mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2022, et un mémoire enregistré le 10 juillet 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Coirall, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 31 mars 2021, 1er avril 2021, 30 avril 2021 et 4 juin 2021 de la direction générale des finances publiques relatives à l'attribution de l'aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de janvier 2021, février 2021, mars 2021 et avril 2021 ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'État à lui verser une indemnité de 79 624 euros ou, à défaut, la somme de 59 612 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la compétence du signataire des décisions attaquées n'est pas établie ;
- elle relève du secteur des débits de boissons, mentionné à l'annexe 1 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors que le caractère principal d'une activité ne s'apprécie pas par référence au chiffre d'affaires mais par rapport au temps effectif consacré par le contribuable, ce que confirme la documentation administrative n° BOI-PAT-IFI-30-10-10-30 et le point 220 de la documentation administrative n° BOI-IR-CHAMP10 et dès lors qu'elle dispose d'une licence de débits de boissons ;
- pour les mois de février, mars et avril 2021, le critère d'attribution de l'aide lié à l'interdiction d'accueil du public n'implique pas, aux termes des dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, de déterminer l'activité principale exercée ; un critère supplémentaire tiré de l'activité principale exercée n'a pu légalement être ajouté par la foire aux questions de la direction générale des finances publiques ;
- l'activité de vente à emporter qu'elle réalise ne mobilise que deux salariés à temps plein sur huit salariés employés habituellement ; les surfaces affectées à la consommation sur place sont les plus importantes ;
- alors même que le chiffre d'affaires de l'activité de vente à emporter est prépondérant, le taux de marge sur les ventes effectuées au bar est plus important que son activité de vente à emporter (65 % contre 38 %) ;
- elle a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 50 % au titre des mois de janvier à avril 2021 ;
- elle a droit à une aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de janvier à avril 2021 calculée suivant les modalités fixées au B du I des articles 3-19, 3-22, 3-24 et 3-26 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors qu'elle a fait l'objet d'une interruption d'accueil du public concernant son activité de débits de boissons ; la somme à laquelle elle a droit à ce titre s'élève à 19 906 euros pour chacun des mois de janvier à avril 2021, soit une somme totale de 79 624 euros ;
- à titre subsidiaire, elle a droit à une aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de janvier à avril 2021 calculée suivant les modalités fixées au C du I des articles 3-19 et 3-22 et au D des articles 3-24 et 3-26 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors qu'elle relève du secteur des débits de boissons mentionné à l'annexe 1 de ce décret ; la somme à laquelle elle a droit à ce titre s'élève à 14 903 euros pour chacun des mois de janvier à avril 2021, soit une somme totale de 59 612 euros ;
- l'administration lui a délivré des informations erronées et lui a illégalement refusé l'aide sollicitée au titre du mois de décembre 2020 en considérant que son activité ne relève pas d'un débit de boissons qui a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, et un mémoire enregistré le 5 octobre 2023, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 31 mars 2021, 1er avril 2021, 30 avril 2021 et 4 juin 2021 sont irrecevables en raison de leur tardiveté et dès lors qu'elles ne font pas grief à la SARL Coirall, que les conclusions à fin d'engagement de la responsabilité de l'Etat sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable et que les moyens soulevés par la SARL Coirall ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions à fin d'engagement de la responsabilité de l'Etat sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable et en raison de l'exception de recours parallèle dès lors que les sommes réclamées font également l'objet d'un recours pour excès de pouvoir et que les moyens soulevés par la SARL Coirall ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de Me Kerrien, substituant Me Laclau et représentant la SARL Coirall.
