mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS MARION LEROUX SIBILLOTTE ENGLISH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2022, M. B A, représenté par
SCP Marion Leroux Sibillotte English Courcoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 portant reclassement en tant qu'agent d'exploitation principal des travaux publics de l'État, grade C2, échelon 12, indice majoré 420 depuis le 1 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre à la direction interdépartementale des routes Ouest de le reclasser au grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État, échelon 8, indice majoré 430 avec effet au 1er février 2019 ;
3°) de condamner la préfecture d'Ille-et-Vilaine à lui verser le traitement non perçu depuis le 1er février 2019 augmenté du préjudice subi postérieurement à cette date et d'enjoindre en tant que de besoin au préfet d'Ille-et-Vilaine de régulariser sa situation pour l'avenir ;
4°) de mettre à la charge de la direction interdépartementale des routes Ouest la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il aurait dû être reclassé dans son corps ou cadre d'emploi d'accueil à un grade et à un indice équivalent à ceux d'origine ou à défaut à l'indice immédiatement supérieur, or il a été détaché en tant que stagiaire dans le corps du personnel d'exploitation à la suite de sa réussite au concours interne ; un détachement ne peut avoir pour conséquence de porter préjudice à l'agent ;
- il a été nommé en qualité de stagiaire alors qu'il était déjà titulaire de la fonction publique ;
- il existe un grade correspondant à l'échelle C3, échelon 8, indice 430, dans le cadre d'emploi d'accueil, celui de chef d'équipe d'exploitation principal ;
- il est fondé à solliciter son intégration au grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État à l'échelon 8, indice 430.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le directeur interdépartemental des routes Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 91-393 du 25 avril 1991 ;
- le décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 ;
- le décret n° 208-1148 du 14 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tourre,
- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ouvrier principal de première classe au sein de la fonction publique hospitalière depuis le 1er janvier 2016, a réussi le concours interne de chef d'équipe d'exploitation des travaux publics de l'État en 2018, et a été, par un arrêté du 14 janvier 2019, détaché au sein de la direction interdépartementale des routes (DIR) Ouest, à compter du 1er février 2019 en tant que stagiaire, au grade de chef d'équipe d'exploitation à l'échelle de rémunération C2. M. A a été titularisé, le 1er février 2020, par un arrêté du 30 janvier 2020, au grade d'agent d'exploitation principal à l'échelle de rémunération C2, échelon 12 et indice majoré 418. Estimant qu'il aurait dû être classé au grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État à l'échelle de rémunération C3, échelon 8 et indice majoré 430, M. A a formé un recours gracieux auprès de la DIR Ouest le 20 janvier 2021. Il a contesté la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration par requête enregistrée sous le n° 2102472. Par arrêté du 11 avril 2022, dont M. A demande l'annulation par la présente requête, il a été reclassé dans le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'État en tant qu'agent d'exploitation principal à l'échelle de rémunération C2, échelon 12 et indice majoré 420.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 14 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'État, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " Le détachement d'un fonctionnaire ne peut avoir lieu que dans l'un des cas suivants : () 10° Détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un emploi permanent de l'État () ". Le fonctionnaire qui, entré dans un nouveau corps à l'issue de sa réussite à un concours, y est nommé comme stagiaire, est détaché durant son stage et avant d'être titularisé, en position de détachement de son corps d'origine, en application du 10° de l'article 14 du décret du 16 septembre 1985 précité.
