mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CHEVALIER - MERLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2022, M. B C, représenté par Me Merly, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 par lequel le maire de Plerguer a accordé un permis de construire à M. F D ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Plerguer une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il dispose d'un intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des articles R. 431-5, R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme et le projet du pétitionnaire aurait dû être qualifié de lotissement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 6 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 7 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 8 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 9 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 12 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 13 du même règlement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2022, la commune de Plerguer, représenté par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête de M. C et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- les observations de Me Leveque, représentant la commune de Plerguer.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 avril 2022, le maire de Plerguer a accordé à M. D un permis de construire quatre maisons sur une parcelle située au 14 La Croix du Frêne à Plerguer dans une zone UE du plan d'occupation des sols. Par la présente requête, M. C, propriétaire d'une habitation située au 10 route des Landes, demande l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme alors applicable : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / b) L'identité de l'architecte auteur du projet, sauf dans les cas prévus à l'article R*431-2 ; / c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; / d) La nature des travaux ; / e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / g) La puissance électrique nécessaire au projet, lorsque la puissance électrique est supérieure à 12 kilovoltampères monophasé ou 36 kilovoltampères triphasé ; / h) Les éléments, fixés par arrêté, nécessaires au calcul des impositions ; () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire comporte un formulaire Cerfa, au sein duquel le pétitionnaire a indiqué l'ensemble des informations énoncées dans l'article R. 431-5 a) à h) du code de l'urbanisme ainsi qu'un projet architectural contenant une notice. Le dossier comporte également des plans de façade et un plan en coupe correspondant aux lots 1, 2 et 3. Les éléments de construction, maisons et garages étant identiques, avec seulement une différence d'orientation du garage pour le lot 4, le plan en coupe sert également utilement au lot 4. Ce dossier comporte aussi un document graphique représentant l'insertion paysagère du projet depuis la voie publique ainsi que des documents photographiques du paysage proche et lointain du terrain d'assiette du projet. S'agissant du plan de masse, si la cotation dans les trois dimensions est insuffisante, cette insuffisance est toutefois palliée par les plans en coupe et les plans de façade à l'échelle qui permettent d'appréhender le projet dans ses trois dimensions. Le plan de masse fait, par ailleurs, apparaître des espaces verts et l'implantation de végétaux dans le projet. La notice du projet architectural et deux photographies font également état de la présence de deux arbres lesquels ne figurent pas sur le plan de masse en raison de leur suppression ultérieure. Enfin, des boîtiers ayant pour objet le raccordement aux réseaux publics figurent sur ce même plan de masse. Il résulte de ces éléments que le dossier de demande de permis de construire présente un caractère suffisant ayant permis à l'autorité administrative de vérifier la conformité du projet à la règlementation.
4. Dès lors, le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article R. 431-24 du même code : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
6. La demande déposée par M. D vise à construire quatre maisons d'habitation à vocation locative sur une même unité foncière et il ne ressort pas des pièces du dossier que le pétitionnaire ait fait état dans le dossier de demande de son intention d'opérer une division du terrain en propriété ou en jouissance avant la vente éventuelle des lots ou avant l'achèvement des constructions. Le projet ne constitue donc pas un lotissement au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme et n'avait pas à comporter un plan de division et le projet de constitution d'une association syndicale.
7. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Plerguer : " () Les terrains devront être desservis par des voies publiques ou privées, carrossables et en bon état d'entretien, dans des conditions répondant à l'importance et à la destination des constructions qui doivent y être édifiées, notamment en ce qui concerne la commodité de la circulation et des accès et des moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie. - Conditions d'accès aux voies ouvertes au public. Les accès carrossables à la voierie publique devront être étudiés de façon à ne pas créer de gêne pour la circulation et ne pas porter atteinte à la sécurité publique () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la route des Landes, desservant le terrain d'assiette du projet, est d'une largeur d'environ 3,50 mètres et que la circulation y est limitée à 50 kilomètres par heure. Celle-ci est essentiellement rectiligne assurant ainsi une bonne visibilité sur l'ensemble de son parcours. La route des Landes présente donc des caractéristiques garantissant le passage et le croisement des véhicules, la sécurité du trafic routier et un accès aisé aux véhicules de lutte contre l'incendie. Dans ces conditions, M. C n'établit pas que la desserte de quatre nouvelles habitations, aura pour effet d'augmenter sensiblement le trafic automobile et de porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 3 du plan local d'urbanisme de la commune de Plerguer et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
9. Aux termes de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Desserte des terrains par les réseaux. / Eau potable : toute construction ou installation nouvelle susceptible de requérir une alimentation en eau potable doit être desservie par un réseau de distribution d'eau potable conforme aux règlements en vigueur et avoir des caractéristiques suffisantes au regard de l'importance et de la destination de la construction ou de l'ensemble de constructions à desservir. / Eaux pluviales : tout aménagement réalisé sur un terrain ne doit jamais faire obstacle à l'écoulement des eaux pluviales. Lorsque le réseau correspondant existe et présente des caractéristiques suffisantes, les eaux pluviales recueillies sur le terrain doivent y être dirigées par des dispositifs appropriés. En l'absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, des aménagements adaptés à l'opération et au terrain (ex : bassins tampons) doivent être réalisés pour permettre le libre écoulement des eaux ou pour en limiter les débits. / Eaux usées : toutes les eaux et matières usées doivent être évacuées par des canalisations souterraines raccordées au réseau d'assainissement collectif s'il existe. A défaut, l'évaluation se fera par un dispositif autonome respectant les dispositions réglementaires en vigueur et notamment les arrêtés du 6 mai 1996 ".
10. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire prévoit quatre dispositifs autonomes pour l'évacuation des eaux usées. L'arrêté attaqué précise qu'il revient au pétitionnaire de s'assurer des conditions de raccordement des futures constructions auprès de VEOLIA et comprend également une prescription sur l'évacuation des eaux pluviales à l'article 3. Le requérant n'établissant pas le caractère insuffisant de ces éléments, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 4 du règlement du PLU sera écarté.
11. Aux termes de l'article UE 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sauf dispositions particulières portées au plan, les constructions s'implanteront selon l'alignement particulier défini globalement par les constructions avoisinantes, en respectant la continuité du front de rue, afin de ne pas rompre l'harmonie de l'ensemble () ".
12. En l'espèce, la première construction du projet de M. D se situe à 11,50 mètres de la voie publique. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux s'inscrit dans un ensemble assez disparate s'agissant de la séparation entre la voie publique et les constructions, certaines habitations se situent à 4,50 mètres de la voie publique et d'autres à 28 mètres. Dans ces circonstances, il n'apparaît pas que le front de rue de la route des Landes fait l'objet d'un alignement particulier que le permis de construire aurait méconnu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 6 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
13. Selon l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Lorsque les constructions ne jouxtent pas la limite séparative la distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative doit être au moins égale à la demi-hauteur du bâtiment mesurée à l'égout du toit, sans toutefois être inférieure à 3,00 m ".
14. Il ressort des pièces du dossier que la hauteur des bâtiments, mesurée à l'égout du toit, s'élève à 5,9 mètres et le plan de masse indique bien le respect d'une distance de 3 mètres entre les constructions et la limite séparative. Les constructions projetées respectent ainsi la distance minimale horizontale, du point des maisons au point le plus proche de la limite séparative, de 3 mètres. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 7 du règlement du PLU doit être écarté.
15. Aux termes de l'article UE 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " La distance horizontale et perpendiculairement séparant des constructions doit être supérieure ou égale à 4 m ".
16. Il ressort du plan de masse que la distance entre les constructions n° 1 et n° 2 est de 15 mètres, la distance entre les constructions n° 2 et n° 3 est de 14 mètres et la distance entre les constructions n° 3 et n° 4 est de 8 mètres. En conséquence, les dispositions de l'article UE 8 du règlement du plan local d'urbanisme n'ont pas été méconnues.
17. Aux termes de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions de toute nature, y compris les bâtiments annexes, ne pourra excéder 30 % de la surface du terrain sur les zones Ue ".
18. Il ressort des pièces du dossier que la surface du terrain d'assiette du projet est de 3 381 mètres. L'emprise au sol des constructions de toute nature ne peut donc dépasser 1 014,30 mètres carrés. Il ressort de la notice et du plan de masse que chaque maison, avec garage, génère une emprise de 141,90 mètres carrés soit un total de 567,60 mètres carrés. Dans ces conditions, le projet de M. D n'excède pas 30 % de la surface du terrain et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme sera écarté.
19. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " - Aspect extérieur des constructions. / Tout projet de construction devra présenter un volume, une implantation et un aspect satisfaisants, permettant une bonne intégration dans l'environnement tout en tenant compte du site général dans lequel il s'inscrit et notamment la végétation existante et les constructions voisines qui y sont implantées. / D'une manière générale, sauf cas particuliers de projet d'une grande richesse architecturale, les bâtiments et les clôtures devront être d'une conception simple, conformes à l'architecture traditionnelle de la région. Sauf dans le cas de projets intégrés dans des ensembles cohérents qui feront l'objet d'études particulières, les couleurs apparentes devront avoir une tonalité discrète, suivant une palette conforme aux tons en usage dans la construction traditionnelle de la région. / Une attention particulière sera apportée dans le cas d'extension de constructions existantes. / Les murs séparatifs et les murs aveugles apparents d'un bâtiment doivent, lorsqu'ils ne sont pas construits avec les mêmes matériaux que les murs de façades principales, avoir un aspect qui s'harmonise avec celui des façades. / - Façades : matériaux, enduits et ravalement. Sont proscrits les pastiches d'une architecture archaïque ou étrangère à la région ainsi que l'emploi à nu en parements extérieurs de matériaux de remplissage ou fabriqués en vue d'être recouverts d'un enduit (carreaux de plâtre, briques creuses). / Les enduits extérieurs devront s'harmoniser avec les constructions environnantes et le paysage. - Couvertures, toitures. / Sont autorisées : / A) Pour les zones Ue : les toitures du corps principal de la construction seront constituées de 2 pans symétriques et devront s'inscrire dans un volume à 40° à 50° à partir des façades. Le volume ainsi défini n'inclut ni les lucarnes ni les éléments permettant l'accroche sur une toiture contiguë, ni les saillies traditionnelles (bandeaux, corniches, appuis de fenêtres, cheminées, encadrements, garde-corps). / Les corps secondaires de la construction pourront être couverts par des toitures terrasses. Ces toitures terrasses ne pourront excéder 20% de l'emprise au sol de la construction () ".
20. En premier lieu, le dossier de permis de construire ne prévoyant pas la construction de clôtures, la branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 11 sur les clôtures est inopérante.
21. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et, plus particulièrement, du plan de masse et du plan de coupe sur bâtiment, que le projet de M. D prévoit la construction de quatre maisons dont le volume principal comporte une toiture à deux pentes avec un angle à 40°. Chaque construction comportera également un garage avec toit-terrasse dont l'emprise au sol sera de 25,9 mètres carrés sur une emprise au sol totale de 141,9 mètres carrés. Enfin, la notice d'impact et d'appréciation visuelle du projet précise que la toiture sera composée d'ardoises naturelles. Le projet litigieux s'inscrit dans un espace urbanisé sans particularité patrimoniale ou paysagère. Conformément aux dispositions de l'article UE 11 du PLU, les constructions projetées présentent des caractéristiques simples avec des volumes et des matériaux comparables aux constructions voisines lesquels sont précisés dans la notice du projet architectural. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le maire aurait fait une inexacte application de l'article UE 11 du règlement du PLU de Plerguer ou aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
22. Aux termes de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Le nombre de places de stationnement doit être en rapport avec l'utilisation envisagée. / - Constructions destinées à l'habitation. / - Logement d'habitation individuelle : deux places de stationnement par logement aménagé sur la propriété (garage compris) () ".