Une note en délibéré, présentée pour la SARL Coirall, a été présentée le 6 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Coirall exploite sous l'enseigne VetB un magasin spécialisé de vente de boissons alcoolisées à consommer sur place et à emporter. Elle a sollicité l'aide instituée par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020. Par une décision du 5 mars 2021, l'aide au titre du fonds de solidarité lui a été refusée au titre du mois de décembre 2020 au motif qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public. Par des décisions des 31 mars 2021, 1er avril 2021, 30 avril 2021 et 4 juin 2021, cette même aide lui a été attribuée au titre des mois de janvier à avril 2021. Par un courrier du 19 août 2022, la SARL Coirall a adressé à l'administration une demande tendant au versement, à titre d'indemnité, de la somme de 79 624 euros et, à titre subsidiaire, la somme de 59 612 euros en réparation du préjudice résultant, selon elle, du caractère insuffisant de l'aide attribuée au titre des mois de janvier à avril 2021. Par la présente requête, enregistrée entretemps, le 31 mars 2022, la SARL Coirall demande au tribunal d'annuler les décisions précitées des 31 mars 2021, 1er avril 2021, 30 avril 2021 et 4 juin 2021 et de condamner l'État à lui verser une indemnité de 79 624 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées se bornent à informer la SARL Coirall de la mise en paiement de l'aide qu'elle avait sollicitée. La SARL Coirall, qui, assistée d'un conseil, ne demande au tribunal pas l'annulation de ces décisions en tant qu'elles auraient indûment limité le montant de l'aide accordée, ne justifie pas d'un intérêt suffisant à demander l'annulation de ces décisions qui lui sont favorables. Ses conclusions à fin d'annulation, telles qu'elles sont présentées, sont ainsi irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
S'agissant du mois de janvier 2021 :
3. Aux termes de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable à la date de la demande au titre du mois de janvier 2021 : " I. - A. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Leur activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 ; () B. - Les entreprises mentionnées au 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / C. - Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / () 2° si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () V. - La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 mars 2021. Ce délai est prolongé jusqu'au 30 avril 2021 pour les associés des groupements agricoles d'exploitation en commun. () ".
4. La SARL Coirall exerce depuis juillet 2014 sous l'enseigne VetB une activité de vente de boissons alcoolisées à consommer sur place au bar et de vente à emporter en tant que caviste. Lors de son immatriculation, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lui a délivré le code APE (activité principale exercée) 4725Z, correspondant au commerce de détail de boissons en magasin spécialisé. Il résulte de l'instruction, et notamment des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée déposées, que la SARL Coirall a réalisé des opérations de vente et de prestations de services d'un montant de 33 465 euros en janvier 2021, 36 240 euros en février 2021, 47 471 euros en mars 2021 et de 47 697 euros en avril 2021. La SARL Coirall soutient qu'elle relève de l'activité de débits de boissons (code APE 56.30Z), qui comprend l'activité de préparation et de service de boissons destinées à la consommation sur place, et non du commerce de détail de boissons en magasin spécialisé, qui comprend le commerce de détail de boissons alcoolisées et non alcoolisées non destinées à la consommation sur place.
5. Toutefois, cette société, qui n'a d'ailleurs pas demandé à changer son code APE alors qu'il lui était loisible de le faire, indique elle-même que le chiffre d'affaires qu'elle réalise au titre de l'activité de vente à emporter est prépondérant par rapport à celui qu'elle réalise au titre de la consommation sur place. En outre, si elle soutient que l'activité de vente à emporter ne mobilise que deux salariés à temps plein sur huit salariés employés habituellement, que les surfaces affectées à la consommation sur place sont les plus importantes et que le taux de marge sur les ventes effectuées au bar est plus important que son activité de vente à emporter (65 % contre 38 %), elle ne produit néanmoins aucun justificatif à l'appui de ses allégations.
6. L'administration a pu ainsi, à bon droit, considérer que l'activité principale de la SARL Coirall, au sens des dispositions du décret du 30 mars 2020 précité relève du commerce de détail de boissons en magasin spécialisé, qui ne relève pas des secteurs mentionnés à l'annexe 1 de ce décret, et qu'elle n'a, s'agissant de son activité principale de caviste, pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public. La SARL Coirall n'est ainsi pas fondée à revendiquer une indemnité correspondant à une aide au titre du fonds de solidarité pour le mois de janvier 2021 calculée suivant les modalités fixées au B du I de l'article 3-19 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ou à une aide au titre du fonds de solidarité pour le mois de janvier 2021 calculée suivant les modalités fixées au C du I de l'article 3-19 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020.