3. Contrairement à ce que soutient M. A, la DIR Ouest n'a pas commis d'erreur de droit en considérant que son détachement faisait suite à sa réussite au concours interne de
chef d'équipe d'exploitation des travaux publics de l'État, dont il a été lauréat au titre de l'année 2018, ainsi que le mentionne son arrêté de nomination du 14 janvier 2019, et non à la suite d'une demande de détachement sur un poste. C'est donc conformément aux dispositions citées au point précédent que M. A, qui a rejoint la DIR Ouest par la voie du concours interne, a été détaché de son corps d'origine et a été nommé chef d'équipe d'exploitation stagiaire pour la période d'accomplissement du stage avant d'être titularisé à compter du 1er février 2020.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 13 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Tous les corps et cadres d'emplois sont accessibles aux fonctionnaires civils régis par le présent titre par la voie du détachement suivi, le cas échéant, d'une intégration, ou par la voie de l'intégration directe, nonobstant l'absence de disposition ou toute disposition contraire prévue par leurs statuts particuliers. / Le détachement ou l'intégration directe s'effectue entre corps et cadres d'emplois appartenant à la même catégorie et de niveau comparable, apprécié au regard des conditions de recrutement ou du niveau des missions prévues par les statuts particuliers. Le présent alinéa s'applique sans préjudice des dispositions plus favorables prévues par les statuts particuliers. / () Lorsque le corps ou cadre d'emplois d'origine ou le corps ou cadre d'emplois d'accueil ne relève pas d'une catégorie, le détachement ou l'intégration directe s'effectue entre corps et cadres d'emplois de niveau comparable () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 25 avril 1991 portant dispositions statutaires applicables au corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'État, dans sa version applicable du 1er janvier 2017 au 16 décembre 2018 : " I. - Le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'État comprend le grade d'agent d'exploitation des travaux publics de l'État classé dans l'échelle de rémunération C1, le grade de chef d'équipe d'exploitation des travaux publics de l'État classé en échelle de rémunération C2 et le grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État classé en échelle de rémunération C3 () ". Aux termes de ce même article dans sa rédaction en vigueur depuis le 16 décembre 2018 : " I. - Le corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'État comprend le grade d'agent d'exploitation des travaux publics de l'État classé dans l'échelle de rémunération C1, le grade d'agent d'exploitation principal des travaux publics de l'État classé en échelle de rémunération C2 et le grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État classé en échelle de rémunération C3 () ".
5. Si M. A soutient que la DIR Ouest l'a détaché dans un grade et un indice non équivalent à celui d'origine et qu'il aurait dû être détaché au grade de chef d'équipe d'exploitation principal de l'échelle de rémunération C3, échelon 8 et indice 430, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'arrêté du 7 janvier 2019, portant détachement pour période de stage après réussite d'un concours interne, et de l'arrêté du 29 janvier 2020 portant titularisation au grade d'agent d'exploitation principal des travaux publics de l'État, échelle de rémunération C2, que M. A a été détaché au sein du même corps puisqu'à la réussite du concours interne le grade s'intitulait " chef d'équipe d'exploitation des travaux publics de l'État " et que par un décret du 14 décembre 2018 modifiant le décret du 25 avril 1991 portant dispositions statutaires applicables au corps des personnels d'exploitation des travaux publics
de l'État, les mots " chef d'équipe d'exploitation " ont été remplacés par les mots " agent d'exploitation principal ". En outre, la DIR Ouest a tenu compte de l'ancienneté de M. A et l'a ainsi classé à l'échelon 12, indice majoré 418 dès le détachement pour stage à compter du 1er février 2019.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 du décret du 25 avril 1991 portant dispositions statutaires applicables au corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'État : " Les agents d'exploitation des travaux publics de l'État sont recrutés sans concours dans les conditions prévues aux articles 3-2 à 3-5 du décret du 11 mai 2016 précité. / Les agents d'exploitation principaux des travaux publics de l'État sont recrutés par concours sur épreuves dans les conditions prévues à l'article 3-6 du même décret et de l'article 13 du présent décret ". Aux termes de l'article 13 du même décret : " Les agents d'exploitation principaux des travaux publics de l'État sont recrutés : / 1° Par un concours externe sur épreuves ouvert aux candidats titulaires d'un diplôme de niveau 3 ou d'une qualification reconnue équivalente () / 2° Par un concours interne sur épreuves ouvert aux candidats dans les conditions prévues au III de l'article 3-6 du décret du 11 mai 2016 précité ". Aux termes de l'article 14 du même décret : " I.- Par dérogation à l'article 10-2 du décret du 11 mai 2016 précité, l'avancement au grade de chef d'équipe d'exploitation principal des travaux publics de l'État s'opère selon les modalités suivantes : / 1° Après une sélection par la voie d'un concours professionnel () / ; 2° Par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement () ".
7. M. A soutient qu'il devait être classé au grade d'agent d'exploitation principal, échelle de rémunération C3. Or, il résulte des dispositions citées au point précédent que ce dernier grade n'est accessible que par la voie d'un concours professionnel ou par la voie d'une inscription au tableau annuel d'avancement, et non par la voie d'un concours interne. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à demander son reclassement au sein du grade de chef d'équipe d'exploitation principal à l'échelle de rémunération C3.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfecture d'Ille-et-Vilaine.
Copie en sera adressée à la direction interdépartementale des routes Ouest.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. TourreLe président,
signé
G. Descombes
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026