23. Le projet contesté a pour objet la construction de quatre maisons individuelles. Le projet doit donc prévoir au moins 8 places de stationnement. Il ressort des pièces du dossier que le projet comportera 8 places extérieures et quatre garages pour stationner les automobiles. Le nombre de places de stationnement étant suffisant, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme sera écarté.
24. Aux termes de l'article UE 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " -Obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'espaces libres : les espaces libres de toute construction ou de stationnement seront aménagés en espaces paysagers adaptés à l'environnement. Les constructeurs devront réaliser des espaces verts dont la surface minimale sera de 40% par rapport à la surface de la parcelle (). / - Obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation de plantations. / Le projet développe une composition paysagère et conserve, dans la mesure du possible, les plantations existantes en termes de sujets repérés, d'espaces suffisants et de mesures de protection pour assurer leur conservation. Les surfaces non construites seront plantées à raison d'un arbre à haute tige par tranche, même incomplète, de 200 m² d'espaces paysagers ".
25. La surface des espaces verts est mesurable, à l'échelle, sur les plans figurant dans le dossier de permis de construire. La commune fait valoir, sans être contredite, que la surface des espaces verts s'élève à 1 760,50 mètres carrés. Le projet respecte ainsi la règle de 40 % d'espaces verts par rapport à la surface de la parcelle qui est de 3 381 mètres carrés. En revanche, il ressort des pièces du dossier que la notice ne prévoit que l'implantation de quelques massifs et que le plan de masse, qui ne comporte pas de légende, ne renseigne pas la plantation d'arbres de haute tige alors que le pétitionnaire devait intégrer dans son projet la plantation d'un arbre à haute tige par tranche, même incomplète, de 200 mètres carrés d'espaces paysagers soit un minimum de neuf arbres à haute tige. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Plerguer doit être retenu en ce qui concerne le nombre d'arbres à planter dans le projet.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
26. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date de l'arrêt attaqué : " Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par un permis modificatif peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si un tel permis modificatif est notifié dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations () ".
27. Ces dispositions permettent au juge, lorsqu'il constate qu'un vice entachant la légalité du permis de construire peut être régularisé par un permis modificatif, de rendre un jugement avant dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant dire droit, les modalités de cette régularisation. Un vice de procédure, dont l'existence et la consistance sont appréciées au regard des règles applicables à la date de la décision litigieuse, doit en principe être réparé selon les modalités prévues à cette même date. S'agissant des vices entachant le bien-fondé du permis de construire, le juge doit se prononcer sur leur caractère régularisable au regard des dispositions en vigueur à la date à laquelle il statue et constater, le cas échéant, qu'au regard de ces dispositions le permis ne présente plus les vices dont il était entaché à la date de son édiction.
28. En l'espèce, ainsi que le fait valoir la commune de Plerguer, la révision du plan local d'urbanisme, approuvé le 7 juillet 2022, a reclassé le terrain d'assiette du projet en zone UB. Or, les dispositions applicables à cette zone ne contiennent pas d'obligation de plantation d'arbres de haute tige. Le vice tiré de la méconnaissance de l'article UE 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Plerguer en ce qui concerne la plantation des arbres de haute tige, qui n'affecte qu'une partie identifiable du projet approuvé par le permis de construire, détachable des autres éléments approuvés par ce permis de construire, se trouve régularisé, à la date du présent jugement, par l'application des dispositions du plan local d'urbanisme révisé.
29. Dans ces conditions, les autres moyens soulevés étant écartés, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Plerguer a accordé un permis de construire à M. D.
Sur les frais liés au litige :
30. Les dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Plerguer, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au requérant la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
31. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Plerguer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Plerguer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à la commune de Plerguer et à M. A D.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure
signé
A. E
Le président
signé
O. Gosselin
La greffière
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026