S'agissant des mois de février à avril 2021 :
7. Aux termes de l'article 3-22 du décret du 30 mars 2020 précité, dans sa rédaction applicable à la date de la demande au titre du mois de février 2021 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de février 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er février 2021 au 28 février 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er février 2021 et le 28 février 2021 ; 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er février 2021 et le 28 février 2021 et elles appartiennent à l'une des quatre catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 9 mars 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / C.-Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / () 2° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () II.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret autres que celles mentionnées au I du présent article bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de février 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er février 2021 et le 28 février 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au présent A perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 1 500 euros. / () V.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 30 avril 2021. () ".
8. Aux termes de l'article 3-24 du même décret, dans sa rédaction applicable à la date de la demande au titre du mois de mars 2021 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er mars 2021 au 31 mars 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er mars 2021 au 31 mars 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 et elles appartiennent à l'une des cinq catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 12 avril 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au a du 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () D.-Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / () 2° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / II.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret autres que celles mentionnées au I du présent article bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au présent A perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 1 500 euros. Ce montant est à Mayotte de 3 000 euros. / () V.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 mai 2021. () ".
9. Aux termes de l'article 3-26 du même décret, dans sa rédaction applicable à la date de la demande au titre du mois d'avril 2021 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; / b) D'une interdiction d'accueil du public entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021. / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 et elles appartiennent à l'une des cinq catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au a du 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / D.-Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / () 2° si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () II.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret autres que celles mentionnées au I du présent article bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; / () B.-Les entreprises mentionnées au présent A perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 1 500 euros. / () V.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 30 juin 2021. () ".
10. En premier lieu, contrairement à ce que soutient l'administration, les articles 3-22, 3-24 et 3-26 du décret du 30 mars 2020 précité ne subordonnent pas le bénéfice de l'aide du fonds de solidarité au titre des mois de février 2021, mars 2021 et avril 2021 à l'exigence que l'interdiction d'accueil du public ne touche que l'activité principale de l'entreprise. Toutefois, la SARL Coirall n'a pas demandé d'aide sur le fondement de l'interdiction d'accueil du public au titre des mois de février 2021, mars 2021 et avril 2021. Elle s'est bornée à demander l'aide, limitée à 1 500 euros, prévue au II des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du décret du 30 mars 2020 précité, qu'elle a d'ailleurs obtenue. Elle ne saurait donc prétendre que l'Etat a commis une faute tenant à l'absence de versement pour les mois de février à avril 2021 de l'aide prévue au B du I des articles 3-22, 3-24 et 3-26 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 alors que la date limite pour déposer une demande d'aide était fixée au 30 avril 2021 pour l'aide accordée au titre du mois de février 2021, au 31 mai 2021 pour l'aide accordée au titre du mois de mars 2021 et au 30 juin 2021 pour l'aide accordée au titre du mois d'avril 2021.
11. En second lieu, pour les motifs énoncés ci-dessus, l'activité principale de la SARL Coirall, au sens des dispositions du décret du 30 mars 2020 précité, relève du commerce de détail de boissons en magasin spécialisé, qui ne relève pas des secteurs mentionnés à l'annexe 1 de ce décret. La SARL Coirall n'est ainsi pas fondée à soutenir que l'Etat a commis une faute en ne lui versant pas l'aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de février à avril 2021 calculée suivant les modalités fixées au C du I de l'article 3-22 et au D du I des articles 3-24 et 3-26 du décret 2020-371 du 30 mars 2020.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la SARL Coirall doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par l'administration.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de SARL Coirall est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Coirall, au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026