 juillet 2017, compte tenu du classement sur liste 2 du cours d'eau F par arrêté du 10 juillet 2012 du préfet coordonnateur du bassin Loire-Bretagne.

5. Il résulte des mesures effectuées en mars 2019 et octobre 2020 par l'Office français de Biodiversité (OFB), consignées dans un rapport rédigé en février 2021, que les caractéristiques structurelles des ouvrages hydrauliques attenant au moulin de Châtillon, en barrage en lit mineur F, en font un obstacle infranchissable, la majeure partie du temps, pour la montaison des espèces cibles que sont l'anguille, le brochet et la vandoise. A l'issue de la visite de contrôle administratif effectuée le 20 mai 2021, le directeur départemental des territoires et de la mer d'Ille-et-Vilaine a communiqué, le 23 octobre 2021, à la SCI Silou un rapport de manquement administratif constatant que l'ensemble hydraulique formé par les vannes accolées à l'ancien moulin et le clapet hydraulique, situés en barrage F, constituait un obstacle à la libre circulation piscicole sur la Seiche, aucune mesure de gestion ou travaux d'aménagement visant à permettre la libre circulation des poissons n'ayant été mise en œuvre par la SCI Silou.

6. Il est constant que la SCI Silou assume la gestion des ouvrages hydrauliques en litige, ce qui implique notamment le respect des obligations fixées par l'arrêté préfectoral du 26 juin 1973 portant règlement d'eau. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a donc pu, en application des dispositions de l'article L. 171-18 du code de l'environnement, la mettre en demeure de respecter les exigences tenant à la restauration de la continuité écologique sur le cours F, telles qu'issues des dispositions précitées du I de l'article L. 214-17 du code de l'environnement, en sa qualité de gestionnaire du vannage F, auquel incombe l'obligation de satisfaire aux prescriptions applicables à un tel ouvrage. Dans ces conditions, la seule circonstance que la SCI Silou ne serait pas propriétaire des ouvrages hydrauliques litigieux, ce qu'elle soutient sans toutefois assortir son argumentation de pièces justificatives utiles, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté préfectoral du 28 janvier 2022.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la SCI Silou tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral de mise en demeure du 28 janvier 2022 doivent être

rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SCI Silou réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Silou est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Silou, à la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Une copie du présent jugement sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Berthon, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Pellerin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

Le président,

signé

E. BerthonLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions