mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS NOTHUMB-PEMPTROIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022, M. A, Jean-Baptiste B, représenté par Me Pemptroit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 243145 du 17 février 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté son recours administratif préalable obligatoire relatif au refus de sa demande d'affectation préférentielle ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de faire droit à sa demande d'affectation préférentielle, ou à tout le moins de déporter le poste de responsable de la planification de l'état-major de la marine au sein de la base aéronautique navale de Lann Bihoué ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- l'arrêté n° 290 du 20 juillet 2009 relatif à la politique d'emploi du personnel militaire de la marine relevant de la direction du personnel militaire de la marine ;
- l'instruction n° 90/ARM/DPMM/PM2 du 26 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui a souscrit un engagement dans la marine nationale en janvier 2006 et qui a accédé au corps des officiers mariniers de maistrance 1er janvier 2016, était affecté depuis le 24 juillet 2014 au sein de la flottille 21F sur la base aéronautique navale de Lann-Bihoué. Au titre du plan annuel de mutations pour l'année 2021, il a émis trois desiderata, correspondant tous à une affectation au sein de cette base. Le 19 mars 2021, l'autorité gestionnaire des emplois de l'aéronautique navale l'a toutefois désigné pour rejoindre le 30 août 2021 un poste au sein du bureau des opérations aéronavales de l'état-major de la marine à Paris. M. B a déposé, le 26 avril 2021, une demande d'affectation préférentielle sur la base aéronautique navale de Lann-Bihoué en faisant valoir l'état de santé de l'un de ses enfants et les contraintes professionnelles de sa conjointe. Cette demande a été rejetée par la ministre des armées le 22 juillet 2021. M. B a alors formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires. Ce recours a été rejeté par une décision de la ministre des armées du 17 février 2022 dont le requérant demande l'annulation dans le cadre de la présente instance.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. La décision ministérielle du 17 février 2022 arrêtant définitivement, après saisine de la commission des recours des militaires, la position de l'administration, s'est entièrement substituée à celle du 22 juillet 2021. Par suite, M. B ne peut utilement faire valoir qu'une phrase qui ne figure que dans cette dernière décision présenterait un caractère stéréotypé caractérisant un défaut de motivation.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Aux termes de l'article L. 4121-5 du code de la défense : " Les militaires peuvent être appelés à servir en tout temps et en tout lieu. / Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les mutations tiennent compte de la situation de famille des militaires, notamment lorsque, pour des raisons professionnelles, ils sont séparés : / 1° De leur conjoint ; ".
4. Aux termes du point 1.2 de l'arrêté du 20 juillet 2009 relatif à la politique d'emploi du personnel militaire de la marine relevant de la direction du personnel militaire de la marine : " 1. La politique d'emploi du personnel militaire est élaborée par l'état-major de la marine en liaison avec la DPMM. Elle vise : / à garantir l'armement des formations de la marie par du personnel en nombre suffisant et avec les compétences requises, au travers d'une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences incluant les impératifs de formations ; / à accroître les compétences détenues par les marins par la succession des emplois tenus et des formations suivies et à offrir des perspectives de carrière et d'épanouissement professionnel ; / à disposer d'une marge de manœuvre pour pouvoir traiter de manière adaptée les différentes situations personnelles et professionnelles des marins. ".
5. Aux termes du point 2.1.4. de l'instruction du 26 juin 2020 relative à l'emploi des marins des équipages de la flotte et des marins des ports : " Durées d'affectation : la durée d'affectation normale est fixée à trois ans () / Cette durée normale est adaptée dans les cas suivants : / () / si le marin est muté hors des bassins d'emploi de ses DSD (desiderata) 1 et 2, l'AGE (autorité gestionnaire des emplois) peut fixer la durée d'affectation à 2 ans en accord avec le marin. Pacte de stabilité : les marins souhaitant une stabilité géographique métropolitaine dans un département considéré peuvent faire la demande d'un pacte de stabilité dans les commentaires de leur DIPP (dossier individuel de préparation du plan annuel de mutation) pour une durée de 6 ans (deux affectations) après agrément de la DPMM (direction du personnel militaire de la marine). Cette disposition n'est ouverte qu'aux marins ayant cumulé 17 ans de service effectifs au 1er janvier de l'année de mutation et ne peut être appliquée qu'une seule fois dans leur carrière. () ". Aux termes du point 2.2.1 de la même instruction : " () chaque marin exprime trois DSD géographiques et/ou professionnels, le troisième devant correspondre au port d'affection privilégié par le marin s'il venait à faire l'objet d'une mutation avec changement de bassin d'emploi. (). Si le DIPP ne respecte pas cette règle, le marin est considéré comme disponible pour toute destination en DSD3. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui n'a pas sollicité un pacte de stabilité, dont d'ailleurs il n'en remplissait pas la condition tenant à la durée de service, a formulé, au titre du plan annuel de mutations de l'année 2021 trois desiderata d'affectation au sein de la base aéronautique navale de Lann-Bihoué et pouvait donc ainsi être considéré comme disponible pour toute destination au titre du troisième de ses desiderata, alors qu'il avait déjà bénéficié d'une stabilité géographique de quatorze années. La ministre fait valoir que l'armement du poste à l'état-major opérationnel de la marine était prioritaire et correspondait à la spécialité et au niveau de qualification de M. B. Le requérant ne conteste pas valablement ce caractère prioritaire en relevant que ce poste n'avait pas fait l'objet d'un appel à candidature ni ne remet en cause son caractère adapté à son profil en soutenant, sans d'ailleurs l'établir, que ce poste était réservé en priorité à une spécialité dont il ne relève pas. Par ailleurs, s'il souligne qu'il existerait une contradiction entre, d'une part, son bulletin de notation de l'année 2020 sur lequel son sens pédagogique a été noté " fort " et qui a été signé par le commandant de flottille Verwaerde, son bulletin de notation de l'année 2021 indiquant qu'il a acquis " les connaissances nécessaires pour encadrer son équipe " et, d'autre part, l'avis émis par ce même officier sur son affectation en 2021, lequel relève qu'il devra améliorer ses qualités de pédagogue, cet avis n'a pas été émis dans le cadre de l'instruction de la demande présentée par M. B, le 26 avril 2021, sollicitant uniquement une affectation à un poste à terre au sein de la base aéronautique navale de Lann Bihoué. En outre, cette appréciation n'a pas été reprise par la ministre des armées pour fonder la décision attaquée. Par suite, même à la supposer établie, cette contradiction serait sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Enfin, si M. B fait valoir que l'un de ses deux enfants fait l'objet d'un suivi régulier au Centre de ressources et de compétence pour la mucoviscidose du Morbihan, que sa conjointe avocate libérale qui est soumise à des contraintes horaires du fait de sa profession ne peut pas le suivre sur une affectation éloignée dès lors qu'elle est associée au sein d'un cabinet lorientais et qu'il est ainsi amené à assurer le quotidien de ses deux enfants scolarisés sur la commune de Quéven, il ne ressort pas des pièces du dossier que la ministre des armées a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'intérêt du service était de maintenir son affectation à compter du 1er août 2021 au bureau des opérations aéronavales de l'état-major de la marine à Paris et, par suite, de ne pas faire droit à sa demande d'affectation préférentielle du 26 avril 2021.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 17 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. B présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par M. B sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026