LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2203013

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2203013

mercredi 14 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2203013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationVice-Président 6 ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juin 2022 et 29 août 2022, M. A B, représenté par Me Samson, demande au tribunal :

1°) d'écarter, comme produit par fraude et violation de l'article L. 225-4 du code de la route, le relevé d'information intégral produit par le préfet des Côtes-d'Armor ;

2°) d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle le préfet des Côtes-d'Armor a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de dix mois.

Il soutient que :

- la motivation stéréotypée de cet arrêté est insuffisante en fait et contraire aux prescriptions de la circulaire ministérielle du 28 septembre 1987 régulièrement publiée ;

- le préfet a méconnu les droits de la défense et le respect du caractère contradictoire en ne lui permettant pas de présenter ses observations écrites sur la mesure envisagée alors que la situation constatée ne caractérisait aucune urgence, le procédure site " d'urgence " telle que décrite par l'article L. 224-2 du code de la route n'ayant d'ailleurs pas été utilisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande l'annulation de la décision du 23 mai 2022 par laquelle le préfet des Côtes-d'Armor a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de dix mois.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 225-4 du code de la route: " Les autorités judiciaires, les magistrats de l'ordre administratif dans le cadre des recours formulés contre les décisions de retrait de point du permis de conduire (), le représentant de l'État dans le département dans l'exercice de ses compétences en matière de permis de conduire () sont autorisés à accéder aux informations enregistrées en application de l'article L. 225-1 ".

3. Aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit au préfet, qui est au nombre des autorités mentionnées à l'article L. 225-4 du code de la route habilitée à accéder, pour l'exercice de ses compétences, aux informations figurant sur les relevés d'information intégral des conducteurs, de communiquer spontanément ce document au juge administratif. Il n'y a dès lors pas lieu d'écarter des débats le relevé d'information intégral du requérant produit par le préfet des Côtes-d'Armor.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire est une décision individuelle défavorable qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

5. En l'espèce, l'arrêté du 23 mai 2022 vise les dispositions du code de la route applicables, notamment les articles L. 224-7 à L. 224-9 ainsi que l'article R. 234-3 relatif à l'établissement de la preuve de l'état alcoolique d'un conducteur, précise que M. B a fait l'objet d'un procès-verbal pour avoir commis une infraction punie par le code de la route et de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour avoir conduit sur le territoire de la commune de Taden le 21 mai 2022 à 4h10 avec taux d'alcool de 2,12g par litre de sang. Cette décision indique en outre qu'en considération du danger grave et immédiat que représente le requérant pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même, la validité de son permis de conduire est suspendue, à compter de la date de retrait de son titre de conduite, pour une durée de dix mois. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 211-2 précité et de la circulaire du 28 septembre 1987, dont le requérant ne saurait au demeurant se prévaloir eu égard à son absence de portée réglementaire, ne peut qu'être rejeté.

6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 224-1 du code de la route, dans sa rédaction applicable : " () Lorsque les épreuves de dépistage de l'imprégnation alcoolique et le comportement du conducteur permettent de présumer que celui-ci conduisait sous l'empire de l'état alcoolique défini à l'article L. 234-1 (), les officiers et agents de police judiciaire retiennent à titre conservatoire le permis de conduire de l'intéressé (). / Lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué et lorsque le véhicule est intercepté, les dispositions du présent article sont applicables au conducteur. () ". Aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'État dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire () ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ou la conduite des relations internationales ; () ".

8. La décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route, qui est une mesure de police et doit être motivée en application de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, est soumise au respect d'une procédure contradictoire préalable. En l'absence d'une procédure contradictoire particulière organisée par les textes, le préfet doit se conformer aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration en informant le conducteur de son intention de suspendre son permis de conduire et de la possibilité qui lui est offerte de présenter des observations. Le préfet ne peut légalement se dispenser de cette formalité, en raison d'une situation d'urgence, que s'il apparaît, eu égard au comportement du conducteur, que le fait de différer la suspension de son permis pendant le temps nécessaire à l'accomplissement de la procédure contradictoire créerait des risques graves pour lui-même ou pour les tiers.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a été interpellé le 21 mai 2022 à la suite d'un " accident corporel de la route " conduisant son véhicule avec un taux de 2,12 g d'alcool par litre de sang, soit plus de quatre fois la limite autorisée par les dispositions de l'article R. 234-1 du code de la route, l'intéressé n'ayant d'ailleurs pas été en état de signer l'avis de rétention de son permis de conduire. Il est par suite indéniable que le requérant présentait alors bien un danger grave et imminent pour les usagers des voies de circulation ainsi que pour lui-même. Dès lors, eu égard à la particulière gravité de l'infraction ainsi commise, à l'état de M. B et au comportement routier passé de celui-ci, auteur de plusieurs excès de vitesse, ainsi qu'à la nécessité, dans un souci de sécurité publique, de l'empêcher de conduire un véhicule à moteur, l'administration doit être regardée comme s'étant alors trouvée dans une situation d'urgence faisant obstacle à la mise en œuvre de la procédure contradictoire prévue par les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code de la route. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.

Le président-rapporteur

Signé

G. DescombesLa greffière,

Signé

V. Le Boëdec

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

V. Le Boëdec

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions